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EAN : 9791034903443
288 pages
Éditeur : Liana Lévi (07/01/2021)
4.24/5   74 notes
Résumé :
Roxane entre en classe de première S à Sully, lycée parisien élitiste. L'excellence et la perfection la constituent. Elle a intégré les exigences de ses parents. Mais depuis la rentrée, rien ne va plus, ni les maths, ni l'amitié, ni l'apparence physique.
Avec son verbe slamé, Roxane raconte la pression scolaire, la perte de confiance en soi, l'indifférence et l'incompréhension des adultes. Pour soigner l'acné qui enflamme son visage, elle n'a d'autre recours... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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qmike549
  26 mai 2021
C'est bien connu !…Les parents veulent le meilleur pour leurs enfants…. Les parents d'aujourd'hui veulent des enfants….oui…mais pas n'importe ques enfants….Les parents veulent des enfants parfaits…Mais dites-moi c'est quoi un enfant parfait ?...Et que faut-il faire pour être un enfant parfait ?...La romancière Vanessa Bamberger nous propose de suivre les péripéties de Roxane…une adolescence de seize ans qui doit répondre aux exigences de ses parents : Passer de l'excellence à la perfection !....Tout un programme !
« L'enfant parfaite » est serment d'Hippocrate…Que les hommes et mes confrères m'accordent leur estime….si je suis fidèle à mes promesses….que je sois déshonoré et méprisé…si j'y manque….
« L'enfant parfaite » est un Alto…ah vous ne savez pas ce qu'est un Alto ?. Ben !....un Alto est un grand violon….Il est vrai que pour les non-initiés…on ne voit aucune différence…L'Alto possède une corde Do…un octave au-dessus du violoncelle…un timbre sauve…Cet Alto a quatre-vingt ans…Oui…il faut que vous le précise…Cet objet appartient à Mélanie….
J'ai l'impression qu'elle y est plus attachée qu'à moi…Au fait…Mélanie…c'est ma mère… !... Assez parlé d'elle….d'ailleurs….elle n'est jamais là….
« L'enfant parfaite » est Roxane : j'ai seize ans …Je vis à Paris avec mère…..la dénommée Mélanie…. Pour info….cette année…je rentre en classe de première…tout un programme !....d'autant plus que le seul lien qui réunit encore mes parents est ma réussite scolaire…je dois m'y conformer !....
« L'enfant parfaire » est séparation…Cyril…c'est mon père a quitté Mélanie…Il accusait ma mère d'être et jamais contente…une femme quoi !...Mélanie ripostait. Elle hurlait à qui veut l'entendre que Cyril était un salaud…un égoïste...un radin…un homme quoi !....Et moi…je leur en voulais…j'avais envie de me tuer….
Mes parents sont désormais divorcés….je sais cette situation n'est pas exceptionnelle ….Tous parents divorcent un jour à l'autre ou meurent….Mon daron…lui refait sa vie sur Sète…..
« L'enfant parfaite » est rencontre…..Deux semaines après son départ de notre maison mon Daron couche avec Manon…..Elle est prof de français au lycée Berthoin …à Sète…Il y a certain qui ne perde pas de temps….pour se reconstruire !
« L'enfant parfaite » est un trio Rose… Lyna… et moi…oui…Roxane…Nous étions dans la même classe en seconde…à Sully….Nous sommes bonnes élèves…Il est vrai que Sully n'est pas n'importe quel établissement scolaire….C'est Sully… !...
Sully est l'un des plus anciens établissements de France…..et surtout…l'un des meilleurs…Sully reproduit les élites comme à l'usine…tous sur les mêmes modèles…avec élimination des pièces défectueuses…il ne faut surtout pas ralentir la machine….
On dit que des prix Nobel Fields et ministres sont sortis de Sully….D'ailleurs on s'en fout…d'une parte….on ne les connait pas !...et d'autre….ils sont tous inefficaces dans les ministres….Il suffit de voir l'état de la France depuis quarante ans……tous des cancres !....
