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3.78/5 (sur 2612 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1972
Biographie :

Antoine Laurain est un écrivain français.

Passionné d'histoire de l'art et de cinéma, c'est dans ce deuxième domaine qu'il fera ses études à l'université. Tout en réalisant divers court-métrages, il est l'assistant d'un antiquaire parisien.

Écumant les salles des ventes et les salons d'antiquités, il délaisse le cinéma pour se tourner vers l'écriture. Le monde des collectionneurs lui servira pour son premier roman "Ailleurs si j'y suis" (prix Drouot 2007). Suivront "Fume et tue" (2008) et "Carrefour des Nostalgies" (2009).

En 2012, "Le Chapeau de Mitterrand" sera l'un des succès littéraires de la rentrée de Janvier. Le roman obtient le prix Landerneau découverte et le Prix Relay des voyageurs. Traduit en onze langues dont l'anglais sous le titre "The president's hat" (Gallic Books) le roman se classera en 2013 parmi les meilleures ventes d'une traduction française au Royaume-Uni.
En 2015 il est adapté pour la télévision (France 2) avec Frédéric Diefenthal, Michel Leeb.

"La femme au carnet rouge" (2014) sera traduit en 18 langues. Les droits d'adaptation cinéma sont vendus à UGC.

"Rhapsodie française" est sorti en librairie pour la rentrée littéraire de janvier 2016. Les droits d'adaptation sont vendus à la télévision britannique pour une série.

Antoine Laurain est aussi journaliste pour le magazine de luxe "Palace-Costes".

son blog : http://antoinelaurain.blogspot.fr/
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Source : www.rue-des-livres.com
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Bibliographie de Antoine Laurain   (14)Voir plus


Entretien avec Antoine Laurain à propos de son ouvrage Rhapsodie française :



Le point de départ de votre roman est une lettre, arrivée 33 ans après sa date d’envoi. Cette lettre était celle d’un label musical, demandant un rendez-vous aux Hologrammes, le groupe de musique formé par vos personnages principaux lorsqu’ils étaient adolescents. Comment vous est venue l’idée de la lettre perdue ?



Il y a quelques années j’avais fait un papier pour la presse sur les lettres en retard, dans le monde. Je me suis aperçu que la durée était très variable, allant de quelques années jusqu’ à plusieurs décennies et même cent ans ! mais aussi que ce n’était pas si rare que ça. L’idée qu’un roman puisse avoir ce point de départ m’a semblé envisageable. Mais il fallait une façon inattendue de le traiter… et trouver le contenu de cette lettre.



Cette lettre fait l’effet d’une bombe à Alain, l’ex guitariste du groupe, qui s’interroge sur ce qu’aurait été sa vie si la missive était arrivée à destination. Il décide alors de recontacter certains des ses anciens camarades. Quel est votre regard sur les rêves de jeunesse ? Le choix d’Alain est-il le bon selon vous ?



La quête d’Alain est une manière de « parcours initiatique » ce qui est souvent le cas de mes personnages principaux dans mes romans. Cette quête – que ce soit celle du chapeau perdu de François Mitterrand, d’un sac à main de femme volé ou d’un étrange tableau acheté à la salle Drouot – semble un peu dérisoire de prime abord et pourtant elle va vraiment mener à quelque chose, le héros a raison de s’entêter. L’histoire va lui donner raison. Que reste-il du jeune homme ou de la jeune fille que nous étions à vingt ans ? C’est une question et un sujet de roman. Rhapsodie apporte non pas une réponse, car le sujet est vaste, mais disons une proposition.



L’un des membres du groupe, Stan Lepelle, est devenu artiste contemporain et propose des oeuvres qui rappellent avec malice les récents déboires qu’a connu la place Vendôme avec l’oeuvre de McCarty. Quel est votre regard sur l’art aujourd’hui ?



