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Françoise Brun (Traducteur)
ISBN : 2070419584
Éditeur : Gallimard (01/08/2002)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 493 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Albin Michel - 01/1998)


Il y a bien longtemps de cela, au milieu d'un océan, une frégate de la marine française fit naufrage. Cent quarante-sept hommes tentèrent d'en réchapper en prenant place sur un radeau. Une horreur qui se prolongea des jours et des jours, durant lesquels se donnèrent à Voir la férocité extrême et la pitié la plus douce.

Il y a bien longtemps de cela, sur le bord ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
  11 octobre 2016
" Sable à perte de vue, entre les dernières collines et la mer ".
Océan mer, mer océan, dans la pension Almayer de drôle de pensionnaire se côtoient, des hommes des femmes des enfants, un artiste, un savant, une maitresse sans amant, un prêtre précepteur .....
Pas facile d'écrire sur ce roman d'Alessandro Baricco, " Océan mer" est une plongée dans un univers poétique un peu comme Richard Brautigan, on se laisse emporter, balloter à travers des phrases et des situations.
Les personnages comme le peintre Plasson qui peint sans couleurs, juste de l'eau de mer sur la toile, ou encore le professeur Bartleboom qui écrit une encyclopédie sur les "limites" ou la belle Ann Devéria venu à la pension soigner son étrange maladie l'adultère.
Pendant ce temps, un radeau se désagrège emportant ses passagers dans un enfer sans nom.
Un magnifique récit que je vous recommande, un voyage dans l'univers d'Alessandro Baricco, c'est une invitation à la rêverie et pourquoi pas à l'écriture.
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gouelan
  27 juillet 2015
Sept naufragés de la vie se retrouvent dans un endroit étrange, qui existe à peine, et où le temps semble arrêté.
La pension Almayer qui abrite ces personnages est posée « sur la corniche ultime du monde », toute proche de la fin de la mer. Elle semble être arrivée là, toute seule, ne pouvant continuer son chemin, attendant la fin.
Face à eux , l'Océan qui ne finit pas, on ne sait où il commence, on ne sait dire qui il est. Est-il un monstre engloutissant les navires ou est-il cette vague inoffensive qui finit sa course sur la plage ?
Et ces traces de pas sur la plage qui s'effacent, recouvertes par la marée, semblent dire qu'ils n'ont jamais existé. Ce n'est qu'une illusion. Un décor planté là, le temps d'un récit.
« C'est le bord de la mer, un endroit qui n'existe pas, ni la terre, ni la mer »
Un récit d'aventures, dont le personnage principal est l'Océan. Les sept personnages sont venus guérir leurs blessures par la mer, prendre congés d'eux-mêmes, arrêter le temps pour trouver le bonheur d'être soi.
Chaque personnage est attachant, atypique, sensible et parfois drôle. Ils se complètent comme les pièces d'un puzzle.
Roman d'aventures étonnant, on y retrouve à la fois du suspense, de la poésie, de l'humour, de la violence, de la douceur, de la philosophie. Au départ, c'est déroutant, après c'est un régal.
On est envoûté par l'écriture, comme les personnages le sont par l'Océan, la pension Almayer et les enfants magiques qui semblent des anges gardiens. La disposition du texte sur la page contribue aussi à cet enchantement. L'écriture est musicale, elle semble nous raconter une fable. La fable de la vie, avec le temps qui passe, nos vies qui s'effacent, nos bonheurs et nos blessures, nos interrogations.
La pension Almayer attend la fin du récit pour s'éclipser et l'Océan efface toutes les traces, nous laissant dans le silence et l'émerveillement, nous éveillant doucement de ce songe enchanté.



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bilodoh
  18 décembre 2016
« Partons la mer est belle… » Répondons à cet appel et partons pour une magnifique incursion dans l'imaginaire car comme le dit l'auteur : « La mer ensorcelle, la mer tue, émeut, terrifie, fait rire aussi, parfois, disparaît, pas moments, se déguise en lac ou alors bâtit des tempêtes, dévore des bateaux, elle offre des richesses, elle ne donne pas de réponses, elle est sage, elle est douce, elle est puissante, elle est imprévisible. Mais surtout, la mer appelle. (p.97) »

Plongeons dans cet ouvrage qui compte un lot de personnages improbables réunis par hasard dans un hôtel tenu par des enfants qui lisent dans les rêves. Il y a un peintre qui peint des toiles blanches, un scientifique qui cherche à trouver la fin de la mer, une jeune fille escortée par un prêtre, envoyée par son père pour soigner son hypersensibilité et même, une épouse venue se guérir de son infidélité.

Mais il n'y a pas que poésie et légèreté, il y a aussi une terrible tragédie. Une horreur inspirée d'un scandale du dix-neuvième siècle, une histoire vraie : « le radeau de la Méduse » où des hommes se sont entretués et auraient même mangé de la chair humaine pour survivre.

