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EAN : 9782707318916
212 pages
Éditeur : Editions de Minuit (01/10/2004)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 121 notes)
Résumé :
De même que Dante chemine de cercle en cercle pour atteindre son Enfer ou son Paradis, de même est-ce, chacun dans un cercle bien distinct, que Samuel Beckett situe les trois principaux protagonistes de sa trilogie, Molloy, Malone meurt et L'Innommable, afin qu'ils atteignent, peut-être, le néant auquel ils aspirent.
D'un roman à l'autre, ce cercle est de plus en plus réduit. Le cercle imparti à l'Innommable se réduit à un point, c'est le trou noir au centre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
blanchenoir
  18 mai 2016
Qui parle ?
Eux ? Lui ? Moi ?
Que dire lorsqu'il n'y a rien à dire ?
Et cette voix... Omniprésente...
"Je ne poserais plus de questions, il n'y a plus de questions, je n'en connais plus. Elle sort de moi (cette voix), elle me remplit, elle clame contre mes murs, elle n'est pas la mienne, je ne peux pas l'arrêter, je ne peux pas l'empêcher, de me déchirer, de me secouer, de m'assiéger. Elle n'est pas la mienne, je n'en ai pas, je n'ai pas de voix et je dois parler, c'est tout ce que je sais…"
Déconcertant et troublant, L'innommable place le lecteur au coeur d'une écriture sans mesure. Pas d'auteur, ni de sujet. Une fragmentation, un régal. Un livre réjouissant...
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Apoapo
  05 février 2016
Expérience inoubliable et inqualifiable, que cette lecture: mon premier roman de Beckett. Une lecture très difficile, d'un roman génial. Mais que reste-t-il du roman? Essayons de procéder en ordre. Il s'agit d'un monologue intérieur, mais, à l'encontre de l'exemple joycien, le flux de conscience du personnage est totalement méconnaissable. Car enfin, peut-on parler de flux de conscience chez un personnage (ou peut-être trois...?) qui parle en refusant la pensée - ou peut-être qui en est incapable? Il parle pour exister, en souhaitant se libérer de sa condition d'exister, donc peut-être parle-t-il pour cesser d'exister. D'autre part il s'agit du degré zéro de l'existence: immobile, sans membres ni véritables organes de perception, confiné dans un trou noir qui peut être l'espace à dimension zéro - le point... Un espace théâtral plutôt sombre. Inutile de préciser que le narratif est totalement banni: pas d'évolution, pas d'histoire. le seul roman que je connaisse qui ne dérive ni de l'Iliade ni de l'Odyssée (dérivation mise en évidence par Queneau).
Succession (qui peut être absolument infinie) de pures apories:
"Par pure aporie ou bien par affirmations et négations infirmées au fur et à mesure, ou tôt ou tard? Cela d'une façon générale. Il doit y avoir d'autres biais. Sinon ce serait à désespérer. Mais c'est à désespérer. A remarquer, avant d'aller plus loin, de l'avant, que je dis aporie sans savoir ce que ça veut dire"...
Cela donne le ton des 200 et quelques pages, qui, bien entendu, ne sont aucunement divisées en chapitres ni même en paragraphes... Je ne résiste cependant pas à omettre de citer le véritable incipit, qui m'a fait rêver (et prendre en main le livre):
"Où maintenant? Quand maintenant? Qui maintenant? Sans me le demander. Dire je. Sans le penser. Appeler ça des questions, des hypothèses. Aller de l'avant, appeler ça aller, appeler ça de l'avant."...
Je sais que l'influence de ces phrases sur moi sera durable. Pourtant je suis incapable de noter cette lecture. Parfois j'ai eu envie de hurler et de lancer le bouquin au plus loin de moi!
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Sivoj
  15 juillet 2017
Il y a suffisamment de critiques élogieuses de L'Innommable pour que je n'y ajoute pas la mienne. À aucun moment la lecture de ce dernier livre de la trilogie ne m'a semblé indispensable ; quasiment tout ce qu'on y lit Beckett l'a déjà fait dans Molloy ou dans Malone meurt.
