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ISBN : 2070124665
Éditeur : Gallimard (12/03/2009)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 240 notes)
Résumé :
« En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l’Égée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert à l’homme de trop s’agiter dans la toile de l’existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu’une fin insignifiante. » Sy... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
meyeleb
  31 mai 2012
Avant d'entrer Dans les forêts de Sibérie, j'ai voulu emprunter les sentiers détournés des nouvelles de Sylvain Tesson, un très bon moyen de tâter le style de l'auteur.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les paysages y sont rugueux et sauvages! Phare offert à l'assaut des tempêtes, îlot de survie au milieu du Pacifique, cabane au coeur de la Sibérie hivernale, autant de lieux de solitude qui placent l'homme face à lui-même.
Car la question que pose Tesson dans ses nouvelles est bien celle du bonheur des hommes dans la société moderne. J'ai beaucoup aimé la distance qu'il adopte à cet égard. Cette distance met en lumière les tréfonds d'une âme asservie par le matérialisme (voir à ce propos la nouvelle "le sapin", explicite), Ainsi de cet éleveur de porc en batterie qui ne supporte plus de voir souffrir ses bêtes, de ces marins qui s'entretuent pour un trésor, de ces lettres d'insultes ou de rupture échouées lors d'un naufrage ; autant d'exemples de cette dépendance qui rend fou, haineux, fragile...
Et puis au coeur de ces nouvelles, souveraine, généreuse ou indifférente, c'est selon, dame Nature, qui subit, endure, juge et lave les maux des hommes. L'esprit de l'arpenteur des grands espaces nous parle, le wanderer que nul lien n'attache.
Au final, cette vision assez pessimiste de l'homme donne à réfléchir. Vite, un grand bol d'air frais, la Sibérie m'attend!
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raton-liseur
  01 octobre 2013
J'ai hésité avant d'acheter ce livre, me disant que l'on en faisait trop des gorges chaudes pour qu'il soit bien, mais la curiosité l'a emportée, je voulais découvrir cet écrivain voyageur, ou ce voyageur écrivain, et je voulais me laisser convaincre et emporter sur les routes.
Hélas, ce fut une déception. Ces nouvelles sont convenues et prévisibles. L'absence de suspens ou de tension ne me déplaît pas nécessairement lorsque le texte est servi par une plume personnelle. Mais là aussi, le style est convenu et prévisible. Je dois donc avouer que, malgré les paysages que l'on traverse et qui devraient couper le souffle, je me suis ennuyée, et n'ai persévéré que bercée par l'illusion que la prochaine nouvelle serait mieux.
Certains diront peut-être que je suis blasée, cynique, mais je n'ai pas aimé les sentences dont Sylvain Tesson parsème ses nouvelles, dans des phrases qui se veulent lapidaires mais qui sont des lieux communs cent fois entendus (« Dans les pays pauvres, les pauvres sont maigres, mais dans les pays riches, ils sont gros. », p. 116, “Le naufrage”) ou que l'auteur répète lui-même, comme cette formule utilisée deux fois à à peine vingt pages d'intervalles : « L'enfer, ce n'est pas les autres, c'est quand ils vivent trop près. » (p. 159, “L'île”) puis « L'enfer, ce n'est pas les autres, c'est l'éventualité qu'ils arrivent. » (p. 181, “La crique”).
Alors certes, les nouvelles “Le lac” et peut-être “Le phare” (avec une des rares formules qui m'ont arraché un sourire, « En Bretagne, même la mer fait de la crème. », p. 198) ne sont pas désagréables, mais elles ne compensent pas à elles seules les faiblesses du reste du livre, qui manque tout autant d'imagination que de style. Je retourne donc de ce pas vers tous ces autres écrivains voyageurs que nous a donné le XIXème siècle ou d'autres plus récents, pour y retrouver cette plume qui me fait voyager et voir les paysages et les gens que je ne rencontrerai jamais.
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folivier
  06 décembre 2012
Quinze nouvelles nous contant le tragique de l'homme. Sylvain Tesson nous fait voyager dans le temps et dans l'espace avec un fil conducteur au-travers de ses textes : la fatalité, le destin, la nature au-dessus des hommes. Il nous propose une vision assez pessimiste et tragique de la vie et de nos sociétés. Des textes très bien écrits, avec de magnifiques passages pour décrire l'hiver sibérien notamment.
