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ISBN : 2070142361
Éditeur : Gallimard (05/05/2014)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 264 notes)
Résumé :
Romancier britannique dans la fleur de l'âge, Jasper Gwyn a à son actif trois romans qui lui ont valu un honnête succès public et critique. Pourtant, il publie dans The Guardian un article dans lequel il dresse la liste des cinquante-deux choses qu'il ne fera plus, la dernière étant: écrire un roman.
Son agent, Tom Bruce Shepperd, prend cette déclaration pour une provocation, mais, lorsqu'il appelle l'écrivain, il comprend que ça n'en est pas une : Gwyn est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
25 mars 2015
Ce trop court roman d'Alessandro Baricco est un pur moment de bonheur littéraire.
J'ai suivi avec passion, Mr Gwyn, écrivain Anglais qui décide de mettre un terme à sa brillante carrière. Après avoir essuyé les foudres de son éditeur et passé quelques semaines à se demander ce qu'il allait pouvoir faire du reste de sa vie, notre homme décide de devenir copiste.
Mais attention ! Pas n'importe quel copiste. Il veut devenir copiste d'êtres humains. Peintre ? Pensez-vous ! Non ce serait trop simple et nous sommes dans l'univers de Baricco ! Non, Mr Gwyn va écrire les portraits de ses modèles.
S'ensuivra une galerie de personnages attachants, drôles ou pathétiques.
Nous croiserons une vieille dame rencontrée un jour de pluie dans une laverie, lieu qu'affectionne notre héros. Cette vieille dame décédée peu après, sera par-delà la mort auprès de Mr Gwyn lui prodiguant quelques conseils.
Ou encore, Rebecca le premier modèle qui deviendra son amie puis son assistante.
Dans ce livre, l'auteur nous donne à réfléchir sur le travail de l'écrivain, depuis la saturation face au manque d'inspiration jusqu'au plagiat.
Mr Gwyn est un personnage particulièrement attachant que j'ai adoré dans sa recherche de la perfection pour donner vie à ses personnages à l'instar de son « créateur » Alessandro Baricco qui une fois de plus par son écriture fluide et imagée m'a confortée dans l'envie de poursuivre la découverte de son oeuvre.

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Piatka
07 août 2016
Peut-on se soustraire à sa raison de vivre surtout s'il s'agit de l'écriture ?
Peut-on saisir la quintessence des êtres en les regardant simplement vivre et rendre compte grâce à l'écriture de ce qu'ils sont vraiment ?
Les thèmes de ce court roman sont certes classiques, reflet des préoccupations de l'écrivain, mais un personnage principal fantaisiste et attachant entrainé dans un délicieux suspense en font une oeuvre très plaisante à lire, qui se révèle être finalement beaucoup moins frivole que le début ne le laisse supposer.
Ce récit commence au moment où un écrivain anglais de quarante-trois ans, Jasper Gwyn, à la mode mais insatisfait, lassé par l'écriture et la pression grandissante de son agent littéraire et ami, décide de ne plus écrire. Oui mais voilà, « la nostalgie de cet effort quotidien pour mettre en ordre ses pensées sous la forme rectiligne d'une phrase » le taraude. Il cherche de nouveaux moyens d'expression et finit par décider de devenir « copiste » - c'est-à-dire de réaliser à la manière d'un peintre des portraits, mais écrits.
Art, lenteur et originalité pour des portraits désormais uniques qui ne feront l'objet d'aucune publication mais bénéficieront d'un procédé intimiste original et expérimental pour mettre à nu les dix personnes en quête d'elles-mêmes dont il va réaliser les portraits à la manière d'un artisan : voilà l'essentiel de la trâme.
