AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2258146925
Éditeur : Les Presses De La Cite (16/08/2018)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 16 notes)
Résumé :
« Drôle, mordant, poétique, politique, alarmant, inspirant, Les Heures rouges révolutionne la fiction de notre époque. » Maggie Nelson (Une partie rouge, Les Argonautes)

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère.

Ro, professeure célibatair... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  12 août 2018
Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des Etats-Unis rend un arrêt historique, le « Roe v. Wade » qui reconnaît l'avortement comme un droit constitutionnel. Le 16 août 2018 sortira en librairie Les heures rouges, premier roman de Leni Zumas.
Dans un avenir tellement proche qu'il ressemble au présent, «le Congrès américain a ratifié l'amendement sur l'identité de la personne, qui accorde le droit constitutionnel à la vie, à la liberté et à la propriété à un oeuf dès l'instant de sa conception. L'avortement est aujourd'hui illégal dans les cinquante Etats. Les avorteurs peuvent être accusés de meurtre au second degré et les femmes désireuses d'avorter, de complicité de meurtre. La fécondation in vitro est également interdite au niveau fédéral, parce que l'amendement condamne le transfert d'embryons du laboratoire dans l'utérus (les embryons ne sont pas en mesure d'y consentir).  Le 15 janvier, la loi connue sous le nom de « Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère » (UPUM), prendra effet. Sa mission : « Restaurer la dignité, la force et la prospérité des familles américaines ». En pratique, il sera interdit légalement aux célibataires d'adopter un enfant.
Pour illustrer romanesquement cette régression obscurantiste, Leni Zumas a choisi 5 femmes qui représentent symboliquement la diversité des destins féminins :
La Biographe, femme stérile, subit sans succès des fécondations in vitro, et sait qu'à partir du 15 janvier, elle ne pourra plus adopter un enfant alors que comme elle le chante : « Je suis peut-être seule et vieille, mais bordel je peux encore ovuler ! » ;
La Fille, une gamine lycéenne, enceinte par accident, sait qu'à partir du 15 janvier elle ne pourra plus avorter, pas même au Canada qui au nom de l'amitié americano-états-unienne, veille scrupuleusement sur ses frontières et livre à la justice les contrevenantes ;
L'Epouse, mère de 2 enfants, rêve d'échapper à sa vie de femme et épouse au foyer, établit des listes qui décomposent chacune de ses activités domestiques en une infinité de gestes ;
La Guérisseuse, une farfelue des bois, une folle qui jette des sorts aux algues, tient de sa tante la connaissance des plantes, est assimilée par la population et les autorités à une sorcière, mais il est vrai qu'elle habite près de Salem où l'on aime faire rôtir les femmes ;
Eivor Minervudottir, dont la Biographe reconstitue la vie, sert de lien entre les chapitres, parle de banquise, de froid polaire, de gel, de glace ainsi que de l'impossibilité d'être une exploratrice crédible au XIXème siècle.
Ces femmes dont les liens se révèlent peu à peu, expriment leurs douleurs, leurs difficultés, leurs doutes, leurs maigres espoirs. Avec talent, lucidité et originalité, Leni Zumas prouve que ce qu'une loi a autorisé, une autre loi peut l'interdire et rappelle que faute de vigilance, la régression et la répression guettent.
J'attire votre attention sur la très belle couverture, réalisée par Lauren Harms, qui illustre parfaitement le roman. Je remercie Babelio et les Presses de la Cité de m'avoir permis de découvrir Les heures rouges, lecture très appréciée, en avant-première et lui souhaite beaucoup de succès.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          496
viou1108
  06 août 2018
Newville, Oregon, bientôt. Les heures tournent, pour Roberta, Susan, Mattie et Gin, quatre femmes qui symbolisent chacune un combat contre les hommes et la société.
Roberta, "la biographe", est professeure d'histoire au lycée. 42 ans, célibataire, elle veut faire un bébé toute seule. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit la procréation médicalement assistée pour les femmes seules entrera en vigueur. Roberta espère de toutes ses tripes que sa dernière fécondation in vitro réussira.
