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EAN : 9782707301413
56 pages
Editions de Minuit (01/05/1970)
  Existe en édition audio
3.7/5   168 notes
Résumé :
Nouvelle écrite en français (datée « 1945 »)

Cette nouvelle de Beckett, auteur billingue, est publié en 1946, époque où l'auteur revendique des références allant de Joyce à Dante ou encore Proust. Une écriture simple et précise est un portrait de l'homme moderne.
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Ambages
  13 janvier 2017
Un texte magnifique avec tant de fulgurances ! Lu trois fois de suite. Je voudrais l'apprendre par coeur ...si je n'étais pas si paresseuse. Lors de la lecture, j'ai évidemment ressenti le détachement que l'on trouve dans L'Étranger mais avec en plus un humour incisif, noir que j'apprécie énormément. C'est absurde mais je crois que la vie l'est, non ? Alors peut-être que c'est vrai. Comment exprimer ces choses que l'on ne comprend pas raisonnablement. J'ai eu l'impression que cet homme, le narrateur, avait une nette préférence pour la mort parce qu'il ne trouvait pas grand intérêt à l'absurdité de la vie. Ridicule ? Non logique. Je me suis sentie parfois tellement en phase avec ses idées. Pas forcément avec ses actes, je ne dors pas en m'accrochant à la cocotte, même si la cocotte… Son Premier amour rassemble des moments où il se sent à côté des choses, à côté des gens, sans en être. Il est parfois regrettable d'avoir parlé parce qu'on y perd une partie de soi, en la donnant dans la parole et l'autre s'engouffre dans cette minuscule brèche pour vous gêner in fine. Que dire, alors ? Qu'il fait bon errer dans un cimetière, que les morts nous sont proches, que les vivants puent. Je traînasse, vaille que vaille. Mais, les autres se chargent d'orienter ma route. Je ne leur ai rien demander à ses couillons. J'aspire à l'immuabilité et au silence. Bref, je laisse là ce petit billet qui de toute manière n'a pas grande signification ni même fondement, honneur à Beckett et sa prose que je viens de découvrir et qui vous parlera...ou pas.
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Floyd2408
  27 septembre 2020
Lorsque j'ai lu le titre Premier amour, je n'ai pas oublié le roman d'Ivan Sergueïevitch Tourgueniev publié en 1860, puis de cet embrasement des passions, je me souviens aussi de mon premier amour, j'ai un doute sur le mot premier, c'est assez troublant de savoir qu'il a était ce premier amour, je n'oublie pas celui qui a tout chamboulé en moi, amour est essentiel à cela mais premier, ce n'est pas nécessairement celui-là, qui peut nous dire, je n'oublie pas mon premier amour; d'enfant, d'école maternelle, en famille, ces amours s'évaporent avec le temps des évènements qui s'effacent pour d'autres, notre cerveau sélectionne ce que l'on retient, Premier de Samuel Beckett semble être plus qu'un souvenir, c'est une trace indélébile de son caractère qui s'affirme à travers une situation multiple où ses sens sont malgré lui tiraillés de toutes sortes. Samuel Beckett est un auteur Irlandais, surtout connu pour ces pièces absurdes, la crise existentialiste est au coeur de ces trames, comme Sartre et Camus, il explore les chemins de l'existence à travers une humanité qu'il exhorte de sa misanthropie. Cette nouvelle assez courte fut rédigée en 1946, en langue française, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, a-t-elle une autobiographie avec l'auteur !
Le titre Premier amour est souvent la narration, comme la nouvelle d'Ivan Sergueïevitch Tourgueniev , d'ailleurs Samuel Beckett lui a emprunter son titre, l'histoire d'amour qui marque celui qui le subit, ou le vit, selon la situation auquel le protagoniste l'entrevoit, hors Samuel Becket ne raconte pas une histoire d'amour, au sens strict de le signification du mot amour, et encore moins premier, ce trouble dans cette prose courte semble être le rapport du narrateur, car celle-ci est au style direct, à la première personne du singulier, ce « je » , ce narrateur et l'auteur , pour être plus précis, donne au texte une valeur encore plus complexe sur l'absurdité du récit et le titre, je n'oublie pas le titre d'un roman de Boris Vian L'automne à Pékin, il n'y a aucun rapport entre ce titre et l'histoire en elle-même, Samuel Beckett entraine le lecteur dans une réflexion plus profonde sur ce titre, car il y a bien une relation entre la narrateur est une femme au nom de Lulu, est-ce le coeur de cette nouvelle, ou le stigmate de l'esprit de cet auteur, liant la mort et la naissance, l'un au début , la mort, qui devrait être une fin en soi, et la naissance à la fin, comme le début de la vie, beaucoup de questions sommeillent dans l'esprit du lecteur que je suis et que d'autres auront, mais nous sommes tous différent, je vais peut-être trop en profondeur de ce texte et j'interprète celui-ci avec une approche trop personnelle, incombant ma propre expérience de vie et de lectures diverses agrément mon existence. Je tiens à dire, que j'ai lu le texte deux fois, aussitôt terminé, je suis revenu au début pour le relire, c'est presque un réflexe magnétique, je me suis fait happé par ces mots, comme dans une tornade, je me suis fait attrapé par la virtuosité prosaïque de Samuel Beckett, surtout par la magie des mots et leurs sens multiples.
