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ISBN : 2367621136
Éditeur : Audiolib (16/03/2016)
Édition audio (Voir tous les livres audio)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Un livre audio lu par Daniel Mesguich

«Marpa fut très remué lorsque son fils fut tué, et l'un de ses disciples dit: "Vous
nous disiez toujours que tout est illusion. Qu'en est-il de la mort de votre fils,
n'est-ce pas une illusion?". Et Marpa répondit: "Certes, mais la mort de mon fils
est une super-illusion." »
Pratique de la voie tibétaine

La Chambre claire se présente au d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Kikujiro
  30 juin 2016
C'était ma première rencontre avec Barthes. J'appréhendais un peu, vu que ma copine me disait que c'était un auteur difficile et que je n'ai pas l'habitude de ce genre de lecture. Mais la version audio m'avait l'air d'être un bon moyen pour me lancer.
Ce livre se présente en deux parties ; mais à l'écoute, j'ai plutôt eu l'impression qu'il était divisé en trois. La première présente la méthodologie de Barthes. Il souhaite se consacrer à la définition d'une ontologie de la photographie, il veut comprendre ce qui différencie la photographie du cinéma ou de la peinture, par exemple, ce qu'elle a de spécifique. Et comme il ne pratique pas lui-même la photographie, il se place du point de vue du sujet photographié ou du regardeur, mais donc pas du point de vue du photographe. C'est là qu'interviennent les premiers mots en latin comme operator ou spectator, qu'il rend très compréhensibles. Il explique ensuite que pour lui, ce qui fait l'intérêt de la photographie, c'est le punctum, qui s'oppose au studium. Encore des concepts avec des mots latins, qu'il explique aussi très bien et très souvent au cours du texte. le studium correspond à une vision analytique de la photographie, le punctum à une vision affective. Il donne alors beaucoup d'exemples de photographies célèbres, et chaque fois il démontre cette opposition studium/punctum. Jusque là, je trouvais ça intéressant. Ça se corse quand il aborde la deuxième partie. On tombe alors complètement dans l'affectif et on comprend que toute la réflexion de Barthes sur la photographie tourne en fait autour de sa relation avec sa mère et la mort de celle-ci. Benoît Peeters explique très bien dans l'entretien final les circonstances qui ont entouré l'écriture de la chambre claire : la mère de Barthes, après une longue maladie, était morte et il ne pouvait pas s'en remettre. Il ne pouvait plus écrire. Mais en retrouvant une photographie de sa mère, un déclic s'est opéré en lui. Il s'est remis à écrire son texte, mais les thèmes de la mort et du deuil sont devenus centraux. Il dit et redit qu'il était très lié à sa mère, qu'elle était un être exceptionnel. Ce que j'ai trouvé fatiguant, pas intéressant pour ceux qui n'ont pas connu Barthes, donc pas parlant pour le lecteur ou l'auditeur lambda. Plus le texte avance, plus il devient obscur. J'ai de plus en plus relâché mon attention durant la troisième heure d'écoute. C'est dommage, car les deux premières heures, et surtout la première, m'avait intéressé. le texte est censé être un essai mais le langage est poétique, la démarche est originale et la théorie sur la photographie tournant autour du punctum, de l'affect, est intéressante. le reste, tout ce qui est deuil, mort, rapport à une mère adorée, ce n'est pas sans intérêt, mais ça ne regarde au final que Barthes.
La lecture de Daniel Mesguich est cependant impeccable et c'est sans doute grâce à lui que je n'ai pas sombré dans l'ennui total. Et l'entretien avec Benoît Peeters apporte bien des choses à la compréhension du texte.
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Shan_Ze
  23 juin 2016
La chambre claire, c'est plus qu'un essai sur la photographie, c'est aussi un morceau de sa vie qu'il raconte. Roland Barthes parle de la photographie mais aussi de la perception de la mort à travers elle. Il a écrit cet essai suite à une commande des Cahiers du cinéma sur l'art de la projection. Et pourtant, il fait un essai sur la photographie, la trouvant plus expressive au moment où il doit faire son deuil, après la mort brutale de sa mère.
L'essai se compose en 2 parties : la première est objective et analyse la photographie générale, j'ai retrouvé certaines impressions que je peux éprouver en regarder des photos, en écoutant ce texte. Très intéressant, même si j'ai moins apprécié les termes latins pour expliquer les photos et certaines explications très ardues. La deuxième partie est plus personnelle, il parle essentiellement de ce qu'il perçoit à travers quelques clichés retrouvés de sa mère que sa mort elle-même. Il parle surtout d'une photo, la photo, celle qui représente tout pour lui, le jardin d'hiver.
La voix de Daniel Mesguich est bien posée et s'ajuste très bien au texte. Même si j'ai trouvé un peu amusant qu'un texte audio évoque un art visuel. A l'intérieur de la jaquette, on trouve tout de même les références des photos évoquées dans La chambre claire, ce qui permet de se faire une représentation correcte de celles-ci après un petit passage sur un moteur de recherche. L'explication sur la signification du titre prend toute sa valeur, à la fin.
