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ISBN : 2258146925
Éditeur : Les Presses De La Cite (16/08/2018)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 66 notes)
Résumé :
« Drôle, mordant, poétique, politique, alarmant, inspirant, 'Les Heures rouges' révolutionne la fiction de notre époque. » Maggie Nelson (Une partie rouge, Les Argonautes)

États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère.

Ro, professeure célibata... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  01 septembre 2018
Une loi américaine à venir, interdisant l'avortement à toutes les femmes et l'adoption et la PMA aux femmes célibataires, met en difficulté quatre femmes. Euh... c'est de la science-fiction ? Oui et non, nous sommes dans un futur proche aux États-Unis, avec son nouveau Président — c'est dire le désagrément de ces femmes qui chacune à leur manière vont devoir se battre pour leur liberté.
Après cette lecture, au début un peu laborieuse, puis de plus en plus agréable, les premiers mots qui me viennent à l'esprit sont : déconcertant, poétique et militant. Déconcertant, je vous laisse découvrir pourquoi, militant : puisqu'il s'agit, avec humour et ironie, de défendre la liberté des femmes à disposer de leur corps ; de les inciter à ne plus subir les diktats d'une société patriarcale ; de tenter d'empêcher des illuminés d'imposer leur folie liberticide et pire encore.
Pour ça, pour l'originalité de l'écriture de Leni Zulma, pour la façon dont elle met en scène la souffrance, le courage et les ressources des femmes, pour la portée de son message à une époque où la Cour suprême américaine pourrait bientôt restreindre, voire éliminer le droit à l'IVG dans plusieurs États, Donald Trump ayant promis de nommer un juge anti-avortement à la cour, lire Les heures rouges me paraît une excellente idée.
Merci à Babelio et aux Presses de la Cité pour leur confiance
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viou1108
  06 août 2018
Newville, Oregon, bientôt. Les heures tournent, pour Roberta, Susan, Mattie et Gin, quatre femmes qui symbolisent chacune un combat contre les hommes et la société.
Roberta, "la biographe", est professeure d'histoire au lycée. 42 ans, célibataire, elle veut faire un bébé toute seule. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit la procréation médicalement assistée pour les femmes seules entrera en vigueur. Roberta espère de toutes ses tripes que sa dernière fécondation in vitro réussira.
Pour Susan, "l'épouse", les heures tournent tellement vite qu'elle peine à dégager du temps pour elle, entre ses deux enfants, son mari et la maison, pour lesquels elle a renoncé à une prometteuse carrière d'avocate. Face au temps qui passe, pendant lequel rien ne se passe, elle pense souvent à divorcer, ou à se jeter en voiture du haut de la falaise.
Mattie, "la fille", même pas 15 ans, une des meilleures élèves du lycée, rêve d'un avenir de grande scientifique. Qui pourrait bien être compromis par une grossesse accidentelle. Elle veut avorter. Mais le 15 janvier, dans quelques semaines, dans quelques jours, la loi qui interdit l'avortement entrera en vigueur. Même le Canada, qui a érigé un "mur rose" à sa frontière, refoule déjà les candidates américaines à l'IVG. Restent les cliniques clandestines. Le temps presse, Mattie est à plus de 12 semaines.
Et puis Gin, "la guérisseuse". A 32 ans, elle vit depuis toujours en marge de la communauté, en véritable "femme des bois", que d'autres femmes viennent consulter discrètement pour soulager leurs maux. Dans ce village de pêcheurs à la mentalité superstitieuse et bornée, ce n'est qu'une question de temps avant qu'un procès pour sorcellerie soit ouvert contre Gin, dans cette bourgade proche de Salem (Oregon), cela ne s'invente pas...
"Les heures rouges" est une dystopie qui se déroule dans un avenir tellement proche que cela pourrait bien déjà être demain, et c'est très inquiétant. Au nom d'une loi proclamant que "chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère", on interdit d'une part l'avortement, et d'autre part, la procréation assistée et l'adoption pour les femmes célibataires : "une fois l'avortement déclaré illégal, avaient annoncé les membres du Congrès, il y aurait plus de bébés susceptibles d'être adoptés. Interdire l'IVG ne causait de mal à personne, avaient-ils affirmé, parce que les gens qui avaient un utérus défectueux ou un sperme anormal pourraient simplement adopter tous ces bébés supplémentaires".
