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EAN : 9782366243406
241 pages
Éditeur : Cambourakis (23/05/2018)
4.03/5   19 notes
Résumé :
2011, les printemps arabes ont donné le ton à d’autres révoltes. Un mouvement mondialisé s’étend, c’est l’Haraka. Les productions industrielles, les États et toutes les hiérarchies vacillent. Des dynamiques populaires s’entrechoquent pour répondre aux nécessités de la survie et dessiner un futur habitable.

2021, les communes libres s’épanouissent sur les ruines du système. Comment vivre avec l’héritage de l’Antémonde ? Comment faire le tri des objets ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
LeCombatOculaire
  11 mars 2019
Avant de commencer à parler du livre en lui-même, voici ci-dessus et ci-dessous deux extraits de la postface qui présente le projet de façon approfondie. Les Ateliers de l'Antémonde, que vous pouvez retrouver ici (https://antemonde.org/), ont été fondés par des personnes militantes (féminisme, anticapitalisme) qui font de l'imaginaire et de l'écriture un outil pour révolutionner les mentalités et imaginer un futur qui évite le catastrophisme et le déni des technologies et propose à la place des solutions concrètes pour sortir de l'impasse dans laquelle nous fonçons à cause des grosses industries. Une science-fiction au plus proche du réel qui prône la collectivité, l'engagement militant, la reprise en main du quotidien. le livre est rédigé en écriture inclusive.
L'histoire prend place en France en 2011 - début de l'Haraka, des évènements révolutionnaires qui ont pris place avec les printemps arabes - et continue en 2021, dans un monde radicalement changé, où des communes autonomes fleurissent dans les ruines du système que l'on a connu. Plusieurs nouvelles, plusieurs décors, plusieurs personnages, plusieurs époques, plusieurs points de vue. Un récit qui réfléchit la communauté, les espaces repensées, l'indépendance, le renouveau d'un système à échelle humaine. Un récit qui nourrit la révolte, l'imaginaire, l'engagement politique et social.
Pour les personnes qui évoluent déjà dans le milieu militant, ce livre semblera assez familier. Beaucoup de dialogues entre personnes qui ne sont pas forcément du même avis pour alimenter le débat et construire plusieurs voies possibles, réfléchir à une inclusion le plus large possible, prendre en compte les différents besoins, faire la part entre ce qui est possible et ce qui ne l'est pas, mettre en commun les qualités et forces de chacunE, se recadrer quand il y a dérive... Bref, un récit qui plonge directement au coeur de l'action, comme si on y était. Qui n'a pas vocation à faire la morale ou à culpabiliser, mais à faire avancer.
Une dynamique intéressante s'opère ici, avec autant de dureté que de douceur, de réalisme que d'idéalisme, un bon équilibre entre action et dialogue. Je me suis sentie proche des personnages, j'ai partagé leurs rêves et leurs peines, j'ai presque pédalé avec eux et j'ai réfléchi aux solutions proposées en lavant virtuellement mon linge à la main. Je me suis retrouvée dans les grandes lignes, dans les positions, les partis pris. Comme toujours, j'ai été positivement surprise, totalement reconnaissante et résolument satisfaite par les ouvrages de qualité proposés par les éditions Cambourakis, et encore plus la collection Sorcières - et comment ne pas l'être, quand la première page dédicace le livre "À Ursula K. le Guin, qui nous a ouvert la voie des utopies ambiguës" ?
Lien : https://lecombatoculaire.blo..
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arwenity
  05 octobre 2020
L'effondrement de la société capitaliste, nommé ici l'Haraka, a eu lieu suite aux printemps arabes de 2011. Dix ans après, c'est à travers plusieurs nouvelles, des récits de vies, que l'on observe ce nouveau monde et son fonctionnement encore à ses balbutiements.
Point d'utopie ici, c'est une réalité difficile, parfois sombre, mais aussi heureuse qui est dépeinte. Les personnages sont attachants et les dialogues posent de réelles questions en confrontant des points de vue bien différents. C'est riche et cela laisse entrevoir des possibles futurs de notre société.
Toutes les nouvelles sont d'auteurs différents et le style s'en ressent. J'ai ma petite préférence pour « Refonte » qui m'a fait sourire de nombreuses fois.
Tous les textes sont en écriture inclusive, une première pour ma part sur tout un ouvrage, mais au bout de quelques pages on n'y prête plus attention.
Pour finir, je vous le conseille vraiment pour son contenu qui donne à réfléchir même si sur certains textes il faut s'accrocher un peu.
