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ISBN : 222890984X
Éditeur : Payot et Rivages (02/10/2013)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 9 notes)
Résumé :
« Une personne bipolaire est tour a tour, et parfois même simultanément, le "clown" qui rit, "le clown" qui pleure. Le funambule en équilibre au péril de sa vie. Pour certains, la performance se terminera en chute mortelle, pour les autres, il faut remettre sans cesse le cœur à l'ouvrage. Voilà avec quoi je dois lutter tous les jours. » Hélène
« J'ai eu sept crises dans ma vie. Sept hospitalisations. J'ai été l'exaltée, la désinhibée, la hurlante. J'ai été la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ledraveur
  18 février 2014
Récit de deux femmes, de leur enfance à la maturité, portant un témoignage sur leur vécu d'une atteinte de pathologie mentale sévère.
L'écriture est limpide comme un cours d'eau claire, et se laisse lire simplement en suivant le fil du déroulement de l'histoire d'Hélène et Marie ...
J'ai été porté vers cette lecture en écho à du vécu personnel familial, où j'ai du faire face à la maladie mentale, dans mes ascendants, ma fratrie et "belle-fratrie", et parmi mes enfants !
Les narrations de Marie et Hélène m'ont emmenées vers des horizons bien connus hélas ! Et j'en ai même connu des bien pires ... si, si, cela existe ... ! Elles m'ont l'une et l'autre profondément ému, par leur courage et foi en la Vie, leur propos sans fards, exprimant leur désarrois en toute honnêteté. Ces itinéraires d'une pathologie "mal vue", met en exergue la causalité d'un tout environnemental, d'un déterminisme qui n'exclue personne de sa propre responsabilité. C'est très fort, très cohérent, bien construit et remet en question la notion de "normalité" compétitive viable dans le milieu du "labeur" d'entreprise et du monde du travail, ainsi que le consensus sociétal plus ou moins inavoué de la mise au "ghetto" des "canards boiteux" ... forme d'eugénisme rampant, mais de fait ...
Hélène et Marie m'ont "arraché" du coeur des sentiments de fraternité humaine qui arrivent rarement maintenant à surgir ... merci à toute les deux, ainsi qu'aux personnes qui les ont entouré et aimé ... au-delà de leur difficulté à "être", coûte que coûte ! C'est beau ! le meilleur de l'humain !
« Changer n'est pas devenir quelqu'un d'autre, c'est reconnaître qui l'on est … et l'accepter. »
Jacques Salomé, - "Bonjour tendresse"
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tessgeffroy
  09 novembre 2016
Ce livre est une biographie de deux femmes atteintes de troubles bipolaires. Pour témoigner et dévoiler une maladie mentale, il faut beaucoup de courage et avoir fait un travail sur soi. C'est la première fois que je lis ce genre de littérature, on en trouve rarement en librairie. J'ai commandé celui-ci, car le titre m à interpellé, j'ai fais également des recherches sur internet. Cette lecture répond à l ensemble des questions que l'on se pose sur cette maladie effrayante et angoissante.
Mais c est avant tout l histoire de Marie et Hélène qui veulent faire oeuvre de pédagogie en expliquant mais surtout en proposant leurs solutions. Ce n'est pas un dictionnaire médical, mais un livre d espoir pour tous ceux qui souffrent de troubles bipolaires, les malades et leurs entourages.
" Rien ne s opposé à la nuit" de Delphine de Vigan, cité dans le livre, est le premier roman que j'ai lu sur cette maladie. Je recommande vivement la lecture de deux livres témoignages, réalistes et poignants.
Plus qu'une critique, c est un grand merci que je souhaite adresser aux écrivaines. Leurs mots, leurs phrases juste m ont très touché, elles donnent du courage pour se battre et être tolérant.
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l-opulence-de-la-nuit
  12 juillet 2017
J'ai un peu regretté le manque de chronologie parfois dans ce témoignage, ce qui ne facilite pas toujours la compréhension. Mais étant atteinte de cette pathologie, puis-je répondre négativement à ce récit ? Non, je remercie juste les auteures d'être nos portes paroles.
