AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207013329X
Éditeur : Gallimard (14/04/2011)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 4 notes)
Résumé :
En juin 1883, Charles de Foucauld, future saint de l’Eglise, se rend au Maroc, déguisé en rabbin, sous le nom de Joseph Aleman, pour se livrer pendant un an à une minutieuse exploration de ce pays. Cette exploration servira avantageusement le France pour entreprendre la conquête du Maroc.
A la veille de sa mort, Mardochée, celui qui fut le guide du père de Foucauld, se livre à une troublante confession.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
raton-liseur
  07 février 2012
Me voilà avec sur les bras un livre bien difficile à commenter, car je n'ai certainement pas la culture nécessaire. La vie et les idées de Charles de Foucauld me sont totalement inconnues, de même que l'histoire du Maroc pris dans la tourmente des appétits coloniaux dans la seconde moitié du XIXème siècle. Me voilà donc bien attrapée, avec ce livre acheté sur un coup de tête samedi dernier à cause de la photo, sur le bandeau littéraire, du personnage qui donne son nom au récit. Moi que d'ordinaire les bandeaux littéraires insupportent, me voilà bien attrapée, je le redis…
Une fois le décor posé et après avoir tourné autour du pot, il me faut bien rentrer dans le vif du sujet… Mardochée Abi Serour fut, à cinquante ans, le guide de Charles de Foucauld lorsque celui-ci, jeune homme dissipé et patriote, quitta l'armée pour se lancer dans un voyage d'exploration dans un Maroc insoumis et fermé aux chrétiens. Un an plus tard, il en ramènera des informations que d'aucun jugent avoir été cruciales lors de l'établissement du protectorat français et un livre, Reconnaissance au Maroc qui établira la renommée de son auteur.
Explorateur sûr de sa supériorité et fier de lui-même (à l'image de la plupart des explorateurs, est-ce un trait de caractère nécessaire pour avoir la témérité de se lancer dans une telle aventure et la chance nécessaire pour en revenir ?), Charles de Foucauld passe sous silence la part que son guide a pris à la réussite de son voyage. C'est ce silence qui est à l'origine de ce roman, où le guide prend la parole pour raconter sa version des faits. Prémisses intéressantes, mais qui ne débouchent pas sur grand chose de concret dans ce livre. Certes, de Foucauld a la morgue caricaturale des Français et la supériorité attendue des chrétiens en terre étrangère. Mais n'est pas là un trait de l'époque ? Alors oui, certains propos prêtés à de Foucauld dans ce livre sont choquants à l'aune de notre ère post-coloniale. Mis dans la perspective de ce deviendra Charles de Foucauld, ils seraient intéressants si ce livre touchait la question du changement du regard, de l'abandon des préjugés, de comment ce voyage a changé la pratique de sa propre foi. Mais ceci n'est pas le propos de ce livre.
Et c'est là que le bât blesse. Si le propos de ce livre est de dénoncer l'arrogance des explorateurs, dont acte. Cela a été dit et redit, cela est connu, et ce livre n'apporte rien de nouveau, ni sur la forme ni sur le fond. Si le propos est autre, hélas, je suis passée à côté. Il y avait plein de questions intéressantes que j'aurais aimé voir soulevées, comme les tourments de celui qui se rend compte qu'à son insu il a livré son pays pieds et poings liés à l'envahisseur (seulement effleurés sur la fin). Ce livre, qui heureusement se lit assez rapidement, m'a donc laissée sur ma faim.