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GuillaumeDONNAT
  06 juillet 2019
Voilà un livre qui fait acte de magie de mettre à bas ce monde et de raconter le prochain, ça n'est pas si utopique, c'est aussi très sombre et réaliste. Ce livre raconte 2011 quand l'ancien monde commence à flamber en Europe suite aux printemps arabes, des émeutes éclatent de partout. La surenchère de violence policière et nationaliste ne parviens pas à écraser les communes libérées. L'haraka fini par gagner et on se retrouve en 2021 dans un monde révolutionné qui consolide sa nouvelle structure libertaire et écologique parmi les ruines et les spectres de l'ancien monde capitaliste thermo-industriel. Tout est ici réinventé, on y retrouve le fruit des débats et des contradictions mis à rude épreuve et c'est pourtant tellement bourré d'espoir qu'on en viendrait à se dire qu'il nous faut absolument traverser le feu de la guerre civile et des pénuries. Outre une qualité littéraire moyenne, l'écriture inclusive et la richesse en imagination engagée mais pragmatique soufflent un vent d'émancipation très appréciable. Je conseil à toustes !
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eterlutisse
  04 juin 2018
Inspirée par "Vers une technologie libératrice" de Murray Bookchin cette utopie écrite lors d'ateliers d'écriture m'a enchantée du début à la fin. J'ai adoré vivre quelques temps, en 2021, dans ce monde parallèle où la révolution -de 2011- aurait eu raison du capitalisme industriel dans de nombreux pays, laissant la place à des communes libres et décroissantes où la solidarité et la tolérance ont toute leur place.
Les personnages sont hauts en couleurs, drôles, touchants, vrais. L'aventure s'invite dans le quotidien, les rapports humains sont au centre des intrigues. On voyage un peu partout en France pour découvrir d'autres possibles.
Ce livre incarne totalement ce que la littérature SF peut apporter au débat sur nos avenirs.
On a envie de lire et lire encore d'autres chapitres comme autant de rencontres passionnantes.
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ledevorateur
  30 décembre 2019
Bâtir aussi est un recueil de nouvelles. Des militant·es féministes et anticapitalistes des Ateliers de l'Antémonde ont décidé d'imaginer un monde différent en 2021. C'est un futur très proche et pourtant complètement bouleversé. Parce qu'après les événements du printemps arabe, un mouvement mondialisé est né : l'Haraka. C'est ce monde que nous donnent à lire par petites touches ces nouvelles, abordant différent sujets qui font débat parmi les personnages du livre.
Toutes les nouvelles ne se valent peut-être pas (ou peut-être seulement que j'ai été plus sensible au style ou à l'histoire de certaines), mais le recueil mérite vraiment d'être lu. Je trouve le concept très bon.
C'est là, à mon avis la force de Bâtir aussi : les nouvelles permettent de prendre des instants de vie, de se concentrer sur de courts moments qui nous permettent de mieux entrer dans ce monde imaginé. À chaque fois, par une petite porte. Et ça évite les écueils habituels des récits de science-fiction. Ce monde de 2021 est réaliste, parce que ce n'est pas une grosse machine inventée de toute pièce pour délivrer un message. Ce sont des instants, des touches, qui dépeignent bien mieux ce à quoi nos vies ressembleraient dans un monde bâti sur les ruines du capitalisme.
Lien : https://ledevorateur.fr/bati..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LeCombatOculaireLeCombatOculaire   11 mars 2019
Le métal, c'est autre chose que ces salles de sport climatisées de l'Antémonde. Elle se remémore la vitrine du club en rez-de-chaussée de son immeuble, les coachs s'égosillant dans un micro « et un, deux, et trois », pour couvrir la dance poussée à dix mille décibels. Comme si devenir sourd rendait plus beau... Le « sport » de ces années-là, Théo ne l'a pas connu. Pas de jogging dans le parc avec les autres coureusEs aux baskets Adidas ou Nike, l'iPhone scotché au-dessus du coude. Pas de longueurs en piscine couverte avec bonnet de bain et moule-bite obligatoires, pas de soirée Coupe du monde de foot à la télé, pas de file d'attente en combis colorées aux remontées mécaniques, pas de vélos d'appartement... Enfin si, des vélos, il y en a partout et pour tout ! On pédale pour remplacer l'électricité ou l'essence. Les jambes sont finalement le moteur le plus répandu.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   11 mars 2019
- Je suis carrément d'accord, acquiesce Karim. On a laissé les commissions "VIe République" prendre le monopole du futur, faut qu'on trace d'autres lignes, une sorte de programme.