J'ai particulièrement apprécié la très courte nouvelle intitulée "La particule" qui nous décrit la vie éternelle d'un atome, illustrant d'une manière très original le précepte de Lavoisier "rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme", ainsi que "Le bug", nouvelle futuriste imaginant la révolte des femmes mettant fin à une période dite de l'âge sombre ayant débutée "le jour où quelques prophètes étourdis de soleil avaient décrété que la femme était un os surnuméraire sorti du flanc de l'homme", ainsi que la discussion sur les bienfaits de la société de consommation par deux déportés soviétiques en pleine hiver sibérien.
Un très bon et beau recueuil de nouvelles qui se dévore d'une traite
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LN
  05 janvier 2011
Ces nouvelles sont toutes admirablement bien construites, entrainant allègrement le lecteur dans des univers très différents pour finalement le surprendre par une chute brutale inoubliable.
Sylvain Tesson, écrivain-voyageur nous offre un pan de son expérience de voyageur en plantant le décor de ses nouvelles dans des régions diverses du monde : L'asphalte se passe en Géorgie dans un petit village, le personnage principal Edolfius se battant pour qu'une véritable route desserve son village, et non plus une simple piste de cailloux, Les porcs aborde le sujet de l'élevage intensif au pays de Galles, La statuette est celle trouvée près d'une mine par un démineur en Afghanistan…
Il nous permet ainsi non seulement de découvrir des paysages variés mais aussi de nous familiariser avec des modes de vie et de pensée autres. Par exemple dans le bug, il nous livre en quelques lignes plusieurs révoltes de femmes à travers le monde, femmes qui un jour se sont révoltées contre leur condition, au même moment « de Sao Paulo à Libreville et d'Anvers à Johannesburg, au même moment, sans prodromes, des milliards de femmes, dans un élan commun, s'avancèrent vers l'inconnu, affranchies. » (p. 78)
Les thèmes abordés le sont toujours intelligemment et subtilement, servant un dessein plus large que la simple mission de raconter une histoire. Une morale se dessine souvent en filigrane derrière ces nouvelles, morales qui font la part belle au destin et aux forces de la nature auxquelles sont soumis les hommes…
La particule est peut-être la plus originale de ces nouvelles au charme bigarré : on y suit les pérégrinations d'une particule :
« Je roulai jusqu'au Gange dans un flot indistinct d'alluvions et d'ordures. A peine dans les eaux du fleuve, je fus filtrée par les ouïes d'une perche. (…) Je m'infiltrai dans les granules de sable et les cristaux d'argile. La radicelle d'un arbuste m'aspira et me propulsa dans la tige. La succion de la sève m'injecta dans la nervure d'une feuille. (…) Je coulai dans la trachée d'un jeune anglais et m'épanouis dans sa viande. (…) Et moi, misérable particule, cellule anonyme, pauvre poussière d'atome, je vous supplie, ô dieux du ciel, de me donner le repos, de me délivrer du cycle et de me laisser gagner le néant… » (p. 151)

Des nouvelles qui sont comme de petites pépites glaciales… A découvrir absolument...
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Nadael
  04 janvier 2014
Du fin fond de sa Géorgie natale, Edolfius se lamente chaque jour davantage lorsqu'il rentre chez lui le soir, trainant ses pieds usés sur la piste de cailloux et de terre mêlés. Il rêve d'une route flambant neuve, du temps qu'il gagnerait. Que ce serait confortable et pratique de parcourir cette « longue langue noire ». de l'asphalte. Déterminé, il décide de faire de ce rêve une réalité et se bat auprès des plus hauts dirigeants pour faire construire cette indispensable route. Son acharnement finit par payer ; le bitume tant attendu est là. Les villageois sont euphoriques, les voitures prennent de la vitesse, les allers-retours en ville se multiplient, quelle révolution... mais un voile noire se pose sur ce village en liesse : un accident est arrivé. Tatiana, la fille d'Edolfius est morte, la voiture roulait trop vite... L'homme est effondré. Cette route qu'il avait tant voulue lui avait pris son enfant. Enragé, il entreprend de la détruire. Au volant d'une pelleteuse, il l'arrache. Déracine cet asphalte de malheur. Quelques heures plus tard, il arrive chez lui ivre de chagrin,... On lui apprend alors que la jumelle de sa fille disparue a tenté de se donner la mort... mais qu' il ne s'inquiète pas elle sera sauvée ; l'hôpital n'est pas si loin grâce à la route... mais de route il n'y a plus.
