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ISBN : 2290032662
Éditeur : J'ai Lu (02/05/2013)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 247 notes)
Résumé :
La sublime Emiko n'est pas humaine. C'est une créature artificielle, élevée en crèche et programmée pour satisfaire les caprices décadents d'un homme d'affaires de Kyoto. Etres sans âme pour certains, démons pour d'autres, les automates sont esclaves, soldats ou jouets pour les plus riches, en ce XXIe siècle d'après le grand krach énergétique, alors que les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la Terre et que les producteurs de calories dir... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
Eric75
19 décembre 2015
Un futur proche. Bien proche… La pollution, le réchauffement climatique, les pandémies et, comme si tout cela ne suffisait pas, les guerres et le pillage des ressources, ont peu à peu détruit notre planète et cantonnent l'humanité dans de grandes métropoles urbaines situées au bord des océans et menacées par la montée des eaux, les pénuries et les famines. Bienvenus dans le monde de demain. Prochain arrêt : Bangkok.
Dès la première page, l'immersion est totale et suffocante. Pas le temps de tester la température du coude, de parcourir son Berlitz pour connaître les traditions locales ou pour s'approprier les trois pages de vocabulaire nécessaire. Paolo Bacigalupi impose à son lecteur un saut sans bouée depuis le grand plongeoir, une méthode comme une autre pour apprendre à nager dans le marigot putride et étouffant de notre futur. C'est une méthode un peu brutale mais efficace. le lecteur patauge au début, ne comprend pas tout ce qui se dit ou se trame, mais finit par apprendre au fil des pages ces mots thaïs et/ou futuristes qui lui permettront de poursuivre : ngaw, khap, wai, khun, jok, mahout, yang guizi, farang…De la même façon, la toile de fond géopolitique sort du flou et les desseins des personnages, bien mystérieux au départ, se précisent peu à peu…
Nous évoluons dans une mégapole grouillante peuplée de communautés hétéroclites, où l'on croise en chemin des lézards mutants jingjok2 et des cheshires (chats domestiques zombies génétiquement modifiés retournés à l'état sauvage, directement issus de l'univers de Lewis Carroll), où les déplacements urbains se font en rickshaw, les transports intercontinentaux en dirigeable, où les piles à ressort ont remplacé l'électricité et le pétrole devenu introuvable, et où la société civile est au bord du chaos et de l'insurrection.
Dans ce monde hostile, le lecteur accompagne les principaux protagonistes du récit dans leur lutte pour la survie, se familiarise avec les combats des factions gouvernementales fratricides opposant le ministère de l'Environnement et le ministère du Commerce, aux objectifs si parfaitement et si clairement irréconciliables et découvre les manigances postcoloniales et hégémoniques des firmes occidentales.
Nous faisons la connaissance d'Anderson Lake, ce « farang » si malin et si intelligent, petit industriel dirigeant une usine agrochimique puisant ses ressources énergétiques dans la force musculaire des mastodontes, sorte de mammouths du futur 100% garantis pur OGM. On se rend vite compte qu'Anderson avance masqué et poursuit des objectifs peu avouables en lien avec les ambitions des grandes multinationales agroindustrielles, appelées AgriGen, PurCal, RedStar, Springlife ou Total Nutrient Holding dans le roman, dignes successeurs de l'actuelle Monsanto.
Nous sympathisons avec Hock Seng, ce vieux « yellow card » chinois qui doit faire preuve de créativité pour tirer son épingle du jeu, aidé en cela par son expérience des conflits passés lui permettant de louvoyer dans une jungle urbaine au bord de la guerre civile, et qui n'hésite pas à faire allégeance simultanément à ses maîtres farangs et à la maffia locale, dirigée par l'effrayant Sukrit Kamsing dit « l'Enculeur de chiens ».