Je trouverais dommage d'en révéler davantage, il faut se laisser surprendre par la fantaisie de Baricco, ses personnages souvent improbables, frisant parfois la caricature pour mieux nous faire découvrir sa vérité et comment en conclusion
« Chacun de nous est la page d'un livre, mais d'un livre que personne n'a jamais écrit et que nous cherchons en vain dans les rayonnages de notre esprit. » 
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Kittiwake
14 juin 2014
C'est sans doute un écueil récurrent pour un éditeur que de devoir composer avec les mouvements d'humeur de leurs écrivains favoris. Aussi quand Mr Gwyn affirme tout de go que l'écriture pour nui, c'est terminé, il n'est pas vraiment pris au sérieux. Et pourtant…il semble bien que la décision soit irrévocable. Peu à peu, l'impression de liberté laisse place à un vide pas si facile à gérer. La révélation a lieu lors de la visite impromptue d'une galerie où sont exposés des portraits : la suite est claire, il serait copiste, il fera des portraits lui aussi, mais avec ses outils que sont les mots. Des portraits ultimes de modèles dénudés dans un décor qui les contraint de se révéler…
L'auteur nous propose ici une intéressante plongée au coeur de l'intime de l'écrivain, qui doit un jour faire par obligation, sous la pression, ce qui s'était imposé à lui au départ comme une nécessité. C'est aussi en accepter les contraintes, la rançon du succès, la difficulté de s‘exprimer sur un autre registre que celui où le public l'attend, l'incompréhension…pour en arriver à détester e que l'on a voulu plus que tout. Pour s'apercevoir que malgré tout écrire reste sa seule raison d'être et qu'il faut réinventer l'exercice.
Mais ce roman n'est pas une complainte d'enfant gâté. C'est aussi la quête de chemins de traverse, plus risqués que des sentiers battus, plus riches aussi d'émotions nouvelles et qui éloignent les barreaux de la prison des convenances.
On est loin du recueil de confidences d'un écrivain désabusé, l'imagination est fertile le lecteur est entraîné malgré lui dans cette aventure qui sait ménager l'attente et surprendre au détour d'un chapitre.
De quoi donner envie de s'immiscer un peu plus dans l'oeuvre d'Alessandro Barrico

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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feanora
26 mai 2014
Mr Gwyn est un écrivain reconnu. Il publie dans le Guardian, la liste des actes qu'il ne fera plus dont celui de ne plus écrire de livres. Alors, commence une période sans activité précise, qui le rend dépressif
Il n'a qu'un seul ami Tom qui est aussi son agent . Ce dernier souhaiterait le ramener à l'écriture, mais toutes ses propositions sont vaines.
Un jour de pluie, Mr Gwyn se réfugie dans une galerie; il y découvre le portrait d'un
homme qui le fascine. Il décide de devenir copiste d'êtres humains.
Cette activité devra être secrète et nul ne pourra jamais parler de son portrait.
Ce livre est toujours partagé entre rêve et réalité, comme les oeuvres précédentes.
Tout est recherche de perfection, narrée avec une grande finesse.
Ce petit livre se lit vite et j'ai eu beaucoup de peine à me libérer de cette histoire.
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PetiteBalabolka
19 août 2015
Mr. Gwyn a pris une décision, ou plutôt 52. 52 résolutions qu'il a décidé de rendre publiques par un article dans The Guardian. Tout le monde croit à un exercice de style (normal, c'est un écrivain) mais Mr. Gwyn ne plaisante pas, surtout quand il annonce qu'il n'écrira plus de livres. La raison de sa détermination n'est pas très claire. Elle lui apparaît cependant comme une évidence, une révélation. Jasper Gwyn était peut-être jusque là un écrivain sans conviction dont la facilité à écrire et un certain succès lui avaient masqué cette réalité. J'ai apprécié la sincérité de la démarche, me suis dit que cela faisait un joli contrepoint au personnage-écrivain de l'affaire Harry Quebert où tout ce qui gravite autour de lui ne sonne que ventes, fric et contrat.
