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EAN : 9782707301413
56 pages
Éditeur : Editions de Minuit (01/05/1970)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.71/5 (sur 157 notes)
Résumé :
Nouvelle écrite en français (datée « 1945 »)

Cette nouvelle de Beckett, auteur billingue, est publié en 1946, époque où l'auteur revendique des références allant de Joyce à Dante ou encore Proust. Une écriture simple et précise est un portrait de l'homme moderne.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  13 janvier 2017
Un texte magnifique avec tant de fulgurances ! Lu trois fois de suite. Je voudrais l'apprendre par coeur ...si je n'étais pas si paresseuse. Lors de la lecture, j'ai évidemment ressenti le détachement que l'on trouve dans L'Étranger mais avec en plus un humour incisif, noir que j'apprécie énormément. C'est absurde mais je crois que la vie l'est, non ? Alors peut-être que c'est vrai. Comment exprimer ces choses que l'on ne comprend pas raisonnablement. J'ai eu l'impression que cet homme, le narrateur, avait une nette préférence pour la mort parce qu'il ne trouvait pas grand intérêt à l'absurdité de la vie. Ridicule ? Non logique. Je me suis sentie parfois tellement en phase avec ses idées. Pas forcément avec ses actes, je ne dors pas en m'accrochant à la cocotte, même si la cocotte… Son Premier amour rassemble des moments où il se sent à côté des choses, à côté des gens, sans en être. Il est parfois regrettable d'avoir parlé parce qu'on y perd une partie de soi, en la donnant dans la parole et l'autre s'engouffre dans cette minuscule brèche pour vous gêner in fine. Que dire, alors ? Qu'il fait bon errer dans un cimetière, que les morts nous sont proches, que les vivants puent. Je traînasse, vaille que vaille. Mais, les autres se chargent d'orienter ma route. Je ne leur ai rien demander à ses couillons. J'aspire à l'immuabilité et au silence. Bref, je laisse là ce petit billet qui de toute manière n'a pas grande signification ni même fondement, honneur à Beckett et sa prose que je viens de découvrir et qui vous parlera...ou pas.
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ahasverus
  13 mai 2014
Cette nouvelle de Beckett a une trame plus qu'un sujet. Un homme associal vient de perdre son père. Tandis qu'il goûte la paix assis sur un banc sur les bords d'un canal, il est accosté par son premier amour, une prostituée.
Définitivement, "le tort qu'on a, c'est d'adresser la parole aux gens".
Étrange personnage ! Il aime se promener dans les cimetières et entrevoit dans le masque de son père mort "la possibilité d'une esthétique de l'humain".
Il y a dans ce récit surréaliste l'absurde de Ionesco, la distance de l'étranger de Camus, le désespoir tendre de Gary. Mais les mots sont de Beckett -voyez les citations.
Ils composent une oeuvre imprévisible et sautillante. Une oeuvre capable de demi-tours et de revirements, désarçonnante, courte mais indispensable .55 pages intemporelles à dévorer.
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Nuageuse
  03 janvier 2020
A travers cette nouvelle, Beckett me fascine et me rebute à la fois. Une nouvelle à ne pas lire quand on a le cafard.
Beckett ressort son côté scatologique sans tomber dans le vulgaire et c'est rare. Ne lisez pas ce texte en mangeant ou juste après manger si vous voulez éviter les nausées.
Je me rappelle que ce dernier est présent dans Fin de Partie également, moins d'En Attendant Godot.
Le narrateur après la mort de son père quitte tout pour se retrouver à la rue (non pas parce qu'il n'hérite de rien, bien au contraire) et tombe amoureux d'une prostituée appelée Lulu.
L'absurde est toujours présent : je pense au passage des dates inscrites sur la tombe de son père et la comparaison avec sa date de naissance qu'il n'oublie pas (encore heureux !) .
Premier amour ne m'a toujours pas réconciliée avec les cimetières... (même s'ils peuvent être d'excellents lieu de pique-nique selon certains).
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JLM56
  05 avril 2012
« Car je savais que je ne serais pas toujours jeune, et que l'été ne dure pas éternellement, ni même l'automne, mon âme bourgeoise me le disait. »
La nouvelle, datée de 1945 n'a été publiée qu'en 1970. Samuel Beckett l'a composée directement en français.
Ecrit à la premier personne, d'un trait lapidaire, ce Premier amour est magnifique et déchirant.
L'histoire démarre juste après la mort du père du narrateur.
A cette époque, il se trouve chassé de sa chambre, où il serait bien resté. Dans ce but, il a même proposé, en échange, de bricoler dans la maison :
« Je leur proposais notamment de m'occuper de la serre chaude. Là, j'aurais volontiers passé trois ou quatre heures par jour, dans la chaleur, à soigner les tomates, les oeillets, les jacinthes, les semis. Il n'y avait que mon père et moi pour comprendre les tomates, dans cette maison. »
Puis, sur un banc, survient sa rencontre avec Lulu. Dès cette première fois, il remarque : « Je sentais l'âme qui s'ennuie vite et n'achève jamais rien, qui est de toutes peut-être la moins emmerdante. Même le banc, elle en avait eu vite assez, et quant à moi, un coup d'oeil lui avait suffi. C'était en réalité une femme extrêmement tenace. »
Il pose ses mollets sur ses cuisses, elle lui masse les chevilles. Il est troublé : « On n'est plus soi-même, dans ces conditions, et c'est pénible de ne plus être soi-même, encore plus pénible que de l'être, quoi qu'on en dise (...) Ce qu'on appelle l'amour c'est l'exil, avec de temps en temps une carte postale du pays, voilà mon sentiment ce soir. »
Il demande à Lulu de revenir moins souvent, puis finit lui-même par quitter le banc, pour aller se réfugier ailleurs, en l'occurrence dans une étable, où il découvre qu'il l'aime : « C'est dans cette étable, dans pleine de bouses sèches et creuses qui s'affaissaient avec un soupir quand j'y piquais le doigt, que pour la première fois de ma vie, je dirais volontiers la dernière si j'avais assez de morphine sous la main, j'eus à me défendre contre un sentiment qui s'arrogeait peu à peu, dans mon esprit glacé, l'affreux nom d'amour. »
Il revient près du banc et la retrouve, bouleversé : « Elle tenait ses mains enfouies dans un manchon. Il me souvient qu'en regardant ce manchon je me mis à pleurer. Et cependant j'en ai oublié la couleur. Cela allait mal. »
Il accepte de la suivre chez elle, y reste : « Je ne me sentais pas bien à côté d'elle, sauf que je me sentais libre de penser à autre chose qu'à elle, et c'était déjà énorme (...). Et je savais qu'en la quittant je perdrais cette liberté. »
Mais dès la naissance de son enfant, le narrateur fuit la femme et la maison qui l'ont hébergé, fuit les cris de l'enfant, physiquement.
