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EAN : 9782258146921
Presses de la Cité (16/08/2018)
3.61/5   201 notes
Résumé :
« Drôle, mordant, poétique, politique, alarmant, inspirant, 'Les Heures rouges' révolutionne la fiction de notre époque. » Maggie Nelson (Une partie rouge, Les Argonautes)

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère.

Ro, professeure célibata... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (104) Voir plus Ajouter une critique
3,61

sur 201 notes

Une loi américaine à venir, interdisant l'avortement à toutes les femmes et l'adoption et la PMA aux femmes célibataires, met en difficulté quatre femmes. Euh... c'est de la science-fiction ? Oui et non, nous sommes dans un futur proche aux États-Unis, avec son nouveau Président — c'est dire le désagrément de ces femmes qui chacune à leur manière vont devoir se battre pour leur liberté.

Après cette lecture, au début un peu laborieuse, puis de plus en plus agréable, les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont : déconcertant, poétique et militant. Déconcertant, je vous laisse découvrir pourquoi, militant : puisqu'il s'agit, avec humour et ironie, de défendre la liberté des femmes à disposer de leur corps ; de les inciter à ne plus subir les diktats d'une société patriarcale ; de tenter d'empêcher des illuminés d'imposer leur folie liberticide et pire encore.

Pour ça, pour l'originalité de l'écriture de Leni Zulma, pour la façon dont elle met en scène la souffrance, le courage et les ressources des femmes, pour la portée de son message à une époque où la Cour suprême américaine pourrait bientôt restreindre, voire éliminer le droit à l'IVG dans plusieurs États, Donald Trump ayant promis de nommer un juge anti-avortement à la cour, lire Les heures rouges me paraît une excellente idée.

Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour leur confiance

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Newville, Oregon, bientôt. Les heures tournent, pour Roberta, Susan, Mattie et Gin, quatre femmes qui symbolisent chacune un combat contre les hommes et la société.

Roberta, "la biographe", est professeure d'histoire au lycée. 42 ans, célibataire, elle veut faire un bébé toute seule. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit la procréation médicalement assistée pour les femmes seules entrera en vigueur. Roberta espère de toutes ses tripes que sa dernière fécondation in vitro réussira.

Pour Susan, "l'épouse", les heures tournent tellement vite qu'elle peine à dégager du temps pour elle, entre ses deux enfants, son mari et la maison, pour lesquels elle a renoncé à une prometteuse carrière d'avocate. Face au temps qui passe, pendant lequel rien ne se passe, elle pense souvent à divorcer, ou à se jeter en voiture du haut de la falaise.

Mattie, "la fille", même pas 15 ans, une des meilleures élèves du lycée, rêve d'un avenir de grande scientifique. Qui pourrait bien être compromis par une grossesse accidentelle. Elle veut avorter. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit l'avortement entrera en vigueur. Même le Canada, qui a érigé un "mur rose" à sa frontière, refoule déjà les candidates américaines à l'IVG. Restent les cliniques clandestines. Le temps presse, Mattie est à plus de 12 semaines.

Et puis Gin, "la guérisseuse". A 32 ans, elle vit depuis toujours en marge de la communauté, en véritable "femme des bois", que d'autres femmes viennent consulter discrètement pour soulager leurs maux. Dans ce village de pêcheurs à la mentalité superstitieuse et bornée, ce n'est qu'une question de temps avant qu'un procès pour sorcellerie soit ouvert contre Gin, dans cette bourgade proche de Salem (Oregon), cela ne s'invente pas...

"Les heures rouges" est une dystopie qui se déroule dans un avenir tellement proche que cela pourrait bien déjà être demain, et c'est très inquiétant. Au nom d'une loi proclamant que "chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère", on interdit d'une part l'avortement, et d'autre part, la procréation assistée et l'adoption pour les femmes célibataires : "une fois l'avortement déclaré illégal, avaient annoncé les membres du Congrès, il y aurait plus de bébés susceptibles d'être adoptés. Interdire l'IVG ne causait de mal à personne, avaient-ils affirmé, parce que les gens qui avaient un utérus défectueux ou un sperme anormal pourraient simplement adopter tous ces bébés supplémentaires".