Le roman navigue donc à travers une mer d'émotions et de réflexions. Il sera question de la vie et de la mort, de l'art et de l'amour. Tantôt dans la délicatesse d'une dentelle, tantôt dans la macabre brutalité d'un corps décapité par un coup de sabre, on voguera sur les flots poétiques vers des horizons inexplorés.

Et une fois le livre refermé, on pourra garder le souvenir ému d'une petite pension qui émerge peut-être du brouillard au bord de l'océan…
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ATOS
  22 mai 2018
Où commence-telle ? Où finit-elle ? L'inachevée. L'Océan mer. Pieds sur terre, lecteur. Genou à terre. Ici s'arrête le temps. le mal de terre te prends . L'océan mer à coeur ouvert. Alessandro Baricco. Maelstrom exceptionnel, merveilleux, déroutant, onirique. Tableaux blancs, enfants voyants. Celle qui n'a rien vu , celui qui en en trop vu. C'est sur terre que l'on rencontre les monstres marins. Ils sont humains. C'est sur mer que flottent les anges. Pension Almayer. Sept pièces d'un merveilleux et cruel puzzle. Destinée ? Hasard ? Sept personnages pour conter ce journal de bord.
Écrit au bord de l'océan, du bord de mer, au bout de la terre. Cette histoire que depuis toujours les hommes se racontent de port en port, lorsque la nuit épouse l'orage.
Si 1900, le pianiste, était l'enfant de la Terre , un enfant mystère, qui sont ceux, ici, qui furent sauvés de la mer ? Quels sont ces naufragés ? Pension Almayer, un second radeau, face à la mer, qui appelle les yeux des bateaux.
C'est un roman noir. Un roman que seul les nuit de tempêtes enfantent. « C'est ça, ce que m'a enseigné le ventre de la mer.Que celui qui a vu la vérité en restera à jamais inconsolable. Et que n'est véritablement sauvé que celui qui n'a jamais était en péril. Il pourrait même arriver un bateau, maintenant à l'horizon, qui accourrait sur les vagues jusqu'ici, qui arriverait l'instant d'avant notre mort pour nous emporter avec lui, et nous faire revenir, vivants, vivants : ce n'est pas ça qui pourrait, véritablement, nous sauver. Quand bien même nous retrouverions une terre, quelle qu'elle soit, il n'y aurait plus jamais aucun salut possible pour nous. Ce que nous avons vu restera dans nos yeux, ce que nous avons fait restera sur nos mains, ce que nous avons entendu restera dans notre âme. Et pour toujours, nous qui avons connu ce qui est vrai, pour toujours, nous les fils de l'horreur, pour toujours, nous les rescapés du ventre de la mer, pour toujours, nous les savants et les sages, pour toujours nous serons inconsolables. Inconsolables.». Terrible et merveilleux roman. « La vie est un terrible métier ». Aucun ne peut être sauvé. Il faut l'écriture de Baricco, l'intelligence qu'il met à construire ce roman, pour que l'on puisse entendre passer à livre ouvert, par dessus le bord de la terre , ces terribles mots.
«  Oh ! cette double mer du temps et de l'espace
Où le navire humain toujours passe et repasse,
Je voulus la sonder, je voulus en toucher
Le sable, y regarder, y fouiller, y chercher,
Pour vous en rapporter quelque richesse étrange,
Et dire si son lit est de roche ou de fange.
Mon esprit plongea donc sous ce flot inconnu,
Au profond de l'abîme il nagea seul et nu,
Toujours de l'ineffable allant à l'invisible...
Soudain il s'en revint avec un cri terrible,
Ébloui, haletant, stupide, épouvanté,
Car il avait au fond trouvé l'éternité. » La pente de la rêverie, Victor Hugo, extrait.
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kikobaus
  23 juillet 2011
Ce roman est construit comme un grand voyage allégorique sur Océan mer. La pension Almayer, perdue quelque part en bord de mer, ressemble à son quai d'embarquement. Chacun des sept personnages a une bonne raison de se trouver là : fuir, guérir, découvrir, comprendre, dire... Doucement, les liens entre ces destins disparates se forment, comme dans la promiscuité d'un navire dont l'équipage, mi-enfants mi anges, fait l'effet d'un ouvreur d'horizon et d'un révélateur. Déjà, la merveilleuse écriture d'Alessandro Barrico prend la forme de cet océan mer, entre poésie, flux, reflux, ruptures de styles et répétitions. On comprend vite qu'à l'instar des personnages, on n'embarquera qu'à condition de lâcher prise et de se laisser porter, de renoncer à comprendre comme notre scientifique, à dépeindre comme notre artiste, à croire comme notre homme de foi.
Le voyage en lui-même nous donne à voir l'indépassable pouvoir d'Océan mer. Ce naufrage, qui empreinte largement au Radeau de la Méduse, est une tragédie, humaine à force d'inhumanité. Là, le style dense, nerveux, linéaire, donne de la mer un visage souverain, qui transcende les hommes... à moins qu'il ne les révèle.
Le retour à quai est l'occasion de retrouver successivement chacun de nos personnages, transformés par leur expérience, se dispersant vers leur nouvelle vie comme révélée. Tantôt tragique (La vengeance d'Adams), tantôt drôlissime (les tergiversations amoureuses de Bartleboom), mais toujours d'une grande originalité, la narration épouse ces destins au plus près. La formidable liberté de style d'Alessandro Barricco n'apparait jamais comme une fantaisie vaine. Il demeure toujours à la fois au plus près de ses personnages et de son sujet, Océan mer.