Nous accompagnons dans leur combat quotidien le fier capitaine Jaidee Rojjanasukachai (dit le « Tigre de Bangkok ») et sa lieutenante Kanya, les deux « chemises blanches » qui, au service du général Pracha, tentent de faire respecter les normes sanitaires et douanières mises en place par le ministère de l'Environnement, ce qui bien entendu n'est pas du goût d'Akkarat, le sinistre et puissant ministre du Commerce prêt à ourdir tous les complots pour contourner ces empêcheurs de commercer en rond.
Enfin, nous rencontrons cette fille automate, abandonnée par son propriétaire dans un bouge de Bangkok, Emiko, une « nouvelle personne » aux étranges pouvoirs dont l'unique objectif désormais est de retrouver ses semblables depuis qu'elle a appris qu'elle n'était pas un modèle unique fabriquée par une firme japonaise commercialisant des sextoys sophistiqués. Devant la beauté plastique d'Emiko, personne ne peut rester de glace…
Attention, Emiko est susceptible de surchauffe en raison de ses circuits fragiles, et il ne faut pas l'énerver. Or, dans la situation explosive et pré-insurrectionnelle que connaît Bangkok actuellement, cette bombe siliconée pourrait bien mettre le feu aux poudres…
Amis lecteurs, ne soyez pas rebutés par la dureté du monde que décrit Paolo Bacigalupi. Car ce monde est notre monde de demain. Comme chacun sait, Monsanto veille aux graines.
Pendant cette lecture, pour vous mettre dans l'ambiance, réécoutez comme moi la musique du film In the Mood for Love, et celle de One night in Bangkok. Après la lecture, vous pouvez au choix reprendre votre Berlitz et apprendre à lire le thaï ou plus simplement répéter, pour le mémoriser comme un mantra, ce nom : « Paolo Bacigalupi ». Un nom certes bien difficile à retenir, mais dont il faudra désormais se souvenir.
Bonus :
https://www.youtube.com/watch?v=fIgU9aNpb9k
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Walktapus
28 mai 2015
Les grands romans d'anticipation développent souvent les peurs et les thématiques en vogue au moment de leur écriture, et vieillissent plus ou moins bien. Je me demande comment nous apparaîtra celui-ci dans quarante ans (c'est la durée qui nous sépare de la parution de Tous à Zanzibar). Pour le moment il est carrément terrifiant.
L'univers du livre se dévoile lentement, car on le découvre par l'intermédiaire des pensées et actions des quatre/cinq personnages principaux, qui se partagent chaque chapitre, en mode subjectif. Et aussi parce que l'action se déroule entièrement à Bangkok, dans une Thaïlande qui a mieux supporté que ses voisins les affres de la contraction.
L'entrée dans le roman est plutôt abrupte et intrigante, mais il y a assez de redondances et de rappels pour que se brosse progressivement un portrait très vivant de ce futur, qu'on pourrait presque qualifier de post-apocalyptique si la catastrophe ne menaçait toujours. Personnellement j'adore cette manière de faire. Et c'est riche, très riche en thématiques, et jamais manichéen, les points de vue souvent radicalement opposés des personnages étant exposés dans toute leur complexité.
A nous de penser tout ça. C'est comme la vie en somme.
Le roman est finalement une sorte de thriller politique, très lent au début, mais qui va crescendo, avec des chapitres de plus en plus courts pour une rotation de plus en plus rapide entre les personnages à mesure que l'action accélère (et mon rythme de lecture aussi du coup). Un livre passionnant qui multiplie les sujets de réflexion et a confiance en l'intelligence du lecteur, un poil trop long peut-être.
A présent je vais allumer trois bâtonnets d'encens et prier pour être épargné par la cibiscose.
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verobleue
08 février 2013
Séduite par le titre et la superbe couverture de ce livre j'attendais un roman d'anticipation sur le destin de l'humanité confrontée à la robotique...
J'ai trouvé un roman riche en thèmes et en personnages, très dense où je me suis tout d'abord perdue dans un début laborieux, déroutée par le vocabulaire et les noms propres.
Avec « La Fille Automate » de Paolo Bacigalupi, l'on se retrouve dans le royaume de Thaïlande après la contraction. La contraction a suivi l'expansion. L'expansion c'est nous, notre consommation de masse, notre gaspillage de ressources, notre pollution qui a engendré le réchauffement climatique et la montée des eaux.