L'entretien avec Benoit Peeters à la fin apporte une lumière intéressante sur l'oeuvre et son auteur qui est mort très peu de temps après la publication de cet ouvrage. A lire à petites doses pour apprécier ce texte intime, j'ai relevé de nombreux passages. Merci à Masse Critique et à Audiolib pour la découverte de ce livre audio.
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Marti94
  16 février 2019
Ce que j'aime chez Audiolib ce sont les belles voix associées aux textes et l'interview qui les accompagne. Daniel Mesguich lit la dernière oeuvre de Roland Barthes intitulée "La chambre claire" et Benoît Peeters, qui fut son élève et ami, la commente.
Contrairement à ce qu'évoque le sous-titre, "Note sur la photographie", cet essai ne traite pas la photographie d'un point de vue technique. Alors peu importe si la photo est numérique aujourd'hui, ce livre reste d'une grande originalité car il présente les pensées de Roland Barthes qui s'interroge sur ce qu'est la photographie pour lui. Pour cela, il se place du point de vue de celui qui regarde.
Alors que ce livre est une commande, il ressemble à une autobiographie car il nous permet de rentrer dans l'intimité de l'auteur qui évoque le deuil de sa mère à travers les photographies de famille.
Roland Barthes utilise beaucoup de termes latins surtout dans la première partie du livre construit comme un recueil de textes courts à la manière de "Mythologies" mais de façon personnalisée puisqu'il utilise le « Je ». Il nomme le photographe Operator et celui qui regarde le Spectator. Il a créé aussi les termes de Studium et de Punctum.
Barthes choisit d'observer en précisant qu'une photo témoigne de ce qui a été mais aussi de ce qui sera, par exemple les personnes que l'on voit vivantes sur la photo qui sont mortes aujourd'hui. C'est un réel qu'on ne peut plus toucher et en cela il fait le lien entre la photo et la mort.
Barthes parle peu de la photographie d'art même si Robert Mapplethorpe est souvent cité. Alors qu'il la présente comme inclassable, il compare la photographie au théâtre, à la peinture ou au cinéma et la met en avant, « la distingue de la communauté des images ».
Je trouve que les propos de Roland Barthes ne sont pas si simples que ça, ils sont profonds et sa belle écriture sublime une grande sensibilité, en écho au développement dans une chambre noire mais qu'il choisit claire parce que les photographies peuvent apporter la lumière.
Lu en février 2019
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jainas
  18 juin 2016
Ma première lecture de la Chambre Claire de Roland Barthes date d'il y a maintenant plus de dix ans, lors de mes études d'Art Appliqué, et j'en gardais un souvenir flou. Rien de tel alors qu'un audiobook de qualité pour redécouvrir cet essai fondateur sur la nature de la photographie et la manière dont elle peut être envisagée en tant que medium de l'image mais également en tant que forme d'art spécifique, porteuse de sens intrinsèque.
Un grand merci à Babelio et Audiolib qui m'ont donné l'occasion de redécouvrir ce texte lors d'une opération Masse Critique. La Chambre Clair nous propose les réflexions de Roland Barthes sur le sujet de la photographie, et le livre audio se prête merveilleusement bien au sujet tant la lecture calme et posée de Daniel Mesguich m'a donné l'impression d'être projetée dans son salon aux côtés du sémiologue, confidente à laquelle il ferait part de ses méditations sur le sujet au fur et à mesure d'elles lui viennent, qu'il explore une piste de réflexion ou une autre.
Car si c'est un ouvrage fondateur de la pensée sémiotique autour de la photographie, la Chambre Clair est aussi un essai très personnel, puisque n'étant pas photographe, Barthes choisi de baser sa réflexion sur les photos qui lui plaisent ou le marquent en tant que spectateur, d'en interroger le comment, le pourquoi… Et parmi celle-ci une photo noire et blanc de sa mère, prise au Jardin d'Hivers quand elle était enfant, photo qui pour lui plus que toute autre le touche, saisit l'essence de la femme qu'elle était ou serait. Cette photo revient donc souvent au fil de l'essai, analysée sous plusieurs angles, qui permettent à Barthes d'isoler progressivement des noèmes que la photographie encapsule inévitablement.
Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de me demander à quel point sa pensée aurait été différente aujourd'hui, où le noème « Cela a été » qu'il déclare intrinsèque à la photographie a été rendu caduc par la photographie numérique et l'existence de photoshop. Cette certitude que l'on pouvait éprouver il y a même vingt ans devant un cliché argentique n'est plus une évidence, et toutes les réflexions qui en découlent sont donc rendues plus ou moins caduques… Sujet de méditation intéressant.
