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Françoise Brun (Traducteur)
ISBN : 2070419592
Éditeur : Gallimard (07/05/2003)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 197 notes)
Résumé :


Vers le milieu du XIXe siècle, dans la petite ville imaginaire de Quinnipak, vit toute une communauté rassemblée autour de la très belle Jun Reihl, dont toute la ville admire les lèvres, et de son mari monsieur Reihl, directeur de la fabrique de verre.

A Quinnipak, chacun a son désir, sa " folie " secrète Pekish, l'extravagant inventeur de l'" humanophone ";
- un orchestre où chacun ne chante qu'une seule note, toujours la même... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
  02 décembre 2017
Ce roman je l'ai lu un peu comme ça :
"Des choses arrivent, qui sont comme des questions. Une minute se passe, ou bien des années, puis la vie répond."
Au fil des pages, des morceaux d'histoires, des personnages étranges qui vivent dans la petite ville de Quinnipak.
À Quinnipak on cherche des notes invisibles, chacun la sienne. On rêve de locomotive qui partirait quelque part, sans savoir trop où. On construit du verre, pour voir au travers, pour que le monde n'étouffe pas. Comme dans un monde imaginaire. Léger, en effleurant à peine la tristesse.
C'est étrange et beau toutes ces métaphores sur la vie. Les rails, le destin. La quête d'une note, d'une couleur. Le verre et la légèreté, la transparence, le regard posé à l'infini. La tristesse qui s'écoule et passe par dessus bord quand le verre est trop plein...
"Sans tristesse, cependant. Il faut se l'imaginer dit sans tristesse."
Et puis il y a les dernières pages où on trouvera peut-être une réponse. Et si on se pose encore trop de questions, ou si on ne veut pas que la réponse soit ainsi, alors il faudrait peut-être recommencer la lecture à la première page...
Encore un roman de Baricco qu'il faut lire en se laissant voyager.
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dreulma
  11 juin 2011
Après Soie, voici le 2ême livre de Barricco que je lis. Ce roman m'a plu pour sa folle liberté et créativité, bien plus extravagant que Soie, mais une extravagance qui a un brin de sérieux adorable, comme le jeu d'un petit garçon concentré sur son monde imaginaire. D'ailleurs, le plaisir palpable que prend l'auteur à parler des trains, des inventions ou de toute autre chose sortie de son imagination , bref ce plaisir est définitivement celui d'un tit gars qui joue. L'imaginaire autour de la musique et du son m'a particulièrement séduite, l'humanophone est un concept délirant de chorale à ficelle (!!!) où chaque choriste joue une note et une seule = la sienne sur la commande d'une ficelle tirée sur son poignet :-))))
À mon tour de succomber à un brin d'excentricité et d'ajouter ici dans cette critique la vidéo de Bjork, a t elle lu Barricco ? qui m'est immédiatement revenue en mémoire à la lecture du passage sur l'humanophone = http://www.youtube.com/watch?v=igOWR_-BXJU, pour ceux qui veulent s'y risquer hihi !!!
PAr ailleurs, j'ai pu constater que le thème de la liberté dans le couple et l'amour inconditionnel , très présent dans Soie, est ici repris, sans forcément être le main topic de l'histoire, avec un immense et généreux talent par l'auteur, avec une grande liberté d'esprit et beaucoup beaucoup de délicatesse aussi...Laissez-vous envouter par les lèvres de la belle Jun, et la transparence du palais de verre ...Une lecture qui chatouille l'imaginaire tout en faisant réfléchir sur les relations humaines, le couple, le travail, la réalisation de soi.
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lafilledepassage
  07 février 2018
Cela fait une quinzaine d'années que j'ai acquis ce roman. Adolescente, j'avais adoré l'écriture musicale de Baricco. « Soie », « Océan mer », « Novecento », « Sans sang », « City », … autant de romans que j'avais dévorés. Lecture de midinette, sûrement.
Cela fait donc une quinzaine d'années que ce roman traine dans ma bibliothèque. Plusieurs fois j'ai entamé sa lecture. A chaque fois j'ai abandonné. Mais cette fois-ci j'ai tenu bon ! Car il faut bien l'avouer, il faut vraiment s'accrocher pour suivre Baricco dans ses délires. Et au final, je l'avoue, je n'ai absolument rien compris à ce roman. Mais y a-t-il vraiment quelque chose à comprendre ?
