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EAN : 9782707302298
47 pages
Editions de Minuit (01/09/1978)
3.68/5   39 notes
Résumé :

Ce recueil réunit tous les poèmes que Samuel Beckett a écrits en français depuis 1937. Il reprend des poèmes écrits entre 1937 et 1939 et entre 1947 et 1949 qui avaient fait l'objet en 1968 d'une édition sur grand papier au tirage limité à 762 exemplaires. Cette édition a été reprise en 1978, augmentée, d'une part, d'un poème écrit en 1976, « Hors crâne seul dedans » publié en 1976 dans la revue Minuit et, d'autre part, d'une série de poèmes inédits, écrits ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Un tout petit livre pour recueillir tous les poèmes d'un des plus grands écrivains et dramaturges contemporains, un tout petit livre pour contenir des textes et quelques Mirlitonnades écrits au gré du temps (de 1937 à 1979), un tout petit livre où l'écriture teintée d'absurde et de mélancolie, décrit la banalité et la singularité des choses.

J'ai apprécié la lecture de ces poèmes de Samuel Beckett. La poésie est belle aussi quand elle n'est pas une quête obligée de sens, quand elle ne s'en remet pas qu'au lyrisme pour se faire entendre. La poésie est belle quand, sans rimes ni ponctuation, elle laisse apparaître l'acuité du regard porté sur l'instant, quand elle effleure l'imparfait des choses et des êtres.

" Que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions
où être ne dure qu'un instant où chaque instant
verse dans le vide dans l'oubli d'avoir été
sans cette onde où la fin
corps et ombre ensemble s'engloutissent
que ferais-je sans ce silence gouffre des murmures
haletant furieux vers le secours vers l'amour
sans ce ciel qui s'élève
sur la poussière de ses lests

Que ferais-je je ferais comme hier comme aujourd'hui
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à virer loin de toute vie
dans un espace pantin
sans voix parmi les voix
enfermées avec moi "
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Mon premier sentiment à la relecture de ce recueil fut la déception :
les poèmes les plus anciens sont à mon avis plutôt dispensables (je les qualifierais d' "intello-potaches"). Beckett y porte trop de prétention à ne pas avoir l'air d'y toucher, à être au-dessus de la versification, au final c'est un peu écrit sur un coin de page.

Et puis surgissent des poèmes à la tonalité plus dramatique, au style plus resserré, où je retrouve un véritable souffle poétique, tel que le sublime "que ferais-je sans ce monde sans visage sans question...." (déjà cité à deux reprises par des lecteurs sur cette page, et que j'avais appris par coeur, il fut un temps).
Là, il est certain que Beckett a muri, qu'il est devenu également poète, qu'il assume sa part de lyrisme et de mélancolie.

Ces poèmes plus tardifs aboutissent même à une sorte de libération sur l'ode anti-lyrique "Comment dire", qui clôt le recueil et que je mets en citation plus bas - c'est d'ailleurs le dernier écrit en date, 1988, et non publié en revue. . On y retrouve avec émotion la voix d'un Beckett complètement mis à nu, un peu à la manière de Picasso dans ses derniers autoportraits. Rien que pour ça, le recueil mérite d'être gardé.

***

Quant aux Mirlitonnades, suite de toutes petites pièces (ou fragments) poétiques, je ne suis pas arrivé à rentrer dedans, je suis resté en surface, cela m'est apparu tout aussi superficiel que ses poèmes de jeunesse (l'écriture est pourtant datée entre 1976 et 1978). Et franchement lourd par endroits.
J'en attendais sans doute trop, c'est un format qui m'intéresse beaucoup, et que je pensais voir atteindre une forme de parachèvement chez un auteur tel que Beckett.
A part ce petit fragment précis, qui se détache tel un cristal parmi les autres (et qui a la puissance que j'attendais de lire à travers tout l'ensemble) :

"imagine si ceci
un jour ceci
un beau jour
imagine
si un jour
un beau jour ceci
cessait
imagine"


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« A travers les mots, il était en marche vers la limite de quelque chose qui tendait vers le rien. Il vient d'atteindre cette limite. Faire entrer les mots dans la mort, ou la mort dans les mots, maintenant il sait comment c'est. Il est seul à le savoir. »
Naissance : 13 avril 1906, Dublin, Irlande
Décédé : 22 décembre 1989, Paris, France
Prix Nobel de littérature en 1969: «pour son écriture, qui - à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre - atteint son élévation dans le dénuement de l'homme moderne. »

-Son oeuvre a fait l'objet d'innombrables thèses :
-Danser avec Samuel Beckett
-Samuel Beckett et le Bouddhisme zen
-Le silence dans le théâtre de Samuel Beckett
-Etc….
Mais son âme n'est-elle pas dans ce poème ?