L’Art dit contemporain relève trop souvent de l’imposture, du canular… ces œuvres sont souvent accompagnées par un discours esthétique voire philosophique d’une prétention inouïe ! qui finit par devenir comique… Je ne suis pas non plus complétement réfractaire : j’ai un bon souvenir de " Leviathan " d’Anish Kapoor au grand palais ou encore " Casino " d’Annette Messager à la biennale de Venise… Jeff Koons non plus n’est pas le pire, loin de là, mais lorsque vous voyez que son " balloon dog " se vend 58 millions de dollars, sérieusement il faut arrêter là… et arrêter de mettre ces artistes là au même niveau que Salvador Dali, David Hockney ou Francis Bacon. Je me suis souvent demandé si tous ces artistes contemporains, dans le fond, n’avaient pas clairement conscience d’être des imposteurs mais qu’avec la célébrité et l’argent ils finissaient par se persuader qu’ils étaient vraiment des génies. Stan Lepelle apporte des éléments de réponses…



De la même manière, un autre membre du groupe, Vaugan, est à la tête d’un parti d’extrême droite, qui n’hésite pas à évoquer les codes d’un certain dictateur Allemand… Quel est votre ressenti par rapport à la montée des extrêmes ? Pourquoi avez-vous choisi d’évoquer le sujet dans votre livre ?



Je le vois plutôt Mussolinien, jusque dans son physique… le livre se passe dans la France d’aujourd’hui, pas en 1983, dans notre époque, dans notre Europe. Si l’on veut aborder un peu la politique c’est difficile d’éviter l’extrême droite – et pas qu’en France. C’est une réalité et un chemin qu’on prit certaines personnes. Regardez Donald Trump aux USA, ce type existe vraiment, ce n’est pas un personnage de roman ou de film, il a vraiment des électeurs. Vaugan en 1983 est un brave garçon, un peu timide et mal dans sa peau. Les gens parfois changent, c’est aussi de ça dont je voulais parler. On quitte un type sympathique et plein de doutes on retrouve un homme sûr de lui, riche et sans aucunes limites… l’inoffensif est devenu dangereux. Que s’est-il passé ? cela reste mystérieux. On ne peut d’ailleurs pas résoudre ce mystère, juste l’observer.



Finalement, votre roman oppose les années 1980, celles de la jeunesse de vos héros, sorte de paradis perdu, à un présent relativement sombre. Vous aviez déjà évoqué les années 1980 dans Le chapeau de Mitterrand. Ressentez-vous une certaine nostalgie par rapport à cette époque ?



Oui je pense… je ne dois pas être le seul. Il ne s’agit de glorifier les années 80 mais le monde s’est accéléré surtout dans les 15 dernières années. Le mail, les tweets, le portable, le Net, les infos en temps réel, les applis, youtube, la télé-réalité… Tout est nouveau, tout va vite, tout est obsolète à toute allure. Le flux est constant et ultra addictif. C’est très chouette les mails et Instagram, c’est génial tout ça mais ça ne s’arrête jamais. C’est comme essayer d’écrire une dissertation de philo dans une auto-tamponneuse. Disons que dans les années 60/70 on roulait à 50 km/h, dans les années 80 à 100, là nous roulons à 200… est-ce qu’on arrive encore à bien voir le paysage ?



Si le portrait que vous faites de la France s’avère acerbe, il est en revanche plutôt amusant et coloré. Pourquoi ce choix narratif ?



Par ce que j’aime les livres dans lesquels il se passe des choses. Des situations imprévues, des évènements crédibles mais que l’on n’a pas vu venir. Trop de romans n’évoluent plus au-delà de la page 80. Vous avez tout compris et il ne se passera plus rien. Aussi par ce qu’il faut qu’il y ait des moments drôles dans un récit, des moments de dérision ou d’absurde. C’est ce que nous ont appris Molière, Sacha Guitry, Ernst Lubitsch, Marcel Proust aussi et Louis-Ferdinand Céline… Ces deux-là sont aussi très drôles. On peut écrire dans un même livre des passages profonds et sensibles et des passages drôles. Tenez, en passant… Vous savez ce que disait Henry Miller à propos d’Adolf Hitler ? : « Il est très instable et terriblement sérieux. Il faut absolument que quelqu’un le fasse rire, ou nous sommes tous perdus. »



Votre roman est un récit choral où chacun des personnages est tour à tour mis en scène. Ces chapitres sont alternés avec les monologues intérieurs de certains personnages. Pourquoi cette construction atypique ?