Post-scriptum : Intriguée par ce livre, j'ai trouvé une interview de l'auteur dans l'émission Cultures d'Islam sur France Culture. L'auteur, qui parle mieux qu'il n'écrit, explique que le principal sujet de son roman est le port de masques, le jeu avec les identités (Charles de Foucauld se déguise effectivement en juif pendant ce voyage). Je dois avouer que je suis complètement passée à côté de ce thème, mais que les invraisemblances de l'intrigue (les personnages croisés et recroisés aux plus improbables des moments) et ce qui m'a semblé être des attaques gratuites (comme l'amitié avec Pétain, compagnon de promotion à Saint-Cyr, donné comme un grand ami de de Foucauld. Est-ce condamnable, qui pouvait savoir ce que Pétain deviendrait alors qu'on est en 1883 ! Cette lourde insistance qui n'apporte rien à l'histoire m'a juste parue déplacée.) m'ont empêché de profiter de cette lecture que, malgré un thème a priori intéressant, je ne recommande pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Mardokhai
  06 juillet 2018
Le sujet, la personnalité de Mardochée et le contexte historique, avait tout pour être romanesque. le résultat hélas est un roman odieux plein de haine et de ressentiment contre Charles de Foucauld. Kebir Ammi falsifie complètement l'histoire véritable ce qui est malhonnête pour un roman historique. Foucauld n'a pas été un espion comme le prétend le livre presque toute les deux pages. Il n'a pas été payé par l'Etat ou le gouvernement (p 122), il n'était plus militaire, jamais dans son livre Reconnaissance au Maroc ( que Ammi n'a pas dû lire tellement il fait d'erreurs) Foucauld n'espère, ne suggere, ne prépare une invasion militaire. le travail de Foucauld était publique (les anglais, allemands tous ont put lire son travail). Son prétendu "espionnage" a même été remis en main propre au sultan par Henri de Castries! Et si Foucauld était espion alors Mardochée était le patron de l'espionnage français ! Foucauld n'était pas né que Mardochée envoyait déjà des rapports (en 1858!) à Paris et en français... En 1874 il est même reçu par deux ministres à Paris ! (Honneur que Foucauld n'a jamais eu)
Ce roman est à charge contre Foucauld, qui rappelons-le ne croyait pas encore en Dieu au moment de son exploration, n'était pas homosexuel comme le suggère Ammi mais au contraire grand coureur de jupons...(et même s'il avait été homosexuel c'est pitoyable de la part de l'auteur d'utiliser cela dans sa haine)
La fin est odieuse quand Mardochée choisi d'écrire dans " la langue du saint Coran" quand on sait que le même jour des dizaines de milliers de musulmans s'apprêtaient à massacrer les juifs d'Alger... le roman tait la condition intolérable des juifs au Maroc que Foucauld a mis en lumière. (Mais tout le monde a compris que M Kebir Mustafa est musulman et qu'il change et occulte ce qui l'arrange)
Enfin si Foucauld a choisi le déguisement juif c'est uniquement parce-que tout chrétien pénétrant à l'intérieur du pays était immédiatement massacré loin de tous ces étrangers qui vont et viennent tranquillement dans le roman de Kebir Ammi...
Les graves erreurs historiques sont légion dans ce roman, pire elles ne se justifient même pas pour des raisons romanesques! Inventer une amitié entre Foucauld et Pétain est complètement gratuit et sans raison dans la trame du roman. C'est dommage d'autant plus que Foucauld est rentré du MAROC avec une image positive de l'islam et des musulmans, loin du mot "fanatique" que lui prête Ammi...