On ne sort pas indemne de ce roman : Alessandro Barricco parvient si bien à nous faire partager ce voyage qu'Océan mer nous transforme nous aussi.
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Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   26 juillet 2015
C'est un endroit, ici, où tu prends congé de toi-même. Ce que tu es se détache doucement de toi, peu à peu. Et à chaque pas, tu le laisses derrière toi, sur ce rivage qui ne connaît pas le temps et ne vit qu'un seul jour, toujours le même. Le présent disparaît et tu deviens mémoire.[...]
Ce que je suis désormais, est advenu : et cela vit en moi, ici, maintenant, comme un pas dans une trace, comme un son dans un écho, et comme une énigme dans sa réponse. Cela ne meurt pas, non. cela glisse de l'autre côté de la vie. Si légèrement que c'est comme une danse.
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araucariaaraucaria   19 février 2018
Sable à perte de vue, entre les dernières collines et la mer - la mer - dans l'air froid d'un après-midi presque terminé, et béni par le vent qui souffle toujours du nord.
La plage et la mer.
Ce pourrait être la perfection - image pour un oeil divin - monde qui est là et c'est tout, muette existence de terre et d'eau, oeuvre exacte et achevée, vérité - vérité -, mais une fois encore c'est le salvateur petit grain de l'homme qui vient enrayer le mécanisme de ce paradis, une ineptie qui suffit à elle seule pour suspendre tout le grand appareil de vérité inexorable, un rien, mais planté là dans le sable, imperceptible accroc dans la surface de la sainte icône, minuscule exception posée sur la perfection de la plage illimitée. A le voir de loin, ce n'est guère qu'un point noir : au milieu du néant, le rien d'un homme et d'un chevalet de peintre.
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ssabssab   02 juillet 2012
C'est la musique qui est difficile, voilà la vérité, c'est la musique qui est difficile à trouver, pour se dire ces choses, quand on est si proche l'un de l'autre, la musique et les gestes, pour dissoudre le chagrin, quand il n'y a vraiment plus rien à faire, la juste musique, pour que ce soit une danse, un peu, et non pas un arrachement, de partir, de se laisser glisser loin de l'autre, vers la vie et loin de la vie, étrange pendule de l'âme, salvateur et assassin, si on savait danser cette chose-là, elle ferait moins mal, et c'est pourquoi les amants, tous, cherchent cette musique, à ce moment-là, à l'intérieur des mots, sur la poussière des gestes ; et ils savent que, s'ils en avaient le courage, seul le silence pourrait être cette musique, musique exacte, un vaste silence amoureux, clairière de l'adieu, lac fatigué qui s'écoule enfin dans la paume d'une petite mélodie, connue depuis toujours, à chanter à mi-voix.
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gouelangouelan   26 juillet 2015
Légèrement penché en avant, il regardait : le sol. Il examinait l'endroit exact où la vague brisée dix mètres plus tôt, s'étirait - devenue lac, et miroir, et flaque d'huile - , remontant la douce inclinaison de la plage pour finalement s'arrêter - sa frange ourlée d'un perlage délicat - , et hésiter un instant avant d'esquisser, vaincue, une élégante retraite, et se laisser glisser en arrière, sur le chemin d'un retour en apparence facile, mais en réalité proie idéale pour l'avidité spongieuse d'un sable, qui, jusque là pacifique, se réveillait soudain et - cette brève course de l'eau en déroute - l'évaporait dans le néant.
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OliphantOliphant   03 février 2016
Bartleboom, lui, se mit à rire.
Mais à rire pour de bon, à s'en péter la panse, à s'en plier en quatre de rire, impossible de l'arrêter, avec les larmes et tout, un spectacle, un rire babélien, océanique, apocalyptique, un rire qui n'en finissait plus. Les domestiques des Ancher ne savaient plus que faire, impossible qu'il se taise, ni de gré ni de force, et lui, il continuait à se démantibuler de rire, une chose embarrassante, et contagieuse qui plus est, on le sait, l'un commence et tout le monde suit, c'est la loi du fou rire, c'est comme un poison, tu veux essayer de garder ton sérieux mais tu ne peux pas, c'est inexorable, rien à faire, ils s'écroulaient les uns après les autres, les domestiques, lesquels n'avaient pourtant aucune raison de rire, et même, pour être exact, auraient eu des raisons de se faire du souci, de par cette situation embarrassante sinon même dramatique, mais ils s'écroulaient les uns après les autres, à rire comme des malades, à s'en pisser aux culottes, si vous voyez ce que je veux dire, oui, aux culottes, si on n'y prenait pas garde.
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Vidéo de Alessandro Baricco
Revue de lecture de Novecento : pianiste, d'Alessandro Barrico.
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