« L'enfant parfaite » est Rose…elle déteste ses parents...comme tous les ados…Elle a déjà essayé le sexe…oui avec une fille…il est vrai que l'alcool défonce…et puis…soit que tu ne sais pas ce que t'as dans la tête….soit que tu assumes… !....
« L'enfant parfaite » est Lyna…Elle est fine…c'est une vraie fille…Lyna…La plus « Girly » des trois….elle plaît aux garçons !!....elle !...
« L'enfant parfaite » est la pression exercée par les professeurs….Suis-je la seule à avoir eu un zéro ?...la prof de maths a un besoin sadique de nous réprimer….A croire que tous les profs prennent un malin plaisir….à nous faire souffrir….des pervers…oui je vous le précise….des frustrés qui se vengent sur les élèves…..Ils ont toujours faits ça….c'est pas maintenant que cela va changer !....ces profs me pourrissent la vie……
« L'enfant parfaite » est François Hanner : Enfant…Il rêvait d'être pianiste mais…le Docteur Daniel Hanner avait exigé de lui une carrière médicale…
François avait sans conviction dans un premier temps choisi la Dermatologie uniquement pour briller aux yeux de son père autoritaire……mais cette spécialité avait fait la renommée de son père….mais…lui …cette discipline lui faisait horreur….
François avait donc annoncé à son père avoir choisi la cardiologie interventionnelle….Daniel Hanner avait bien dû s'y résoudre…son fils n'irait pas plus loin…Son fils était un incapable !...Il n'aurait jamais le titre de professeur…
« L'enfant parfaite » est l'affaire Fabre contre Hanner….La semaine prochaine….de vieux types en robe noire et rouge décideront ….peut—être…de lui ôter le droit d'exercer la médecine…François aura donc faits tous ses efforts….pour rien…Oui…je sais rien n'est vraiment acquis dans la vie….tout est à refaire….
« L'enfant parfaire » est Romain : le fils de François Hanner….Combien ça fait -4 au carré ?....non….non mais non….tu es débile ou quoi ?...François ne s'apercevait pas que les jambes de son fils tremblaient….tout son corps tremblait….
Mais ce n'est pas possible d'être aussi bête….Qu'ai-je raté pour avoir un fils aussi con….Pour avoir un beau métier…il faut faire de bonnes études…Ce con ne comprend rien à rien…il ne trouvera jamais de travail…c'est le chômage assuré !...
Et ce crétin n'a même pas conscience de sa chance d'avoir des parents informés…éduqués….des parents qui savent ce qui est bien pour leurs enfants !.....
Pourtant la spécialité de François Hanner est de réparer les coeurs pas de….les briser… !....
En même temps…comme dirait quelqu'un…Je connais. plein de jeunes à qui on a donné des diplômes pour pointer au chômage…de nos jours…même en traversant la rue…le travail n'est pas au rendez-vous !....
Aujourd'hui….l'avenir des jeunes est comme se perdre dans une forêt emmêlée...peu trouve le débouché….
« L'enfant parfaite » est la découverte du sexe….Théo est arrivé….J'ai allumé des bougies…j'ai mis de la musique….et…j'ai longtemps hésité….Théo était tellement stressé….qu'il m'a effrayée……Il a quand même dix-sept ans….il est temps…il doit y aller maintenant…et c'est là…qu'il me demande de le sucxx !.....Finalement….Théo n'est pas si timide !.....
« L'enfant parfaite » est également le nouveau langage des adolescents…..je pianote en scred sur mon portable (en secret)…Ma daronne a annulé son concert (ma mère=)….Je dois rejoindre ma Mif (ma famille)… Deuspi (faire vite)…c'est Dead ça (ce n'est pas gagné)……
« L'enfant parfaite » est angoisse…dépression….ce matin…je me suis sentie nulle….et…inutile…je n'ai qu'une envie….de crier….de hurler….ce monde est hostile….Etre ado…c'est être à la fois unique….et semblable aux autres…Moi ! Je ne veux pas être moi….je ne veux pas être les autres……je tremble !....J'ai la nausée….J'ai peur….J'ai froid…..
