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Ghislaine Delaune Gazeau (Traducteur)
EAN : 9782864243113
138 pages
Editions Métailié (19/05/1999)
3.5/5   17 notes
Résumé :
Au plus fort de la crise financière péruvienne, Carlos, un jeune cambiste, tombe amoureux fou de la femme de chambre d'une vieille receleuse. Leur romance, sous la pression du désir de Mabel d'avoir une vie différente, loin de la violence des rues de Lima, les entraîne dans une série de crimes, soupçons et rebondissements.
Et dans ce Pérou urbain et périlleux, la leçon de vie devient pour Carlos une leçon de mort.
Humour plein d'amertume, style laconiq... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Lui, c'est Carlos, chômeur, recruté comme cambiste de dollars par un mafieux.
Elle, c'est Mabel, personnage type du cinéma noir nord américain, belle métisse, femme de chambre d'une vieille recéleuse.
Lui habite, elle travaille, dans le même immeuble au centre de Lima.
La femme fatale à la péruvienne, ambitieuse, qui ne rêve que de Californie et le pauvre blanc qui joue au gros dur, s'amourachent pour le meilleur et pour le pire !
Quand à Caramel Vert, vous ne devinerez jamais à quoi ça correspond :), ça m'a beaucoup amusée.....

La prose claire et concise et le ton d'autodérision résigné mais jamais désespéré de Carlos le narrateur font le sel de ce récit noir. Une histoire de dur qui vibre de sensibilité, quand coulent les larmes d'un fou qu'un petit garçon appelle à son secours en l'interpellant monsieur, ou que Carlos communie avec la nature, vautré à l'arrière d'un camion. le sex cru y est exprimé avec humour et subtilité, les putes y sont compatissantes, et les mafieux font partis du quotidien.
L'auteur lui-même définit son livre comme un roman historique plutôt que noir, car il recrée une époque que le Pérou a vécue, celle de l'époque du premier gouvernement d'Alan Garcia , et car “la réalité du Pérou est un roman noir “.
Mais nul besoin de connaître l'histoire péruvienne pour se délecter de ce livre.
Un excellent moment de lecture ! Vive la littérature sud-américaine ! Et merci Bison !
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Dans les ruelles de Lima, le soleil se lève à peine, température fraîche, une musique m'emmène. Des jeunes dans la rue crient, parlent, négocient. Cambistes de rue, ils changent des dollars verts en intis et inversement. le vert devient blanc, ne cherche pas à savoir si le blanchissement est légal, dans ce pays aux sentiers lumineux la lumière doit provenir de la drogue... Carlos est l'un deux.

Traversant ces ruelles, la robe volage quelques femmes passent, d'un hôtel au bar et inversement. Elles sont belles et caramélisées, la chevelure ténébreuse et libre. Un sourire solaire, Mabel, elle s'appelle et suis mon coeur dans cette lecture.

Ils se croisent. Un regard suffit à sceller leur destin. du moins littéraire. A la Roméo et Juliette. Ou plutôt à la Bonnie & Clyde. Avec cette envie de sortir de ces ruelles péruviennes, certes colorées mais qu'une poussière de désespoir recouvre. L'Eldorado, la frontière et le continent au-dessus. Un pistolet peut changer un destin. Celui d'un homme et d'une femme, chabada bada... Ah les histoires d'amour...