Il écrit en rentrant "l'islam à produit en moi un profond bouleversements. La vue de cette foi, de ces hommes vivants dans une continuelle présence à Dieu..." . Bref j'invite tout le monde à lire la véritable histoire, qui est un vrai roman, sans mensonge. Mardochée est mort à Alger en s'occupant de ses passions, les herbes, les insectes, les souvenirs de ses voyages, voie dans laquelle la France l'a encouragé et permis de vivre, avec un passeport français. Assurement loin, très loin, d'un sentiment de trahison que lui impose Khebir Ammi dans ce livre plein d'hyppocrisie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
JeanPierreV
  12 juillet 2014
Mardochée, vieux juif âgé d'une cinquantaine d'années sert de guide, de juin 1883 à mai 1884, au jeune Joseph Aleman (Charles de Foucault) qui s'est illustré dans des guerres, et qui souhaite explorer le Maroc. Tous deux déguisés en rabbins affrontent de nombreux périls, guerres tribales, trahisons, espions de tout genre, exécutions capitales, violences.... dans ce Maroc, hostile aux chrétiens, et attisant les velléités des puissances européennes, Angleterre, France.... Ils sont obligés parfois de tuer et toujours d'avancer en masquant leurs projets, en se masquant eux-mêmes
Devenu vieux il écrit un livre de souvenirs dans lequel il relate cette aventure, mais trace aussi un portrait pas toujours très reluisant de celui qui fut son maitre pendant cette année, de leurs relations de confiance mais aussi de leurs animosités de leurs querelles : un explorateur arrogant parfois, secret, hautain, manipulateur.
Un livre confession : Mardochée demande pardon à son peuple, à son pays d'avoir les avoir trahis , en accompagnant Charles de Foucault, celui qui grâce aux informations cruciales qu'il recueillit permit l'établissement du protectorat français. "Ce journal est ma seule réponse, puisque ma voix, que nul ne souciera jamais de prendre en compte, n'a vocation que de se mélanger à la poussière et au silence".
Un livre vérité : Mardochée souhaite relater sa version des faits, face aux écrits de son maître qui le laisse sous silence.
Une découverte de ce Maroc du 19ème siècle, mais aussi du travail trouble de ces hommes qui accompagnant ces explorateurs arrogants, trahirent leurs pays, leurs peuples.
Une question : quelle est la part de vérité, quelle est la part romancée de ce livre?
Un auteur que j'ai découvert, et dont je vais poursuivre la découverte
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
ELINNA
  27 septembre 2012
Remarquablement écrit, un vrai plaisir de lecture. Une histoire étonnante des personnages troublants d'une époque fort mouvementée !
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   07 février 2012
Il faudra que j’apprenne à vivre avec ce crime perpétré contre eux. Car c’est un crime, je puis l’affirmer maintenant, si même je me suis toujours efforcé, en produisant toutes sortes de preuves, de nier qu’il en fût un. Il faudra, disais-je, que j’apprenne à vivre avec ce crime. Mais le peut-on lorsqu’il est perpétré de sa propre main ? Peut-on faire comme si cela n’avait pas eu lieu ? Peut-on garder le même visage ? Et peut-on se regarder soi-même et regarder ses fils comme si de rien n’était ? (p.237, Partie II, “Imposture”).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
raton-liseurraton-liseur   07 février 2012
Cette région est en effet périlleuse et je me serais bien gardé de l’emprunter. Mais c’est le vicomte qui choisit l’itinéraire et lui qui le modifie sans en référer à quiconque, et encore moins à son guide. (p.156, Partie II, “Imposture”).
Commenter  J’apprécie          50
raton-liseurraton-liseur   07 février 2012
La mort est à deux pas. Elle sera violente. Mais ne pleure pas mon fils. Maîtrise-toi. Il ne sert à rien de montrer sa douleur. (p.249, Partie III, “Disgrâce”).
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Kebir-Mustapha Ammi (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kebir-Mustapha Ammi
Kebir-Mustapha Ammi - Un génial imposteur .Kebir-Mustapha Ammi vous présente son ouvrage "Un génial imposteur". Parution le 30 janvier 2014 aux éditions Mercure de France. Rentrée littéraire 2014. Notes de Musique : "Scout Niblett" by Noise Problems Selections (http://noiseproblems.net/)
autres livres classés : marocVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

L'Afrique dans la littérature

Dans quel pays d'Afrique se passe une aventure de Tintin ?

Le Congo
Le Mozambique
Le Kenya
La Mauritanie

10 questions
261 lecteurs ont répondu
Thèmes : afriqueCréer un quiz sur ce livre