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critiques presse (1)
NonFiction   15 juin 2015
Les témoignages de deux personnes vivant sous la description de « bipolaire », en laquelle elles se sont reconnues suite à un diagnostic psychiatrique.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
LedraveurLedraveur   17 février 2014
Marie : …
Et puis, il y a ma mère, mon incroyable mère. Nous avons tellement peu échangé autour de mon état de santé que je crois même avoir omis de lui annoncer mon diagnostic. Elle a dû savoir par mon père. Mais j'attendais de temps en temps de sa part un petit « comment va ta santé ? ». C'était en vain... Pudeur ? Indifférence ? Sujet tabou ? Sûrement un peu des trois. Dans ma famille, on ne parle pas de soi : comme dans bien d'autres familles, on cultive la jolie « pudeur » celle qui cache bien souvent une inaptitude à la remise en question. Je ne sais pas si je peux pardonner à ma mère un tel manque, une telle incapacité à appréhender les choses de la vie. "Dieu" seul peut ce que l'homme ne peut pas...
(p. 172)
Hélène : …
D’ailleurs, récemment, je suis restée très songeuse après avoir regardé un dossier sur le trouble bipolaire présenté au journal télévisé. Tout d’abord, le journaliste a présenté le trouble bipolaire comme une forme aggravée de la maniaco-dépression ! Puis, lors de ce dossier, la problématique du travail a été abordée avec l'intervention d’un responsable des ressources humaines d’une grande entreprise. Celui-ci préconisait que les personnes atteintes de troubles bipolaires se déclarent auprès de leur service des ressources humaines pour une meilleure surveillance et prise en charge pendant les horaires de travail. J'avoue que cela me laisse très perplexe. Beau « coup » de communication, ou bien cette entreprise souhaite-t-elle réellement intégrer des personnes avec un trouble qui peut se révéler handicapant ? J’aimerais croire à cette démarche responsable. À l'image d'une autre grande société d’assurance qui a récemment mis en ligne un reportage pour montrer les handicaps cachés de ses salariés atteints de maladies chroniques « qui ne se voient pas », comme le trouble bipolaire.
Dans une société méconnaissant le trouble bipolaire, il me semble plus sage de ne pas afficher sa particularité. D’ailleurs, tous ceux qui l’ont fait autour de moi se sont fait licencier tôt ou tard, voire, pour certains, sur-le-champ.
Et pourtant, je pense que le travail ou une activité non lucrative est salutaire pour retrouver un équilibre et « une normalité » sociale.
(p. 176)
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LedraveurLedraveur   15 février 2014
« À certains moments, il semble qu'on ait besoin d'une âme attentive, étrangère à soi, pour s'assurer de ce que l'on est. » Jacqueline Dupuy – Le sabre d'Arlequin -


Marie : …
Je ne reparlai jamais de cet épisode à Pierre, qui lui-même ne m’a jamais posé de question. Les choses s’en sont allées ainsi. Qu'a-t-il pensé de cela ? Et que lui a-t-on dit ? Que lui en reste-t-il aujourd'hui ? Sept ans plus tard, devenu majeur, il me dit, dans un mouvement de colère : « De toute façon, je ne crois pas en la famille ! » Je n'arrive pas à penser que cette phrase est le fruit d’une simple provocation. N'est-elle pas aussi le résidu de cette histoire ?
En l'entendant ainsi, c’est le plus cuisant de mes souvenirs qui me revenait à la figure. Ce jour de folie où j’avais brisé le rêve d’unité familiale d'un enfant, le mien, brutalement et d’un coup sec, comme avec un pic à glace aiguisé. Ce jour où je lui avais insufflé le doute, où j'avais brouillé la vérité, démantibulé l’amour, défiguré le père. Ce jour où il dut penser que tout n'était que faux, l’édifice factice, la famille bouffonnerie. Ce n’était pas seulement une mère qui délirait, c'était un monde qui s'écroulait à ses yeux. Et moi, croyant le protéger, je n’avais été que mauvaise fée, vilaine mère, maman destructrice. Ce jour-là, oui, j'en suis sûre, j’ai — bien malgré moi — fait un mal infini à mon Pierre.
...
p. 123
...
