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EAN : 9782490155255
Éditeur : COLLAS (04/09/2020)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Trois femmes, trois histoires, trois destins liés. Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée à son amour pour être mariée à l’époux de Safira, tandis que Hindou, sa sœur, est contrainte d’épouser son cousin. Patience !
C’est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu’il est impensable d’aller contre la volonté d’Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience, il y a le ciel. » Mais le ci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  08 novembre 2020
*** Rentrée littéraire #36 ***
Les Impatientes est un livre important. Djaïli Amadou Amal est la première auteure africaine à aborder le thème douloureux du mariage forcé. C'est un livre de révolte et de combat qui va droit au but et aborde frontalement la question, sans tabou.
Djaïli Amadaou Amal est camerounaise, peule et musulmane. Elle a été mariée de force à 17 ans à un cinquantenaire polygame qui a fini par la répudier. Elle a été remariée et a fini par fuir suite à des violences conjugales qui menaçait sa vie et celle de ses enfants. Elle s'est reconstruite et dans sa résilience a fondé en 2012 l'association Femmes du Sahel qui aide les jeunes femmes à obtenir l'indépendance par les études.
Pour son roman, forcément inspiré de sa vie, elle a fait le choix d'un roman choral dénonçant la condition des femmes en Afrique sahélienne à travers les destins croisés de trois femmes mariées de force. Et la réalité décrite donne envie de hurler ! L'auteure parvient à décrire un processus « traditionnel » avec beaucoup de force et de subtilité. Car un mariage forcé, c'est beaucoup plus subtil que ce qu'on peut imaginer de l'extérieur. Dans le Nord Cameroun, un enfant n'est pas que l'enfant de ses parents mais de toute sa famille, notamment des oncles qui, dans le roman, décident de donner leurs nièces pour des intérêts personnels présentés comme familiaux.
Surtout, les jeunes filles sont persuadées, suite à un chantage affectif intense, à donner leur accord. Depuis le plus jeune âge, on leur inculque les règles à suivre pour ne pas être rejetées de la communauté : le sens de la dignité, la honte d'avoir honte et le munyal, la patience. Ce qu'elles acceptent avant de déchanter.
Voici ce que dit la communauté sur les violences conjugales que subit Hindou : « Ce n'est pas un viol. C'est une preuve d'amour. On conseilla tout de même à Moubarak de refréner ses ardeurs vu les points de suture que ma blessure nécessita. On me consola. C'est ça le mariage. La prochaine fois, ça ira mieux. Et puis, c'est ça la patience, le munyal dont on parlait justement. Une femme passe plusieurs étapes douloureuses de sa vie. Ce qui s'était produit en faisait partie. Il ne me restait qu'à prendre des bains de bouillies agrémentées de natron afin d'accélérer mon rétablissement. (... ) Goggo Diya m'a avoué plus tard qu'elle avait eu honte de moi tant j'avais crié : tout le monde avait dû m'entendre. A l'hôpital, j'avais continué à hurler. J'avais été impudique. Elle était tellement embarrassée pendant ma nuit de noces quelle avait failli s'en aller. Même mon père et mon beau-père avaient dû savoir que mon mari me touchait ! Quelle honte ! Quelle vulgarité ! Ce moment était secret. Comment allais-je désormais affronter le regard des autres ? Quel manque de courage, de munyal ! »
L'écriture est très simple, sobre. Je me suis plusieurs fois demandée si ce récit relevait du témoignage, saisissant et nécessaire, ou de l'oeuvre littéraire. Après l'avoir refermé, il est évident que oui, Les Impatiences est une oeuvre littéraire à part entière. L'auteure déploie un dispositif implacable pour soulever l'indignation et faire bouger les consciences. Si les mots semblent choisis et assemblés « simplement », c'est pour éviter toutes scories lyriques ou trop expressionnistes : la dénonciation n'en ressort que plus rigoureuse sans passer par le prisme d'une émotion trop directe et envahissante. C'est au lecteur de se faire sa propre idée.