Comme je vous l'ai dit, la mort est présente, celle du père du narrateur scelle l'association à jamais avec celui de son mariage, qui à la fin du livre sera représenté comme juste une union, mort et union se tienne la main dans les souvenirs de l'auteur. La mort en devient plus noble et présente, elle ne se cache plus, la mort pour l'auteur est un début, celui du narrateur aux premiers de sa prose. le narrateur aime flâner dans les cimetières, il y pique-nique, il redonne à ce lieu, un visage différent, ce paysage où la mort est là, où le sac de peau de tous ces morts sont là, enterrés, sous des stèles diverses, plus ou moins ornementales, entre précarités, rudimentaires et l'ostentatoire de la richesse familiale, le narrateur aime lire ces noms et les épitaphes inscrites, il ose même nous dévoiler la sienne, elle devient vivante avant sa mort pour définir sa futur existence.
« Ci-gît qui y échappa tant
Qu'il n'en échappe que maintenant »
Ce côté obscure de notre narrateur, d'aimer l'odeur des morts que celle des vivants, il déteste l'être humain, il dit cette phrase si cruelle sur les gens lors de sa rencontre avec cette femme inconnue, du doux nom de Lulu.
« le tort qu'on a, c'est d'adresser la parole aux gens »
Mais il a que cette solitude qui ne pèse pas sur notre narrateur et ses douleurs physiques, le poids des autres, et celui de son environnement, il ne les comprend pas, comme sa mise à la porte de sa chambre après la mort de son père, il se retrouve à la rue, même la compagnie de cette femme devient un souci, hésitant sur ses sentiments, l'amour qu'il écrit de son noms sur des bouses de vache, ces sentiments nouveaux qu'il découvre anime en lui trop de peur , comme une forme d'arrogance, il fuit au-delà de lui cette fausse passion cet anamour, ce néologie cher à Serge Gainsbourg. Notre narrateur parle peu, il pense énormément, ce récit est comme les pérégrinations d'un schizophrène sur les routes de son cerveau qui s'entrecroisent, une sorte de purgatoire, il se souvient de ces 25 ans, d'être cet homme moderne qui bande encore, tout est incertitude dans sa tête, cette confusion est ironique, celle-ci est empreint de beaucoup d'humour.
Cet humour est présent dans cette nouvelle, comme retourner au cimetière pour connaitre la naissance de son père et la notant sur un papier ainsi que la date de sa mort, qu'il gardera dans sa poche, et s'exclame par dérision de connaitre sa propre date de naissance. Il y a aussi ce côté scatophile, avec le nom inscrit sur les bouses de vache, cette anecdote aussi de notre narrateur assit sur le trône, constipé, écartant ses fesses pour déféquer, recherchant la cause de cette constipation, cette anxiété qui le ronge, puis tout s'entremêle dans son esprit , confondant avec la diarrhée. Lorsque la jeune femme se présente, de son prénom Lulu, ou Loulou selon l'origine Française ou Anglo-saxonne pour le prononcer, notre narrateur change son prénom pour Anne, la simplicité d'une seule syllabe, Samuel Beckett s'amuse de rendre cette prostituée invisible par cette multitude de prénoms, leur relation est assez précaire , peu de conversation, une chanson interprétée par cette femme, une chambre qu'il dénude de tous ses meubles, pour un minimaliste de confort, et faisant chambre à part, découvrant par le bruit son travail de prostituée, lui demandant de faire moins de brouhaha, avec une indifférence totale de son métier , comme lui demandant d'avorter toute suite, il fuit la vie, il est attiré par la mort , il est cynique , il est dans les profondeurs d'un pessimiste de la vie , comme Cioran qui deviendra son ami. Cette légèreté Beckettienne enveloppe le caractère méprisent de notre narrateur face à la grossesse inattendue de cette jeune femme rencontrée sur un banc, un soir, ce moment romanesque, qui ne le sera pas aux yeux du narrateur, préférant avoir des caprices de femmes enceintes, désirant manger des panais, l'ubuesque de ces panais, sont le souvenir qu'ils représentent, les panais ont le gout des violettes, les violettes ont le parfum des panais, la confusion l'anime, le mépris de cet enfant futur…
La fin est une fuite du narrateur, poursuivi par le cri du bébé naissant de Lulu, cet écho le poursuit, il va vers une destinée sans enfant , sans cette femme, vers un amour qu'il n'oubliera jamais, comme il le dit l'amour ne se commande pas .
