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ISBN : 2258146925
Éditeur : Les Presses De La Cite (16/08/2018)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 93 notes)
Résumé :
États-Unis. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, quatre femmes voient leurs destins se lier à l’aube de cette nouvelle ère. Ro, professeur célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivor, exploratrice islandaise du XIXe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son reno... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (76) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  01 septembre 2018
Une loi américaine à venir, interdisant l'avortement à toutes les femmes et l'adoption et la PMA aux femmes célibataires, met en difficulté quatre femmes. Euh... c'est de la science-fiction ? Oui et non, nous sommes dans un futur proche aux États-Unis, avec son nouveau Président — c'est dire le désagrément de ces femmes qui chacune à leur manière vont devoir se battre pour leur liberté.
Après cette lecture, au début un peu laborieuse, puis de plus en plus agréable, les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont : déconcertant, poétique et militant. Déconcertant, je vous laisse découvrir pourquoi, militant : puisqu'il s'agit, avec humour et ironie, de défendre la liberté des femmes à disposer de leur corps ; de les inciter à ne plus subir les diktats d'une société patriarcale ; de tenter d'empêcher des illuminés d'imposer leur folie liberticide et pire encore.
Pour ça, pour l'originalité de l'écriture de Leni Zulma, pour la façon dont elle met en scène la souffrance, le courage et les ressources des femmes, pour la portée de son message à une époque où la Cour suprême américaine pourrait bientôt restreindre, voire éliminer le droit à l'IVG dans plusieurs États, Donald Trump ayant promis de nommer un juge anti-avortement à la cour, lire Les heures rouges me paraît une excellente idée.
Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour leur confiance
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viou1108
  06 août 2018
Newville, Oregon, bientôt. Les heures tournent, pour Roberta, Susan, Mattie et Gin, quatre femmes qui symbolisent chacune un combat contre les hommes et la société.
Roberta, "la biographe", est professeure d'histoire au lycée. 42 ans, célibataire, elle veut faire un bébé toute seule. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit la procréation médicalement assistée pour les femmes seules entrera en vigueur. Roberta espère de toutes ses tripes que sa dernière fécondation in vitro réussira.
Pour Susan, "l'épouse", les heures tournent tellement vite qu'elle peine à dégager du temps pour elle, entre ses deux enfants, son mari et la maison, pour lesquels elle a renoncé à une prometteuse carrière d'avocate. Face au temps qui passe, pendant lequel rien ne se passe, elle pense souvent à divorcer, ou à se jeter en voiture du haut de la falaise.
Mattie, "la fille", même pas 15 ans, une des meilleures élèves du lycée, rêve d'un avenir de grande scientifique. Qui pourrait bien être compromis par une grossesse accidentelle. Elle veut avorter. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit l'avortement entrera en vigueur. Même le Canada, qui a érigé un "mur rose" à sa frontière, refoule déjà les candidates américaines à l'IVG. Restent les cliniques clandestines. Le temps presse, Mattie est à plus de 12 semaines.
Et puis Gin, "la guérisseuse". A 32 ans, elle vit depuis toujours en marge de la communauté, en véritable "femme des bois", que d'autres femmes viennent consulter discrètement pour soulager leurs maux. Dans ce village de pêcheurs à la mentalité superstitieuse et bornée, ce n'est qu'une question de temps avant qu'un procès pour sorcellerie soit ouvert contre Gin, dans cette bourgade proche de Salem (Oregon), cela ne s'invente pas...
"Les heures rouges" est une dystopie qui se déroule dans un avenir tellement proche que cela pourrait bien déjà être demain, et c'est très inquiétant. Au nom d'une loi proclamant que "chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère", on interdit d'une part l'avortement, et d'autre part, la procréation assistée et l'adoption pour les femmes célibataires : "une fois l'avortement déclaré illégal, avaient annoncé les membres du Congrès, il y aurait plus de bébés susceptibles d'être adoptés. Interdire l'IVG ne causait de mal à personne, avaient-ils affirmé, parce que les gens qui avaient un utérus défectueux ou un sperme anormal pourraient simplement adopter tous ces bébés supplémentaires".