Le lendemain, mon père vient me chercher et m'emmène à l'hôpital. Je ne résiste pas. Je ne crois pas l'avoir connu plus bouleversé et inquiet que ce jour-là.
...
p. 124
...
Un univers carcéral en blouses blanches
...
Les premiers jours, seul mon mari était habilité à venir me voir. Il pouvait rentrer dans la petite bâtisse aux ouvertures grillagées où se trouvait ma chambre en passant par le sas de sécurité où il était obligatoire de décliner son identité. Derrière sa petite ouverture, le gardien le laissait alors passer.
Je ne sais pas ce qu'ont ressenti les quelques amis qui sont venus. Mon image a dû en prendre un sacré coup. Il y a bien dû en avoir au moins un pour penser que je ne pourrai ressortir d’un lieu pareil...
Dans mon cas, l’hospitalisation a pour but de stopper la crise maniaque et de mettre au point un traitement pour la suite. Stopper la phase maniaque, c'est assez rapide, il y a des médicaments puissants pour cela (des trucs qui vous rigidifient les muscles et même ralentissent la parole, comme l'Haldol, puissant antipsychotique neuroleptique destiné aux « états psychotiques aigus, schizophrénie, délires chroniques non schizophréniques : délires paranoïaques, psychoses hallucinatoires chroniques » !).
Mais mettre au point le traitement pour la suite, c'est assez long.
p. 133
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LedraveurLedraveur   18 février 2014
Un équilibre professionnel forgé à la force du poignet
Marie : ...
Il va sans dire que, professionnellement, le trouble bipolaire est une maladie qui rend les choses compliquées. Le stress, notamment celui lié aux exigences d'une grande entreprise, est contre indiqué. Aussi, j'ai eu un parcours chaotique
(p. 177).
...
Lorsque j'étais à l'hôpital, mon entourage professionnel n'est pas venu me Voir. J'y avais pourtant de bonnes amies. Mais l'entreprise et l'hôpital sont deux mondes incompatibles. L'image est trop importante dans le monde de l'entreprise. De plus, celle-ci fonctionne encore trop souvent selon des paradigmes binaires et parfois archaïques tels que forts-faibles, dominants/dominés et la maladie n'entre pas dans cette grille de lecture.
(p. 178)

Hélène : ...
J'ai compris que vivre, c'est accepter mes limites, lâcher prise et admettre que le monde ne s'écroulera pas pour autant. C'est aussi accepter que les choses ne peuvent être réalisées immédiatement à la vitesse à laquelle je les pense. Qu'il n'y a rien d'urgent ou rien de grave. « Ce n'est pas grave, il n’y a pas mort d'homme », me dis-je toute la journée.
Voilà avec quoi je dois lutter toute la journée. Des angoisses que je ne m'explique pas. Des pressions inutiles que je n’arrive pas à rationaliser, même si j’en prends conscience. Parfois, je ne peux me débarrasser de ces emportements émotionnels qu’une fois que l'angoisse a gagné les limites de mon cerveau et que je pète littéralement un plomb. Il faut l'implosion et l'épuisement physique et psychique pour désamorcer le processus. Des réactions émotionnelles intenses face à des situations ordinaires que je n’arrive parfois plus à maîtriser.
Je sens physiquement que ces réactions modifient mon état de conscience et font des dégâts irréparables au niveau neurologique. C'est peut-être difficilement compréhensible, mais je ressens physiquement que mon cerveau est affecté et modifié par mes emportements et qu'à chaque « pétage de boulons », je détruis quelques cellules supplémentaires.
(p. 191)
« Ce n'est pas à la partie attentive que nous devons faire attention, mais précisément à ce qu'il y a d'inattentif en nous. »
Samael Aun Weor - "Introduction à la Gnose"
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LedraveurLedraveur   16 février 2014
L'amour plus fort que tout

Hélène : ...