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Myriam3
  25 septembre 2021
On ne sait pas vraiment qui est cet homme, chassé de la maison de son père à la mort de celui-ci (le seul qui semble s'être jamais occupé de lui), dont les paroles oscillent entre une relative indifférence à ce qui l'entoure et une extrême sensibilité. Lui, d'ailleurs, ne semble pas le savoir non plus, tout comme il dit ne rien connaître ni comprendre, que ce soit les femmes, les hommes, les animaux, les douleurs qui l'occupent et même lui-même.
L'amour, enfin, il ne le saisit pas vraiment, mais il sait, ou plutôt comprend, qu'il l'éprouve un jour pour une jeune femme, et ça le travaille.
C'est un roman à moitié écrit et à moitié parlé, si ça peut vouloir dire quelque chose! Il y a, par moments des fulgurances dans la narration, l'intervention d'un auteur travaillant son texte qui m'ont beaucoup plu, comme certaines phrases qui m'ont carrément fait rire. Bref, clairement, l'écriture et le style de Beckett m'interpellent, et je me doutais depuis longtemps que ce serait le cas mais pour l'instant c'est confirmé. A voir pour les suivants!
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ahasverus
  13 mai 2014
Cette nouvelle de Beckett a une trame plus qu'un sujet. Un homme associal vient de perdre son père. Tandis qu'il goûte la paix assis sur un banc sur les bords d'un canal, il est accosté par son premier amour, une prostituée.
Définitivement, "le tort qu'on a, c'est d'adresser la parole aux gens".
Étrange personnage ! Il aime se promener dans les cimetières et entrevoit dans le masque de son père mort "la possibilité d'une esthétique de l'humain".
Il y a dans ce récit surréaliste l'absurde de Ionesco, la distance de l'étranger de Camus, le désespoir tendre de Gary. Mais les mots sont de Beckett -voyez les citations.
Ils composent une oeuvre imprévisible et sautillante. Une oeuvre capable de demi-tours et de revirements, désarçonnante, courte mais indispensable .55 pages intemporelles à dévorer.
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Nuageuse
  03 janvier 2020
A travers cette nouvelle, Beckett me fascine et me rebute à la fois. Une nouvelle à ne pas lire quand on a le cafard.
Beckett ressort son côté scatologique sans tomber dans le vulgaire et c'est rare. Ne lisez pas ce texte en mangeant ou juste après manger si vous voulez éviter les nausées.
Je me rappelle que ce dernier est présent dans Fin de Partie également, moins d'En Attendant Godot.
Le narrateur après la mort de son père quitte tout pour se retrouver à la rue (non pas parce qu'il n'hérite de rien, bien au contraire) et tombe amoureux d'une prostituée appelée Lulu.
L'absurde est toujours présent : je pense au passage des dates inscrites sur la tombe de son père et la comparaison avec sa date de naissance qu'il n'oublie pas (encore heureux !) .
Premier amour ne m'a toujours pas réconciliée avec les cimetières... (même s'ils peuvent être d'excellents lieu de pique-nique selon certains).
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Roxane25Roxane25   06 juillet 2015
Puis avec un peu de chance on tombe sur un véritable enterrement, avec des vivants en deuil et quelquefois une veuve qui veut se jeter dans la fosse, et presque toujours cette jolie histoire de poussière, quoique j'aie remarqué qu'il n'y a rien de moins poussiéreux que ces trous-là, c'est presque toujours de la terre bien grasse, et le défunt non plus n'a encore rien de spécialement pulvérulent, à moins d'être mort carbonisé. C'est joli quand même, cette petite comédie avec la poussière.