Mine de rien…la romancière Vanessa Bamberger interpelle le lecteur sur le fonctionnement actuel de notre société….et surtout le mal-être de notre jeunesse…
L'auteur Vanessa Bamberger lance des mises en garde sur la période de l'adolescence…..elle confirme que cette période est une période de de fragilité...Une période à risques de troubles….de troubles mentaux…
Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans….mais oui…après les accidents de la route…..Il faut y réfléchir !.....
« L'enfant parfaite » est aussi le mal-être des médecins….François n'oserait jamais répéter ce qu'il vient de dire à ce garçon……De quoi le dégoûter de la médecine….
L'auteur Vanessa Bamberger confirme que la situation médicale en France est dramatique….le démantèlement des hôpitaux publics….le virage ambulatoire réclamé…..une administration des hôpitaux gérait à coup de tableaux Excel……
Une gestion des actes médicaux les plus rentables au détriment du confort des patients…..des soignants balancés d'un service à l'autre pour remplacer….des soignants rappelés jour et nuit pour boucher le fameux trou…le gouffre du manque de personnel…du manque de moyens….
Bientôt seuls ceux qui ont les moyens pourront se soigner….ailleurs !...
Entre les inquiétudes et attentes de parents….entre les rêves et déceptions des adolescents….la vie n'est pas un long fleuve tranquille...La vie est source de questionnements….des difficultés….de défaites…et parfois….de joie….
La romancière Vanessa Bamberger nous dresse un réel tableau de la société d'aujourd'hui….Il n'est pas aisé d'être adolescents….Il n'est pas facile d'être adultes…Rien n'est acquis dans la vie…Chaque jour est une bataille…rien n'est parfait !....... Nobody's perfect!....
Et que dire de cette société violente d'aujourd'hui…..où tout change en clin d'oeil….les nouvelles technologies….les addictions aux portables…réseaux sociaux…Tweeter…Facebook…Instagram….tout change…y compris le langage des adolescents……Tout va vite….trop vite…
Terminons par cette maxime «C'est une perfection de n'aspirer point à être parfait »……
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Kittiwake
  16 février 2021
Coup de coeur ! Un roman bien ancré dans la réalité de ce début de 21è siècle.

Si la pression exercée sur la jeunesse, qu'elle soit dorée ou à la dérive n'est pas une nouveauté, il semble bien quand même que le rouleau compresseur soit monté en puissance.
Pour Roxane, l ‘adolescence, c'est la lutte sans merci pour se maintenir au niveau exigé par le lycée tremplin pour les prépas, c'est un parcours en équilibre instable au rythme des alliances amicales ou amoureuse, c'est aussi le quotidien en solo avec une mère altiste et peu présente. C'est aussi la trahison sournoise d'une débâcle hormonale sous la forme d'un éruption d'acné, qui peut très bien faire basculer le tout. Malgré le conflit des parents entre la mère adepte du « zéro médoc » et le père soucieux au delà du raisonnable de l'aspect physique de sa fille, Roxane apprécie le répit que lui confère le traitement par isotrétinoine.
François est cardiologue. En ville. Il n'a pas cédé aux injonctions de son père lui aussi médecin libéral et qui rêvait d'un fils chef de service hospitalier. Malgré tout, il voudrait bien détourner son propre fils d'un avenir de saltimbanque.
Jusqu'au drame qui vient rompre la corde tendue de cet équilibre précaire.

Aucun temps mort dans cette histoire qui alterne les personnages, Roxane et François, jusqu'au point critique qui va réunir leurs destins. La tension se majore dans un crescendo que ne dément pas la construction à la manière d'une oeuvre musicale, entre quatre mouvements.
La bande son ne s'en tient pas au classique, calquée sur le répertoire de la mère de Roxane puisqu'elle fait aussi la part belle également aux hits écoutés par les ados.