Ce sont les femmes qui parlent à la première personne dans des chapitres qui portent leurs prénoms. Dans le livre, les hommes sont dans l’action et les femmes dans la réflexion. Leurs « monologues » nous apportent un autre point de vue, nous donnent des informations sur l’histoire, les personnages ou sur elles-mêmes. Je tenais beaucoup à cette construction un peu atypique. Je crois qu’il faut toujours essayer de trouver quelques éléments inattendus dans la narration et la construction d’un livre.



Sans révéler la fin du roman, pouvez-vous nous dire si le prologue révèle votre vision de l’avenir ?



Si, on peut la révéler, c’est juste une « partie » de la fin du roman: c’est la VIème république avec l’avènement à la tête de l’Etat d’un homme intègre et visionnaire, n’appartenant à aucun parti politique, issu de la société civile et du monde des affaires et …enfin ça va mieux ! Même si JBM – le personnage du livre – n’existe pas dans la réalité, cette hypothèse ne me parait pas inenvisageable. Les hommes politiques français aujourd’hui n’ont à proposer que leur longue et soit disant brillante carrière au sein de leur parti. C’est ça leur CV… C’est tout. L’impopularité record de nos deux derniers présidents et l’enchainement sans précédent de gaffes, bourdes, reculades, promesses non tenues et j’en passe commence à nous faire toucher du doigt les limites de ce genre de parcours.



Antoine Laurain et ses lectures :



Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?



Aucune idée… Un Patrick Modiano peut-être ?



Quel est l`auteur qui aurait pu vous donner envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?



Marcel Proust peut-être… ou Stephen King par sa productivité.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?



J’ai toujours du mal avec ces questions… j’aimerais pourvoir y répondre mais je le regrette je n’ai pas eu de grande révélation vers mes 14/15 ans. Un livre que je referme en me disant les yeux dans le vague et le cœur battant : « Je serais écrivain moi aussi ». A cet âge, je regardais des livres d’Art avec les tableaux de Balthus ou de Dali et ces deux-là me faisaient beaucoup rêver...



Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?



Ce n’est peut-être pas celui-là mais je pourrais vous répondre Mort à crédit que je préfère nettement au Voyage au bout de la nuit.



Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?



Guerre et Paix, au hasard. Il y en a d’autres…



Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?



Pas évident cette question, il y a peu de perles dans l’océan et beaucoup d’huitres … si, tenez, lisez Les Ames juives de Pierre Bourgeade. C’est un roman très très court. Il dit en 150 pages ce que d’autres n’ont pas réussi complétement à formuler en 1000. On peut appeler ça un chef d’œuvre.



Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?



Joker. Je me ferais des ennemis dans la littérature une autre fois… en revanche j’ai envie de m’en faire dans la peinture, allez, je balance… : Les demoiselles d’Avignon de Picasso, avouons-le : c’est un tableau vraiment moche ! avec des femmes laides, c’est plat, même pas bien peint.
Voilà…ça, c’est fait.



Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?



Pas fétiche non. Mais j’aime beaucoup celle-là dans un Patrick Modiano, Villa triste, je crois : « il y a des êtres mystérieux, toujours les mêmes, qui se tiennent en sentinelles à chaque carrefour de notre vie ».



Et en ce moment que lisez-vous ?



J’ai fini le dernier Jean Echenoz. Je vais commencer Rien où poser sa tête de Françoise Frenkel, et je vais m’acheter Vous plaisantez, monsieur Tanner de Jean-Paul Dubois car c’est un des seuls que je n’ai pas lu de lui.