Pour Susan, "l'épouse", les heures tournent tellement vite qu'elle peine à dégager du temps pour elle, entre ses deux enfants, son mari et la maison, pour lesquels elle a renoncé à une prometteuse carrière d'avocate. Face au temps qui passe, pendant lequel rien ne se passe, elle pense souvent à divorcer, ou à se jeter en voiture du haut de la falaise.
Mattie, "la fille", même pas 15 ans, une des meilleures élèves du lycée, rêve d'un avenir de grande scientifique. Qui pourrait bien être compromis par une grossesse accidentelle. Elle veut avorter. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit l'avortement entrera en vigueur. Même le Canada, qui a érigé un "mur rose" à sa frontière, refoule déjà les candidates américaines à l'IVG. Restent les cliniques clandestines. Le temps presse, Mattie est à plus de 12 semaines.
Et puis Gin, "la guérisseuse". A 32 ans, elle vit depuis toujours en marge de la communauté, en véritable "femme des bois", que d'autres femmes viennent consulter discrètement pour soulager leurs maux. Dans ce village de pêcheurs à la mentalité superstitieuse et bornée, ce n'est qu'une question de temps avant qu'un procès pour sorcellerie soit ouvert contre Gin, dans cette bourgade proche de Salem (Oregon), cela ne s'invente pas...
"Les heures rouges" est une dystopie qui se déroule dans un avenir tellement proche que cela pourrait bien déjà être demain, et c'est très inquiétant. Au nom d'une loi proclamant que "chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère", on interdit d'une part l'avortement, et d'autre part, la procréation assistée et l'adoption pour les femmes célibataires : "une fois l'avortement déclaré illégal, avaient annoncé les membres du Congrès, il y aurait plus de bébés susceptibles d'être adoptés. Interdire l'IVG ne causait de mal à personne, avaient-ils affirmé, parce que les gens qui avaient un utérus défectueux ou un sperme anormal pourraient simplement adopter tous ces bébés supplémentaires".
Sous les auspices d'Eivor, exploratrice islandaise du 19ème siècle au destin tragique, les femmes de ce roman se débattent dans le carcan d'une société patriarcale et réactionnaire, dans laquelle les hommes brillent surtout par leur lâcheté et leur brutalité. On y trouve beaucoup de symboles, à commencer par la couleur et le dessin de la couverture. Du pourpre et du rouge, la couleur du sang et des violences faites à la liberté des femmes. Quant au dessin, pas besoin de vous en faire un...
Si les personnages de Roberta et Susan n'apparaissent pas toujours très sympathiques en raison de leurs frustrations qui virent à l'aigreur et à l'obsession, ceux de Mattie et de Gin sont beaucoup plus attachants. Mais les quatre sont désespérées, chacune à leur façon, et pour cela, touchantes. Leurs luttes qui s'entrecroisent et s'opposent les unes aux autres résonnent jusqu'à nous, remuant coeur, ventre et esprit.
Ce roman lucide, à la fois ironique et poétique, à l'écriture simple, cible clairement les dérives potentielles de l'Amérique de Trump. Pourvu que les heures des droits des femmes ne soient pas comptées...
En partenariat avec les éditions Presses de la Cité via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          524
Didili
  16 août 2018
Nous sommes le 16 août (déjà...) et les Presses de la Cité font paraître ce roman aujourd'hui pour la rentrée littéraire de 2018 !
J'ai eu le privilège de le découvrir en avant première grâce à une Masse Critique particulière de mon cher Babelio ♥♥♥
Il est l'heure ( rouge...) de vous dévoiler mon avis et de vous inciter à le lire.
Tout d'abord je tiens à vous signaler que ce livre est un bel objet, avec une belle couverture rouge au graphisme suggestif et aux rabats intérieurs.
On suit dans cette histoire 5 femmes, 4 dans le présent et une dans le passé.
Les chapitres sont nominatifs et suivent alternativement ces différentes femmes. Ainsi Leni Zumas en dresse les portraits et nous donne une vision plus généraliste des femmes.
Il y a l'exploratrice au XIX ème siècle, il y a la biographe, la fille, l'épouse et la guérisseuse.
Un élément est au centre du destin de ces femmes, l'avortement sera interdit très bientôt.
Les répercussions sont immenses sur leurs destins et la vie de ses 5 femmes font se croiser, se mêler, se lier
Leni Zumas a réussi à m'intéresser à toutes ses femmes. Qu'elles soient mère ou pas, qu'elles exercent une profession ou pas, qu'elles soient reconnues ou pas ... Elle met leurs forces en avant et pointe aussi leurs fragilités.