Au lieu d'être prisonnier de sa chambre le personnage est prisonnier de sa propre tête ; et au lieu d'intervertir les récits narratifs de ses faux souvenirs avec des monologues intérieurs digressifs, nous avons ici presque uniquement du monologue intérieur, avec certes des passages intéressants où l'on suit une pensée chaotique dans un "courant de conscience", mais qui constitue surtout pour le personnage une manière de parler pour parler, pour se maintenir en vie, par peur de ce qui se passerait s'il s'arrêtait, et sa peur du silence le conduit à meubler, à occuper le terrain de la parole, du discours sur rien. Il lance des hypothèses sur la nature de sa situation (conscience sans corps, sans souvenir ni identité, et proche de la mort), des hypothèses sur ces hypothèses, encore d'autres sur ses hallucinations visuelles et auditives (à moins que ce ne soit le son de sa propre voix, mais a-t-il une voix ?), sur la nature de ces voix (à qui sont-elles, à lui ou aux autres, qui parle quand il parle, est-il lui-même, et que ce passerait-il s'il se taisait ?), mais quoi qu'il arrive il faut qu'il continue à parler, qu'il trouve quelque chose à dire et vite vite il trouve toujours de quoi remplir sa page. L'intérêt de la démarche est surtout conceptuel, c'est le fameux roman "avec le moins de matière" dont aurait rêvé Flaubert.
Plus concrètement, il s'agit de de 210 pages de babillages stériles. J'adore Beckett mais là c'est trop : lourd, indigeste, ennuyeux et gratuit.
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Warrenbismuth
  06 mai 2020
« L'innommable » est l'ultime volet de la trilogie sans nom, après « Molloy » et « Malone meurt ». Comme ses grands frères, il est obscur, opaque et surtout décharné. À chaque page ou presque le narrateur (Mahood, Worm, un autre ?) perd un bout de son corps. Pas sûr qu'en début de livre il était entier, mais certain qu'à la fin il ne reste plus rien. Sur ce point, ce roman difficile d'accès peut être placé près de « La peau de chagrin » De BALZAC, mais seulement sur ce point. Pour le reste, il est résolument original et tortueux et loin du classicisme.
Des personnages des deux premiers tomes de la trilogie réapparaissent, furtivement. Molloy et Malone notamment. Mais sont-ce bien eux ? Comme toujours chez BECKETT, une réflexion apporte une question, une réponse puis une contre-réponse. Nous ne sommes jamais sûrs de rien. le narrateur (qui ?) est immobile, dans une chambre, sur une île. C'est tout. « Je n'ai besoin de rien savoir sur moi ». Sa vue baisse. Ah, il est insomniaque. Et seul. Très seul. Encore que. Car il croise de nombreux personnages dans cette histoire (notamment ceux de sa toute première trilogie démarrée avec « Watt », ici entraperçus), mais n'est-ce pas uniquement en pensée, en souvenir ou en imagination ? N'a-t-il pas inventé ces formes humaines ? J'oubliais : il est unijambiste. Et peu à peu devient sourd. Muet. du moins c'est ce que l'on croit comprendre. On voit deux moignons à la place des mains. Choc ultime : son corps rétrécit. « Ayant déjà perdu une jambe, il est vraisemblable en effet que j'aie pu égarer l'autre. de même pour les bras. Transition facile, en somme. Même que dire de cette autre vieillesse dont ils m'ont gratifié, si j'ai bonne mémoire, et de cette autre maturité, auxquelles il ne manquait ni bras ni jambes, mais seulement la faculté d'en tirer parti ? ».
Dans ce roman on navigue en pleine opacité, pas de décor, pas de temporalité pour se repérer, quasiment pas d'espace, aucun repère géographique. Une île, mais cette information non plus n'est pas vérifiée. Ni vérifiable. Les phrases se font de plus en plus longues, voire presque interminables. Mais décharnées, ça me paraît définitivement le terme le plus approprié. BECKETT excelle dans la déconstruction de la littérature. Écrire un roman sans intrigue, sans dialogues, sans vis-à-vis, sans décor, sans à-côté, sans rien de palpable, c'est le génie de BECKETT. Des sensations, une perte progressive de tout aspect humain. Cette perte, inaugurée avec « Molloy », s'est poursuivie dans « Malone meurt », avant l'apothéose du néant dans cet « Innommable ». Cet « Innommable » qui, en plus de la déchéance du corps, peu à peu puis de plus en plus rapidement, perd parallèlement son humour ‘so british'. Il devient pesant, poisseux, comme nihiliste.