J'ai aussi beaucoup apprécié de faire une mise à jour de mon lexique « jeune », d'ailleurs proposé en annexe avec la traduction.
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Bazart
  29 janvier 2021
Roxane, 17 ans, vient tout juste d'intégrer la 1ere S au lycée Sully, grand établissement parisien, le lycée Sully et se destine à une scolarité portée par une obligation d'excellence qui l'habite depuis toute petite.
Mais ses parents ont récemment divorcé, son père est parti vivre dans le Sud de la France tandis que sa mère, musicienne, la laisse souvent seule à gérer des angoisses de plus en plus présentes.
Ses notes baissent et peu à peu, Roxane semble de plus en plus avoir de mal à résister à la pression.
Un beau jour, son chemin croise celui de François, ancien camarade de classe devenu médecin cardiologue.
Roxane, qui en plus de ses angoisses, souffre de poussées d'acné importantes, va lui demander une prescription qui va bousculer leur vie à tous les deux.
L'enfant parfaite fait alterner les deux voix, un chapitre reprend le journal de Roxane en 2017 tandis que celui d'ensuite nous plonge dans les pensées de François, qui, deux ans plus tard, est sommé de comparaitre devant le Conseil de l'ordre des médecins suite à cette fameuse prescription.
Vanessa Bamberger, dont on avait beaucoup aimé le précédent roman Alto Braco il y a deux ans, touchante et lumineuse ballade auvergnate, change de ton, de lieu et de thématique pour son nouveau roman.
Si on veut paraphraser un peu le film de Jacques Audiard, "L'enfant parfaite," c'est un peu "Regarde les ados sombrer". Vanessa Bamberger sonde avec acuité et sans jugement aucun la jeunesse d'aujourd'hui, une génération sous une pression constante qui ne semble pas vraiment être écoutée par les adultes et qui ne se ménage pas forcément elle-même.
Roxane devient un peu l'incarnation de ces jeunes dont l'horizon professionnel semble tant bouché que la pression est énorme et que les enseignants et parents leur font croire qu'ils jouent toute leur vie alors qu'ils ne sont pas encore majeurs.
En parallèle, les chapitres consacrés à François permet à la romancière de dire également des choses pour le moins pertinentes sur cette judiciarisation qui menace la médecine d'aujourd'hui et la part de responsabilité d'un médecin, sujet forcément d'actualité depuis la dernière crise sanitaire; thèmatique que Thomas Lilti abordait à sa manière dans le récent "Le Serment ."
Avec "L'enfant parfaite", roman assez glaçant mais qui laisse en même temps advenir l'empathie pour ses personnages, et où la musique occupe une part prépondérante, Vanessa Bamberger permet à ce qu'un dialogue entre deux générations a priori éloignées sur pas mal de choses puisse tenter de se (re)nouer...
Ce n'est là pas le moindre de ses mérites...

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Agneslitdansonlit
  19 avril 2021
On ne ressort pas indemne de cette lecture.
Parce que c'est un drame humain. Parce que, bien que fictionnel à priori, c'est un drame malheureusement réaliste. Et parce que la société dans laquelle nous vivons pose tous les jalons d'un tel gâchis.
Vanessa Bamberger déroule un récit à deux voix. Celle de Roxanne, lycéenne de 17 ans. Et celle de François, médecin expérimenté. Leurs narrations respectives interviennent à deux ans d'écart.
C'est tout d'abord celle de Roxanne, rythmée, presque slamée, avec un langage propre à sa génération, qui raconte son quotidien. Tout n'y est que pression et obligation de performance et d'apparence Ses parents divorcés maintiennent une pression constante afin que ses résultats scolaires soient brillants. Ses profs, pour certains humiliants, pratiquent l'élitisme à outrance. Point de salut en dehors de la sacro sainte prépa.
