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ISBN : 1246925672
Éditeur : Nabu Press (27/09/2011)

Note moyenne : 3/5 (sur 4 notes)
Résumé :
EXTRAIT :

Oedipe croyait bien l’avoir vaincu, le monstre immortel ! vaincu à jamais ! et, pour sa victoire, les Thébains stupides l’avaient fait roi et quasi-Dieu, ce divinateur aux pieds gonflés, cet aveugle terrible, parricide et incestueux sans le savoir !
Depuis près de trente siècles, l’esprit humain tette ce symbole, le plus complet que l’antiquité grecque ait laissé. Dans son irrémédiable déval des plateaux lumineux de l’Éden et dans le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
LiliGalipette
  19 juin 2012
Léon Bloy se fait le biographe de Joris-Karl Huysmans et il présente l'auteur avant et après sa conversion religieuse. « Ayant été son apôtre, hélas ! ayant travaillé et souffert assez longtemps pour qu'il devint un chrétien, l'excessive médiocrité de sa nature exigeât que je fusse payé aussitôt de la plus affreuse ingratitude et que je contemplasse en lui le plus extraordinaire avortement de la grâce. » (p. 9)
Avant sa conversion, Huysmans était l'auteur chéri du critique Léon Bloy. Avec À rebours, l'auteur rompait enfin avec les odieux naturalistes et le « crapuleux Zola » (p. 22) Il exprimait une spiritualité qui faisait écho à celle de Léon Bloy qui ne tarissait pas d'éloges sur cet auteur atypique, unique et spectaculaire. « Huysmans tasse des idées dans un seul mot et commande à un infini de sensations de tenir dans la pelure étriquée d'une langue despotiquement pliée aux dernières exigences de la plus irréductible concision. » (p. 23) Dithyrambique ? Oui, et d'autant plus élogieux avec l'auteur qu'il est impitoyable avec les lecteurs qu'il considère sans aménité, incapables qu'ils sont de comprendre le somptueux talent de Huysmans. Rares sont ceux qui sont dignes de son estime : « seulement les âmes contemporainement matelassées d'une épaisse toison de bêtise impénétrable à n'importe quelle balistique de l'Art. » (p. 30)
Mais quand Joris-Karl Huysmans publie Là-bas, il s'attire les foudres de Léon Bloy : « le nouveau livre de Huysmans est la plus monstrueusement futile des rapsodies contemporaines. Je ne crois pas que l'incirconcision littéraire ait encore affiché un aussi furieux dévergondage d'informations anarchiques. » (p. 58) C'en est fini des éloges et hommages, Huysmans représente désormais tout ce que le critique abhorre. Et il se focalise sur l'adverbe que l'auteur utilisait tant dans ses titres et ses textes. « le dynamomètre de son esprit, c'est la locution adverbiale ». (p. 72) Pour le critique qui se sent trahi, Huysmans n'est plus qu'un grammairien outrancièrement converti, un chrétien illuminé.
Léon Bloy porte la critique littéraire à un niveau exceptionnel : il connaît son sujet, qu'il l'aime ou le haïsse. L'admiration la plus vive laisse place au mépris le plus profond après la conversion et la prétendue trahison de Huysmans. Cet opuscule est riche en informations sur l'oeuvre de l'auteur, mais c'est avant tout un superbe exemple de critique littéraire telle que j'aimerais en lire davantage.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   18 juin 2012
La forme littéraire de Huysmans rappelle ces invraisemblables orchidées de l’Inde qui font si profondément rêver son des Esseintes, plantes monstrueuses aux exfoliations inattendues, aux inconcevables floraisons, ayant une manière de vie organique quasi animale, des attitudes obscènes ou des couleurs menaçantes, quelque chose comme des appétits, des instincts, presque une volonté.
C’est effrayant de force contenue, de violence refoulée, de vitalité mystérieuse. Huysmans tasse des idées dans un seul mot et commande à un infini de sensations de tenir dans la pelure étriquée d’une langue despotiquement pliée par lui aux dernières exigences de la plus irréductible concision. Son expression, toujours armée et jetant le défi, ne supporte jamais de contrainte, pas même celle de sa mère l’Image, qu’elle outrage à la moindre velléité de tyrannie et qu’elle traîne continuellement, par les cheveux ou par les pieds, dans l’escalier vermoulu de la Syntaxe épouvantée.
Après cela, qu’importe la multitude des contradictions ou des erreurs qui tapissent, à la manière d’anormales végétations, le fond d’un livre où se déverse, comme dans la nappe d’un golfe maudit, tout l’azur de l’immense ciel ?