Le jeune Carlos Morales d'une leçon de vie et de rue frôlera la mort... Et sa belle, Mabel... Cambiste à Lima n'est pas aussi reposant qu'à Wall Street, un verre de rhum dans un fauteuil en cuir, sous la lune bleue le regard perdu. Caramelo Verde, un titre énigmatique, presque anecdotique dans cette histoire d'amour et de violence, mais une ambiance de roman noir, à lire sur le sable d'une plage péruvienne de la côte, le regard perdu sur les jambes caramélisées d'une femme en bikini vert...
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Caramel vert (1992) est un roman noir à la péruvienne.
Il se déroule à Lima durant la grave crise financière qui secoua le Pérou dans les années 80. le narrateur Carlos Morales vient d'être licencié . Il était employé dans une mutuelle. Il erre à un carrefour encore hagard et il est recruté rapidement par un certain Lopez, comme agent de change de rue dans le centre de Lima. Lopez lui procure un grand appartement dans un immeuble où une vieille dame fortunée collecte l'argent récolté. Cette respectable banquière entourée de gardes du corps armés jusqu'aux dents, emploie comme femme de chambre la belle et ambitieuse Mabel dont il tombe éperdument amoureux.
Carlos se rend compte que son activité est une façade pour cacher le blanchiment des dollars des narcotrafiquants...
Le roman est très bien mené avec un rythme qui s'accélère, des péripéties, du suspense. Les deux personnages principaux sont intéressants avec une psychologie complexe qu'on découvre au fil de l'action.
Ampuero joue avec les codes du roman noir à la Dashiell Hammet ( cité en exergue) ou du film noir américain pour saisir la brutale réalité sociale de ces années là : ambiance urbaine nocturne, femme fatale, anti-héros amoureux, richards sans scrupules, hommes de mains bêtes et brutaux , narration désenchantée et dérision douce amère…
La douce tentation du caramel vert contamine tous les niveaux de la société et la violence est omniprésente : règlements de comptes entre gangs, police corrompue qui protège le plus offrant. On pourrait se croire à Chicago au temps de la prohibition s'il n' y avait pas en plus des spécificités péruviennes qui gangrennent le pays entier : le mécanisme du blanchiment d'argent, les guerres entre narcotraficants, les terroristes du Sentier lumineux. Et puis, la société péruvienne est très racialisée : la jeune Mabel est une métisse intelligente mais non éduquée, qui n'a rien à voir avec Lauren Bacall. Pour sortir de sa condition subalterne, il lui faut s'exiler aux Etats-Unis. Et pour cela, elle a besoin d'argent. Lopez doit son autorité à sa couleur de peau, il es blanc » comme un yaourt ». Carlos est un blanc également mais il est orphelin. Pour se sortir de la pauvreté, il n'est pas très regardant sur ses relations. Il lui faut un certain temps pour s'apercevoir qu'il est pris au piège…