Quant aux relations avec les autres élèves, et accessoirement amis, la moindre faille, le plus petit faux pas est monté en épingle et provoque moquerie et mise à l'écart sociale. Les amours sont bégayantes, et la plupart du temps, si on passe par la case sexualité, c'est plus pour gagner en popularité que par sentiment amoureux. Quant aux amitiés, elles sont fluctuantes, loin d'être un rempart contre les soucis ou un vrai réconfort.
On est loin du tableau idyllique d'une jeunesse dorée, biberonnée à la XBox et au smart phone.
Et comme si l'état des lieux de cette jeunesse sommée de "réussir" n'était pas encore assez déplorable, l'ultime affront à la légèreté et l'insouciance, qui devraient être l'apanage de cet âge, survient sous la forme d'une crise d'acné. À l'âge des complexes, ce n'est pas un petit désagrément anodin. D'autant plus quand votre propre père vous exige non seulement brillante scolairement, mais aussi jolie.
Cet engrenage d'obligation de réussir, combinée à la peur du regard des autres fait se focaliser Roxanne sur son acné, sûrement car elle pense pouvoir juguler au moins ce problème-là, contrairement à tout le reste, tellement écrasant...
Roxanne se fera prescrire un traitement anti-acnéique, contenant de l'isotrétioïde, mais qui n'est pas sans effet secondaire.
Chronique d'un naufrage annoncé.
Le recit de François interviendra donc deux ans après. Malgré lui, cet homme aura un rôle à jouer. Il ne fera qu'ajouter la dernière pièce sur un échiquier déjà bien ordonné. Son point de vue, exprimé à la 3ème personne, constitue en réalité la seule voix vraiment adulte de ce drame.
En effet, l'auteur ne juge jamais les parents, mais il devient difficile au lecteur de ne pas le faire. Roxanne dérive entre une mère anxieuse, souvent absente attendant de cette enfant parfaite qu'elle se débrouille seule, et qui a déjà bien du mal à s'assumer elle-même et un père, à distance depuis le divorce, mais toujours assez proche néanmoins pour dispenser à Roxanne ses injonctions d'être une enfant parfaite, continuum et vitrine de sa propre réussite à lui. L'égoïsme des adultes est saisissant, leur absence de repères et de valeurs indécente : ils exigent beaucoup mais offrent peu. Où est leur amour ?
Ils se font finalement le relais d'une société où l'individu n'est défini que par ses performances, alors qu'ils devraient en être le paratonnerre. Et Vanessa Bamberger prête cette réflexion terrible à Roxanne :
"Notre adolescence porte au paroxysme les maux de votre société déliquescente. Société de la perfection individuelle, société de la peur, de la comparaison, pas assez de place pour tout le monde, bientôt la fin du monde. entre-temps vous reproduisez les élites comme à l'usine, sur le même modèle, avec élimination des pièces défectueuses, pour ne pas ralentir la machine. C'est pour ça que toutes nos phrases commencent par moi je. Au sommet de la pyramide il n'y en aura qu'un."
Je n'ai plus 17 ans depuis un moment, et les références musicales m'étaient inconnues, le vocabulaire, spécifique à cette jeunesse, impénétrable, comme une volonté finalement de ne pas utiliser le même code de communication que cette société peu engageante. Malgré mes deux fois et demi 17 ans, comment ne pas être en empathie avec Roxanne. Ce roman m'interpelle en tant qu'adulte et bien évidemment en tant que maman. Un roman lanceur d'alerte.
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mumuboc
  24 mai 2021
Roxane a la pression, celle de ses parents qui veulent pour elle l'excellence mais Roxane est mal dans sa vie, mal dans sa peau et cela ses parents récemment divorcés ne le voient pas ou ne veulent pas le voir, plus préoccupés par leurs vies que par leur fille. Ils ont placé en elle toutes leurs espérances, toute leur fierté de parents, ne s'arrêtent pas à ses changements d'humeur, ses moments de silence, de mal-être et ne pensent qu'aux notes, aux résultats.
