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EAN : 9782070379491
448 pages
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 2004 notes)
Résumé :
"Écoutez, mes sœurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit! Écoutez... le bruit des mères! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le cœur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes ! "
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Critiques, Analyses et Avis (358) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
  13 février 2012
Ce texte est somptueux ! Il a la profondeur de la vie, le mystère du conte, la beauté de la poésie, le lyrisme de l'épopée, la saveur d'un récit d'initiation et j'en oublie.
Hymne à la liberté, hommage à la révolte des femmes contre la soumission que leur impose une société machique qui ne tient que par le qu'en-dira-t-on, et surtout éloge de l'art, personnage finalement principal du livre, qui permet à la vie de triompher des forces de mort et nous révèle à nous-mêmes, chacun d'entre nous pouvant aider son prochain par les dons qui lui sont propres.
Par beaucoup d'aspects, ce roman m'a rappelé les plus beaux textes d'Andrée Chedid. Moi qui n'aimais pas trop la couture, me voilà convertie...
Somptueux, vous dis-je !
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lejardindestephanie
  09 décembre 2011
Quand tu liras le Coeur Cousu, tu liras sous la délicieuse plume de Carole Martinez, l'histoire de Soledad et de sa famille. Des filles surtout.
Tu liras du surnaturel qui te semblera tellement opportun et naturel que tu y croiras.
Tu frissonneras.
Tu poseras ce livre lourd sur tes cuisses, tu renverseras ta tête en arrière et tu serreras les bras. Pour imaginer plus. Pour imaginer mieux.
Tu sentiras la poussière du sable, mais cela ne te gênera pas.
Tu liras les secrets qui se transmettent chez les filles de cette famille. Tu liras la magie dans les doigts de Frasquita, la mère. Doigts de fées, on la disait sorcière.
Tu liras la méchanceté des simples. La rudesse de la pauvreté.
Parce que tu vois, tu le liras. J'en suis sûre.
Lien : http://ausautdulivre.blogspo..
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YvesParis
  08 août 2012
Sorti en 2007, ce long roman de Carole Martinez a bénéficié d'un très bon bouche-à-oreille dans les bibliothèques pour devenir un long-seller, un succès de librairie à mèche longue.
Le sujet en est désormais connu : c'est l'histoire sur trois générations de femmes espagnoles unies par le mystérieux pouvoir de la couture. L'héroïne, Frasquita, s'est vue transmettre par sa mère un coffret à couture. Mal mariée à un forgeron qui se prend, au propre comme au figuré, pour un coq, mère de cinq filles et d'un fils tous dotés de pouvoirs surnaturels, Frasquita finira par fuir son village avec ses enfants. Pris dans les tourbillons de l'histoire, les exilés se retrouveront au coeur d'une terrible bataille entre une bande d'anarchistes et l'armée régulière espagnole qui les obligera à traverser la Méditerranée et à se réfugier en Algérie française.
L'influence du réalisme magique sud-américain a été soulignée voire dénoncée : Carole Martinez louche du côté de Gabriel Garcia Marquez et son village de Santavela a des airs de Macondo

Roman de femmes, roman pour les femmes (ses lecteurs les plus enthousiastes sont surtout des lectrices) "Le coeur cousu" m'est tombé des mains.
Je n'aurais pas la prétention de l'en blâmer pour autant.
Je comprends que son style très travaillé puise séduire même si il m'a semblé parfois à la limite de l'affèterie : chaque phrase est à ce point ciselée qu'on y sent trop l'effort que sa rédaction a causé.
Quant aux splendides et courageux personnages de femmes, je comprends qu'ils aient pu émouvoir mais, de mon point de vue, ils perdent très vite en réalisme ce qu'ils gagnent en magie.
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sylvie
  13 novembre 2008
Ce livre est d'une grande puissance.
Il nous emporte dans une odyssée féminine envoûtante.
Celle qui fait la grande traversée va parcourir les chemins perdus poussiéreux et caillouteux de l'Andalousie du 19e siècle, et arriver à tirer sa charrette remplie de ses 6 enfants, le septième étant dans son ventre, jusqu'à la mer.
Là, ils prendront le bateau pour s'installer dans une nouvelle vie en Algérie.
Durant ce voyage hallucinant, toutes les rencontres seront possibles, toutes les épreuves aussi, et Frasquita tiendra bon jusqu'au bout.
Un univers aride et racorni par l'isolement, les croyances, les superstitions, la médisance et la jalousie, a pourri la vie de cette jeune femme aux dons exceptionnels de brodeuse et de couturière.
Cet art, qui est autant sa malédiction que sa bénédiction, elle le doit à une sorte de filiation matriarcale et magique qui relie les vivantes et les mortes depuis la nuit des temps.
A l'âge des premières règles, la mère initie ses filles aux prières qui guérissent et qui font parler avec les morts, et leur remet une boite magique qui, si elles savent respecter les usages leur révèle leur pouvoir et ainsi les déterminent à vie...
Frasquita, la mère en fuite dont on suit l'errance a été initiée et a reçu une boite de bobines de fils.
Elle coud, elle brode, et ce qu'elle fait prend vie. Elle use de ce génie qui lui permet de vivre et fait sa renommée, comme son malheur...