C'est une chose de savoir ce que l'on ne veut plus faire mais c'en est une autre de savoir à quoi l'on va désormais consacrer son temps libre et, au bout de quelques semaines, Mister Gwyn va sérieusement pédaler dans la semoule (à croire que l'Homme n'est pas fait pour l'oisiveté, si, si) ce qui, avec le talent d'Alessandro Baricco donne une crise existentielle finement décrite. En fait, c'est l'acte d'écrire qui lui manque, à tel point que notre écrivain repenti songe à devenir copiste. A peine étais-je en train de l'envisager tel un moine dans le scriptorium, assidu à sa tâche que l'auteur m'a fait comprendre que ce ne serait pas ce genre de copiste. Trop convenu, trop facile. L'inspiration trouvée dans une galerie d'art le décidera à écrire des portraits (et là, je pose une question sans doute naïve, pourquoi l'auteur s'est-il arc-bouté sur ce terme de "copiste" qui selon moi ne correspond pas à l'acte créatif dans lequel il se lance finalement ?). Quoi qu'il en soit, voilà Jasper Gwyn à nouveau fort déterminé et qui porte un soin minutieux à créer son ambiance par le choix du local bien sûr mais aussi du "sons-et-lumières". La réalisation de la bande sonore est particulièrement originale (on devine toute l'expertise de Baricco en matière de musicologie). Quant à celle de l'ambiance lumineuse, c'est véritablement un petit bijou. Rendre poétique une ampoule électrique n'est pas donné à tout le monde, Alessandro Baricco y parvient. Je pourrai conseiller ce livre, rien que pour ça.
L'ex-écrivain-copiste-portraitiste réalise donc son premier portrait, dans des conditions que je ne dévoilerai pas, avec pour modèle, Rebecca, l'assistante de son ami et agent, Tom.
J'ai beaucoup aimé le personnage de Rebecca qui humanise un peu toute cette histoire car avec Mr. Gwyn, on reste plutôt confiné dans le domaine poétique et créatif (même si son sujet d'étude est l'humain) mais les sentiments coincent un peu tout de même. J'aurais vraiment apprécié que l'auteur incorpore dans son roman le portrait de Rebecca par Gwyn, notamment parce que j'aurais mieux compris de quoi il s'agissait (ne pas s'attendre à un portait sous forme classique, dans ce livre, les ampoules électriques ont un nom, c'est dire). Certes, il l'explique mais selon moi, cela reste un peu théorique.
Un roman qui nous installe au coeur d'un processus d'écriture, qui questionne avec intelligence et originalité ce qui fait sens pour un écrivain, en l'occurrence, une quête pour établir un être humain dans sa sincérité la plus limpide.


Lien : http://leschroniquesdepetite..
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Les critiques presse (8)
LaLibreBelgique13 juillet 2015
Ceux nombreux qui ont adoré “Soie” et “Novecento”, seront ravis de retrouver l’écrivain dans un beau roman de la même veine. Un livre avec un suspense poétique et étrange, musical et tendre.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Actualitte23 décembre 2014
Outrepasser les conventions. Ouvrir de nouveaux espaces. Changer d'angle de vision. Telles sont certainement les missions des artistes pour nous aider à voir le monde non pas seulement comme il est mais aussi comme il pourrait être. Ce livre est un bon tremplin pour s'y essayer.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LActualite15 septembre 2014
Dans l’espace intime de l’atelier, le roman explore l’étrange rapport de l’artiste à son modèle tout en posant, de façon élégante et inédite, le problème d’une représentation de l’être humain qui ne soit pas réductrice.
Lire la critique sur le site : LActualite
LeDevoir25 août 2014
Quoique le style perde un peu de son charme avec la facture plus attendue de la finale, le coeur du roman, lui, évoque un idéal aujourd’hui perdu : prendre le temps de vouloir connaître et de se laisser connaître. De se laisser toucher, dirait sans doute Mr Gwyn.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeMonde11 juillet 2014
Face à ce constat, toutefois, l’écrivain italien ne ressent aucune nostalgie. Seulement une infinie tendresse pour ses personnages et leur part de mystère. C’est cette tendresse, toute chargée de poésie et de non-dit, qui contribue au charme de ce très séduisant roman.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique04 juillet 2014
L’écrivain italien, avec "Mr Gwyn", livre un beau conte cocasse, dans la lignée de "Soie" et de "Novecento". Un roman sur les mirages de l’écriture et du portrait, sur l’existence humaine tout simplement.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos04 juin 2014
Le nouvel opus d'Alessandro Baricco, « Mr Gwyn », est un roman conceptuel, qui ausculte les moyens de dépasser l'écriture, pour mieux revenir à son coeur, à sa source : l'art de célébrer l'être humain.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Culturebox16 mai 2014
Après "Emmaüs", le romancier italien Alessandro Baricco revient avec "Mr Gwin" (Gallimard), un roman court d'apparence légère, où l'on rencontre un écrivain anglais lassé d'écrire, qui se lance dans une entreprise littéraire d'un nouveau genre : les portraits écrits.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake15 juin 2014
Il finit donc par comprendre qu'il était dans une situation que partagent beaucoup d'êtres humains, mais pas moins douloureuse pour autant, à savoir : la seule chose qui nous fait sentir vivants est aussi ce qui lentement nous tue. Les enfants pour les parents, le succès pour les artistes, les sommets trop élevés pour les alpinistes. Ecrire des livres pour Jasper Gwyn.