François, cardiologue, a réussi sa vie entre son cabinet et la clinique où il opère, mais un grain de sable remet tout en question. Il attend un jugement qui risque de tout remettre en question mais c'est pour lui l'occasion de faire le point sur sa vie.
On pourrait penser qu'ils n'ont rient en commun et pourtant ils vont se rejoindre : deux vies, deux âges, deux parcours, deux langages pour exprimer un mal être, une pression qui pèse, une pression issue de l'extérieur et qui finit par tout envahir. On pourrait penser qu'ils sont heureux, qu'ils ont tout pour être heureux et pourtant.....
L'auteure restitue les deux parcours avec une écriture-reflet de chacun (celle de Roxane m'a posé quelques problèmes et m'a obligé à consulter très souvent le lexique en fin d'ouvrage mais j'ai finalement eu la signification de certains termes que j'entendais parfois) qui permettent de mettre face à face deux façons d'exprimer ses maux à hauteur d'une adolescente et d'un adulte. Deux vies, deux âges, deux univers mais un même mal.
Vanessa Bamberger signe un roman à deux tons : celui d'une adolescente de son temps avec les soucis de son âge : amitié, amour mais surtout solitude familiale où elle ne trouve aucun écho, aucune écoute, ses parents toujours par monts et par vaux et n'attendant d'elle que passage dans une grande école prestigieuse et celui d'un adulte que rien ne préparait réellement à affronter le Conseil de l'Ordre des médecins, à la remise en cause de son travail. 
On retrouve les thèmes de la pression, voire de la compétition et des rivalités qui entrent, pour les deux narrations, en ligne de mire :  être le (la) meilleur, exceller pour réussir même si la réussite ne tient pas forcément dans l'excellence. 
J'ai aimé suivre en cinq mouvements les destins (et je n'ose la descente en enfer) de ces deux êtres brisés à des âges différents, pour des raisons différentes : l'une par l'exigence de parents qui n'ont de relations avec leur fille que sur le chapitre des résultats, par le climat qui règne dans les lycées côtés où seuls les meilleurs gagnent, préparant de futur(e)s adultes à la compétition perpétuelle, où les professeurs se font managers plus qu'enseignants, croyant motiver leurs élèves en les rudoyant :
"A croire que vous, nos profs, vous, nos parents, prenez du plaisir à nous voir souffrir, mus par l'obsession de nous dynamiser, nous secouer, nous endurcir. Peu importe si ça nous fait nous sentir stupides. Vous revêtez votre panoplie de manager. Nous ne sommes pas sur Terre pour nous amuser. Nous sommes priés d'être compétitifs, conformes, de bons produits homologués. Quels que soient nos efforts nous serons défaillants. C'est un système qui repose sur l'échec. Une société de tyrans. Bats-toi mon enfant lance-toi et si tu tombes tu te relèveras. Avec un peu de chance tu ne te fracasseras pas. Nous sommes vos cobayes nous sommes vos trophées, vos jouets sélectionnés pilotés triés orientés. Génération anxiété. (p82)"
En refermant le livre se pose la question de la responsabilité : les parents, les enseignants, la société qui ne prône que l'excellence, le non-droit à l'erreur, à l'excellence, au parcours sans faute et sans écueil comme signe de la réussite parfaite ?
Vanessa Bamberger signe un roman fort, dur où la tension monte au fur et à mesure de la narration et qui se veut également une réflexion voire une dénonciation de nos systèmes d'éducation, de performance, de réussite au détriment du bonheur et de l'écoute. 
J'ai aimé mais je m'aperçois que je l'ai lu pendant mes vacances et qu'il m'a fallu un peu de temps pour me replonger dedans afin de rédiger ma chronique, signe qu'il ne m'avait finalement pas marquée autant que je le pensais.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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critiques presse (2)
Elle   10 mars 2021
Dans son nouveau livre, « L'enfant parfaite », la journaliste et écrivaine Vanessa Bamberger raconte l'histoire d'une ado acnéique.