Néanmoins La Chambre Clair reste une lecture (ou une écoute) passionnante (ainsi que certes un peu exigeante), et une source de sujets de réflexions inévitable pour quiconque s'intéresse à la photographie ou à l'image…. Et je ne peux que recommander l'aventure en audio, qui donne au texte une toute autre dimension.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
KikujiroKikujiro   13 octobre 2017
Ma règle était suffisamment plausible pour que j’essaye de nommer (j’en aurai besoin) ces deux éléments, dont la co-présence fondait, semblait-il, la sorte d’intérêt particulier que j’avais pour ces photos. Le premier, visiblement, est une étendue, il a l’extension d’un champ, que je perçois assez familièrement en fonction de mon savoir, de ma culture; ce champ peut être plus ou moins stylisé, plus ou moins réussi, selon l’art ou la chance du photographe, mais il renvoie toujours à une information classique : l’insurrection, le Nicaragua, et tous les signes de l’une et de l’autre : des combattants pauvres, en civil, des rues en ruine, des morts, des douleurs, le soleil et les lourds yeux indiens. Des milliers de photos sont faites de ce champ, et pour ces photos je puis, certes, éprouver une sorte d’intérêt général, parfois ému, mais dont l’émotion passe par le relais raisonnable d’une culture morale et politique. Ce que j’éprouve pour ces photos relève d’un affect moyen, presque d’un dressage. Je ne voyais pas, en français, de mot qui exprimât simplement. Cette sorte d’intérêt humain ; mais en latin, ce mot, je crois, existe : c’est le studium, qui ne veut pas dire, du moins tout de suite, « l’étude », mais l’application à une chose, le goût pour quelqu’un, une sorte d’investissement général, empressé, certes, mais sans acuité particulière. C’est par le studium que je m’intéresse à beaucoup de photographies, soit que je les reçoive comme des témoignages politiques, soit que je les goûte comme de bons tableaux historiques : car c’est culturellement (cette connotation est présente dans le studium) que je participe aux figures, aux mines, aux gestes, aux décors, aux actions.
Le second élément vient casser (ou scander) le studium. Cette fois, ce n’est pas moi qui vais le chercher (comme j’investis de ma conscience souveraine le champ du studium), c’est lui qui part de la scène, comme une flèche, et vient me percer. Un mot existe en latin pour désigner cette blessure, cette piqûre, cette marque faite par un instrument pointu; ce mot m’irait d’autant mieux qu’il renvoie aussi à l’idée de ponctuation et que les photos dont je parle sont en effet comme ponctuées, parfois même mouchetées, de ces points sensibles; précisément, ces marques, ces blessures sont des points. Ce second élément qui vient déranger le studium, je l’appellerai donc punctum; car punctum, c’est aussi : piqûre, petit trou, petite tache, petite coupure - et aussi coup de dés. Le punctum d’une photo, c’est ce hasard qui, en elle, me point (mais aussi me meurtrit, me poigne).
Ayant ainsi distingué dans la Photographie deux thèmes (car en somme les photos que j’aimais étaient construites à la façon d’une sonate classique), je pouvais m’occuper successivement de l’un et de l’autre.
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KikujiroKikujiro   11 octobre 2017
Me voici donc moi-même mesure du « savoir » photographique. Qu’est-ce que mon corps sait de la Photographie? J’observai qu’une photo peut être l’objet de trois pratiques (ou de trois émotions, ou de trois intentions)
: faire, subir, regarder. L’Operator, c’est le Photographe. Le Spectator, c’est nous tous qui compulsons, dans les journaux, les livres, les albums, les archives, des collections de photos. Et celui ou cela qui est photographié,
c’est la cible, le référent, sorte de petit simulacre, d’eidôlon émis par l’objet, que j’appellerais volontiers le Spectrum de la Photographie, parce que ce mot garde à travers sa racine un rapport au « spectacle » et y ajoute cette chose un peu terrible qu’il y a dans toute photographie : le retour du mort.
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MusardiseMusardise   21 juillet 2016
Un jour, il y a bien longtemps, je tombai sur une photographie du dernier frère de Napoléon, Jérôme (1852). Je me dis alors, avec un étonnement que je n'ai jamais pu réduire : "Je vois les yeux qui ont vu l'Empereur." Je parlais parfois de cet étonnement mais comme personne ne semblait le partager, ni même le comprendre (la vie est ainsi faite à coups de petites solitudes), je l'oubliai.
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Marti94Marti94   16 février 2019
J’observai la petite fille et je retrouvai enfin ma mère. La clarté de son visage, la pose naïve de ses mains, la place qu’elle avait occupée docilement sans se montrer ni se cacher, son expression enfin, qui la distinguait, comme le Bien du Mal, de la petite fille hystérique, de la poupée minaudante qui joue aux adultes, tout cela formait la figure d’une innocence souveraine (si l’on veut bien prendre ce mot selon son étymologie, qui est « je ne sais pas nuire »), tout cela avait transformé la pose photographique dans ce paradoxe intenable et que toute sa vie elle avait tenu : l’affirmation d’une douceur.
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Shan_ZeShan_Ze   12 juin 2016
Rien de tel qu’une photo objective, du genre Photomaton, pour faire de vous un individu pénal, guetté par la police.
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Videos de Roland Barthes (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roland Barthes
Intersexe, transgenre, non-binaire, agenre... le grand penseur du neutre, c'est lui, c'est Roland Barthes, intellectuel phare des années 1960. Écoutons ce précurseur en ces journées de Marches des Fiertés.
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