je lirai sans doute Taxi Driver sans Robert de Niro
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Après deux lectures floues autour de disparitions, ce récit-polar d'un orphelin péruvien, naïf et lucide, "changeur de billets", tombé amoureux d'une femme prête à tout pour une autre vie, quitte à braver le milieu du blanchiment d'argent dans lesquels tous deux évoluent comme ils peuvent, est une bouffée d'oxygène. L'écriture est vive, rythmée ; les descriptions font découvrir sans alourdir. le drame existe mais on sourit aussi.
Un beau voyage, ce roman court plein de charme.
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Un peu perdue au début .... ma méconnaissance de l'histoire du pays ...
L'inti a été la monnaie du Pérou entre 1985 et 1991. Elle tire son nom de la divinité solaire inca, ce qui permettait de conserver de manière symbolique un lien avec l'ancienne monnaie, le sol (sol, signifie soleil en espagnol).
Et puis bien vite, on décolle et nous nous retrouvons à errer dans Lima, plutôt en mauvaise compagnie, mais heureusement la prose de Fernando Ampuero nous permet d'accompagner Carlos et Mabel dans leur histoire d'amour et de désir ... dans leur fuite éperdue vers un autre horizon, plus ou moins choisi mais devenu indispensable à la survie.
Une fuite, le long d'une plage qui nous semble idyllique ... avec une nymphe au bikini rouge à pois noirs ... Avec de simples individus cherchant juste à fuir notre civilisation devenue folle .... à la poursuite du billet vert, de la coca ou du caramel vert ...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
J'étais toujours étendu par terre.
Je n'avais bien sûr pas le moindre espoir d'éviter une autre grêle de coups. Je la savais inévitable. Comme peuvent être inévitables un tremblement de terre ou un orage. Les cervelles de ces gens-là ne pesaient pas plus de quatre kilos, mais elles commandaient cent kilos de muscles poilus. Et c'était une jouissance pour leurs pensées, si on me permet de les appeler ainsi, que de s'appliquer aux différentes manières de briser des os. Et d'ailleurs, après avoir, pendant un bon moment, bavé face contre terre, je ne me sentais plus du tout innocent. J'admettais n'être qu'un idiot qui était entré dans la vie de Mabel comme quelqu'un qui se trompe de porte. Et maintenant je payais cette étourderie.
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Beaucoup de gens doivent déjà penser que ce n’est pas pour rien que je consacre tant de temps à parler d’un misérable revolver....L’acquisition de cette arme n’a, en réalité , pas seulement transformé quelques aspects superficiels de ma vie, elle a lamentablement déterminé mon destin. Pratiquement en l’espace de quelques jours elle a fait successivement de moi une personne respectable, un être attirant, un homme dangereux et, finalement un pauvre type.
P. 62
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Plus tard, je suis resté un moment à contempler attentivement l'agitation de la foule. C'était une des ces journées où tout le monde est pressé, transpirait, se bousculait. Les changeurs se mêlaient au vendeuses de nourriture qui ravivaient avec une certaine impatience le feu de leur braseros avec un éventail de paille. Par moment la circulation bouchonnait ; à d'autres les autos passaient comme des bolides. C'est alors qu'à quelques mètres, j'ai été témoin d'une émotion extraordinaire. Très peu de personnes ont remarqué l'incident.
Une femme âgée, assise dans un fauteuil roulant, avançait sur le trottoir. Un garçon d'environ dix ans, son fils, poussait le fauteuil. Et tout à coup, en passant sur un nid-de-poule, une des roues s'est déboîtée et est allée en roulant heurter les pieds d'un homme. Inquiet parce que sa mère semblait sur le point de tomber par terre, l'enfant a demandé de l'aide. Il n'a pas du tout fait attention à qui il s'adressait. C'était à un fou crasseux qui, à ce moment-là, très contrarié, cherchait quelque chose d'imaginaire qui bougeait en l'air. L'interruption de l'enfant l'a déconcerté et pendant quelques secondes il s'est gratté la nuque. Quand la mère s'est rendu compte de la situation il était trop tard : le fou avait ramassé la roue et s’efforçait de la remettre en place. Ce qu'il a fait avec une habilité et une rapidité surprenantes, s'assurant que les vis étaient bien serrées. L'enfant a attendu en silence qu'il ait terminé son travail et puis, le regardant en face, lui a dit :
- Merci beaucoup, monsieur.
La mère en a fait autant, bien que son remerciement ait été un peu évasif, et mère et fils sont vite repartis. Le fou est resté perplexe un instant. Quand il s'est retourné, j'ai vu qu'il avait les joue ravagées de larmes. Son visage, sale et inexpressif, offrait un spectacle désolant. Qu'est-ce qui l'avait ému à ce point ? Le fait de se sentir utile ? Ou peut-être de s’être senti encore traité comme une personne ? Depuis combien de temps ne l'avait-on pas appeler monsieur ou ne lui avait-on pas dit merci ?
Je deviens peut-être sentimental. Je ne sais pas. Mais ces choses-là arrivent avec le travail. Ça fait partie de la rue, et il n'y a pas moyen de les éviter. On pense que cela nous apprend quelque chose, nous donne l'occasion d’être plus ouverts au monde. De la merde, oui ! Ceux qui savent de quoi je parle n'ignorent pas que le premier coin de rue donne aussi d'autres leçons plus frappantes.
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Elle, d'un air de défi, a mis les mains sur ses hanches : ... Je veux savoir ce que tu penses de la vieillesse.
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Ne fais pas l'idiot. Réponds-moi tout de suite : à quelle âge une femme est vieille pour toi ?
- Comment à quel âge ? Une femme est vieille quand elle est vieille.
- Oui ? A partir de quand ? Vingt-cinq, trente ans ? Quarante ?
- Qu'est-ce qui te prend, merde ?
- Je veux savoir combien de temps il me reste ! a-t-elle crié en croisant les bras. J'ai déjà vingt ans et je ne sais pas s'il m'en reste cinq ou dix.
- Mais qu'est-ce que ça peut changer ?
- Beaucoup ! Mon âge c'est tout ce que j'ai de bon dans la vie... Mon âge, et ce bikini.
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Je ne voyais pas son visage, mais j'entendais sa respiration agitée, et nous sommes restés ainsi quelques instants : ma poitrine appuyée contre la sienne et un de mes genoux bloquant ses jambes. J'ai senti alors un tremblement, une brusque secousse dans son ventre. Mes deux mains ont agrippé ses fesses et j'ai commencé à l'embrasser dans le cou.
- Enlève-moi cette blouse ! A-t-elle dit d'une voix presque inaudible, enlève-la-moi !
Plusieurs boutons ont sauté et la blouse est tombée. Sa langue a pénétré dans ma bouche comme une couleuvre qui fuit un incendie.
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