Sous les auspices d'Eivor, exploratrice islandaise du 19ème siècle au destin tragique, les femmes de ce roman se débattent dans le carcan d'une société patriarcale et réactionnaire, dans laquelle les hommes brillent surtout par leur lâcheté et leur brutalité. On y trouve beaucoup de symboles, à commencer par la couleur et le dessin de la couverture. Du pourpre et du rouge, la couleur du sang et des violences faites à la liberté des femmes. Quant au dessin, pas besoin de vous en faire un...

Si les personnages de Roberta et Susan n'apparaissent pas toujours très sympathiques en raison de leurs frustrations qui virent à l'aigreur et à l'obsession, ceux de Mattie et de Gin sont beaucoup plus attachants. Mais les quatre sont désespérées, chacune à leur façon, et pour cela, touchantes. Leurs luttes qui s'entrecroisent et s'opposent les unes aux autres résonnent jusqu'à nous, remuant coeur, ventre et esprit.

Ce roman lucide, à la fois ironique et poétique, à l'écriture simple, cible clairement les dérives potentielles de l'Amérique de Trump. Pourvu que les heures des droits des femmes ne soient pas comptées...

En partenariat avec les éditions Presses de la Cité via Netgalley.


Lien : https://voyagesaufildespages..
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Cinq femmes malmenées dans leur Féminité : une dystopie?

*

Je mets un point d'interrogation derrière ce mot. Est-ce un futur proche? Une prémonition? Ou juste une élucubration de l'auteure?

Ca fait froid dans le dos en tout cas.

Malheureusement, dans certains pays, les droits de la femme concernant leur liberté d'enfanter (ou non) est bafouée. le droit à l'avortement n'est pas acquis partout. Sans parler du mariage homosexuel ou de l'homoparentalité. Rien n'est figé dans le marbre. Tant de questions restées en suspens sont abordées ici dans ce roman.

*

Un roman polyphonique qui donne la voix à 5 femmes, toutes très différentes mais dont le destin est inextricablement lié par le sujet si brûlant actuellement aux USA : la loi anti-avortement.

Saviez-vous que dans 1 an, l'avortement sera illégal dans 20 états?

Effarant!

*

Une guérisseuse traitée de sorcière, une lycéenne enceinte mais voulant avorter, la biographe célibataire et désireuse d'enfant, une épouse/mère en burn out de la vie de famille et une exploratrice islandaise du 19eme siècle.

Toutes ces femmes très déterminées vont devoir régler leurs problèmes, se battre à chaque moment.

Car rien n'est acquis, tout peut bouger. Elles sont toutes les victimes du fonctionnement de leur société.

*

Je dois dire que le début de cette histoire a été laborieux. Surtout par les écrits de l'exploratrice, ne voyant pas où cela nous mènerait. Mais ensuite, tout s'éclaire. On se rend compte avec effroi que ces dérives sont peut-être à l'ordre du jour en Amérique.

Avec un ton militant, l'auteure nous met en garde, nous les femmes, contre ce patriarcat, carcan virtuel (même si nous ne portons plus le corset :).

Malgré une loi ratifiée, cette même loi peut immédiatement s'annuler quelques temps après. Restons vigilants!

Leni Zumas , sous forme de fiction, a levé les tabous, déversé sa colère et son amertume. Avec de l'humour et un peu d'ironie. Une lecture intéressante et éclairante .

Libre à chacun de se faire une idée.

Et je rajoute que les hommes peuvent également le lire.

*

Merci à Netgalley.

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« Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », a déclaré récemment Bertrand de Rochambeau à propos de l'avortement (reportage diffusé le 11/09/2018 sur TMC).

Propos inquiétants de la part de ce médecin, puisqu'il est président du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens de France (Syngof). Qui l'a promu à ce titre, au fait ?

Si on regarde l'actu récente, on constate que ce n'est pas le seul exemple de remise en cause de la pratique de l'IVG.