Le message de l'auteur sur la liberté de disposer de son corps est distillé de façon intelligente.
L'auteure nous démontre aussi qu'il 'y a pas qu'un modèle de vie à prôner. Qu'une femme peut ne pas se qualifier uniquement par sa condition de mère.
Les hommes par contre ici ne sont pas tellement mis en avant, non ils sont même un peu effacé... Trop peut-être ... Je serais d'ailleurs curieuse d'un avis masculin sur ce livre. Messieurs n'hésitez pas à le lire.
Les Presses de la Cité nous parle de la naissance d'une grande auteure féministe. Je ne sais pas qu'en penser...
J'ai lu et apprécié ce livre que j'ai lu rapidement, le rythme de ces petits paragraphes nous entraînant à tourner les pages facilement.
Toutes les fragilités de ces femmes et toutes leurs forces m'ont séduites. J'ai eu tout de même un faible pour la guérisseuse, un personnage "différent" très touchant.
Un livre à découvrir et à vous procurer
dès aujourd'hui 16 août 2018 dans votre librairie.
Faites connaissances avec ces femmes,
et par leurs intermédiaires avec les femmes !
Et gardons en tête de sauvegarder nos acquis précieux,
merci Madame Simone Veil
et de veiller à nos droits fondamentaux en tant que femme.

Lien : https://imagimots.blogspot.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
hcdahlem
  17 août 2018
Newville est une petite bourgade de l'Oregon, au Nord-ouest des Etats-Unis. C'est dans ce coin de l'Amérique profonde que Leni Zumas a situé son nouveau roman et a choisi de nous retracer le combat del quatre femmes très différentes et pourtant reliées par un lien aussi invisible que fort. Gin, aussi appelée la guérisseuse, est une marginale, que l'on vient consulter parce que l'on craint les médecins et surtout le qu'en-dira-t-on, est peut-être en fin de compte la plus censée et la plus libre de toutes.
Car dans la bourgade les tensions s'exacerbent, en raison d'un amendement voté par le Congrès sur l'identité de la personne qui décrète le droit à la vie dès la conception, ce qui rend notamment l'avortement illégal et pose de graves problèmes s'agissant de PMA et de dons d'ovule et de sperme, le transfert d'embryons dans l'utérus étant désormais interdit.
Bien entendu, il s'agit d'une dystopie, mais on sait que dans les Etats-Unis de Trump une large fraction de la population se bat pour ce type de régression qui entend faire de la seule cellule familiale traditionnelle le seul et unique modèle acceptable.
Mais revenons à nos quatre femmes. Si Gin est une observatrice attentive du microcosme qui gravite autour d'elle, Roberta est directement concernée par la nouvelle législation. Cette prof d'histoire a en effet décidé de faire un bébé toute seule. À 42 ans son horloge biologique tourne et elle se dit que la prochaine fécondation in vitro sera sans doute la dernière. Tout en décrivant sa peine, son mal-être et son combat, Leni Zulmas a eu la bonne idée d'entrecouper le récit avec des extraits de la biographie sur laquelle Roberta travaille et qui retrace la vie de l'exploratrice polaire Eivør Mínervudottír au XIXe siècle. Cette islandaise intrépide a aussi été victime de l'ostracisme et de la misogynie.
L'une des plus brillantes élèves de Roberta est Mattie. Quinze ans à peine et elle aussi en proie à un terrible dilemme. Sa première expérience sexuelle tourne au drame. Elle se retrouve enceinte et va éprouver toutes les peines du monde à avorter, le Canada ayant érigé un «mur rose» pour empêcher les Américaines de franchir la frontière pour avoir recours à une IVG.
Reste Susan, la mère de famille qui n'a, à priori, pas à se préoccuper de ces questions. Mais Leni Zumas est bien trop habile pour ne pas ajouter à ce panorama une femme bien sous tous rapports. Susan est mariée, mère de deux enfants qu'elle a choisi d'élever en mettant entre parenthèses sa carrière d'avocate. Mais le bilan est bien amer. Entre un mari et des enfants qui la délaissent, elle sombre dans la déprime et envisage le divorce et même le suicide.