Lire la critique sur le site : Elle
LaCroix   04 février 2021
Son troisième roman, très remarqué, retrace les difficultés de l’adolescence. Dans un monde angoissé, Vanessa Bamberger dépeint avec tendresse les vies fragiles.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
BaldricoBaldrico   25 février 2021
À croire que vous, nos profs, vous, nos parents, prenez du plaisir à nous voir souffrir, mus par l'obsession de nous dynamiser, nous secouer, nous endurcir. Peu importe si ça nous fait nous sentir stupides. Vous revêtez votre panoplie de manager. Nous ne sommes pas sur Terre pour nous amuser. Nous sommes priés d'être compétitifs, conformes, de bons produits homologués. Quels que soient nos efforts nous serons défaillants. C'est un système qui repose sur l'échec. Une société de tyrans. Bats-toi mon enfant lance-toi et si tu tombes tu te relèveras. Avec un peu de chance tu ne te fracasseras pas. Nous sommes vos cobayes nous sommes vos trophées, vos jouets sélectionnés pilotés triés orientés. Génération anxiété.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   19 mars 2021
Au lycée Sully, on doit tous se construire un bouclier, montrer aux autres qu'on sait gérer. Notre adolescence porte au paroxysme les maux de votre société déliquescente. Société de la perfection individuelle, société de la peur, de la comparaison, pas assez de place pour tout le monde, bientôt la fin du monde. entre-temps vous reproduisez les élites comme à l'usine, sur le même modèle, avec élimination des pièces défectueuses, pour ne pas ralentir la machine. C'est pour ça que toutes nos phrases commencent par moi je. Au sommet de la pyramide il n'y en aura qu'un.
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mumubocmumuboc   24 mai 2021
A croire que vous, nos profs, vous, nos parents, prenez du plaisir à nous voir souffrir, mus par l'obsession de nous dynamiser, nous secouer, nous endurcir. Peu importe si ça nous fait nous sentir stupides. Vous revêtez votre panoplie de manager. Nous ne sommes pas sur Terre pour nous amuser. Nous sommes priés d'être compétitifs, conformes, de bons produits homologués. Quels que soient nos efforts nous serons défaillants. C'est un système qui repose sur l'échec. Une société de tyrans. Bats-toi mon enfant lance-toi et si tu tombes tu te relèveras. Avec un peu de chance tu ne te fracasseras pas. Nous sommes vos cobayes nous sommes vos trophées, vos jouets sélectionnés pilotés triés orientés. Génération anxiété. (p82)
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Emiliec28Emiliec28   23 février 2021
Sachez-le, vous, les adultes, vous, les parents, n'accordez pas assez d'attention à l'éducation sexuelle de vos enfants. La banalisation des pratiques violentes aurait pourtant de quoi vous effrayer. À un moment donné, il va bien falloir expliquer à vos garçons que le porno n'est pas la réalité. Leur dire d'arrêter de nous mettre direct cul par-dessus tête en mode pâte à modeler, arrêter de décrire à leurs potes la forme de notre chatte et notre embarras à quatre pattes. Parce qu'entre-temps vos fils chéris n'ont aucune idée de la notion de consentement.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   19 mars 2021
Si on lui demandait pourquoi son fils est la seule personne envers laquelle il manque d'empathie, pourquoi sa réussite scolaire revêt une telle importance à ses yeux, si on l'accusait de l'envisager comme une extension de son propre corps, un objet transitionnel, et de céder au paradigme social, il aurait probablement un moment d'hésitation avant de s'en défendre. Il n'admettrait pas que, à l'idée de son fils mauvais élève, l'angoisse le submerge, qu'il l'identifie à la crainte d'être un mauvais père, et aussi à quelque chose d'autre, si effrayant qu'il a du mal à le nommer, quelque chose de violent et de syncopé, qui le dépasse et qui ressemble, dirait-il, au premier mouvement de la Symphonie n°25 de Mozart : la peur du déclassement.
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