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Ghislaine Delaune Gazeau (Traducteur)
ISBN : 2864243113
Éditeur : Métailié (19/05/1999)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Au plus fort de la crise financière péruvienne, Carlos, un jeune cambiste, tombe amoureux fou de la femme de chambre d'une vieille receleuse. Leur romance, sous la pression du désir de Mabel d'avoir une vie différente, loin de la violence des rues de Lima, les entraîne dans une série de crimes, soupçons et rebondissements.
Et dans ce Pérou urbain et périlleux, la leçon de vie devient pour Carlos une leçon de mort.
Humour plein d'amertume, style laconiq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
  18 janvier 2019
Lui, c'est Carlos, chômeur, recruté comme cambiste de dollars par un mafieux.
Elle, c'est Mabel, personnage type du cinéma noir nord américain, belle métisse, femme de chambre d'une vieille recéleuse.
Lui habite, elle travaille, dans le même immeuble au centre de Lima.
La femme fatale à la péruvienne, ambitieuse, qui ne rêve que de Californie et le pauvre blanc qui joue au gros dur, s'amourachent pour le meilleur et pour le pire !
Quand à Caramel Vert, vous ne devinerez jamais à quoi ça correspond :), ça m'a beaucoup amusée.....
La prose claire et concise et le ton d'autodérision résigné mais jamais désespéré de Carlos le narrateur font le sel de ce récit noir. Une histoire de dur qui vibre de sensibilité, quand coulent les larmes d'un fou qu'un petit garçon appelle à son secours en l'interpellant monsieur, ou que Carlos communie avec la nature, vautré à l'arrière d'un camion. le sex cru y est exprimé avec humour et subtilité, les putes y sont compatissantes, et les mafieux font partis du quotidien.
L'auteur lui-même définit son livre comme un roman historique plutôt que noir, car il recrée une époque que le Pérou a vécue, celle de l'époque du premier gouvernement d'Alan Garcia , et car “la réalité du Pérou est un roman noir “.
Mais nul besoin de connaître l'histoire péruvienne pour se délecter de ce livre.
Un excellent moment de lecture ! Vive la littérature sud-américaine ! Et merci Bison !
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le_Bison
  03 janvier 2019
Dans les ruelles de Lima, le soleil se lève à peine, température fraîche, une musique m'emmène. Des jeunes dans la rue crient, parlent, négocient. Cambistes de rue, ils changent des dollars verts en intis et inversement. le vert devient blanc, ne cherche pas à savoir si le blanchissement est légal, dans ce pays aux sentiers lumineux la lumière doit provenir de la drogue... Carlos est l'un deux.
Traversant ces ruelles, la robe volage quelques femmes passent, d'un hôtel au bar et inversement. Elles sont belles et caramélisées, la chevelure ténébreuse et libre. Un sourire solaire, Mabel, elle s'appelle et suis mon coeur dans cette lecture.
Ils se croisent. Un regard suffit à sceller leur destin. du moins littéraire. A la Roméo et Juliette. Ou plutôt à la Bonnie & Clyde. Avec cette envie de sortir de ces ruelles péruviennes, certes colorées mais qu'une poussière de désespoir recouvre. L'Eldorado, la frontière et le continent au-dessus. Un pistolet peut changer un destin. Celui d'un homme et d'une femme, chabada bada... Ah les histoires d'amour...
Le jeune Carlos Morales d'une leçon de vie et de rue frôlera la mort... Et sa belle, Mabel... Cambiste à Lima n'est pas aussi reposant qu'à Wall Street, un verre de rhum dans un fauteuil en cuir, sous la lune bleue le regard perdu. Caramelo Verde, un titre énigmatique, presque anecdotique dans cette histoire d'amour et de violence, mais une ambiance de roman noir, à lire sur le sable d'une plage péruvienne de la côte, le regard perdu sur les jambes caramélisées d'une femme en bikini vert...
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Norlane
  16 avril 2019
Après deux lectures floues autour de disparitions, ce récit-polar d'un orphelin péruvien, naïf et lucide, "changeur de billets", tombé amoureux d'une femme prête à tout pour une autre vie, quitte à braver le milieu du blanchiment d'argent dans lesquels tous deux évoluent comme ils peuvent, est une bouffée d'oxygène. L'écriture est vive, rythmée ; les descriptions font découvrir sans alourdir. le drame existe mais on sourit aussi.
Un beau voyage, ce roman court plein de charme.
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PhilippeSAINTMARTIN
  03 février 2017
Ce roman très bien documenté met en scène , dans le style du roman noir, les années tragiques que vit le Pérou sous le régime d'Alan Garcia - crise économique et terrorisme du Sentier Lumineux - à travers l'histoire d'un loser à la mode péruvienne, renvoyé de son travail et se retrouvant changeur de billets verts, les dollars de la drogue, au coin d'une célèbre avenue de Lima. Si l'expérience de journaliste de l'auteur nourrit ce récit, son imaginaire très personnel s'allie à une écriture précise et efficace où le quotidien côtoie toujours l'ambiguïté et le mystère.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   02 janvier 2019
J'étais toujours étendu par terre.