Je pense qu’il est plus facile pour des enfants d'accepter un parent malade (même s'il n'est pas forcément facile de vivre avec) que pour des parents d'accepter leur enfant malade. En ce qui me concerne, vis-à-vis de mes enfants, l'idée qu'ils puissent hériter de cette pathologie m’est douloureuse. Vis-à-vis de mes parents, le sujet a toujours été tabou. Ma famille s'est habituée à mes euphories et déceptions passagères, mes emballements sur des projets abandonnés en cours de route ou qui n’aboutissent à rien. Mes parents restent toujours prudents, voire dubitatifs, sur mes dires et mes actes. De tout ce qu'ils ont pu en penser je ne leur tiens pas rigueur et leur pardonne tout jugement !
(p. 162)
...
Il nous incombe de nous soigner, mais cela est toujours plus facile quand on est bien entouré. Avec le temps, j'ai appris à bien m’entourer !
(p. 163)
...
Mais si j'ai perdu quelques amis en cours de route, je me félicite de ceux, si fidèles, qui m'ont accompagnée sans condition ni jugement. J'ai de la chance. Beaucoup d'amis bipolaires autour de moi n'ont pas cette chance. Beaucoup vivent en marge de la société et sont en rupture familiale. Pour autant, nous ne sommes pas pires ou plus fous que certains. « La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi je ne suis pas fou », disait Dali.
(p. 164)
...
informaticien, étudiant, mère au foyer, infirmier, commercial, assistant social, DRH, employé communal ou secrétaire... en activité — souvent réduite —, en arrêt ou en invalidité. Qu'importe, au-delà de leurs compétences professionnelles, ils sont en tout cas experts de leur maladie. Grâce à eux, j'ai arrêté d'avoir peur, je me suis rendu à l'évidence que le processus de rétablissement passe par l'acceptation de la maladie et qu'elle peut être mieux vécue ainsi.
...
J'ai eu — ou provoqué — cette chance de trouver tout au long de mon chemin des parents, des amis, des collaborateurs qui m'ont fait confiance et je les en remercie. En effet, qu'y a-t-il de plus beau que de permettre à quelqu’un d'être lui-même parce qu'il se sait écouté ?
(p. 166)
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LedraveurLedraveur   11 février 2014
« Exprimer l'intime c'est prendre le risque de la confiance »
Annemarie Trekker, - Écriture de l'intime -


Hélène : ...
« C’est cela qui hante mon cœur et qui la nuit devient parfois insoutenable », écrivait ma grand-mère à sa belle-sœur. J’ai hérité de ce tourment. Tourment qui m'est insupportable. Une souffrance transgénérationnelle sur laquelle repose une partie de mon éducation. Si la religion et le sens du devoir nous défendent d'exprimer notre profond désarroi, nos angoisses et nos nombreuses émotions, je ne peux les contenir et souhaite m’en affranchir.
p. 16
...
Ainsi, que ce soit du côté maternel ou paternel — est-ce l'époque ? L'éducation ? l'environnement socio-économique ? — j’ai hérité de blessures, de déchirements et de silences.
Silences ou secrets de famille ? Je crois qu'il n’y avait rien à cacher. Juste des sujets dont on ne souhaitait pas parler. Uniquement des tabous et une souffrance trop difficile à porter, au point de tout faire pour l'oublier.
Dans ce contexte, le courage, la rigueur et le travail sont des valeurs sûres dans lesquelles mes grands-parents et mes parents n’ont pas eu d'autres choix que de se réfugier. Il faut faire honneur à la famille, être un bon enfant, être un bon élève, ne pas être un souci supplémentaire.
Pour ma part, il me semble que j’ai hérité de la douleur familiale qui a plané sur mon enfance.
p. 18

Marie : …
Pourquoi ma mère avait-elle tant tenu à nous cacher la vérité, à tout verrouiller, à travestir le réel ? Bien sûr, elle avait dû être déçue, et avait porté en elle une honte qu’elle n'était pas capable de dépasser. Ce n’était pas convenable. Mettre en question le modèle du père, c'eut été s’exclure du bien. C'était trop. Ce n’était pas possible. Du coup, il était difficile de grandir. Ma mère est toujours restée une petite fille.
...
p. 22

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Video de Marie Alvery (1) Voir plusAjouter une vidéo
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Bipolarité : s'en sortir, le parcours de Marie Alvery. Replay de l'émission "Mille et une vies" diffusée le 21/11/2016 à 14h sur France 2.
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