J'espérais qu'à la fin tout s'éclaire mais non. Il y a bien, dans les toutes dernières pages, une tentative d'explication, mais franchement après cette lecture harassante j'étais trop lasse pour fournir un effort supplémentaire.
Alors, oui, certes, l'écriture est originale, on peut même dire expérimentale par endroit. Et on peut déceler çà et là quelques passages comiques, à la façon des burlesques du cinéma muet des années 30.
Mais ici point de personnage principal, point d'intrigue. Des noms de personnage biscornus, des noms de lieux saugrenus, des dialogues embrouillés. Et au beau milieu du livre, des pages presque blanches, sans que je comprenne la signification d'un tel graphisme, de tels silences. Des passages qui se répètent et s'amplifient à chaque passe, comme des boules de neige. Et puis de longues digressions absurdes, ou d'autres énigmatiques ou que l'on devine philosophiques …
Tout ça pourquoi ? Pour en arriver où ? Mystère pour moi …
Voilà un livre que je m'en vais de ce pas abandonner sans aucun remords dans la boite à livres du quartier …
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bdelhausse
  22 novembre 2014
Les Châteaux de la colère est le troisième roman de Baricco que je lis. le plus étrange. le plus déstabilisant. Trois livres, trois styles. Et je me dis, "wouaw, quel auteur".
Cela dit, j'ai le sentiment confus que je n'ai pas tout compris. Y avait-il quelque chose à comprendre, d'ailleurs? Je n'en sais rien. le dernier chapitre éclaire bien des choses. Et j'ai même eu la sensation qu'il aurait fallu que je reprenne la lecture depuis le début, afin de tout recoller.
L'auteur nous promène dans une grande allégorie fantasmagorique, dans un paysage poétique et surréaliste, décalé mais envoûtant, au rythme lent des existence atypiques qui s'écoulent. On suit tour à tour plusieurs destins, tous plus ou moins tragiques, désoeuvrés ou passionnés.
Pour nous saisir et nous emmener, Baricco utilise tous les artifices de l'écriture. Lettres. Narrateur omniscient. Dialogues... Toutes les ficelles y passent et sont utilisées à bon escient. C'est un véritable atelier d'écriture qu'il nous donne.
Cela me donne encore davantage l'envie de découvrir le reste des oeuvres de l'auteur.
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clamy
  01 novembre 2011
Premier ouvrage de cet auteur italien bourré de talent, j'ai été quelque peu déçu par le foisonnement de personnages, de détails, d'actions dans lesquels j'avoue m'être un peu perdu. Cet partition jouée à une multitude de mains a le pouvoir de nous embrouiller plus que de nous captiver. Néanmoins, on lui pardonnera volontiers puisque ses romans suivants sont, à mon avis, nettement plus aboutis (l'excellent "Novecento : pianiste", et le non moins excellent "Soie"). Par contre, indépendamment du contenu foisonnant, on bénéficie d'une écriture au style flamboyant, à une sorte de poésie presque musicale, qui reste malgré tout, un enchantement de lecteur.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
lafilledepassagelafilledepassage   08 février 2018
Dans les trains, pour sauver leur peau, pour arrêter la rotation perverse de ce monde qui les martelait là-bas de l’autre côté de la vitre, et pour esquiver la peur, et pour ne pas se laisser engloutir par le vertige de la vitesse qui forcément cognait sans cesse dans leur cerveau autant que sur la forme de ce monde frôlant l’autre côté de la vitre sous des apparences jamais vues jusque-là, surprenantes sans doute, mais impossibles, parce que s’abandonner à elles un seul instant relançait instantanément la course de la peur, et donc cette épaisse et profonde angoisse qui au moment de se cristalliser en pensée se révélait de toute façon n’être rien d’autre que la sourde pensée de la mort- dans les trains, pour sauver leur peau, ils prirent l’habitude de s’en remettre à un geste méticuleux, un exercice d’ailleurs conseillé par les médecins eux-mêmes et d’illustres savants, une stratégie minuscule de défense, évidente mais géniale, un petit geste exact, et splendide.