Sous les auspices d'Eivor, exploratrice islandaise du 19ème siècle au destin tragique, les femmes de ce roman se débattent dans le carcan d'une société patriarcale et réactionnaire, dans laquelle les hommes brillent surtout par leur lâcheté et leur brutalité. On y trouve beaucoup de symboles, à commencer par la couleur et le dessin de la couverture. Du pourpre et du rouge, la couleur du sang et des violences faites à la liberté des femmes. Quant au dessin, pas besoin de vous en faire un...
Si les personnages de Roberta et Susan n'apparaissent pas toujours très sympathiques en raison de leurs frustrations qui virent à l'aigreur et à l'obsession, ceux de Mattie et de Gin sont beaucoup plus attachants. Mais les quatre sont désespérées, chacune à leur façon, et pour cela, touchantes. Leurs luttes qui s'entrecroisent et s'opposent les unes aux autres résonnent jusqu'à nous, remuant coeur, ventre et esprit.
Ce roman lucide, à la fois ironique et poétique, à l'écriture simple, cible clairement les dérives potentielles de l'Amérique de Trump. Pourvu que les heures des droits des femmes ne soient pas comptées...
En partenariat avec les éditions Presses de la Cité via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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nameless
  12 août 2018
Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des Etats-Unis rend un arrêt historique, le « Roe v. Wade » qui reconnaît l'avortement comme un droit constitutionnel. Le 16 août 2018 sortira en librairie Les heures rouges, premier roman de Leni Zumas.
Dans un avenir tellement proche qu'il ressemble au présent, «le Congrès américain a ratifié l'amendement sur l'identité de la personne, qui accorde le droit constitutionnel à la vie, à la liberté et à la propriété à un oeuf dès l'instant de sa conception. L'avortement est aujourd'hui illégal dans les cinquante Etats. Les avorteurs peuvent être accusés de meurtre au second degré et les femmes désireuses d'avorter, de complicité de meurtre. La fécondation in vitro est également interdite au niveau fédéral, parce que l'amendement condamne le transfert d'embryons du laboratoire dans l'utérus (les embryons ne sont pas en mesure d'y consentir).  Le 15 janvier, la loi connue sous le nom de « Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère » (UPUM), prendra effet. Sa mission : « Restaurer la dignité, la force et la prospérité des familles américaines ». En pratique, il sera interdit légalement aux célibataires d'adopter un enfant.
Pour illustrer romanesquement cette régression obscurantiste, Leni Zumas a choisi 5 femmes qui représentent symboliquement la diversité des destins féminins :
La Biographe, femme stérile, subit sans succès des fécondations in vitro, et sait qu'à partir du 15 janvier, elle ne pourra plus adopter un enfant alors que comme elle le chante : « Je suis peut-être seule et vieille, mais bordel je peux encore ovuler ! » ;
La Fille, une gamine lycéenne, enceinte par accident, sait qu'à partir du 15 janvier elle ne pourra plus avorter, pas même au Canada qui au nom de l'amitié americano-états-unienne, veille scrupuleusement sur ses frontières et livre à la justice les contrevenantes ;
L'Epouse, mère de 2 enfants, rêve d'échapper à sa vie de femme et épouse au foyer, établit des listes qui décomposent chacune de ses activités domestiques en une infinité de gestes ;
La Guérisseuse, une farfelue des bois, une folle qui jette des sorts aux algues, tient de sa tante la connaissance des plantes, est assimilée par la population et les autorités à une sorcière, mais il est vrai qu'elle habite près de Salem où l'on aime faire rôtir les femmes ;
Eivor Minervudottir, dont la Biographe reconstitue la vie, sert de lien entre les chapitres, parle de banquise, de froid polaire, de gel, de glace ainsi que de l'impossibilité d'être une exploratrice crédible au XIXème siècle.
Ces femmes dont les liens se révèlent peu à peu, expriment leurs douleurs, leurs difficultés, leurs doutes, leurs maigres espoirs. Avec talent, lucidité et originalité, Leni Zumas prouve que ce qu'une loi a autorisé, une autre loi peut l'interdire et rappelle que faute de vigilance, la régression et la répression guettent.