Sa fuite est vaine : « Je me mis à jouer avec les cris un peu comme j'avais joué avec la chanson, m'avançant, m'arrêtant, m'avançant, m'arrêtant, si on peut appeler cela jouer. Tant que je marchais, je ne les entendais pas, grâce au bruit de mes pas. Mais sitôt arrêté je les entendais à nouveau, chaque fois plus faible certes, mais qu'est-ce que cela peut faire qu'un cri soit faible ou fort ? Ce qu'il faut, c'est qu'il s'arrête. Pendant des années, j'ai cru qu'ils allaient s'arrêter. Maintenant, je ne le crois plus. Il m'aurait fallu d'autres amours, peut-être. Mais l'amour, cela ce ne se commande pas
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Pirouette0001
  17 mai 2015
Voici une courte nouvelle totalement absurde.
L'histoire d'un homme qui est riche après avoir hérité de son père, mais qui quitte tout pour se retrouver à la rue et s'éprend, vagabond, d'une femme qui va l'héberger et que l'on comprend être une prostituée.
L'histoire, qui s'intitule Premier amour, pourrait s'intituler Dernier amour et va totalement de guingois du début à la fin.
Mais l'écriture ! Car il s'agit d'un des premiers textes écrits en français par l'auteur et là, il nous surprend, il nous tient fermement par la main car il nous emmène jusqu'à la fin.
Mais qu'est-ce donc que cette histoire ? Même après avoir refermé le livre, je ne sais toujours pas que dire. Ai-je aimé, n'ai-je pas aimé, je n'en sais pas davantage. Allez, en tout cas, plus que d'autres de ses ouvrages.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Roxane25Roxane25   06 juillet 2015
Puis avec un peu de chance on tombe sur un véritable enterrement, avec des vivants en deuil et quelquefois une veuve qui veut se jeter dans la fosse, et presque toujours cette jolie histoire de poussière, quoique j'aie remarqué qu'il n'y a rien de moins poussiéreux que ces trous-là, c'est presque toujours de la terre bien grasse, et le défunt non plus n'a encore rien de spécialement pulvérulent, à moins d'être mort carbonisé. C'est joli quand même, cette petite comédie avec la poussière.
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AngelineBailleulAngelineBailleul   26 avril 2018
"Ce que je connais le moins mal, ce sont mes douleurs. Je les pense toutes, tous les jours, c’est vite fait, la pensée va si vite, mais elles ne viennent pas toutes de la pensée […]. D’ailleurs je les connais mal aussi, mes douleurs. Cela doit venir de ce que je ne suis pas que douleur. Voilà l’astuce. Alors je m’en éloigne, jusqu’à l’étonnement, jusqu’à l’admiration, d’une autre planète. Rarement, mais cela suffit. Pas bête, la vie. N’être que douleur, que cela simplifierait les choses ! Être tout-dolent"
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CorinneCoCorinneCo   15 novembre 2013
Je leur proposais notamment de m'occuper de la serre chaude. Là, j'aurais volontiers passé trois ou quatre heures par jour, dans la chaleur, à soigner les tomates, les œillets, les jacinthes, les semis. Il n'y avait que mon père et moi pour comprendre les tomates, dans cette maison.
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gavarneurgavarneur   21 février 2016
L'odeur des cadavres, que je perçois nettement sous celle de l'herbe et de l'humus, ne m'est pas désagréable. Un peu trop sucrée peut-être, un peu trop entêtante, mais combien préférable à celle des vivants, des aisselles, des pieds, des culs, des prépuces cireux et des ovules désappointés.
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Marti94Marti94   06 mars 2016
Mais pour passer maintenant à un sujet plus gai, le nom de la femme avec qui je m'unis, à peu de temps, le petit nom, était Lulu. Du moins elle me l'affirmait, et je ne vois pas quel intérêt elle pouvait avoir à me mentir, à ce propos. Évidemment, on ne sait jamais.
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Videos de Samuel Beckett (114) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Samuel Beckett
Par ces temps de pandémie, alors que la mort est omniprésente, le comédien et metteur en scène Denis Podalydès lit un extrait de cette oeuvre, depuis son salon, où il est lui aussi confiné. Après "L'Innomable" et "Molloy", Beckett fait un pas de plus dans la déchéance de l'humanité en publiant en 1951, "Malone meurt", aux éditions de Minuit. Malone, grabataire dépendant, écrit dans son journal des bribes de pensées en attenant sa fin, en imaginant la mise en scène d'une sortie réussie, tout en racontant des histoires d'hommes et de femmes qu'il a connus ou inventés.
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