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Giorgio Colli (Éditeur scientifique)Mazzino Montinari (Éditeur scientifique)Jean-Claude Hémery (Traducteur)
ISBN : 2070326594
Éditeur : Gallimard (26/09/1991)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Qu'exige un philosophe, en premier et dernier lieu, de lui-même De triompher en lui-même de son temps, de se faire « intemporel ». Sa plus rude joute, contre quoi lui faut-il la livrer ? Contre tout ce qui fait de lui un enfant de son siècle. Fort bien ! Je suis, tout autant que Wagner, un enfant de ce siècle, je veux dire un décadent, avec cette seule différence que, moi, je l'ai compris, j'y ai résisté de toutes mes forces. Le philosophe, en moi, y résistait.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
peloignonpeloignon   03 avril 2013
On est comédien lorsque l'on a sur le reste de l'humanité un avantage: c'est de s'être rendu compte que ce qui doit produire une impression de vérité ne doit pas être vrai.
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AtarahAtarah   30 novembre 2016
— Je vais encore raconter l’histoire de l’Anneau. Sa place est ici. Elle aussi, elle est une histoire de rédemption : avec cette variante que cette fois, c’est Wagner qui est sauvé. — Wagner, durant la moitié de sa vie, a cru à la Révolution, comme seul un Français pourrait y croire. Il suivait ses traces dans les caractères runiques de la mythologie, il croyait découvrir en Siegfried le révolutionnaire typique. — « D’où vient tout le malheur dans le monde ? » s’est demandé Wagner. « D’anciennes conventions », répondit-il, comme tous les idéologues révolutionnaires. C’est-à-dire : des coutumes, des lois, des morales, des institutions, de tout ce qui sert de base au vieux monde, à la vieille société. Comment supprimer le mal dans le monde ? Comment supprimer la vieille société ? Il n’y a qu’un seul moyen : déclarer la guerre aux conventions (la tradition, la morale). C’est ce que fait Siegfried. Il commence de bonne heure, de très bonne heure : sa naissance est déjà une déclaration de guerre à la morale — il vient au monde grâce à l’adultère et à l’inceste… Ce n’est pas la légende, c’est Wagner qui a inventé ce trait radical ; sur ce point il a corrigé la légende… Siegfried continue comme il a commencé : il ne suit que la première impulsion, il démolit toute tradition, tout respect, toute crainte. Il abat ce qui lui déplaît. Il renverse sans respect toutes les vieilles divinités. Mais son entreprise générale tend à émanciper la femme, — à « délivrer Brunehilde »… Siegfried et Brunehilde, le sacrement de l’amour libre ; le commencement de l’Âge d’or ; le crépuscule des dieux de la vieille morale ! — le mal est aboli… Le vaisseau de Wagner fila longtemps gaiement sur cette voie. Pas de doute, Wagner y cherchait son but le plus élevé. — Qu’arriva-t-il ? Un malheur. Le vaisseau de Wagner donna sur un écueil ; il se trouva immobilisé. L’écueil était la philosophie de Schopenhauer ; Wagner était immobilisé par une vue opposée du monde. Qu’avait-il mis en musique ? L’optimisme. Wagner fut confondu. Bien plus : un optimisme pour lequel Schopenhauer avait créé une cruelle épithète, — l’optimisme sans vergogne. La confusion de Wagner redoubla. Il réfléchit longuement, sa situation semblait désespérée… Enfin il vit s’entr’ouvrir une issue : l’écueil où il avait sombré, que serait-ce s’il en faisait un terme projeté, sa pensée de derrière la tête, la direction voulue de son voyage ? Sombrer ici — cela aussi était un but. Bene navigavi, cum naufragium feci… Et il se mit à traduire l’Anneau en langue schopenhauerienne. Tout va de travers, tout s’écroule, le nouveau monde est aussi mauvais que l’ancien : le néant de la Circé indoue fait signe… Brunehilde qui, d’après la pensée primitive, devait prendre congé de nous en chantant une hymne en l’honneur de l’amour libre, leurrant le monde au moyen de l’utopie socialiste du « tout ira bien », Brunehilde a maintenant autre chose à faire. Elle doit d’abord étudier Schopenhauer ; elle doit mettre en vers le quatrième livre du Monde comme volonté et comme représentation… Wagner était sauvé. En tout sérieux, c’était là une rédemption. Le bienfait dont Wagner est redevable à Schopenhauer est inappréciable. Le philosophe de la décadence a rendu à lui-même l’artiste de la décadence.
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lanardlanard   16 juin 2016
On admirera en lui [Wagner] ce que les jeunes français admirent en Victor Hugo, la "royale magnanimité". Plus tard, on les admirera l'un comme l'autre pour des raisons inverses: comme des Maîtres et des exemples de parcimonie, comme de prudents maîtres de maison. Nul ne les égale dans l'art de dresser une table princière à peu de frais. - Le wagnérien, pourvu d'un estomac complaisant, est déjà rassasié par l'odeur du festin qu'il étale sous son nez. Nous autres, qui exigeons surtout que les livres et la musique aient quelque substance, et qui nous soucions peu des banquets à peine "suggérés", nous y sentons fort mal à l'aise. Pour adapter mes propos aux oreilles allemandes: Wagner ne nous donne pas grand chose à manger. Son recitativo - peu de viande, d'avantage d'os et beaucoup de bouillon -, je le baptise "alla genovese": par quoi je ne cherche pas à flatter les Génois, mais bien l'ancien recitativo, le recitativo secco. En ce qui concerne le "leitmotiv" wagnérien, je n'ai pas les compétences culinaires suffisantes. J'admettrais à la rigueur, sous la menace, que c'est un cure-dent idéal, un moyen de se débarrasser des morceaux coincés. Restent les "arias" de Wagner - Mais là, je ne me prononcerai plus un mot.
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enkidu_enkidu_   19 avril 2015
Le chrétien veut se débarrasser de lui-même. Le moi est toujours haïssable. — La morale noble, au contraire, la morale de Maîtres, a ses racines dans une triomphante affirmation de soi, — c’est une affirmation de la vie par elle-même, une glorification de la vie par elle-même, elle a également besoin de symboles et de pratiques sublimes, mais seulement « parce que son cœur déborde ». Toute la beauté de l’art, tout le grand art émane de cette morale : leur essence commune est la reconnaissance. (p. 62)
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lanardlanard   16 juin 2016
L'homme moderne représente, biologiquement, une contradiction de valeurs, il est assis entre deux chaises, il dit oui et non en même temps. Par quel miracle se fait-il que ce soit justement notre siècle qui ait la fausseté même s'incarner, et qui plus est, dans le génie? que Wagner, "ait séjourné parmi nous"? C'est n'est pas sans raison que j'ai surnommé Wagner le Cagliostro de la modernité... Pourtant, nous avons tous dans le sang, à notre insu, malgré nous, des valeurs, des mots, des formules, des morales dont les présupposés s'opposent, - nous sommes, considérés sous l'angle physiologique, faux... Un diagnostic de l'âme moderne - par où devrions-nous commencer? Par une incision énergique dans cette contradiction des instincts, par l'extirpation de leurs valeurs opposées, par la vivisection complète de leur cas le plus intrusif. - Le cas Wagner est une aubaine pour le philosophe, - cet écrit, on l'aura compris, est inspiré par la reconnaissance...
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