La construction en trois parties successives est remarquable par la chronologie proposée, construction à la fois prémonitoire et sans issue : d'abord le chapitre centré sur la jeune Ramla, 17 ans et sur l'avant mariage forcé afin de décrypter les mécanismes de la persuasion insidieuse ; puis c'est celui sur sa cousine Hindou qui raconte son calvaire une fois mariée ; et enfin celui narrée par Safira, la première épouse, obsédée par l'idée de se débarrasser de Ramla, la deuxième épouse. Trois destins pour une même vie. Chaque chapitre est rythmée par le leitmotiv du munyal, patience, un mot qui revient comme une lame lancinante qui déchire la vie de ses femmes. Ce mot, on en vient à ne plus pouvoir le lire, le supporter.
Mais au delà de ce réquisitoire entêté et entêtant, ce qui ressort et désole, c'est de voir comment les femmes perpétuent les violences qui leur sont faites, la polygamie créant des rivalités impitoyables entre femmes, les emprisonnant dans des chaînes qui se transmettent de génération en génération, là où la sororité pourrait être un réconfort et une arme pour mettre à bas ce système.
Un roman terrible qui explose les tabous. Djaïli Amadou Amal a trois filles. Ces dernières ont bien de la chance d'avoir une telle maman.
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nadiouchka
  18 octobre 2020
# Rentrée littéraire Automne 2020
«Cet ouvrage est une fiction inspirée de faits réels », est écrit en page de garde du roman de l'écrivaine africaine Djaïli Amadou Amal, née au nord du Cameroun, « Les Impatientes » (Éditions Emmanuelle Collas), un livre qui a reçu le Prix Orange du livre en Afrique 2019.
« Patience, mes filles ! Munyal ! Telle est la seule valeur du mariage et de la vie. Telle est la vraie valeur de notre religion, de nos coutumes, du pulaaku. Intégrez-la dans votre vie future. Inscrivez-la dans votre coeur, répétez-la dans votre esprit ! Munyal, vous ne devrez jamais l'oublier ! » fait mon père d'une voix grave. »
Et ce mot « Munyal ! », revient en force de très nombreuses fois, comme une litanie, une véritable injonction à ces femmes qui ne connaissent que la soumission ou qui doivent la subir.
De la patience, les trois femmes concernées, Ramla, Hindou et Safira (sans compter les autres femmes de leur famille ou connaissances), elles en ont énormément, jusqu'au point de non retour. de « patientes », elles finissent par devenir, par la force des faits, « Les Impatientes » car point trop n'en faut. Elles y auront mis beaucoup de temps et de volonté, d'abnégation, pour finalement se rebiffer. C'est que lorsque la coupe est pleine, elle déborde et il ne faut plus en rajouter, trop c'est trop….
Dans ce roman polyphonique, l'auteure nous raconte surtout l'histoire de ces trois jeunes femmes (très jeunes) : Ramla  - Hindou et Safira. Elles sont soeurs, demi-soeurs, proches parentes…. La plus âgée est Safira (35 ans). C'est plutôt un vrai méli-mélo dans les familles car le père, polygame, a plusieurs épouses ce qui fait que l'une devient la mère, la soeur ou la belle-fille d'une même femme.
Safira, est la première épouse et devient donc une « daada saaré » mais doit supporter, elle aussi ce qu'il lui fait endurer : prendre une nouvelle épouse, beaucoup plus jeune. Son époux lui rétorque : «Ouvre les yeux, Safira ! m'a-t-il dit. La polygamie est normale et indispensable pour le bon équilibre du foyer conjugal. Tous les hommes importants ont plusieurs épouses. (…) Si tu étais un peu reconnaissante, tu remercierais plutôt Allah d'avoir été la seule pendant toutes ces années. (…) Et puis, serais-tu plus sage que le Tout-Puissant qui a autorisé les hommes à avoir jusqu'à quatre épouses ? »
Mais ce qui est également important, c'est que le père de Ramla et de Hindou les marie de force le même jour, malgré leurs supplications. Il en a décidé ainsi et leur donne la leçon suivante : « Accepter tout de nos époux. Il a toujours raison, il a tous les droits et nous, tous les devoirs. Si le mariage est une réussite, le mérite reviendra à notre obéissance, à notre bon caractère, à nos compromis ; si c'est un échec, ce sera de notre seule faute. Et la conséquence de notre mauvais comportement, de notre caractère exécrable, de notre manque de retenue. Pour conclure, patience, munyal face aux épreuves, à la douleur, aux peines.