: « Dieppe
Encore le dernier reflux
Le galet mort
Le demi-tour puis les pas
Vers les vieilles lumières »

Ou dans cette Mirlitonnades :
Ce qu'ont les yeux
Mal vu de bien
Les doigts laissé
De bien filer
Serre-les bien
Les doigts les yeux
Le bien revient
En mieux.

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Recueil de poésie du prix Nobel de littérature 1969 Samuel Beckett.

Je rejoins l'avis donné par Divagueur précédemment, à savoir de la déception à la lecture de ce recueil.
Bien que j'apprécie la mélancolie en poésie, je n'ai pas accroché aux vers de Beckett.
Quelques petites pépites cependant qui sortent du lot.

Les Mirlitonnades m'ont encore moins emballée excepté celle citée par Divagueur dans sa critique.
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je ne peux pas sortir je suis dans un pays sans traces
oui oui c'est une belle chose que vous avez là une bien belle chose
qu'est-ce que c'est ne me posez plus de questions
spirale poussière d'instants qu'est-ce que c'est le même
le calme l'amour la haine le calme le calme
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Que ferais-je sans ce monde sans visage, sans questions,
Où être ne dure qu’un instant, où chaque instant
verse dans le vide, dans l’oubli d’avoir été,
sans cette onde où à la fin,
corps et ombres, ensemble, s’engloutissent.
Que ferais-je sans ce silence gouffre de murmures,
haletant furieux vers le secours, vers l’amour,
sans ce ciel qui s’élève sur la poussière de ses lests.
Que ferais-je ?
Je ferais comme hier, comme aujourd’hui,
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à virer loin de toute vie,
dans un espace pantin, sans voix parmi les voix enfermées avec moi.
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que ferais-je sans ce monde sans visage sans question
où être ne dure qu'un instant où chaque instant
verse dans le vide dans l'oubli d'avoir été
sans cette onde où à la fin
corps et ombre ensemble s'engloutissent
que ferais-je sans ce silence gouffre des murmures
haletant furieux vers le secours vers l'amour
sans ce ciel qui s'élève
sur la poussière de ses lests

que ferais-je je ferais comme hier comme aujourd'hui
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à vivre loin de toute vie
dans un espace pantin
sans voix parmi les voix
enfermées avec moi
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rentrer
à la nuit
au logis
allumer

éteindre voir
la nuit voir
collé à la vitre
le visage

( Extrait de "mirlitonnades", 1976-1978 )
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je suis ce cours de sable qui glisse
entre le galet et la dune
la pluie d'été pleut sur ma vie
sur moi ma vie qui me fuit me poursuit
et finira le jour de son commencement

cher instant je te vois
dans ce rideau de brume qui recule
où je n'aurai plus à fouler ces longs seuils mouvants
et vivre le temps d'une porte
qui s'ouvre et se referme
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pas à pas
nulle part
nul seul
ne sait comment
petits pas
nulle part
obstinément
     
     
23e « mirlitonnade 1976-1978 », p. 43.
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Rim Battal propose une lecture performée de x et excès avec un grand musicien jazz et pop dont le nom sera révélé lors de la soirée. En ouverture Rim Battal invite cinq poétesses, Alix Baume, Camille Pimenta, Charlene Fontana, Esther Haberland, Virginie Sebeoun, qu'elle a accompagnées lors d'un programme de mentorat intitulé « Devenir poète.sse ». Cinq brèves lectures avant de plonger dans x et excès. Rim Battal y explore les zones d'ombre de l'ère numérique où l'industrie du sexe a une place prépondérante. Comment sculpte-t-elle nos corps et notre rapport à l'autre ? Dans une langue inventive, Rim Battal s'attaque au discours dominant sur la sexualité, le couple et l'amour pour mieux en révéler les failles.
Ce faisant, elle ouvre un espace de réflexion sur l'art. de Cabanel à Mia Khalifa, de Samuel Beckett à Grisélidis Réal, elle tisse des liens entre poésie, pornographie et oeuvres plastiques. Et dévoile ce que notre époque a de singulier et d'universel.
À lire – Rim Battal, x et excès, Castor Astral, 2024 – L'eau du bain, coll. « Poche poésie », Castor Astral, 2024.
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