Je n'avais bien sûr pas le moindre espoir d'éviter une autre grêle de coups. Je la savais inévitable. Comme peuvent être inévitables un tremblement de terre ou un orage. Les cervelles de ces gens-là ne pesaient pas plus de quatre kilos, mais elles commandaient cent kilos de muscles poilus. Et c'était une jouissance pour leurs pensées, si on me permet de les appeler ainsi, que de s'appliquer aux différentes manières de briser des os. Et d'ailleurs, après avoir, pendant un bon moment, bavé face contre terre, je ne me sentais plus du tout innocent. J'admettais n'être qu'un idiot qui était entré dans la vie de Mabel comme quelqu'un qui se trompe de porte. Et maintenant je payais cette étourderie.
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BookycookyBookycooky   18 janvier 2019
Beaucoup de gens doivent déjà penser que ce n’est pas pour rien que je consacre tant de temps à parler d’un misérable revolver....L’acquisition de cette arme n’a, en réalité , pas seulement transformé quelques aspects superficiels de ma vie, elle a lamentablement déterminé mon destin. Pratiquement en l’espace de quelques jours elle a fait successivement de moi une personne respectable, un être attirant, un homme dangereux et, finalement un pauvre type.
P. 62
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art-bsurdeart-bsurde   07 mars 2015
Plus tard, je suis resté un moment à contempler attentivement l'agitation de la foule. C'était une des ces journées où tout le monde est pressé, transpirait, se bousculait. Les changeurs se mêlaient au vendeuses de nourriture qui ravivaient avec une certaine impatience le feu de leur braseros avec un éventail de paille. Par moment la circulation bouchonnait ; à d'autres les autos passaient comme des bolides. C'est alors qu'à quelques mètres, j'ai été témoin d'une émotion extraordinaire. Très peu de personnes ont remarqué l'incident.
Une femme âgée, assise dans un fauteuil roulant, avançait sur le trottoir. Un garçon d'environ dix ans, son fils, poussait le fauteuil. Et tout à coup, en passant sur un nid-de-poule, une des roues s'est déboîtée et est allée en roulant heurter les pieds d'un homme. Inquiet parce que sa mère semblait sur le point de tomber par terre, l'enfant a demandé de l'aide. Il n'a pas du tout fait attention à qui il s'adressait. C'était à un fou crasseux qui, à ce moment-là, très contrarié, cherchait quelque chose d'imaginaire qui bougeait en l'air. L'interruption de l'enfant l'a déconcerté et pendant quelques secondes il s'est gratté la nuque. Quand la mère s'est rendu compte de la situation il était trop tard : le fou avait ramassé la roue et s’efforçait de la remettre en place. Ce qu'il a fait avec une habilité et une rapidité surprenantes, s'assurant que les vis étaient bien serrées. L'enfant a attendu en silence qu'il ait terminé son travail et puis, le regardant en face, lui a dit :
- Merci beaucoup, monsieur.
La mère en a fait autant, bien que son remerciement ait été un peu évasif, et mère et fils sont vite repartis. Le fou est resté perplexe un instant. Quand il s'est retourné, j'ai vu qu'il avait les joue ravagées de larmes. Son visage, sale et inexpressif, offrait un spectacle désolant. Qu'est-ce qui l'avait ému à ce point ? Le fait de se sentir utile ? Ou peut-être de s’être senti encore traité comme une personne ? Depuis combien de temps ne l'avait-on pas appeler monsieur ou ne lui avait-on pas dit merci ?
Je deviens peut-être sentimental. Je ne sais pas. Mais ces choses-là arrivent avec le travail. Ça fait partie de la rue, et il n'y a pas moyen de les éviter. On pense que cela nous apprend quelque chose, nous donne l'occasion d’être plus ouverts au monde. De la merde, oui ! Ceux qui savent de quoi je parle n'ignorent pas que le premier coin de rue donne aussi d'autres leçons plus frappantes.
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le_Bisonle_Bison   30 décembre 2018
Elle, d'un air de défi, a mis les mains sur ses hanches : ... Je veux savoir ce que tu penses de la vieillesse.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Ne fais pas l'idiot. Réponds-moi tout de suite : à quelle âge une femme est vieille pour toi ?
- Comment à quel âge ? Une femme est vieille quand elle est vieille.
- Oui ? A partir de quand ? Vingt-cinq, trente ans ? Quarante ?
- Qu'est-ce qui te prend, merde ?
- Je veux savoir combien de temps il me reste ! a-t-elle crié en croisant les bras. J'ai déjà vingt ans et je ne sais pas s'il m'en reste cinq ou dix.
- Mais qu'est-ce que ça peut changer ?
- Beaucoup ! Mon âge c'est tout ce que j'ai de bon dans la vie... Mon âge, et ce bikini.
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le_Bisonle_Bison   07 janvier 2019
Je ne voyais pas son visage, mais j'entendais sa respiration agitée, et nous sommes restés ainsi quelques instants : ma poitrine appuyée contre la sienne et un de mes genoux bloquant ses jambes. J'ai senti alors un tremblement, une brusque secousse dans son ventre. Mes deux mains ont agrippé ses fesses et j'ai commencé à l'embrasser dans le cou.
- Enlève-moi cette blouse ! A-t-elle dit d'une voix presque inaudible, enlève-la-moi !
Plusieurs boutons ont sauté et la blouse est tombée. Sa langue a pénétré dans ma bouche comme une couleuvre qui fuit un incendie.
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