« À aucun moment je ne sais de quoi je parle, ni de qui, ni de quand, ni d'où, ni avec quoi, ni pourquoi, mais j'aurais besoin de cinquante bagnards pour cette sinistre besogne qu'il me manquerait toujours un cinquante et unième, pour fermer les menottes, ça je le sais, sans savoir ce que ça veut dire ». C'est peut-être cette phrase du livre qui reflète le mieux BECKETT et son univers.
« Faisons comme si j'étais seul au monde, alors que j'en suis le seul absent ». Trilogie clinique et mathématique, comme dénuée de fondement, et pourtant elle explique tellement. le dernier volet est sorti en 1953 aux éditions de Minuit, il est régulièrement réédité dans cette maison depuis.
https://deslivresrances.blogspot.fr/

Lien : https://deslivresrances.blog..
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simeon
  17 septembre 2013
Troisième et dernier volet de la trilogie de Beckett.
Quatre Étoiles pour ce livre difficile mais important dans l'histoire de la littérature.
Il bouscule les conventions et va au bout du non événement, il clos avec brio cette trilogie dans laquelle la mobilité des personnages va en s'amenuisant.
Beckett va aux sources du roman, du langage, en explore les recoins les plus obscurs et va aux limites de la narration, il ne reste au lecteur aucun cheminement logique auquel se raccrocher, aucune certitude, rien que des suppositions issus d'une personne qui n'est pas sure d'en être une, son corps, son identité sont flous, morcelés, inconnus. le narrateur est réduit à une voix dont il doute même de l'existence, est-il le fruit d'une invention, un mensonge, une idée? Il n'est même pas certain de son identité, les autres personnages récurrents de ces trois romans ne seraient-ils pas issus de son imagination?
Lu a haute voix, une musique se dégage de ce monologue et lui donne corps. Certains passages sont très drôles pour autant que l'on affectionne l'humour noir et l'absurde.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   03 décembre 2009
on s'est toujours raconté n'importe quoi.... ne cherchant plus, cherchant encore, ne trouvant rien, trouvant enfin, ne trouvant plus...... sans savoir quoi, sans savoir où, où est la nature, où est l'entendement...... où sont les autres ? qui est ce qui parle, ce n'est pas moi qui parle... que je sois cela, que je crie, que je bouge, que je sorte d'ici, que je naisse, que je meure, que j'écoute..... les mots sont partout, dans moi, hors de moi.... je suis fait de mots.... où que j'aille je me retrouve, m'abandonne, vais vers moi, viens de moi.... peur du bruit, peur des bruits, bruits des bêtes, bruits des hommes, bruits du jour et de la nuit..
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HebephrenieHebephrenie   20 juin 2010
Ce sera moi, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots, tant qu'il y en a, il faut les dire, jusqu'à ce qu'ils me trouvent, jusqu'à ce qu'ils me disent, étrange peine, étrange faute, il faut continuer, c'est peut-être déjà fait, ils m'ont peut-être déjà dit, ils m'ont peut-être porté jusqu'au seuil de mon histoire, devant la porte qui s'ouvre sur mon histoire, ça m'étonnerait, si elle s'ouvre, ça va être moi, ça va être le silence, là où je suis, je ne sais pas, je ne le saurai jamais, dans le silence on ne sait pas, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer.