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Myriam3Myriam3   24 septembre 2021
Elles (les épitaphes) ne m'ont jamais déçu, les inscriptions, il y en a toujours trois ou quatre d'une telle drôlerie que je dois m'agripper à la croix, ou à la stèle, ou à l'ange, pour ne pas tomber. La mienne, je l'ai composée il y a longtemps et j'en suis toujours content, assez content. Mes autres écrits, ils n'ont pas le temps de sécher qu'ils me dégoûtent déjà, mais mon épitaphe me plaît toujours.
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AngelineBailleulAngelineBailleul   26 avril 2018
"Ce que je connais le moins mal, ce sont mes douleurs. Je les pense toutes, tous les jours, c’est vite fait, la pensée va si vite, mais elles ne viennent pas toutes de la pensée […]. D’ailleurs je les connais mal aussi, mes douleurs. Cela doit venir de ce que je ne suis pas que douleur. Voilà l’astuce. Alors je m’en éloigne, jusqu’à l’étonnement, jusqu’à l’admiration, d’une autre planète. Rarement, mais cela suffit. Pas bête, la vie. N’être que douleur, que cela simplifierait les choses ! Être tout-dolent"
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CorinneCoCorinneCo   15 novembre 2013
Je leur proposais notamment de m'occuper de la serre chaude. Là, j'aurais volontiers passé trois ou quatre heures par jour, dans la chaleur, à soigner les tomates, les œillets, les jacinthes, les semis. Il n'y avait que mon père et moi pour comprendre les tomates, dans cette maison.
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KiyoakiKiyoaki   21 mars 2021
La chose qui m'intéressait moi, roi sans sujets, celle dont la disposition de ma carcasse n'était que le plus lointain et futile des reflets, c'était la supination cérébrale, l'assoupissement de l'idée de moi et de l'idée de ce petit résidu de vétilles empoisonnantes qu'on appelle le non-moi, et même le monde, par paresse. (...) c'est pénible de ne plus être soi-même, encore plus pénible que de l'être, quoi qu'on en dise.
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Écrivaine et dramaturge, Christine Angot est l'une des écrivaines les plus lues en France. C'est son roman « L'Inceste » qui la révèle au grand public en 1999 et lui donne la place unique qu'elle occupe aujourd'hui sur la scène littéraire. Elle compose une oeuvre marquée par la relation incestueuse imposée par son père, un thème qu'elle a abordé bien avant qu'il n'émerge à la faveur du mouvement #MeToo, traumatisme sur lequel elle apporte un nouvel éclairage dans son dernier roman, « le Voyage dans l'Est », qui lui a valu cette année le prix Médicis. Née en 1959 à Châteauroux, elle a souvent dépeint cette ville, décor de son enfance, notamment dans « Un amour impossible », adapté au cinéma par Catherine Corsini en 2018. Guidée par l'urgence absolue d'écrire et la recherche d'une «vérité vivante», elle sonde au fil de ses romans (plus de vingt à ce jour) les relations humaines, amoureuses, dans la famille comme dans la société.
Au cours de ce grand entretien mené par Laure Adler, il est question du style Angot, de sa plume incisive et puissante, mais aussi des réactions – jamais indifférentes – que suscitent régulièrement ses prises de position en tant qu'artiste. L'écrivaine revient sur les grandes figures littéraires qui l'ont marquée, Proust, Duras ou Beckett. Il est aussi question de son travail d'écriture pour le théâtre, de la question de l'adaptation avec le témoignage de Pauline Gaillard, monteuse des films de Valérie Donzelli et de Sébastien Lifshitz.
Pour finir, Christine Angot se livre à l'un de ses exercices favoris, la lecture sur scène de ses propres textes, offrant ainsi aux spectateurs de la Criée la puissance mélodique de sa langue.
Un grand entretien animé par Laure Adler et Nicolas Lafitte et enregistré en public le 27 mai 2022 au théâtre de la Criée, à Marseille, lors de la sixième édition du festival Oh les beaux jours !
À lire : — « le Voyage dans l'Est », Flammarion, 2021. — « Un amour impossible », Flammarion, 2015. — « L'Inceste », Gallimard, 1999.
Podcast & replay sur http://ohlesbeauxjours.fr #OhLesBeauxJours #OLBJ20
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