page 19
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 juin 2012
Un jour Émile Zola, dont l’esprit graisseux n’est huilé que pour glisser sur les surfaces, s’avisa de peindre Huysmans.
Le fantômatique « Souvarine » de Germinal est le portrait physique, ressemblant à faire peur, de ce virtuose de fascination. Mais ce n’est qu’un portait physique, le seul dont Émile Zola soit capable.

page 60
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 juin 2012
Une occasion superbe de baver se présente inopinément. Que la multitude des visqueux soit dans l’allégresse ! Le nouveau livre de Huysmans, En Rade, vient de paraître.
Cet artiste fut beaucoup traîné dans les ordures et conspué royalement dès son début. On se souvient encore de l’ouragan de salive et du compissement procellaire de toutes les presses à l’apparition de Marthe et des Sœurs Vatard. Les traditionnelles archives du bégueulisme et de la pudicité sociale dont la critique des journaux est l’immaculée chambellane furent, en ces temps-là, vidées de leurs trésors, et la besogne de vitupérer ce romancier fut si copieuse, que la clef des sacrées chancelleries de l’indignation, qui se vert-de-grisait auparavant dans les dos des fonctionnaires fut jetée au rancart. Ce fut un débordement fluvial d’humeurs pudibondes, une éruption de pus moral, une évacuation exanthémateuse des fluides blanchâtres de la vertu !

Page 23
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 juin 2012
L’aquatique pureté du feuilleton se sentit menacée jusque dans sa colle la plus intime par ce moraliste indépendant qui ne craignait pas de retrousser les âmes et de visiter les cœurs au spéculum de la plus imperturbable analyse.
Et puis, Huysmans avait le malheur d’être un écrivain, il avait cette inéligible tare qui doit être unanimement réprouvée par l’opinion de toutes les obédiences de la muflerie publique, en attendant qu’une juste loi la flétrisse enfin de quelque infamante peine.
Nul n’est censé ignorer, d’ailleurs, que tout écrivain véritable est radicalement inapte à la production d’une congruente philosophie. Critique d’art, psychologie, sciences morales ou naturelles, tout est interdit à cet empêtré d’azur.

page 24
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LiliGalipetteLiliGalipette   18 juin 2012
Depuis le scandale des Sœurs Vatard, Huysmans est en pleine jouissance d’une étiquette que rien ne pourra décoller. Son nom est devenu synonyme de « pornographe », absolument comme celui du signataire de ces pages est évocateur de tout vocable scatologique. Nul remède à ces identiques radotages. On userait les plus célestes dictionnaires à raconter l’empyrée que l’augurale formule ne varierait pas. Dans une fin de siècle aussi profondément hypocrite, où le signe de la pensée paraît avoir enterré la pensée défunte, le plus légitime emploi de certains mots est un attentat que nul ne pardonne, et jusqu’à la plus défoncée des immémoriales catins récupère, un instant, sa virginité pour s’en indigner, dans son puisard !
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Videos de Léon Bloy (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léon Bloy
Léon Bloy ou la mystique de la douleur. (avec François Angelier)
Les Racines du Ciel : Léon Bloy ou la mystique de la douleur avec François Angelier (29.11.2015)
François Angelier : producteur de Mauvais genres à France Culture, chroniqueur au Monde, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels on peut citer le "Dictionnaire Jules Verne" (Pygmalion, 2006) et le "Dictionnaire des voyageurs et explorateurs occidentaux" (Pygmalion, 2011). Il vient de publier de Bloy ou la fureur du juste (Points, 2015), essai dans lequel il revient sur la trajectoire de Léon Bloy, qui ne cessa, entre la défaite de 1870 et la Première Guerre mondiale, de clamer la gloire du Christ pauvre et de harceler sans trêve la médiocrité convenue de la société bourgeoise, ses élites et sa culture. Catholique absolu, disciple de Barbey d'Aurevilly, frère spirituel d'Hello et de Huysmans, dévot de la Notre-Dame en larmes apparue à La Salette, hanté par la Fin des temps et l'avènement de l'Esprit saint, Léon Bloy, écrivain et pamphlétaire, théologien de l'histoire, fut un paria des Lettres, un «mystique de la douleur» et le plus furieux invocateur de la justice au coeur d'une époque dont il dénonça la misère sociale, l'hypocrisie bien-pensante et l'antisémitisme. Bloy ou le feu roulant de la charité, une voix plus que présente - nécessaire.
François Angelier est aussi l'auteur de l'essai intitulé "Léon devant les canons" qui introduit "Dans les ténèbres", livre écrit par Léon Bloy au soir de sa vie et réédité par Jérôme Millon éditeur.
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