La contraction suit donc, avec la disparition des énergies fossiles et le manque récurrent d'énergie. La terre entière est ravagée par des maladies et épidémies. Les multinationales biotechnologiques (AgriGen, Total Nutrient) se sont emparées du marché des plantes et se spécialisent dans l'importation de semences génétiquement modifiées. La calorie est devenue l'unité la plus recherchée.
La vie est difficile à Bangkok, l'énergie est fournie par des mastodontes, éléphants génétiquement modifiés et les piles à ressort. Cependant, les Thaïs dépendent moins des compagnies occidentales blanches « Farang » grâce à leurs équipes de transgénieurs qui transpiratent des semences. Mais ce royaume vit protégé par le protectionnisme du puissant ministère de l'environnement et de sa faction armée les « chemises blanches »

Dans Bangkok, nous suivons le quotidien de personnages radicalement différents : la lieutenante Kanya et le capitaine Jaidee, officiers des Chemises Blanches, Lake, Carlyle et Anderson, des farangs travaillant pour des multinationales caloriques, Hock Seng un chinois « Yellow card » de la communauté malaise et Emiko, une « nouvelle personne », créature artificielle créée pour le plaisir d'un japonais puis abandonnée à Bangkok et qui sera l'effet papillon du livre.
Ce livre demande à être apprivoisé. Je me suis accrochée et j'ai plongé dans ce décor post-crise énergétique et géopolitique complexe tellement probable qu'on ne peut s'empêcher de penser que c'est visionnaire. Il oblige à se poser des questions sur la société et ses dérèglements. Merci aux éditions Au Diable Vauvert et à Babelio, Masse Critique de m'avoir offert l'opportunité de lire ce Livre.
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Ambages
14 mars 2017
La fille automate est un roman passionnant, foisonnant qui plonge le lecteur dans un monde effrayant où les données économiques, écologiques, politiques -bien que futuristes- interpellent dès à présent, car j'ai ce profond sentiment que les racines du mal sont déjà bien implantées dans notre monde et ne demandent qu'à éclore dans un futur pas si lointain et bien réel.
Roman dont l'action se passe dans le royaume Thaï, ajoutant au dépaysement la touche exotique, il indique d'autant plus clairement l'évidence : personne ne sera épargné par le désastre écologique qui menace et mettra en péril tout système économique et politique. Les graines transgéniques, les quotas de CO², le réchauffement climatique, la montée des océans.. bref on y est déjà et le roman de Paolo Bacigalupi est édifiant.
Un livre riche d'enseignements autant que de bonheurs de lecture. Il faut vite se plonger dans l'ambiance et absorber la terminologie inventée par l'auteur pour apprécier dès les toutes premières pages cet univers incroyable. Je trouve le titre trompeur car la fille automate n'est qu'une des composantes du roman qui aborde bien d'autres thèmes. Toutefois, Emiko, femme automate qui selon les coutumes sera qualifiée de secrétaire ou de putain, est un personnage touchant et le lecteur suit son évolution au fil des pages : « une âme émerge des fils emmêlés de son ADN remanié » et pose la question de l'humanité.
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lyoko
24 juin 2015
Un roman d'anticipation de qualité qui nous montre avec brio ce qui pourrait être notre futur.
Avec la surconsommation, la pollution, le gaspillage et tout ce qui peut en découler pour notre planète et pour nous même.
De mêmes que les manipulations génétiques et technologiques ne sont pas en reste.
Néanmoins la quête du pouvoir est toujours bien présente et est le leitmotiv de toute société.
Des personnages attachants, déroutants qui nous permettent de nombreuses réflexions sur le monde d'aujourd'hui et de demain.
Un grand merci à Walktapus qui a réussi à titiller ma curiosité grâce à sa critique.