- Allamsulillah ! »
On suit donc le destin de ces femmes qui doivent tout endurer sans se plaindre : mariages précoces – viols conjugaux (mais qui ne sont pas considérés comme tels : il n'y a pas de viol entre époux!) - polygamie - drames … Djaïli Amadou Amal y dénonce tous les tabous en parlant de la condition des femmes au Sahel dans ce roman tellement bouleversant – son dernier roman où elle a puisé dans son autobiographie pour ce terrible portrait de femmes au Sahel, car elle aussi a connu un mariage forcé avec un homme bien plus âgé qu'elle.
Y-a-t-il une forme d'espoir quand on lit :ce proverbe africain ?
« Au bout de la patience, il y a le ciel » dans le chapitre consacré à Hindou. Espérons-le.
Livre lu grâce à Lecteurs.com que je remercie comme je remercie la Maison d'éditions Emmanuelle Collas qui a procédé à l'envoi.
⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
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fanfanouche24
  08 novembre 2020
Une lecture prenante mais fort éprouvante…qui raconte combien le genre masculin dans certaines et trop nombreuses parties du monde maltraite, méprise, exploite, empêche les femmes de vivre, les soumettent de toutes les manières imaginables…encore et toujours !
La veille du deuxième confinement, jeudi 29 octobre, je me trouvais à Paris, dans le Marais, et au fil de ma promenade, je n'ai pas résisté à pénétrer encore « librement » dans une librairie , m'étant inconnue , « Comme un roman » [ Rue de Bretagne ], j'ai flâné, et un des libraires avait mis en avant ce texte dont je ne savais rien… Intéressée par les thèmes et le parcours de l'auteure, ayant semble-t-il, mis beaucoup de son propre vécu…j'ai acheté le dernier exemplaire…de cette auteure camerounaise, dont je lisais le nom pour la toute première fois !!
Ironie mordante que le choix du titre, alors que tout le long du récit de ces trios destins féminins, l'entourage familial, éducatif, social serine, répète à longueur de temps aux petites filles, puis aux jeunes filles que l'on marie de force selon les intérêts des familles et des hommes du clan, aux épouses…que la femme n'a qu'un choix et un devoir : La Patience, envers et contre tout, en permanence !
« Je ne suis pas folle. Si je ne mange pas, c'est à cause de la boule que j'ai au fond de la gorge, de mon estomac si noué qu'aucune goutte d'eau ne peut plus accéder. Je ne suis pas folle. Si j'entends des voix, ce n'est pas celle du djinn. C'est juste la voix de mon père. La voix de mon époux et celle de mon oncle. La voix de tous les hommes de ma famille. (...)Non, je ne suis pas folle. Pourquoi m'empêchez-vous de respirer ? Pourquoi m'empêcher-vous de vivre ? « (p. 152) [Hindou ]
Cet extrait dit l'essentiel du noyau central de ce roman , qui nous raconte le destin de trois femmes reliées par une même famille : des parcours de vie, fracassés par les traditions machistes [ pour ne pas dire plus !!! ] du Sahel…
« Je n'étais pas que la fille de mon père. J'étais celle de toute la famille. Et chacun de mes oncles pouvait disposer de moi comme de son enfant. il était hors de question que je ne sois pas d'accord. J'étais leur fille. j'avais été élevée selon la tradition, initiée au respect strict que je devais à mes aînés. (p. 41)” [Ramla ]
L'ennemi n°1 des petites filles, jeunes filles, et des femmes… sont en premier les Hommes qui ont tout pouvoir sur elles, tout le long de leur existence bafouée… le deuxième ennemi, plus terrifiant encore , sont les victimes devenues bourreaux, c'est-à dire les femmes elles-mêmes : les co-épouses [ dans un régime polygame ], les belles-mères…etc.