J'attire votre attention sur la très belle couverture, réalisée par Lauren Harms, qui illustre parfaitement le roman. Je remercie Babelio et les Presses de la Cité de m'avoir permis de découvrir Les heures rouges, lecture très appréciée, en avant-première et lui souhaite beaucoup de succès.
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canel
  23 septembre 2018
« Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », a déclaré récemment Bertrand de Rochambeau à propos de l'avortement (reportage diffusé le 11/09/2018 sur TMC).
Propos inquiétants de la part de ce médecin, puisqu'il est président du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens de France (Syngof). Qui l'a promu à ce titre, au fait ?
Si on regarde l'actu récente, on constate que ce n'est pas le seul exemple de remise en cause de la pratique de l'IVG.
Le droit à l'avortement n'est donc pas définitivement acquis. Il faut par conséquent rester vigilants, comme pour d'autres sujets qui furent au centre des 'Manifs pour tous' en France en 2013 : opposition au mariage homosexuel et à l'homoparentalité (adoption, PMA, GPA), défense de la « famille traditionnelle ».
Ces thèmes sont au coeur du roman de Leni Zulmas.
Elle imagine les Etats-Unis ‘demain' : avortement interdit et lourdement sanctionné ; adoption et PMA pour femmes seules, en voie de l'être également. Et, pour blinder le truc : accord entre Canada et Etats-Unis pour refouler à la frontière et dénoncer les petites malines qui essaieraient d'aller faire ‘ça' ailleurs.
Tout cela m'intéresse, l'intrigue se découvre avec plaisir, et les personnages mis en scène ne manquent pas de piquant : une guérisseuse (donc, aux yeux de beaucoup, une ‘sorcière' responsable de tous les maux), une épouse mère de deux jeunes enfants qui a des envies d'ailleurs, une femme battue, une jeune fille pleine d'ambitions. Et puis Ro, cette prof célibataire quadra qui veut faire et élever un bébé seule, sans trop savoir pourquoi : horloge biologique ? peur de la solitude en vieillissant ?
Malgré tous les bons côtés de ce livre, la lecture fut longue et je rechignais parfois à m'y remettre. A cause des extraits énigmatiques de la biographie sur l'exploratrice islandaise Eivør ? des façons elliptiques de désigner les uns et les autres (la fille, l'épouse, la biographe) ? des redondances ?
Il faut dire que je pensais à des auteurs plus 'accessibles' qui abordent aussi ces thématiques, avec ce style d'ambiance féminine (Silvia Avallone, Auður Ava Olafsdottir, Liane Moriarty...).
En bref : le genre de livre sur lequel j'aurai peiné mais que je suis contente d'avoir découvert, et dont je relirai des extraits. Comme celui-ci :
■ « Dépensons l'argent du contribuable pour pénaliser les femmes vulnérables » a dit [la prof d'Histoire] en classe, et un élève s'est exclamé : « Mais si elles enfreignent la loi, ce sont des criminelles ! »
« Les lois ne sont pas des phénomènes naturels, a répondu [la prof]. Elles ont des histoires particulières et horribles. Vous avez déjà entendu parler des lois de Nuremberg ? Ou de Jim Crow ? »
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llamy89
  20 août 2018
Leni Zumas nous offre une dystopie pas si éloignée de la réalité dans certaines parties du monde. L'Amérique puritaine pourrait en effet demain adopter cette loi UPUM "Chaque enfant a besoin d'un père et d'une mère ».
Newville, Orégon, quatre femmes : Susan, l'Epouse, femme au foyer, transparente tant pour ses enfants que pour son mari a renoncé à sa carrière pour sa famille.
Roberta, la Biographe, Professeure célibataire de 42 ans. L'horloge biologique tourne, elle veut un enfant.
Mattie, la Fille, pas tout à fait 15 ans, meilleure élève du cours de Ro, enceinte dès la première fois avec son amoureux Ephraïm...
Gin, la Guérrisseuse, 32 ans, "marginale" vit près de Salem, de là à être estampillée "sorcière" comme au XVIIème siècle, après tout il y eut des précédents...
Et puis, L'exploratrice Eivor Minervudottir, fil rouge, lien entre les chapitres de cet étrange roman, dont l'histoire est racontée par la biographe.
5 femmes, 5 destins contrecarrés par une société patriarcale contre laquelle les femmes n'auront de cesse de devoir se battre pour exister en tant que personnes adultes responsables de leur vie, de celles qu'elles voudront donner au monde.
Les femmes veulent avoir le contrôle de leur corps, les hommes veulent le pouvoir de tout contrôler...