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LefelyneLefelyne27 mars 2015
Le fait est qu'il n'arrivait pas à concevoir que tout se termine brutalement, à la fin de la dernière séance, de façon procédurière et impersonnelle. Il semblait évident que l'aboutissement de ce travail de fait avoir son degré d'élégance, de poésie même, et pourquoi pas de surprise. Alors il pensa a l'idée qu'il avait eu pour l'éclairage - dix-huit ampoules suspendues au plafond, à distances régulières, formant une belle géométrie - et il imagina qu'à l'approche du trente-deuxième jour ces ampoules commenceraient à s'éteindre une à une, au hasard, mais toutes dans un laps de temps non inférieur à deux jours et non supérieur à une semaine. Il vit son atelier sombrer dans l'obscurité par touches successives, selon un schéma aléatoire, et se mît à fantasmer sur la manière dont ils se déplaceraient, lui et le modèle, pour profiter des rayons de lumière ou, au contraire, se réfugier dans les premières zones d'ombre. Il se vit distinctement dans la pâleur d'une dernière ampoule, donner la touche finale à son portrait. Puis accepter le noir, à l'extinction du dernier filament.
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PiatkaPiatka08 août 2016
- Quand il a fait mon portrait, je l'ai lu, une fois terminé, et il y avait un paysage, à un moment donné, un paysage en quatre lignes ; eh bien, je suis ce paysage, croyez-moi, je suis toute cette histoire, je suis les bruits de cette histoire, son rythme et son atmosphère, chaque personnage de cette histoire, mais je suis aussi avec une exactitude déconcertante ce paysage, je l'ai toujours été et le serai toujours.
- Je suis sûr que ce paysage était magnifique.
- Il l'était, dit Rebecca.
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KittiwakeKittiwake16 juin 2014
- Laissez tomber, je suis trop vieille. Vous ne devez pas commencer avec quelqu'un de vieux, c'est trop difficile.
- Vous n'êtes pas vieille. Vous êtes morte.
La dame haussa les épaules.
- Mourir n'est qu'une façon particulièrement exacte de vieillir.
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VALENTYNEVALENTYNE18 novembre 2016
De retour à Londres, Jasper Gwyn passa ses premières journées à marcher dans les rues de la ville de façon prolongée et obsessionnelle, avec la délicieuse conviction d’être devenu invisible. Comme il avait cessé d’écrire, il avait cessé dans son esprit d’être un personnage public – il n’y avait plus de raison que les gens le remarquent, maintenant qu’il était redevenu un quidam. Il se mit à s’habiller sans réfléchir, et recommença à faire mille petites choses sans se soucier d’être présentable au cas où, à l’improviste, un lecteur le reconnaîtrait. Sa position au comptoir du pub, par exemple. Prendre le bus sans billet. Manger seul au McDonald’s. De temps en temps quelqu’un le reconnaissait quand même, alors il niait être qui il était.
Il y avait un tas d’autres choses dont il ne devait plus se préoccuper. Il était comme un de ces chevaux qui, débarrassés de leur écuyer, reviennent en arrière, perdus, au petit trot, tandis que les autres sont encore à se démener pour atteindre la ligne d’arrivée avec un classement quelconque. Le plaisir généré par cet état d’âme était infini. Quand il est tombait par hasard sur un article de journal ou une vitrine de librairie qui lui rappelait la bataille dont il venait de se retirer, il sentait son coeur devenir léger et éprouvait l’ivresse enfantine des samedis après-midi. Il ne s’était pas senti aussi bien depuis des années.
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