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Les critiques presse (2)
Lhumanite15 mai 2012
Un formidable roman d’aventures, fait de périples initiatiques et de traques impitoyables dans une cité labyrinthique, où l’on côtoie une population asservie, où les technologies terrifiantes ne parviennent pas à effacer les rêves de ces êtres cabossés, increvables, admirables dans leur combat pour leur dignité et leur salut.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LeSoir19 mars 2012
[Ce] roman, touffu, entrecroisant des destins divergents, soigné, documenté, superbement écrit (et superbement traduit par la Bruxelloise Sara Doke) est un choc.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations & extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde212 avril 2013
Anderson met le noyau dans sa poche.
- Je vais en prendre un kilo. Non. Deux. Song.
Il tend un sac de chanvre sans même tenter de marchander. Quoi que demande la paysanne, ce serait trop peu. Les miracles ont la valeur du monde. Un gène unique qui résiste à une épidémie calorique oui qui utilise plus efficacement l'ozone fait augmenter tous les prix. S'il avait examiné le marché à cet instant, partout cette évidence lui serait apparue. Les allées bruissent de Thaïs achetant de tout, depuis les versions piratées du riz U-Tex aux variantes vermillon de volaille. Mais toutes ces denrées sont de vieilles améliorations, issues des manipulations d'AgriGen, de PurCal ou de Total Nutrient Holding. Les fruits d'une science ancienne, élaborée dans les entrailles des labos de recherche de la Convention Midwest.
Le ngaw est différent. Le ngaw ne vient pas du Midwest. Le royaume thaï est malin quand d'autres ne le sont pas. Il prospère tandis que des pays comme l'Inde, la Birmanie ou le Vietnam tombent comme des dominos, meurent de faim et mendient les avancées scientifiques des monopoles caloriques.
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AmbagesAmbages08 mars 2017
Le problème des banques est qu'en un clin d’œil de tigre elles se retournent contre vous : ce qui est à vous devient leur, ce qui était votre sueur, votre travail et la vente de portions d'une vie, appartient alors à d'autres. Ce problème bancaire grignote le cerveau de Hock Seng, un charançon transpiraté qu'il ne peut arracher, dont il ne peut pas évacuer le pus ou les fragments d'exosquelette.
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lutiniellelutinielle18 novembre 2013
La cordre entaille sa main mais refuse de se detacher. Gendo-Sama. Quel traître. Elle mourra parce qu'elle est optimale, mais pas assez optimale pour un billet retour.

Je surchauffe.

Optimale.

Un autre coup sur la porte derriere elle. La porte craque. Elle abandonne la corde. Tourne en rond, cherche desesperement une solution. Il n'y a que des débris et de l'air. Elle pourrait tout aussi bien être à deux mille kilométres du sol. A une hauteur optimale.
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TwiTwiTwiTwi14 juillet 2012
Il est difficile de voir la cité des êtres divins autrement que comme un désastre en devenir. Mais les Thaïs sont entêtés et se sont battus pour protéger de la noyade leur cité sainte de Krung Thep. A l'aide de pompes alimentées au charbon, du barrage et d'une fois profonde dans la conduite visionnaire de la dysnatie Chakri, ils sont jusqu'à présent parvenus à retenir ce qui a englouti New York et Rangoon, Mumbai et la Nouvelle-Orléans.
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TwiTwiTwiTwi24 juin 2012
La bagarre s'étend dans la rue. Emiko ramasse les ordures pour s'en recouvrir. Derrière elle, du verre se brise. Quelqu'un hurle. Elle se recroqueville contre une caisse démantelée de ToutTemps, assemblant des détritus autour d'elle, des pelures de durian, le chanvre arraché d'un panier, des feuilles de bananier, n'importe quoi pour la cacher. Elle s'immobilise et se baisse quand les émeutiers pénètrent dans l'allée en hurlant. Partout où elle regarde, elle ne voit que des visages déformés par la haine.
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Videos de Paolo Bacigalupi (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paolo Bacigalupi
Rediffusion du live facebook de la rencontre avec Ann Leckie et Paolo Bacigalupi à la librairie La dimension fantastique (106 rue La Fayette, 75010 Paris) le 3 novembre 2016 .
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