Cette question de la procréation a-t-elle toujours été l'enjeu d'un pouvoir absolu du patriarcat ? le roman de Leni Zumas soulève des questions, à chacun d'apporter sa réponse au travers de la condition de Roberta, Mattie, Susan, Gin et Eivor l'Islandaise.
Le lien tissé entre toutes ces femmes, leurs doutes, peurs, leurs tous petits espoirs souvent étouffés dans l'oeuf par cette loi que certaines ont prise pour une "comédie politique" mais qui va être bel et bien voté par le Congrès.
Au nom d'une loi soi-disant protectrice de la famille, on oblige les femmes à garder un embryon non désiré. On ôte l'espoir d'être mère aux femmes célibataires, la stérilité n'ouvre pas systématiquement droit a être assisté médicalement pour enfanter. L'avortement est définitivement impossible sous peine d'être poursuivi pour homicide. Aucun droit à l'erreur dans les laboratoires, là encore la poursuite pour homicide involontaire est une épée de Damoclès. Mais il y aura plus d'enfants à l'adoption, c'est le pari fait par les politiques... enfin pas pour les célibataires puisque "UPUM" dit ce qui est bon pour l'enfant.
Au travers de ces cinq destinées mais également à travers le temps, un lien existe entre ces femmes qu'il vous faudra découvrir. "les heures rouges" est un roman fictionnel qui alerte sur les dérives possibles d'une société oppressante qui remet en question le droit des femmes à être des femmes.
Long est le chemin pour la liberté des femmes, toujours semé d'embûches, de larmes, trop rarement d'espoirs et de victoires, comme en Irlande ou un référendum ouvre la voie aujourd'hui la voie à une loi qui rendra peut-être aux femmes la pleine possession de leur corps.
Le roman de Leni Zumas est poignant, réaliste. Il appelle à la vigilance, dit les frustrations des femmes au travers ces personnages, toujours touchantes, emblématiques d'une souffrance bien réelle. L'auteure d'une écriture directe, limpide, sensible, joue de l'ironie des situations, pose son décor dans une Amérique "Trumpienne" aux dérives moralistes sous-jacentes qui donne froid dans le dos.
Je remercie les Editions Presses de la cité pour cette plongée dans un univers pas si avant-gardiste, la découverte de la plume parfois lyrique de Leni Zumas et de sa belle foi en l'humanité pour traiter un sujet délicat.
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Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Pat0212Pat0212   17 octobre 2018
Elle devrait être plus prudente
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MedullaMedulla   15 octobre 2018
Mais combien d'aventuriers ont navigué jusqu'au cercle arctique, dormi dans des tentes plantées sur des glaces flottantes, vu la peau d'un homme peler parce qu'il avait mangé le foie toxique d'un ours polaire?
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YuyineYuyine   11 octobre 2018
Elle ne parvenait pas à croire que l’amendement sur l’identité de la personne était devenu une réalité alors que tant de citoyens s’y opposaient. Ce qui (l’incrédulité) était stupide. Elle savait - en tant que professeure d’histoire, c’était son métier - combien d’horreurs étaient légitimées au grand jour, contre la volonté de la plupart des gens.
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mumubocmumuboc   10 octobre 2018
N'être ni l'une ni l'autre

Elle ne veut pas limiter sa vie à "en avoir un"

Ni à "ne pas en avoir un"

Cesser de réduire la vie à une case à cocher, à une case de calendrier

Cesser de secouer la tête

Aller à la manifestation en mai

Faire plus que de participer à une manifestation

Accepter de ne pas savoir

(p352)
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MedullaMedulla   11 octobre 2018
Ciel rouge le matin, pluie en chemin.
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Videos de Leni Zumas (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leni Zumas
Les Grands Débats F... comme Féminisme : le Deuxième Sexe samedi 22 septembre 2018 de 14h00 à 15h30 Vivian Gornick - Jennie Melamed - Leni Zumas - Dominique Chevalier Les récents scandales d'abus sexuels aux États-Unis, l'émergence du #Metoo Movement ont permis de rebattre les cartes du combat pour l'égalité entre hommes et femmes dans la société et la vie privée. Force est de constater qu'il reste beaucoup à faire partout dans le monde. de quelle manière la fiction s'empare-t-elle du sujet ? L'écriture est-elle un moyen de lutte efficace ?
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