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EAN : 9782020060608
89 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1982)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Que savons-nous du texte ? La théorie, ces derniers temps, a commencé de répondre. Reste une question : que jouissons-nous du texte ? Cette question, il faut la poser, ne serait-ce que pour une raison tactique : il faut affirmer le plaisir du texte contre les indifférences de la science et le puritanisme de l'analyse idéologique; il faut affirmer la jouissance du texte contre l'aplatissement de la littérature à son simple agrément. Comment poser cette question? Il s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
blanchenoir
  09 mai 2014
Un essai remarquable sur le plaisir et la jouissance du texte. Un essai qui nous ouvre les yeux sur l'appréhension du texte comme corps. C'est ainsi la matérialité du texte qui est ici approchée, jusqu'à sa sensualité :
"Qu'est-ce que la signifiance ? C'est le sens en ce qu'il est produit
sensuellement".
Sensualité, jouissance du texte, plaisir plus que désir....Plaisir supérieur au désir au yeux de l'auteur, en ce sens que "le Désir aurait une dignité épistémique, le Plaisir non".
Barthes ravit le lecteur jusqu'à la possibilité d'une caresse des mots qui pousse à une sorte de contemplation. Comme un poème, ce texte non seulement pousse à la réflexion mais à l'abandon au rêve... Ce texte est émotion.
En conclusion, et cette idée parcourt implicitement tout le livre, Barthes place le lecteur au coeur d'un paradoxe en l'obligeant à penser l'écriture vocale, ou écriture à haute voix. Comment en avoir une idée ? Qu'est-ce qu'une écriture hors du silence des mots ?
"Il suffit en effet que le cinéma prenne de très près le son de la parole (c'est en somme la définition généralisée du "grain" de l'écriture) et fasse entendre dans leur matérialité, dans leur sensualité, le souffle, la rocaille, la pulpe des lèvres, toute une présence du museau humain (que la voix, que l'écriture soient fraîches, souples, lubrifiées, finement granuleuses et vibrantes comme le museau d'un animal), pour qu'il réussisse à déporter le signifié très loin et à jeter, pour ainsi dire, le corps anonyme de l'acteur dans mon oreille : ça granule, ça grésille, ça caresse, ça râpe, ça coupe, ça jouit." (phrase finale).
Dépasser le signifié, la représentation, afin que le lecteur puisse se laisser porter par une voix qui peut l'émouvoir... jusqu'au point le plus haut.
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aouatef79
  08 juin 2015
Que jouissons-nous du texte ? Cette question ,il faut la poser ,ne serait-ce que pour une raison tactique :il faut affirmer le plaisir du texte contre les indifférences de la science et le puritanisme de l 'analyse idéologique ;il faut affirmer la jouissance du texte contre l 'aplatissement de la littérature à son simple agrément .
Comment poser cette question ? IL se trouve que le propre de la jouissance ,c 'est de ne pouvoir être dite .IL a donc fallu s ' en remettre à une succession inordonnée
de fragments : facettes ,touches , bulles , phylactères d 'un dessin invisible :simple mise en scène de la question , rejeton hors-science de l 'analyse textuelle .
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frandj
  23 février 2020
En tant que philosophe et sémiologue, Roland Barthes (1915-1980) a joui d'une grande notoriété parmi les intellectuels français. Moi, je ne suis pas du tout familier de sa pensée. Je n'étais donc pas préparé à la lecture de ce texte court et… difficile. L'auteur aligne ses idées sur un sujet intéressant, mais d'une manière que je trouve elliptique et mal ordonnée. Certes, je comprends les mots importants (qui sont imprimés en italique, mais est-ce nécessaire ?), et pourtant je n'ai pas compris l'enchaînement des idées. En fait, je suis assez primaire: je considère que ce qui se conçoit bien devrait s'énoncer clairement; l'idéal du pédagogue est de se faire comprendre par tout le monde, même par des imbéciles. Ce n'est vraiment pas le cas ici. Donc je suis passé tout à fait à côté ! Les quelques passages que j'ai compris (… ou que j'ai cru comprendre, au moins partiellement), je les mets en citation sur Babelio. Je ne peux rien faire de plus.
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lecteur84
  22 mars 2014
Une approche du plaisir du texte, de cette jouissance des mots, approchée par le truchement de plusieurs auteurs. L'étonnement du lecteur face au récit, voilà la recherche annoncée par R Barthes, avec toujours sa même facilité à exprimer le compliqué dans un langage clair. le texte les mots deviennent sous sa plume des mets, on peut y sentir des goûts, des saveurs. Fine analyse qui va jusqu'à nous rappeler que l'écriture vocale, l'écriture à haute voix est un élément essentiel pour transmettre un message.
Vraiment passionnant...
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Cielvariable
  28 décembre 2016
Barthes est un incontournable pour qui étudie en littérature. Ces réflexions sur le plaisir de la lecture font du sens et ces théories sont indispensables, il aurait juste été intéressant d'avoir un peu plus de plaisir à le lire!