Il faut d'abord lire ce beau roman comme un avertissement face à la montée d'un néo conservatisme qui viendrait mettre à mal les conquêtes si fragiles résultant d'années de luttes. La peur et la douleur qu'expriment ces femmes doit résonner auprès de tous les lecteurs comme un signal d'alarme.
Parce que c'est sans doute ce manque de vigilance qui a piégé toutes les femmes qui, comme Roberta, ont cru à « une comédie politique, une surenchère de la Chambre des représentants et du Sénat ligués avec le nouveau président amoureux des foetus». Jusqu'au jour où la loi est passée…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          182
AudreyT
  13 août 2018
****
Newville, dans l'Oregon, est une petite ville proche de Salem. Dans un futur proche, quatre femmes sont touchées par la nouvelle loi fédérale, dénommée UPUM, qui proclame que chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère. Désormais, l'avortement est un crime et l'adoption par une femme célibataire totalement impossible. C'est ainsi que Roberta la biographe, Suzan l'épouse, Mattie la fille et Gin la guérisseuse vont être impliquées dans la marche d'un peuple vers une catastrophe...
Voici un roman étonnant, puissant et totalement addictif !! Léni Zumas signe ici un roman très prometteur. Avec une écriture rythmée, sans détail inutile, dotée d'une fluidité dévouée à l'histoire, l'auteur nous pousse dans un monde glaçant. Les femmes ne sont plus libres de leur corps, elles subissent la loi rigide d'une maternité imposée.
Avec des regards croisés, les 4 personnages sont meurtries par une vie qu'elles n'ont pas choisies et elles tentent chacune à leur façon de garder la tête haute. Malgré leur lien, elles sont seules face à leur choix et il leur est parfois simplement difficile d'espérer...
Un immense merci à NetGalley et aux éditions Presse de la Cité pour leur confiance.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          253
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
DidiliDidili   16 août 2018
Ce qui (l'incrédulité) était stupide. Elle savait - en tant que professeure d'histoire, c'était son métier - combien d'horreurs étaient légitimées au grand jour, contre la volonté de la plupart des gens.


Une fois l'avortement déclaré illégal, avaient annoncé les membres du Congrès, il y aurait plus de bébés susceptibles d'être adoptés. Interdire l'IVG ne causait de mal à personne, avaient-ils affirmé, parce que les gens qui avaient un utérus défectueux ou un sperme anormal pourraient simplement adopter tous ces bébés supplémentaires. Mais les choses ne s'étaient pas passées ainsi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
DidiliDidili   16 août 2018
Après le 15 janvier, lorsque la loi "Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère" (UPUM) entrera en vigueur, aucun enfant adopté n'aura a souffrir du manque de temps d'une femme célibataire, de sa faible d'opinion d'elle-même, de son pouvoir d'achat insuffisant. Chaque enfant adopté récoltera les avantages que procure un foyer avec deux parents. S'il y a moins de mères célibataires, disent les membres du congrès, le nombre de criminels , toxicomanes et bénéficiaires de l'aide sociale diminuera. Il y aura moins de cultivateurs de grenades. Moins d'animateurs de talk-shows. moins d'inventeurs de nouveaux traitements. Moins de présidents des États-Unis.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
StelphiqueStelphique   13 août 2018
-L'esprit qui compare est un esprit qui désespère.
Commenter  J’apprécie          200
namelessnameless   11 août 2018
- "Comment vois-tu quand un avocat ment ?" lui avait-il chuchoté à l'oreille.
- "Quand il ouvre la bouche" avait-elle répondu.
p. 304
Commenter  J’apprécie          271
namelessnameless   10 août 2018
- Vous n'êtes pas végétarien, n'est-ce pas ? Nos amis du bas de la route nous ont procuré du boeuf absolument délicieux, leurs vaches sont nourries à l'herbe, pas le moindre antibiotique, juste un boeuf pur et joyeux.
- Joyeux avant d'être abattu, ou une fois qu'il se trouve dans votre assiette ?
p. 69
Commenter  J’apprécie          290
Videos de Leni Zumas (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leni Zumas
Fiction Craft Capsule: Leni Zumas
autres livres classés : avortementVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
972 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre
. .