- Pas un programme, précise Thierry, un champ de réflexion. Je veux dire, il faut que tout le monde se prenne au jeu, réfléchisse à ce qu'iel voudrait pour l'avenir, à court et à long terme. On pourrait aussi parler de comment se structurent nos collectifs, de nos manières de résoudre des conflits sans police, donner des exemples concrets. C'est ça qui nous aidera à sortir de la peur, cette peur qui mène aux urnes aussi bien qu'aux fusils. Il ne s'agit pas de mettre nos craintes sous le tapis, de dire aux gens qu'iels sont crétinEs de flipper. Il ne s'agit pas non plus d'avoir un programme tout bouclé. C'est l'histoire de reprise en main : sentir qu'on peut agir sans représentantEs, et à partir de là, entrevoir des futurs souhaitables, abordables...

L'intervention de Thierry plonge chacunE dans le silence le temps d'une réflexion.

- Vous refusez toujours de poser les questions stratégiques pour de vrai, grommelle Gasp. Vous espérez que la révolution va se faire toute seule.

- Tu as raison sur un point, Gasp, concède Karim. Il faut qu'on se donne les moyens de la faire, cette révolution. C'est le moment d'y aller plus fort, plus concrètement, de manière plus radicale dans nos actions. Mais ce n'est pas incompatible avec le fait de projeter des possibles, comme dit Thierry, de penser des formes d'auto-organisation et de production à petite et grande échelle...
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   11 mars 2019
- Il va jusqu'où votre délire ? Quand vous aurez un avion qui tiendra la route, vous voudrez en fabriquer dix, puis cent ! Vous les produirez à la chaîne ? Vous remettrez en route les raffineries, l'aluminium et les centrales nucléaires. Vous délirez avec vos idées géniales sans penser aux conséquences. Occupez-vous plutôt des déchets que l'Antémonde nous a laissés sur les bras !

Les trois jeunes fulminent plus rouge que leur combinaison. Axel, celui dont le visage est de loin le plus congestionné, réplique :

- L'Antémonde par-ci, l'Antémonde par-là. Vous n'avez que ce mot à la bouche ! Nous ne l'avons presque pas connu, votre Antémonde. Par contre le froid, le manque de nourriture, le chaos et la guerre, ça, on a bien enduré ! Nous voulons contribuer à aménager le monde dans lequel nous vivons comme chaque personne ici. Multiplier les liens avec les autres régions c'est un vrai besoin. Et nous avons cette possibilité géniale qu'est le transport aérien. Nous voulons avancer et non régresser !

Nesrine persiste :

- Mais avancer toujours plus, c'est à la base du capitalisme. On n'a pas fait un trait sur tout ça pour y revenir six mois plus tard !

- Mais c'est quoi, le capitalisme ?! À chaque fois qu'un truc ne vous plaît pas, vous dites que c'est capitaliste.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   11 mars 2019
Nous sommes hostiles à la sacralisation de la Nature, particulièrement répandue au sein des mouvements critiques du capitalisme industriel. Ce phénomène valorise les notions d'authenticité, d'harmonie humainEs/nature, de binarité entre les processus dits « naturels » (forcément bons) et ceux « artificiels » (et donc corrompus). Cette approche sous-entend qu'il existerait une nature humaine originelle, aliénée par la technique et le capitalisme, que l'on pourrait retrouver en brisant nos chaînes... Au contraire, nous considérons qu'il n'y a pas de forme pure ou authentique d'être humainE mais que nous sommes le fruit d'une continuelle construction sociale, imbriquant les contraintes de nos environnements, de nos histoires et de nos luttes, toujours conditionnéEs par nos imaginations subjectives et collectives. Nous rejetons l'idée d'une division Nature/Culture qui dicte ce qui est normal ou anormal en s'appuyant sur un argument d'autorité qui interdit toute subversion de l'ordre établi, le fameux « c'est la nature qui veut ça ».
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   11 mars 2019
« Eh oh, ça suffit Gasp ! coupe Dunya. Tu amalgames tout et n'importe quoi. Tu recommences à bloquer sur cette question des identités. Mais tu n'as rien compris à la fierté des luttes communautaires. Je suis kurde, mon identité est réprimée par le gouvernement turc. Je ne suis pas particulièrement fière mais je ne suis pas honteuse, car ils voudraient m'assigner à la honte. Et ça n'a rien à voir avec la fierté nationale portée par des identitaires de droite ou par le gouvernement d'Erdogan. Tu ne peux pas comparer, Gasp. Il faut prendre en compte les rapports de force en jeu au départ. Les Kurdes, comme les PalestiennEs, sont niéEs dans leur possibilité même d'exister, de décider de leur manière de vivre et de s'organiser. Alors forcément, pour lutter et résister, les gens ont besoin de renforcer le commun qui est renié par le pouvoir en place. Il n'y a pas jeu égal entre ces formes de fiertés. L'une est encouragée et exacerbée par le pouvoir, l'autre est discréditée, tu ne peux pas mettre ces dynamiques en parallèle. »
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