Entretien réalisé par Marie-Delphine

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Il y a des êtres mystérieux, toujours les mêmes, qui se tiennent en sentinelles à chaque carrefour de notre vie.
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Il y a comme cela des amours éphémères, programmés pour mourir dès leur commencement et cela à très brève échéance – on n'en prend en général conscience qu'au moment où ils vont s'achever.
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William avait à trois reprises consommer des champignons hallucinogènes. La dernière fois remontait à quatre ans et il avait passé la nuit allongé dans sa baignoire à parler à sa pomme de douche qui lui répondait. Ils avaient eu un échange philosophique d’une rare intensité, abordé des thèmes universels comme la mort, la vie dans l’au-delà, la pluralité des mondes habités et l’existence de Dieu. La pomme de douche avait apporté des réponses très précises sur ce sujet. Le lendemain matin, force avait été de constater que les capacités intellectuelles de sa robinetterie avaient sévèrement diminué et se limitaient désormais à eau chaude / eau froide, en douche classique ou en massage. William avait décidé de ne jamais plus consommer de substances psychotropes.
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C'était fini. Comment pouvait-on disparaître aussi facilement de la vie de quelqu'un ? Peut-être avec la même facilité, en définitive, qu'on y entrait. Un hasard, des mots échangés et c'est le début d'une relation. Un hasard, des mots échangés, et c'est la fin de cette même relation. Avant, néant. Après, le vide. (p. 65-66)
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Le fait d'avoir un chapeau sur la tête vous confère une indéniable autorité sur ceux qui n'en ont pas.
TRISTAN BERNARD
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[1986]
- (...) Que reprochez-vous exactement à Mitterrand ? (...) Tous, nous sommes rassemblés autour de cette table comme nous le faisions trois ans plus tôt, six ans plus tôt, huit ans, dix ans, quinze ans plus tôt. Qu'a changé le 8 mai 1981 à votre vie ?
Il y eut un grand silence.
- Voyez, dit Bernard, rien... Cela n'a rien changé.
- Vous oubliez les communistes au gouvernement ! s'indigna Pierre (...)
- Je ne l'oublie pas, mais désormais le Parti communiste est en train de se dissoudre aussi sûrement qu'un sucre dans l'eau, Mitterrand a réussi en six ans ce que la droite n'est pas arrivée à faire en trente.
(p. 142-143)
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Laurent tourna la page pour découvrir deux lignes manuscrites au stylo sous le titre : " Pour Laure, souvenir de notre rencontre sous la pluie. Patrick Modiano".
L'écriture dansait sous ses yeux. Modiano, le plus insaisissable des écrivains français. Qui ne participait plus à aucune dédicace depuis des lustres et n'accordait que de très rares interviews. Dont la diction hésitante, pleine de points de suspension, était légendaire.
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Peut-on éprouver la nostalgie de ce qui n'a pas eu lieu ? Ce que nous nommons "regrets" et qui concerne les séquences de nos vies où nous avons la quasi-certitude de ne pas avoir pris la bonne décision comporterait une variante plus singulière, qui nous envelopperait dans une ivresse mystérieuse et douce : la nostalgie du possible.
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Sur le plateau [de Droit de Réponse], tout le monde fumait, criait, s'indignait, à chaque fois le débat paraissait tourner au pugilat sous le regard amusé de Michel Polac qui tirait sur sa pipe en plissant les paupières d'un air vicieux. (...) un homme, cigare au bec, assénait des vérités premières qui faisaient bondir un second, petit et chauve, prenant à témoin Michel Polac, lequel paraissait une fois de plus ravi de voir son émission déraper. (p. 59-60)
[ souvenez-vous : http://www.youtube.com/watch?v=pUWZDwFc6u4&hl=fr&gl=FR ]
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Parfois la vie vous emmène sur certains chemins, c'est sans s'en apercevoir que l'on a pris la bifurcation, le grand GPS du destin n'a pas suivi le trajet prévu et aucun panneau ne vous a indiqué le point de non-retour. Ce triangle des Bermudes de l'existence est à la fois un mythe et une réalité. Une seule chose est certaine : après être entré dans ces turbulences, jamais plus vous ne reprendrez votre route initiale.
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