Dans les trains, pour échapper à ça, ils lisaient.

Le baume parfait. L’exactitude fixe de l’écriture comme suture d’une terreur. L’œil qui trouve dans les infimes virages dictés par les lignes une échappatoire nette à ce flux indistinct d’images que la fenêtre impose. On vendait, dans les gares, des lampes exprès pour ça, des lampes de lecture. Elles se tenaient d’une main, elles dessinaient un cône intime de lumière à fixer sur la page ouverte. Il faut imaginer ça. Un train lancé dans une course furieuse sur deux lames de fer, et dans ce train un petit coin d’immobilité magique minutieusement découpé par le compas d’une petite flamme. La vitesse du train et la fixité du livre éclairé. L’éternellement changeante multiformité du monde tout autour, et le microcosme pétrifié d’un œil qui lit. Comme un noyau de silence au cœur d’une détonation. Si l’histoire n’était pas vraie, si ce n’était pas la vraie histoire, on pourrait se dire : c’est juste une jolie métaphore exacte. Au sens où peut-être, toujours, et pour tout le monde, lire ce n’est jamais que fixer un point pour ne pas se laisser séduire, et détruire, par la fuite incontrôlable du monde. On ne lirait pas, rien, si ce n’était par peur. Ou pour renvoyer à plus tard la tentation d’un désir destructeur auquel, on le sait, on ne saura pas résister. On lit pour ne pas lever les yeux vers la fenêtre, voilà la vérité. Un livre ouvert c’est toujours la présence assurée d’un lâche - les yeux cloués sur ces lignes pour ne pas se laisser voler le regard par la brûlure du monde – les mots qui l’un après l’autre poussent le fracas du monde vers un sourd entonnoir par où il s’écoulera dans ces petites formes de verre qu’on appelle des livres – le moyen le plus raffiné de battre en retraite, voilà la vérité. Une obscénité. Et cependant : la plus douce. C’est ça le plus important, et il faudra toujours le rappeler, et le transmettre, de proche en proche, de malade à malade, comme un secret, comme le secret, que jamais il ne s’évapore dans la renonciation de quiconque ou la force de quiconque, que toujours il survive dans la mémoire d’au moins une âme exténuée, et y résonne comme un verdict capable de faire taire qui que ce soit : lire est une obscénité bien douce. Qui peut comprendre quelque chose à la douceur s’il n’a jamais penché sa vie, sa vie tout entière, sur la première ligne de la première page d’un livre ? Non, l’unique, la plus douce protection contre toutes les peurs c’est celle-là – un livre qui commence.
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lafilledepassagelafilledepassage   07 février 2018
Chacun a le monde qu’il mérite. J’ai peut-être compris que le mien, c’est celui-là. Ce qu’il a d’étrange, c’est qu’il est normal. Jamais rien vu de ce genre, à Quinnipark. Mais c’est peut-être pour cette raison-là que j’y suis bien. A Quinnipark, on a l’infini dans les yeux. ici, si tu veux regarder vraiment loin, tu regardes dans les yeux de ton fils. Et c’est différent.
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lafilledepassagelafilledepassage   07 février 2018
De temps en temps, monsieur Reihl rentrait. Cela se produisait en général un certain temps après qu’il était parti. Ce qui témoignait bien de l’ordre intérieur, psychologique, et, pourrait-on dire, moral du personnage. A se manière, Monsieur Reihl aimait l’exactitude.
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lafilledepassagelafilledepassage   07 février 2018
Qui a dit qu’il fallait vivre exposé, toujours penché sur le bord des choses, à chercher l’impossible, à guetter tous les chemins de traverses pour s’extirper de la réalité ? Est-il vraiment obligatoire d’être exceptionnel ?
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lafilledepassagelafilledepassage   07 février 2018
Il y a une dignité immense, chez les gens, quand ils portent leurs propres peurs sur eux, sans tricher, comme des médailles de leur médiocrité.
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Revue de lecture de Novecento : pianiste, d'Alessandro Barrico.
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