Le droit à l'avortement n'est donc pas définitivement acquis. Il faut par conséquent rester vigilants, comme pour d'autres sujets qui furent au centre des 'Manifs pour tous' en France en 2013 : opposition au mariage homosexuel et à l'homoparentalité (adoption, PMA, GPA), défense de la « famille traditionnelle ».

Ces thèmes sont au coeur du roman de Leni Zulmas.

Elle imagine les Etats-Unis ‘demain' : avortement interdit et lourdement sanctionné ; adoption et PMA pour femmes seules, en voie de l'être également. Et, pour blinder le truc : accord entre Canada et Etats-Unis pour refouler à la frontière et dénoncer les petites malines qui essaieraient d'aller faire ‘ça' ailleurs.

Tout cela m'intéresse, l'intrigue se découvre avec plaisir, et les personnages mis en scène ne manquent pas de piquant : une guérisseuse (donc, aux yeux de beaucoup, une ‘sorcière' responsable de tous les maux), une épouse mère de deux jeunes enfants qui a des envies d'ailleurs, une femme battue, une jeune fille pleine d'ambitions. Et puis Ro, cette prof célibataire quadra qui veut faire et élever un bébé seule, sans trop savoir pourquoi : horloge biologique ? peur de la solitude en vieillissant ?

Malgré tous les bons côtés de ce livre, la lecture fut longue et je rechignais parfois à m'y remettre. A cause des extraits énigmatiques de la biographie sur l'exploratrice islandaise Eivør ? des façons elliptiques de désigner les uns et les autres (la fille, l'épouse, la biographe) ? des redondances ?

Il faut dire que je pensais à des auteurs plus 'accessibles' qui abordent aussi ces thématiques, avec ce style d'ambiance féminine (Silvia Avallone, Auður Ava Olafsdottir, Liane Moriarty...).

En bref : le genre de livre sur lequel j'aurai peiné mais que je suis contente d'avoir découvert, et dont je relirai des extraits. Comme celui-ci :

■ « Dépensons l'argent du contribuable pour pénaliser les femmes vulnérables » a dit [la prof d'Histoire] en classe, et un élève s'est exclamé : « Mais si elles enfreignent la loi, ce sont des criminelles ! »

« Les lois ne sont pas des phénomènes naturels, a répondu [la prof]. Elles ont des histoires particulières et horribles. Vous avez déjà entendu parler des lois de Nuremberg ? Ou de Jim Crow ? »

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Une n'arrive pas à avoir d'enfant, une autre rêve d'être autre chose qu'une mère, une autre encore ne veut pas l'être aussi tôt, une dernière a eu une fille qui ne connaît pas son existence...

Dans un futur proche aux ETATS UNIS, l'avortement est interdit, les femmes seules sont menacées à court terme de ne plus pouvoir avoir recours à la procréation médicalement assistée ni à l'adoption.

4 destins de femmes vont se croiser dans les Heures rouges dans une Amérique du futur où encore une fois des hommes décident ce qu'il convient de faire du corps des femmes.

Dans ce récit visionnaire et assez terrifiant la romancière Leni ZUMAS nous invite dans la vie de ces 4 femmes avec humour parfois, poésie souvent et revendique, à travers elles, le droit pour chacune de disposer de son corps.

Dur mais Terriblement actuel.

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critiques presse (1)
MadmoizellePresse
16 janvier 2023
Leni Zumas offre le récit éclaté d’un futur qui ne semble pas très éloigné, dans lequel les droits des femmes sont menacés — les valeurs réactionnaires ont pris le dessus.
Lire la critique sur le site : MadmoizellePresse
Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation

Un mois plus tôt, l'interdiction d'avorter était entrée en vigueur au niveau fédéral [aux USA].

Mattie s'était dit : Il faut qu'on t'emmène au Canada. Ils n'avaient pas encore fermé la frontière aux demandeuses d'IVG. Le 'mur Rose' n'était qu'une idée en l'air.