Sous les auspices d'Eivor, exploratrice islandaise du 19ème siècle au destin tragique, les femmes de ce roman se débattent dans le carcan d'une société patriarcale et réactionnaire, dans laquelle les hommes brillent surtout par leur lâcheté et leur brutalité. On y trouve beaucoup de symboles, à commencer par la couleur et le dessin de la couverture. Du pourpre et du rouge, la couleur du sang et des violences faites à la liberté des femmes. Quant au dessin, pas besoin de vous en faire un...
Si les personnages de Roberta et Susan n'apparaissent pas toujours très sympathiques en raison de leurs frustrations qui virent à l'aigreur et à l'obsession, ceux de Mattie et de Gin sont beaucoup plus attachants. Mais les quatre sont désespérées, chacune à leur façon, et pour cela, touchantes. Leurs luttes qui s'entrecroisent et s'opposent les unes aux autres résonnent jusqu'à nous, remuant coeur, ventre et esprit.
Ce roman lucide, à la fois ironique et poétique, à l'écriture simple, cible clairement les dérives potentielles de l'Amérique de Trump. Pourvu que les heures des droits des femmes ne soient pas comptées...
En partenariat avec les éditions Presses de la Cité via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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nameless
  12 août 2018
Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des Etats-Unis rend un arrêt historique, le « Roe v. Wade » qui reconnaît l'avortement comme un droit constitutionnel. Le 16 août 2018 sortira en librairie Les heures rouges, premier roman de Leni Zumas.
Dans un avenir tellement proche qu'il ressemble au présent, «le Congrès américain a ratifié l'amendement sur l'identité de la personne, qui accorde le droit constitutionnel à la vie, à la liberté et à la propriété à un oeuf dès l'instant de sa conception. L'avortement est aujourd'hui illégal dans les cinquante Etats. Les avorteurs peuvent être accusés de meurtre au second degré et les femmes désireuses d'avorter, de complicité de meurtre. La fécondation in vitro est également interdite au niveau fédéral, parce que l'amendement condamne le transfert d'embryons du laboratoire dans l'utérus (les embryons ne sont pas en mesure d'y consentir).  Le 15 janvier, la loi connue sous le nom de « Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère » (UPUM), prendra effet. Sa mission : « Restaurer la dignité, la force et la prospérité des familles américaines ». En pratique, il sera interdit légalement aux célibataires d'adopter un enfant.
Pour illustrer romanesquement cette régression obscurantiste, Leni Zumas a choisi 5 femmes qui représentent symboliquement la diversité des destins féminins :
La Biographe, femme stérile, subit sans succès des fécondations in vitro, et sait qu'à partir du 15 janvier, elle ne pourra plus adopter un enfant alors que comme elle le chante : « Je suis peut-être seule et vieille, mais bordel je peux encore ovuler ! » ;
La Fille, une gamine lycéenne, enceinte par accident, sait qu'à partir du 15 janvier elle ne pourra plus avorter, pas même au Canada qui au nom de l'amitié americano-états-unienne, veille scrupuleusement sur ses frontières et livre à la justice les contrevenantes ;
L'Epouse, mère de 2 enfants, rêve d'échapper à sa vie de femme et épouse au foyer, établit des listes qui décomposent chacune de ses activités domestiques en une infinité de gestes ;
La Guérisseuse, une farfelue des bois, une folle qui jette des sorts aux algues, tient de sa tante la connaissance des plantes, est assimilée par la population et les autorités à une sorcière, mais il est vrai qu'elle habite près de Salem où l'on aime faire rôtir les femmes ;
Eivor Minervudottir, dont la Biographe reconstitue la vie, sert de lien entre les chapitres, parle de banquise, de froid polaire, de gel, de glace ainsi que de l'impossibilité d'être une exploratrice crédible au XIXème siècle.
Ces femmes dont les liens se révèlent peu à peu, expriment leurs douleurs, leurs difficultés, leurs doutes, leurs maigres espoirs. Avec talent, lucidité et originalité, Leni Zumas prouve que ce qu'une loi a autorisé, une autre loi peut l'interdire et rappelle que faute de vigilance, la régression et la répression guettent.