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alzaiaalzaia   28 mars 2016
Moi, je ne parlerai plus de corps et de trajectoire, du ciel et de la terre je ne sais pas ce que c'est. Ils me l'ont dit, expliqué, décrit, comment c'est tout ça, à quoi ça sert, mille fois, les uns après les autres, aux propos les plus divers, dans une unanimité parfaite jusqu'à que j'ai eue l'air d'être véritablement au courant. Qui dirait à m'entendre que je n'ai rien vu, rien entendu que leur voix ? Les hommes aussi qu'est-ce qu'ils ont pu me chapitrer sur les hommes, avant même de vouloir m'y assimiler. Tout ce dont je parle, avec quoi je parle c'est d'eux que je le tiens. Moi je veux bien, mais ça ne sert à rien, ça n'en finit pas. C'est de moi maintenant que je dois parler, fût-ce avec leur langage, ce sera un commencement, un pas vers le silence, vers la fin de la folie, celle d'avoir à parler et de ne le pouvoir, sauf de choses qui ne me regardent pas, qui ne comptent pas, auxquelles je ne crois pas, dont ils m'ont gavé pour m'empêcher de dire qui je suis, où je suis, de faire ce que j'ai à faire de la seule manière qui puisse y mettre fin, de faire ce que j'ai à faire. Ils ne doivent pas m'aimer. Ah ils m'ont bien arrangé, mais ils ne m'ont pas eu, pas tout à fait encore. Témoigner pour eux, jusqu'à ce que j'en crève, comme si on pouvait crever à ce jeu-là, voilà ce qu'ils veulent que je fasse. Ne pas pouvoir ouvrir la bouche sans les proclamer, à titre de congénère, voilà ce à quoi ils croient m'avoir réduit. M'avoir collé un langage dont ils s'imaginent que je ne pourrai jamais me servir sans m'avouer de leur tribu, la belle astuce. Je vais le leur arranger, leur charabia. Auquel je n'ai jamais rien compris du reste, pas plus qu'aux histoires qu'il charrie, comme des chiens crevés. Mon incapacité d'absorption, ma faculté d'oubli, ils les ont sous-estimées. Chère incompréhension, c'est à toi que je devrai d'être moi à la fin. Il ne restera bientôt plus rien de leurs bourrages. C'est moi alors que je vomirai enfin, dans des rots retentissants et inodores de famélique, s'achevant dans le coma, un long coma délicieux.
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brigetounbrigetoun   03 décembre 2009
Je ne poserais plus de questions, il n’y a plus de questions, je n’en connais plus. Elle sort de moi (cette voix), elle me remplit, elle clame contre mes murs, elle n’est pas la mienne, je ne peux pas l’arrêter, je ne peux pas l’empêcher, de me déchirer, de me secouer, de m’assiéger. Elle n’est pas la mienne, je n’en ai pas, je n’ai pas de voix et je dois parler, c’est tout ce que je sais…
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brigetounbrigetoun   03 décembre 2009
Ah mais un petit filet de voix d’homme forcé, pour murmurer ce que leur humanité suffoque, aux oubliettes, garrotté, au secret, au supplice, un petit halètement de condamné à vivre, pour balbutier ce que c’est que d’avoir à célébrer la relégation, attention. Pah, ils sont tranquilles, je suis emmuré de leurs vociférations, personne ne saura jamais ce que je suis, personne ne me l’entendra dire, même si je le dis, et je ne le dirai pas, je ne pourrai pas, je n’ai que leur langage à eux, si, si, je le dirai peut être, même dans leur langage à eux, pour moi seul, pour ne pas avoir vécu en vain, et puis pour pouvoir me taire, si c’est ça qui donne le droit au silence, et rien n’est moins sûr, c’est eux qui détiennent le silence, qui décident du silence…
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Videos de Samuel Beckett (115) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samuel Beckett
Samuel Beckett : Oh les beaux jours avec Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault (1964 / France Culture). Photo de Samuel Beckett © Reg Lancaster / Getty Images. Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud dans “Oh les beaux jours” en 1967 • Crédits : Buhs/Remmler/ullstein - Getty Images. Présentation par André Saudemont. Mise en scène : Roger Blin. En 1964, France Culture proposait une captation de la pièce de Samuel Beckett “Oh les beaux jours” créée par Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault dans une mise en scène de Roger Blin, et jouée sur la scène du Théâtre de l'Odéon. Il s'agissait de la première mise en scène de cette pièce écrite en 1961 par Beckett. Diffusion sur France Culture le 16 février 1964. Présentation de la pièce : Au milieu d’un paysage de désert brûlé, une sonnerie stridente retentit. Winnie se réveille et vaque à ses occupations sous le soleil du zénith. Elle a le corps enterré dans le sable jusqu’au-dessus de la taille puis jusqu’au cou. Bien qu’absorbée progressivement par la terre, elle se sent légère et feint d’ignorer son ensablement. Avec une innocence gracieuse, elle prie, se prépare, discourt, fredonne, se plaint, se remémore des bribes de souvenirs, et fait l’inventaire de son sac et de ses objets familiers. Elle s’adresse à son tendre ami Willie, que l’on aperçoit à peine et qui pousse de temps en temps quelques grognements. Winnie s’accommode de son malheur avec grâce et joue à s’imaginer qu’elle vit de beaux jours. http://www.theatre-traduction.net/tex....
Source : France Culture
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