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   21 septembre 2018
L'endroit le plus érotique d'un corps n'est-il pas là où le vêtement bâille ? Dans la perversion (qui est le régime du plaisir textuel) il n'y a pas de “ zones érogènes ” (expression au reste assez casse-pieds) ; c'est l'intermittence, comme l'a bien dit la psychanalyse, qui est érotique : celle de la peau qui scintille entre deux pièces (le pantalon et le tricot), entre deux bords (la chemise entrouverte, le gant et la manche) ; c'est ce scintillement même qui séduit, ou encore : la mise en scène d'une apparition-disparition.
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blanchenoirblanchenoir   06 mai 2014
Si je lis avec plaisir cette phrase, cette histoire ou ce mot, c'est qu'ils ont été écrits dans le plaisir (ce plaisir n'est pas en contradiction avec les plaintes de l'écrivain). Mais le contraire ? Ecrire dans le plaisir m'assure-t-il - moi, écrivain - du plaisir de mon lecteur ? Nullement. Ce lecteur, il faut que je le cherche, (que je le "drague"), SANS SAVOIR OU IL EST. Un espace de la jouissance est alors créé. Ce n'est pas la "personne" de l'autre qui m'est nécessaire, c'est l'espace : la possibilité d'une dialectique du désir, d'une imprévision de la jouissance : que les jeux ne soient pas faits, qu'il y ait un jeu.
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blanchenoirblanchenoir   08 mai 2014
Être avec qui on aime et penser à autre chose : c'est ainsi que j'ai les meilleures pensées, que j'invente le mieux ce qui est nécessaire à mon travail. De même pour le texte : il produit en moi le meilleur plaisir s'il parvient à se faire écouter indirectement ; si, le lisant, je suis entraîné à souvent lever la tête, à entendre autre chose. Je ne suis pas nécessairement CAPTIVE par le texte de plaisir ; ce peut être un acte léger, complexe, ténu, presque étourdi : mouvement brusque de la tête, tel celui d'un oiseau qui n'entend rien de ce que nous écoutons, qui écoute ce que nous n'entendons pas.
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PiatkaPiatka   27 février 2015
C'est le rythme même de ce qu'on lit et de ce qu'on ne lit pas qui fait le plaisir des grands récits : a-t-on jamais lu Proust, Balzac, Guerre et paix, mot à mot ? ( Bonheur de Proust : d'une lecture à l'autre, on ne saute jamais les mêmes passages. )
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PiatkaPiatka   18 février 2015
Tout le monde peut témoigner que le plaisir du texte n'est pas sûr : rien ne dit que ce même texte nous plaira une seconde fois ; c'est un plaisir friable, délité par l'humeur, l'habitude, la circonstance, c'est un plaisir précaire.
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Videos de Roland Barthes (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roland Barthes
“Roland Barthes, un enragé du langage” : Un documentaire de Joseph Confavreux et Chantal Barquisseau. Émission “L'heure du documentaire” : diffusion sur France Culture le 21 juillet 2015. Rediffusion de l’émission « Surpris par la nuit » du 04/12/2002. © Photographie : Portrait réalisé par Michel Delaborde cinquante jours avant la mort de Roland Barthes pour la revue Culture et Communication, 5 février 1980. Barthes (1915-1980) est-il encore « actuel » ? Ou plutôt que reste-t-il aujourd’hui de cet auteur dont le pluriel du nom annonce le pluriel des pratiques d’écriture ? Barthes et le théâtre, Barthes et la lecture, Barthes et la photographie, Barthes critique, Barthes enseignant, Barthes et la littérature, Barthes amoureux… Tous les Barthes sont-ils encore féconds, beaux, utiles, surprenants ? Avec ceux qui l’ont connu, ceux qui l’ont aimé, ceux qui l’ont étudié, ceux qui l’ont quitté et ceux qu’il a quittés, nous dressons un bilan du grand incitateur parfois dépassé par ce qu’il avait mis en place. Ce documentaire saisit Roland Barthes au travail, Roland Barthes enseignant, Roland Barthes dans l’intimité des pratiques d’écriture et des énergies de lecture qui laissent lire des lignes transversales dans une œuvre éclectique. Ce documentaire a été réalisé à la suite d’une exposition Barthes au Centre Pompidou et de la publication (papier et CD) de ses cours au Collège de France, ainsi que la reparution des œuvres complètes en cinq nouveaux volumes. Avec : Michel Vinaver, Marc Augé, Maurice Nadeau, Éric Marty, Philippe Sollers, Tzvetan Todorov, Jean-Loup Rivière, Chantal Thomas, Carlo Ossola, Denis Roche, Tiphaine Samoyault, Tom Bishop, Daniel Percheron, Jérôme Bel...
Thèmes : Documentaire| Société| Écriture| Littérature| Photographie| Roland Barthes
Source : France Culture
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