J'attire votre attention sur la très belle couverture, réalisée par Lauren Harms, qui illustre parfaitement le roman. Je remercie Babelio et les Presses de la Cité de m'avoir permis de découvrir Les heures rouges, lecture très appréciée, en avant-première et lui souhaite beaucoup de succès.
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kateginger63
  18 janvier 2019
Cinq femmes malmenées dans leur Féminité : une dystopie?
*
Je mets un point d'interrogation derrière ce mot. Est-ce un futur proche? Une prémonition? Ou juste une élucubration de l'auteure?
Ca fait froid dans le dos en tout cas.
Malheureusement, dans certains pays, les droits de la femme concernant leur liberté d'enfanter (ou non) est bafouée. le droit à l'avortement n'est pas acquis partout. Sans parler du mariage homosexuel ou de l'homoparentalité. Rien n'est fixé dans le marbre. Tant de questions restées en suspens sont abordées ici dans ce roman.
*
Un roman polyphonique qui donne la voix à 5 femmes, toutes très différentes mais dont le destin est inextricablement lié par le sujet si brûlant actuellement aux USA : la loi anti-avortement.
Saviez-vous que dans 1 an, l'avortement sera illégal dans 20 états?
Effarant!
*
Une guérisseuse traitée de sorcière, une lycéenne enceinte mais voulant avorter, la biographe célibataire et désireuse d'enfant, une épouse/mère en burn out de la vie de famille et une exploratrice islandaise du 19eme siècle.
Toutes ces femmes très déterminées vont devoir régler leurs problèmes, se battre à chaque moment.
Car rien n'est acquis, tout peut bouger. Elles sont toutes les victimes du fonctionnement de leur société.
*
Je dois dire que le début de cette histoire a été laborieux. Surtout par les écrits de l'exploratrice, ne voyant pas où cela nous mènerait. Mais ensuite, tout s'éclaire. On se rend compte avec effroi que ces dérives sont peut-être à l'ordre du jour en Amérique.
Avec un ton militant, l'auteure nous met en garde, nous les femmes, contre ce patriarcat, carcan virtuel (même si nous ne portons plus le corset :).
Malgré une loi ratifiée, cette même loi peut immédiatement s'annuler quelques temps après. Restons vigilants!
Leni Zumas , sous forme de fiction, a levé les tabous, déversé sa colère et son amertume. Avec de l'humour et un peu d'ironie. Une lecture intéressante et éclairante .
Libre à chacun de se faire une idée.
Et je rajoute que les hommes peuvent également le lire.
*
Merci à Netgalley.
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nadiouchka
  05 janvier 2019

« Des personnages inoubliables, une prose virtuose. le talent de Leni Zumas est électrique. Préparez-vous à un choc. » (The Guardian).
Ou : « Aucun livre depuis « L'Oeuvre de Dieu, la Part du Diable » de John Irving n'a été aussi nécessaire, n'a dépeint avec autant d'acuité les dangers affrontés par les femmes dans des sociétés – la nôtre, par exemple – où leur est ôtée la possibilité de disposer de leur corps. » (The Irish Independant).
Si j'ai choisi de commencer ma chronique par ces deux hommages au livre de Leni Zumas : « Les Heures Rouges », c'est parce qu'ils contiennent tout le contexte de cet ouvrage.
En effet, il s'agit de femmes, des jeunes, des moins jeunes, « Cinq destins pour un même combat . »
Ces cinq femmes sont :
* La Biographe : Roberta (Ro) qui approche de l'âge fatidique où elle ne pourra plus enfanter ni adopter car elle est célibataire et ne veut pas passer par la case « mari ». Mais « Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère » telle est la loi. Elle chante souvent : « Je suis peut-être seule et vieille, mais bordel je peux encore ovuler ! » ;
* L'Épouse : Susan, mère de deux enfants mais qui n'a plus qu'une seule envie, tout laisser tomber, partir quelque temps.