Ainsi s'achève la première nouvelle de ce recueil.
Le voyage continue au large de la Mer Egée, dans une forêt de Sibérie, dans la campagne anglaise, sur un champ de mines en Afghanistan, dans un village du Népal, dans une communauté évangéliste au Texas, en Iran, à Dijon, dans les glens écossais, dans le pacifique, dans un phare du finistère... Une traversée longue de quinze nouvelles. Des histoires tragiques pour la plupart. La fatalité implacable, l'espérance des hommes, les forces de la nature, l'absurdité de l'existence, le choc de la modernité, la société de consommation, la révolte des femmes, le poids de la religion...
Les chutes sont abruptes, sans concession. L'écriture est alerte, poétique, rageuse, ironique. On sent l'aventurier et le voyageur derrière le conteur. Un très beau recueil de nouvelles.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   04 janvier 2014
«  Une lettre, c'est un petit peu de compagnie, la preuve qu'on a pensé à vous. Cette attention, née du passé, écrite au présent et destinée à l'avenir survit, voyage, s'achemine lentement vers vous, triomphe des kilomètres et soudain, lorsqu'on ouvre l'enveloppe, vous saute au cou, vous salue et vous fête comme un petit chien heureux. »
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patatarte2001patatarte2001   24 mai 2017
Ils sont venus nous convaincre que l'avenir était dans la production en batterie. Ils disaient qu'aujourd'hui un éleveur doit nourrir des centaines, des milliers de gens entassés dans les villes...Nos usines étaient des asiles. Certains porcs devenaient dangereux, ils attaquaient leurs congénères. Je ne peux plus dormir. Les cris me réveillent...Il y a cinq mois j'ai cessé l'exploitation. Et je viens juste de vendre la ferme.....Quand on lira ces lignes, je me serai pendu depuis un moment. et il faudra encore du temps pour me retrouver. Je souhaite exposer mon corps à la lumière du soleil, à la caresse du vent, au frôlement des branches et au murmure du Fiddle. A tout ce dont j'ai privé mes bêtes.
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patatarte2001patatarte2001   27 mai 2017
Lorsque nous dînions, à table, l'idée ne me quittait pas que là, à trois cent mètres dans mon dos, se tenaient des bêtes encagées, embourbées dans les immondices, enfiévrées de terreur et rendues folles d'inaction. J'ai perdu l'appétit......Mes complices ? Mes congénères. Le samedi, j'allais au mall et je les observais jeter nonchalamment la viande sous plastique dans les Caddie. Le plastique protège la conscience. S'ils avaient su, c'eût été notre faillite.L'édifice ne repose pas sur le mensonge mais sur l'ignorance.
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Corboland78Corboland78   30 mai 2013
Ils étaient venus à bout du premier litre. La vodka ne fait jamais mal lorsqu’on la boit à deux. Le principe du toast a été inventé par les Russes pour se passer de la psychanalyse. Au premier verre, on se met en train ; au second, on parle sincèrement ; au troisième, on vide son sac et, ensuite, on montre l’envers de son âme, on ouvre la bonde de son cœur, et tout – rancœurs enfouies, secrets fossilisés et grandeurs contenues – finit par se dissoudre ou se révéler dans le bain éthylique.
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kathelkathel   15 janvier 2011
Une fois ajoutée la chaux à la couche de forme, on versa le béton bitumeux et l'asphalte. La coulée partit de Batoumi et monta vers Tsalka. Elle conquit les kilomètres un à un. Le rouleau compresseur aplanissait la nappe et Edolfius pensa à ce pâtissier juif de Tbilissi qui lissait la crème de ses strudels avec un couteau à large lame. Edolfius trouva superbe cette glaçure noire qui fumait dans la froidure. L'odeur du goudron brûlant macéré dans les seaux de bois le galvanisait. Le fumet du progrès avait un goût de chair brûlée.
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Sylvain Tesson raconte la figure populaire qu'était Jean d'Ormesson et son apport dans des situations parfois compliquées.
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