Ces trois récits de parcours de femmes insistent sur les mariages forcés, les dégâts induites par la polygamie, la violence des hommes envers leurs femmes, leurs filles ; violence se communiquant ultérieurement sur les femmes elles-mêmes, qui se vengent, à leur tour, sur leurs « soeurs » plus faibles, ou en position de plus grande dépendance, ; un cercle infernal, incessant…

Dans ce monde peule, pour lutter contre la fatalité de naître « Femme » l'ésotérisme a une place de choix: les djinns, , les recours aux esprits , aux marabouts, jeter des sorts…tout est bon pour supporter et braver les malheurs qui tombent, s'accumulent sur la tête des Femmes !

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montmartin
  05 novembre 2020
Nous sommes au nord du Cameroun dans une concession peule, Samla dix-sept ans rêve de devenir pharmacienne, mais son oncle a décidé de la marier à un homme riche et respecté de 50 ans. Elle va devenir sa seconde épouse.
Le même jour sa demi-soeur Hindou se marie avec son cousin Moubarek alcoolique, drogué et violent.
Safira la première épouse redoute l'arrivée de la jeune et jolie Samla.
Un roman polyphonique, trois voix pour exprimer toute la violence faite aux femmes au nom des traditions et de la religion.
Les filles doivent attendre patiemment que leurs pères ou leurs oncles leur proposent un époux, un homme riche qui les mette à l'abri du besoin, qu'elles soient dignes et qu'elles se plient aux traditions. L'amour n'existe pas avant le mariage. Désormais leur vie se résumera à cuisiner et à s'occuper des enfants, subir les coups et les viols de leur mari dont elles se partagent les faveurs à tour de rôle avec leurs coépouses. Tout cela dans la plus grande indifférence des membres de la famille.
Ici, la polygamie est normale et même indispensable pour le bon équilibre du foyer conjugal, la première épouse est la maîtresse de maison, la coépouse lui doit obéissance absolue, et accomplir les tâches ingrates. Entre coépouses un climat de conflit et de jalousie permanent. Une sourde rivalité qui se répercute sur les enfants. Se débarrasser par tous les moyens de sa rivale.
Ce roman est une certes une fiction, mais savoir que ce récit est inspiré par des faits réels, par le vécu de nombreuses femmes, dans l'indifférence de tous, c'est insoutenable !
Mais comme tiens à le souligner l'auteure dans une interview :
« Toutes les religions prônent la paix et aident à l'épanouissement des êtres humains. Elles ne peuvent donc être tenues responsables des tourments que les hommes font endurer aux femmes. S'il y a des souffrances, c'est conséquemment en lien avec les mauvaises interprétations des textes. Les religions n'ont jamais promu le mariage précoce des filles ni les violences à l'endroit des femmes… Cela relève donc d'une mauvaise interprétation des textes religieux dont usent certains pour infliger des violences aux femmes. Il est également question de pratiques coutumières que nos sociétés ont du mal à prohiber. »
Un roman salutaire donc pour lutter contre l'obscurantisme. Un lecteur ne peut pas ressortir indemne d'une telle lecture. Avec ce terrible mot qui revient sans cesse Munyal ! (Patience) symbole absolu de la soumission.
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Litteraflure
  05 novembre 2020
Avec ce roman, vous allez voir ce qui se passe à l'intérieur d'un foyer musulman où prévaut la polygamie. Dans la vraie vie, c'est presqu'impossible. Un étranger ne franchira jamais l'enceinte de la « concession » où l'homme a rassemblé ses coépouses pour mieux les surveiller. Tradition et patriarcat font loi. Une jeune fille n'a d'autre espoir que de faire un mariage décent. Elle doit renoncer à l'instruction et à l'amour (quel amour ? « Une femme heureuse se reconnaît à ses voyages à la Mecque et à Dubaï »), car se marier avec l'homme qu'on aime, « c'est une idée de blanc ». Sitôt sa jeunesse évanouie, après de multiples grossesses, la première épouse doit accepter la venue d'une jolie vierge qui lui ravira les faveurs de son mari. S'engage alors une lutte sans pitié entre les rivales. Ce livre en raconte cette affreuse réalité au quotidien. Tous les moyens sont bons pour se nuire, du maraboutage jusqu'à l'invocation d'Allah, dans les cas de force majeur. Comment ces femmes supportent-elles ces tensions ? En usant de patience (« munyal »), le seul remède possible, d'après leur famille.