* La Fille : Mattie (une adolescente près des quinze ans) qui se retrouve enceinte et qui veut avorter alors que la loi le lui interdit. Il faudrait qu'elle puisse se rendre incognito au Canada, et encore…
* La Guérisseuse, un peu Sorcière  : Gin qui traficote des herbes et des plantes pour en faire des potions qu'elle donne aux femmes désireuses d'avorter dans l'ombre. Puis, qui dit Sorcière et Salem, pense aux « Sorcières de Salem » que l'on fait rôtir.
* Une exploratrice islandaise du cercle polaire au XIXeme siècle : Eivør Mínervudottír, dont la Biographe écrit un livre.
Les quatre premières femmes vivent à Newville, dans l'Oregon, pas loin de Salem.
Leni Zumas nous présente son livre comme un futur proche, mais n'y sommes-nous pas déjà dans certains pays ?
Tous ces destins de femmes se croisent au fur et à mesure des chapitres, chacun raconté par l'une d'elles. Et entre ces chapitres, on trouve un petit extrait des notes d'Eivør.
On peut dire que ce style est un peu spécial mais tout à fait clair. Chacune raconte ce qu'elle a à dire, ce qu'elle ressent….
Pour la rentrée littéraire 2018, l'auteure a placé son ouvrage sous le signe de la politique et du féminisme. Les femmes de ce cette histoire se croisent, s'entraident mais sont toujours très déterminées, chacune avec ses propres problèmes à gérer. Tout est décrit sans détours.
A remarquer la couverture du livre, avec différentes nuances de la couleur rouge du sang et qui, stylisée, évoque l'anatomie féminine (voir le dessin).
Du combat d'une génération passée, actuelle et future, avec les différences des personnages, on ressent l'amertume des unes (celles qui n'arrivent pas à enfanter et pourtant elles s'acharnent) – la force des autres qui prennent leur destin en main. Mais chacune est malheureusement, victime à sa façon.
On s'inquiète, on s'interroge – des questions et des réponses pour un sujet aussi préoccupant.
Quant on se souvient que Donald Trump a voulu faire une loi anti-avortement, cette lecture tombe à pic, car même l'adoption ainsi que la PMA touchent les femmes célibataires. On parle aussi du « Mur Rose », un projet de mur entre les États-Unis et le Mexique, un mur qui existe déjà en Arizona. Pour Trump, la frontière américano – mexicaine serait « une passoire » et il voudrait un « grand et beau mur de 3.200 kilomètres. »
Avec ce livre découvert grâce au dernier Festival America 2018, j'ai apprécié que Leni Zumas lève tous ces tabous, ces préjugés. On y ressent la colère, le désespoir au milieu de ces grands espaces, au bord de l'océan, des baleines…
L'ouvrage se termine avec le devenir de chaque femme et il faut lire les « Notes de l'auteure » où elle nous explique toute la documentation dont elle servie et aussi pourquoi elle a intégré Eivør Mínervudottír.
Je dois reconnaître que ce fut une lecture très intéressante, touchante, si véridique et dont le sujet était délicat à traiter. Mais avec son talent, un peu d'humour, un peu de poésie, un vrai militantisme, Leni Zumas, pour son premier roman traduit à l'étranger, pour nous entraîne à sa suite et on ne sait pas si on peut interrompre la lecture ou tourner la page suivante. Pour ma part, je me suis empressée de continuer car désireuse de connaître la suite ainsi que le dénouement.
💕 😍 👍
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   08 août 2018
Deux ans plus tôt, le Congrès américain a ratifié l'amendement sur l'identité de la personne, qui accorde le droit constitutionnel à la vie, à la liberté et à la propriété à un oeuf dès l'instant de sa conception. L'avortement est aujourd'hui illégal dans les cinquante Etats. Les avorteurs peuvent être accusés de meurtre au second degré et les femmes désireuses d'avorter, de complicité de meurtre. La fécondation in vitro est également interdite au niveau fédéral, parce que l'amendement condamne le transfert d'embryons du laboratoire dans l'utérus (les embryons ne sont pas en mesure d'y consentir).
p. 42
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ZilizZiliz   11 septembre 2018
Un mois plus tôt, l'interdiction d'avorter était entrée en vigueur au niveau fédéral [aux USA].