Un an et demi plus tard, la patrouille frontalière canadienne arrête les Américaines désireuses d'avorter et les renvoie aux Etats-Unis pour qu'elles y soient poursuivies.

« Dépensons l'argent du contribuable pour pénaliser les femmes vulnérables » a dit [la prof d'Histoire] en classe, et un élève s'est exclamé : « Mais si elles enfreignent la loi, ce sont des criminelles ! »

« Les lois ne sont pas des phénomènes naturels, a répondu [la prof]. Elles ont des histoires particulières et horribles. Vous avez déjà entendu parler des lois de Nuremberg ? Ou de Jim Crow * ? »

* Lois racistes en vigueur aux Etats-Unis jusqu'à leur abolition, en 1965.

(note de l'auteur)

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- Tu te souviens de ce qui s'est passé en 1979 ? dit son père. Quarante et un cachalots sur la plage près de Florence [Caroline du Sud]. Mon papa a fait le trajet en voiture pour les photographier de près. Il a raconté qu'ils émettaient...

- Des petits clics en mourant.

Elle connaît les horribles détails, parce que son père adore les répéter. Il lui a expliqué des centaines de fois qu'une baleine peut être tuée par la pression de sa propre chair. Hors de l'eau, la masse de l'animal est trop lourde pour sa cage thoracique - les côtes se brisent ; les organes internes sont écrasés. Et la chaleur fait souffrir les cétacés. Les militants de Greenpeace avaient apporté des draps de lit pour les tremper dans l'eau de mer et les jeter sur eux ; ça n'avait servi à rien.

Mais cela se passait en 1979. Aujourd'hui, personne n'a imaginé un moyen de les remettre dans l'océan ?

(p. 148-149)

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Accusations du monde:

13. Préférer sa propre compagnie est pathologique.

14. Les êtres humains sont destinés à vivre en société.

15. Pourquoi n'avez-vous pas consacré plus d'efforts à chercher un partenaire?

16. Les gens mariés vivent plus longtemps et en meilleure santé.

17. Vous pensez vraiment que quelqu'un va croire que la solitude vous rend heureuse?

18. C'est bizarre que vous ayez autant d'affinités avec les gardiens de phare. 

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Châtain clair, attachants, exigeants, très agaçants parfois... Ces enfants ressemblent étrangement à Susan et à Didier. Ce n'est pas juste une question de teint ou de couleur de cheveux : ils sont 'fabriqués' comme leurs parents. Bex a les orbites obscures de Didier, John le menton d'elfe de Susan, leurs petits visages portent l'empreinte de deux lignées identifiables. Ce sont les produits du désir : le désir sexuel, certes, mais plus important encore (du moins à l'époque de la contraception) le désir de se reproduire. Donnez-moi l'occasion de me répéter. Accordez-moi une vie à revivre, en plus grand. Un autre moi dont je prendrai soin, encore mieux. Encore, s'il vous plaît, encore ! C'est pour la reproduction que nous sommes programmés, paraît-il.

(p. 76-77)

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La biographe se rappelle-t-elle avoir une première fois pensé ou décidé qu'elle voulait être la mère de quelqu'un? Le moment initial où elle a éprouvé le désir de sentir un bulbe de lichen grandir en elle pour jaillir ensuite sous une forme humaine? Ce désir est largement applaudi. Législateurs, tantes et publicitaires l'approuvent. Ce qui, à son avis, le rend un peu suspect.

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Videos de Leni Zumas (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leni Zumas
A l'occasion du festival America, Leni Zumas, auteure des "Heures rouges", roman de la rentrée littéraire des Presses de la Cité, nous en dit plus sur les thèmes abordés dans son livre tels que l'égalité des sexes, la maternité, le mouvement Me Too, etc. En savoir plus sur "Les heures rouges" : https://bit.ly/2QIyyFX
États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l?être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l?aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d?écrire la biographie d?Eivør, exploratrice islandaise du xixe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer ? de son renoncement à une carrière d?avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n?a pas peur de l?avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l?arrière d?une voiture... Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu?elle a voulu aider les femmes.
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