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EAN : 9782844181862
352 pages
Éditeur : La Part Commune (22/10/2009)
4.11/5   19 notes
Résumé :
En 1893, plus de vingt ans après les faits qu'ils relatent, Léon Bloy publie un premier recueil de trente contes (qui précède d'un an celui des Histoires désobligeantes), qu'il a donnés dans le Gil Blas, au temps de sa collaboration brève et tumultueuse avec le célèbre hebdomadaire qui, désireux de « muscler » sa rédaction, l'avait recruté.

Nourris de ses souvenirs de soldat, les textes de Sueur de Sang proposent un portrait cru, bigarré et picaresque... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Patroth
  11 avril 2019
Très belle évocation de la guerre de 1870 , Léon bloy nous livre ici des nouvelles qui passent par tous les sentiments , parfois drôles , cruelles ou tristes malgré les évènements qu'elles décrivent ...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
EmniaEmnia   30 mai 2014
L'avenir ne le croira pas. On ne pouvait faire un pas sans enfoncer à mi-jambe. On eût dit que des mains flasques et puissantes saisissaient, au fond de chaque ornière, les sabots des misérables que les fournisseurs et l'intendance, persuadés de l'insolvabilité du camp, s'obstinèrent à ne pas chausser.
[…] On voyait des êtres jeunes et robustes, les plus intelligents peut-être, dont on eût pu faire des soldats, s'arrêter privés d'énergie, enfoncés dans la boue jusqu'aux genoux, jusqu'au ventre, et pleurer de désespoir.
[…] Ces "humains au front sublime" comme disait Ovide, faits pour contempler le ciel, étaient moins rongés par la famine que par l'ambition de revoir enfin leurs pieds...
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EmniaEmnia   29 mai 2014
- De quoi ? de quoi ? hurla-t-elle de cette voix lente et rauque des infécondes brûlées d'alcool, - voix affreuse à décourager les saintes Milices et qu'on croit entendre venir des lieux souterrains, - marmiton ! qu'y met-on ? tontaine et tonton. C'est donc toi le fiston des vaches, qui dégueules sur les putains. Voilà-t-y pas que je le dégoûte, ce vieux ponton. Oh ! là ! là ! Y faudrait p't'être ben lui servir des duchesses sur une pelle à m..., à ce pané-là. Dis-donc, hé ! mufle, tu serais pas l'ami des Prussmards, quéquefois, pour mépriser le pauv' monde, avec tes belles frusques de pas grand'chose et tes escarpins vernis. Combien qu'y t'ont payé, les salauds, pour te foutre des Parisiens, espèce de badingueusard ? Hé ! va donc, vendu, sale Judas, espion prussien ! prussien ! prussien !
Mot terrible, en ce temps-là, que ce dernier mot ; plus à craindre qu'une volée de mitraille et qui produisit l'effet d'un tison dans une poudrière. Les vociférations crapuleuses de cette chamelle en délire emplissaient maintenant la rue, inondaient la place voisine, montaient jusqu'aux toits, faisaient tressaillir profondément le populo.
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EmniaEmnia   29 mai 2014
Ce malheureux nommé Poussin et même Nicolas Poussin, par une effarante ironie du sort, était un raté conscient, séditieux et invincible. Il était raté comme on est cocu, quand on manque de résignation. Il allait donc s'exaspérant dans son impuissance et devint bientôt une sorte de prodige. Autrefois, élève décourageant d'une ganache illustre, l'outrance poncive de ses productions huileuses dépassa toute conjecture.
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EmniaEmnia   29 mai 2014
- Allons ma belle, sacrebleu ! fichez-moi la paix. Je ne suis pas le marmiton qu'il vous faut.
Ces paroles qu'il ne put retenir étaient à peine proférées qu'il sentit l'énormité de l'imprudence.
Assurément, il aurait pu tomber sur une bonne gueuse placide accoutumée à solliciter d'un trente-sixième passant le crachat onctueux qui fera couler le crapaud que le numéro trente-cinq lui fit avaler.
La féroce fortune voulut qu'il tombât précisément sur une de ces cantinières de l'insolence et de mécontentement infernal qui devinrent si volontiers, à la fin du terrible hiver, les entremetteuses de l'Incendie.
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EmniaEmnia   30 mai 2014
Jules Favre, à son tour, s'étant plaint [à Bismark] qu'on tirait sur les malades et les aveugles... l'Institution des Aveugles, s'attira cette répartie d'une délicatesse vraiment prussienne :
- Je ne sais pas pourquoi les Parisiens se plaignent de cela. Il font bien pis : ils tirent sur nos gens, des gens valides et bien portants.
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Videos de Léon Bloy (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léon Bloy
http://le-semaphore.blogspot.fr/2015/.... Le 29 novembre 2015 - pour l'émission “Les Racines du ciel” (diffusée tous les dimanches sur France Culture) -, Leili Anvar s'entretenait avec François Angelier, producteur de “Mauvais genres” à France Culture, chroniqueur au Monde, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels on peut citer le “Dictionnaire Jules Verne” (Pygmalion, 2006) et le “Dictionnaire des voyageurs et explorateurs occidentaux” (Pygmalion, 2011). Il vient de publier “Bloy ou la fureur du juste” (Points, 2015), essai dans lequel il revient sur la trajectoire de Léon Bloy, qui ne cessa, entre la défaite de 1870 et la Première Guerre mondiale, de clamer la gloire du Christ pauvre et de harceler sans trêve la médiocrité convenue de la société bourgeoise, ses élites et sa culture. Catholique absolu, disciple de Barbey d'Aurevilly, frère spirituel d'Hello et de Huysmans, dévot de la Notre-Dame en larmes apparue à La Salette, hanté par la Fin des temps et l'avènement de l'Esprit saint, Léon Bloy, écrivain et pamphlétaire, théologien de l'histoire, fut un paria des Lettres, un « mystique de la douleur » et le plus furieux invocateur de la justice au coeur d'une époque dont il dénonça la misère sociale, l'hypocrisie bien-pensante et l'antisémitisme. Bloy ou le feu roulant de la charité, une voix plus que présente - nécessaire. Photographie : François Angelier - Photo : C. Abramowitz / Radio France. François Angelier est aussi l'auteur de l'essai intitulé “Léon devant les canons” qui introduit “Dans les ténèbres”, livre écrit par Léon Bloy au soir de sa vie et réédité par Jérôme Millon éditeur.
Invité : François Angelier, producteur de l’émission « Mauvais Genres » à France Culture, spécialiste de littérature populaire
Thèmes : Idées| Religion| Leili Anvar| Catholicisme| Mystique| Douleur| Littérature| François Angelier| Léon Bloy
Source : France Culture
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