« Les impatientes » (il y en a…) permet de se familiariser avec cette culture. A défaut de la comprendre, on a de l'empathie pour ces femmes asservies et combatives. On s'interroge, aussi. J'en veux pour preuve la discussion que j'avais eue avec une vieille Émiratie qui avait épousé son mari très jeune, qui avait appris à l'aimer et dont la coépouse était devenue son amie. Elle m'avait fait cette réflexion pleine de malice : « est-ce que c'est pire qu'un mari qui te trompe après quelques années de mariage ? » Notre débat passionné reste un de mes meilleurs souvenirs d'échange « interculturel ».
Un livre fort intéressant donc, qui fait réfléchir et voyager. Un seul regret : l'usage incessant du mot patience (ou munyal), concept central de cette histoire mais, il en faut… de la patience… pour le lire autant de fois en si peu de pages.
Entre nous, je ne suis pas certaine que, du point de vue littéraire, ce livre ait sa place dans la short-liste du Goncourt. Mais c'est rafraîchissant. La question est plutôt de savoir pourquoi Laurent Mauvignier n'y est pas.
Bilan : 🌹🌹
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   12 novembre 2020
Un très beau roman, finaliste du prix Goncourt, dénonce cette réalité aujourd'hui encore dans le Sahel.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox   09 novembre 2020
Djaïli Amadou Amal, écrivaine camerounaise reconnue comme l'une des grandes plumes de l'Afrique actuelle, décrit dans son ouvrage, "Les impatientes", l'effroyable condition féminine dans certaines parties de l'Afrique. Mariages forcés, polygamie, viols et violences physiques : derrière les murs de certaines maisons "aisées" se cache un esclavagisme des temps modernes auquel il est difficile pour une femme d'échapper.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix   03 novembre 2020
Récompensé du prix Orange du livre en Afrique et en lice pour le Goncourt, ce roman âpre de la Camerounaise Djaïli Amadou Amal plonge dans l'enfer des mariages forcés et de la polygamie au Sahel.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (110) Voir plus Ajouter une citation
ZephirineZephirine   11 novembre 2020
Quand il se rapproche de moi, je tremble tellement que, pour la seconde fois de la soirée, je fais sur moi. Le liquide tiède mouille le pagne déjà humide, dégouline le long de mes jambes et laisse une trace sur le sol poussiéreux. Un vide s'installe dans mon esprit. Tout mon corps se contracte de peur des coups. Je suis terrorisée.
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fanfanouche24fanfanouche24   08 novembre 2020
L'islam est toujours le dernier recours pour débusquer la vérité ! Jurer sur le Livre est une chose extrêmement grave, et on ne l'exige qu'en des cas très rares qui le justifient. Jurer sur le Coran peut faire peser de lourdes menaces, exposer même à l'anéantissement de toute une famille. (p. 197)
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fanfanouche24fanfanouche24   08 novembre 2020
Ainsi a-t-on soigné mon corps mais pas mon esprit. (...) On me répéta qu'il ne s'était rien passé de dramatique. Juste un fait banal. Rien d'autre qu'une nuit de noces traumatisante. Mais toutes les nuits de noces ne sont-elles pas traumatisantes ? (p. 97)
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fanfanouche24fanfanouche24   08 novembre 2020
Pendant ce temps, nous, les femmes, mangions aussi ensemble. Il n'était pas possible que l'une d'entre nous choisisse de dîner seule ni surtout d'avoir un plat spécifique. Si j'avais une envie particulière, j'appelais ma mère qui, discrètement, me faisait parvenir le plat en question (...) (p. 102)
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fanfanouche24fanfanouche24   08 novembre 2020
Il n'y a pas pire ennemie pour une femme qu'une autre femme ! (p. 157)
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Vidéo de Djaïli Amadou Amal
Peule, musulmane et féministe : Djaïli Amadou Amal.
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