Mattie s'était dit : Il faut qu'on t'emmène au Canada. Ils n'avaient pas encore fermé la frontière aux demandeuses d'IVG. Le 'mur Rose' n'était qu'une idée en l'air.
Un an et demi plus tard, la patrouille frontalière canadienne arrête les Américaines désireuses d'avorter et les renvoie aux Etats-Unis pour qu'elles y soient poursuivies.
« Dépensons l'argent du contribuable pour pénaliser les femmes vulnérables » a dit [la prof d'Histoire] en classe, et un élève s'est exclamé : « Mais si elles enfreignent la loi, ce sont des criminelles ! »
« Les lois ne sont pas des phénomènes naturels, a répondu [la prof]. Elles ont des histoires particulières et horribles. Vous avez déjà entendu parler des lois de Nuremberg ? Ou de Jim Crow * ? »

* Lois racistes en vigueur aux Etats-Unis jusqu'à leur abolition, en 1965.
(note de l'auteur)
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ZilizZiliz   10 septembre 2018
- Tu te souviens de ce qui s'est passé en 1979 ? dit son père. Quarante et un cachalots sur la plage près de Florence [Caroline du Sud]. Mon papa a fait le trajet en voiture pour les photographier de près. Il a raconté qu'ils émettaient...
- Des petits clics en mourant.
Elle connaît les horribles détails, parce que son père adore les répéter. Il lui a expliqué des centaines de fois qu'une baleine peut être tuée par la pression de sa propre chair. Hors de l'eau, la masse de l'animal est trop lourde pour sa cage thoracique - les côtes se brisent ; les organes internes sont écrasés. Et la chaleur fait souffrir les cétacés. Les militants de Greenpeace avaient apporté des draps de lit pour les tremper dans l'eau de mer et les jeter sur eux ; ça n'avait servi à rien.
Mais cela se passait en 1979. Aujourd'hui, personne n'a imaginé un moyen de les remettre dans l'océan ?
(p. 148-149)
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viou1108viou1108   05 août 2018
Accusations du monde:
13. Préférer sa propre compagnie est pathologique.
14. Les êtres humains sont destinés à vivre en société.
15. Pourquoi n'avez-vous pas consacré plus d'efforts à chercher un partenaire?
16. Les gens mariés vivent plus longtemps et en meilleure santé.
17. Vous pensez vraiment que quelqu'un va croire que la solitude vous rend heureuse?
18. C'est bizarre que vous ayez autant d'affinités avec les gardiens de phare. 
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ZilizZiliz   16 septembre 2018
Châtain clair, attachants, exigeants, très agaçants parfois... Ces enfants ressemblent étrangement à Susan et à Didier. Ce n'est pas juste une question de teint ou de couleur de cheveux : ils sont 'fabriqués' comme leurs parents. Bex a les orbites obscures de Didier, John le menton d'elfe de Susan, leurs petits visages portent l'empreinte de deux lignées identifiables. Ce sont les produits du désir : le désir sexuel, certes, mais plus important encore (du moins à l'époque de la contraception) le désir de se reproduire. Donnez-moi l'occasion de me répéter. Accordez-moi une vie à revivre, en plus grand. Un autre moi dont je prendrai soin, encore mieux. Encore, s'il vous plaît, encore ! C'est pour la reproduction que nous sommes programmés, paraît-il.
(p. 76-77)
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Videos de Leni Zumas (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leni Zumas
La rentrée littéraire des Presses de la cité a été marquée par le talent brut de l?Américaine Leni Zumas avec son roman Les heures rouges, dont l?audacieuse et nécessaire dystopie féministe a fait crépiter la critique outre-Atlantique. Découvrez son interview exclusive au Festival America. En savoir plus sur "Les heures rouges" : https://bit.ly/2QIyyFX
États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l?être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l?aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d?écrire la biographie d?Eivør, exploratrice islandaise du xixe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer ? de son renoncement à une carrière d?avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n?a pas peur de l?avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l?arrière d?une voiture... Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu?elle a voulu aider les femmes.
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