Elle en deviendra sorcière et magicienne, elle fera peur...
Son mari, devenu fou, se prenant pour un coq à chaque nouvelle naissance et finissant par la jouer au jeu, la pousse à bout. Trop de misère, trop de souffrance, trop d'humiliation...
Elle prendra ses enfants et partira, ailleurs, à l'aventure, forte de ce qu'elle est et de ses pouvoirs surnaturels.
Elle ira jusqu'au bout de la terre, et arrivera au delà de l'eau.
Elle forcera la destinée de toute sa marmaille étrange et singulière, poussée par un désir tenace et magnifique jusqu'à en oublier la dernière à naître qui pointe son nez, bientôt, et qu'elle nommera Soledad.
Cette dernière de la fratrie fantasque aux pouvoirs magiques semble destinée à la solitude, elle sera initiée, mais n'aura pas de fille.
Elle se vouera à l'écriture, et par ce biais rompra le fil de la tradition et de la transmission. Elle n'apprendra pas les prières à sa nièce, non plus qu'elle ne lui donnera de boite...
Elle sera la narratrice de cette histoire foisonnante, et nous transportera loin au coeur du désir féminin.
Elle nous racontera l'épopée de sa mère et de ses frères et soeurs en nous disant des contes assemblés en saga familiale construisant ainsi un roman fleuve.
Ce texte foisonnant est beau, poétique, gonflé d'amour, de chair, de sang, de souffrance ,de larmes et de rêves.
Il est cousu à petits points serrés, minutieux, qui se déploient dans de multiples détails colorés et forment une fresque étonnante d'originalité et d'humanité.
Si ce n'est pas encore fait, ouvrez ce livre .
Des liens et un extrait de lecture sur le blog :
Lien : http://sylvie-lectures.blogs..
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jeunejane
  26 juillet 2017
Soledad est née dans un petit village du sud de l'Espagne dans les années 1930.
Elle nous raconte l'histoire de sa mère, Frasquita, une couturière aux dons magiques, étranges transmis par sa mère et d'autres femmes de la famille avant elle.
La lecture de la description de la boîte à couture dont Frasquita hérite ressemble à un véritable coffre de pierres précieuses.
Mariée à un homme au tempérament plus coq qu'un coq, la jeune couturière doit fuir son village, seule avec ses six enfants car son galant de mari a perdu un combat de coqs où il avait joué sa femme.
Les enfants sont aussi pourvus de dons surnaturels tous différents.
Carole Martinez nous livre un conte cruel, fantastique, humain très imagé dans une Espagne catholique mais aussi superstitieuse.
C'est le premier roman de Carole Martinez que j'ai lu en 2011 et j'avoue que c'est celui qui m'a le plus marquée pour la force de la transmission du don spécial de couturière transmis de génération en génération car elle en recoud des lambeaux de tissus de toutes sortes : d'étoffes ou de peaux...
L'écriture est très travaillée tout en restant naturelle.
Grâce à mes fiches, j'ai pu relire le roman en ciblant les passages que j'avais préférés lors de ma première lecture.
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Citations et extraits (280) Voir plus Ajouter une citation
PatrijobPatrijob   23 mai 2020
La lâcheté, l'horreur, les tueries, les massacres ne m'étonnent pas. Seuls me surprennent ces moments héroïques où, dans un mode chaotique, un être par nature aussi imparfait que l'homme se laisse gagner par la pitié et l'amour.
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PatrijobPatrijob   20 mai 2020
La Carasco ne parlait pas ou si peu.
Grognements inaudibles, mots dévorés, mis en pièces, mots éviscérés, longuement mastiqués, puis recrachés comme de vieilles chiques. Noirs, pleins de salive, à moitié digérés. La vieille parlait comme on crache. Elle torturait la langue, la tordait comme un vieux chiffon pour l'adapter à sa bouche édentée.
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PatrijobPatrijob   21 mai 2020
Le fil. La broderie. Des enfants comme des perles taillées dans sa chair, des sourires brodés et tant de couleurs sur les tissus pour exprimer sa joie ou sa douleur. Toutes ces couleurs !
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PatrijobPatrijob   19 mai 2020
Il arrive qu'on interrompe une promenade, oubliant même ce vers quoi l'on marchait, pour s'arrêter sur le bord de la route et se laisser absorber totalement par un détail. Un grain du paysage. Une tache sur la page. Un rien accroche notre regard et nous disperse soudain aux quatre vents, nous brise avant de nous reconstruire peu à peu. Alors la promenade se poursuit, le temps reprend son cours. Mais quelque chose est arrivé.
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madithmadith   15 mai 2020
Parfois, des profondeurs d'une marmite en fonte, surgit quelque figure desséchée. Une aïeule anonyme m'observe qui a tant su, tant vu, tant tu, tant enduré.
Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Les plaintes sont passées dans les soupes: larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées.
Onctueuses larmes au palais des hommes!
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Videos de Carole Martinez (36) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carole Martinez
Extrait du roman '"La terre qui penche" de Carole Martinez lu par l'auteur elle-même lors de sa venue à la librairie Vivement Dimanche avec la comédienne Magali Bonat en octobre 2015
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