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EAN : 9782246837121
216 pages
Grasset (10/01/2024)
3.44/5   8 notes
Résumé :
« Et la voici, Eve Melville, sculptée d’un seul pan de glaise, pas un pli, pas une ride, pas un mot plus haut que l’autre, qui se redresse au milieu de Halsey Street, au milieu des voisins à leurs fenêtres et des enfants réunis sur la route vide, qui nous regarde un à un et qui murmure ma maison est noire »

Un matin d’août 2016, un cri déchire le cœur de Brooklyn : la maison d’Eve Melville a été peinte en noir pendant la nuit. Eve la tient de son ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Justine Bo, Justine Bourdais de son vrai nom, née à Cherbourg en 1989, est une réalisatrice et romancière. Justine Bo fait une année de Prépa littéraire, puis entre à Sciences Po Paris en 2008. Elle séjourne dans les territoires palestiniens à l'été 2010, comme bénévole dans une école de musique de Ramallah, puis fait un stage à l'ambassade de France à Damas en Syrie en septembre 2010 pour sa troisième année du collège universitaire de Sciences Po. Elle y reste un an, alors qu'en mars 2011 le « Printemps arabe » atteint la Syrie. Elle tire de cette expérience son premier roman Fils de Sham (2013). En 2014, elle s'installe à New York pour étudier le cinéma. En parallèle, elle travaille pour un magazine en ligne et réalise des documentaires. Son nouveau roman Eve Melville, Cantique vient de paraître.
1845. Solomon, enfant Noir déjà esclave dans une plantation de Géorgie, s'enfuit et remonte vers le Nord, parcours qui l'amène à Brooklyn en 1861 où après plusieurs années il obtiendra des papiers à son nom, Melville. Devenu un homme libre, il exerce mille et un métiers avant de finir policier et quand vient l'heure de la retraite, il s'achète une maison « une maison qui n'en fait pas trop, qui ne se pavane pas, sans bow-window aguichant la rue » avant de repartir mourir en Géorgie. Dans cette maison de Brooklyn se succèderont son fils Moses et son petit-fils Samuel.
Nous sommes maintenant en 2016 et Eve Melville, arrière-petite-fille de Solomon, infirmière dans la police, découvre que sa maison a été repeinte en noir durant la nuit ! Un coup bas des promoteurs qui rachètent les maisons du coin mais butent sur Eve qui refuse de céder l'héritage familial durement acquis. Dès lors, un long combat s'engage entre elle et eux, une résistance qui la conduit à la folie… ?
Enfin de la très grande littérature ! Ce n'est pas tous les jours qu'on peut lire un tel livre.
Un roman plutôt court mais qui n'empêche pas Justine Bo de nous faire revivre plus d'un siècle d'histoire des Etats-Unis, la douloureuse époque de l'esclavage, la guerre du Vietnam, l'attentat contre les Twin Towers, le Sida, les drogues, l'élection de Trump… Tout cela en toile de fond.
Le coeur du roman reste néanmoins cette maison au 629 Halsey Street. Un lieu de mémoire pour Eve, et les souvenirs de revenir en masse, une demeure acquise au prix du sang et de la sueur, transmise de génération en génération. le combat qu'elle entame contre les promoteurs prend des allures de va-tout, pour des raisons personnelles familiales mais plus largement comme une résistance désespérée contre un certain capitalisme envahissant détruisant son passé, sa raison d'être. Magnifique.
Pourtant le meilleur est encore ailleurs : ce style ! le texte est une succession de petits paragraphes sans lettre majuscule à leur entame car l'écrivaine n'utilise que très peu les points de ponctuation sans que le lecteur s'essouffle pour autant à la lire. Les tournures de phrases ne manquent pas de grâce et d'originalité (« Ses plumes comme dans un rêve se soulevaient légères, prises dans un air qui de terrestre n'avait plus rien. »). L'emploi de l'anaphore (« Comment Eve Melville est devenue folle, il faut que je vous le dise ») scande la dernière partie du récit comme une prière, une incantation, un cantique.
Du très grand art pour un roman que vous devez absolument lire car ne ressemblant à aucun autre.
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Ce livre est un petit trésor de richesses multiples, tant au niveau du style choisi, de la narration que des personnages, Salomon et Eve, décrits avec virtuosité et humour - alors que les sujets traités ne sont pas forcément toujours très gais. du Sud des Etats Unis à Brooklyn, c'est une valse rapide qui vous entraîne dans une belle puissance pour vous conter une histoire familiale bien particulière en touchant du doigt les failles de la société américaine. A l'origine fut l'esclavage !
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Un cri qui déchire la nuit de Brooklyn, celui d'Eve Melville, dont on a repeint la maison en noir. Ève s'indigne, se rebelle, se bat, ose, chavire dans la folie. Ève est l'arrière-petite-fille de Salomon, esclave qui a fui pour arriver à New-York. L'histoire de cet homme est racontée condensée dans le premier chapitre, qui m'a (comme le reste du roman) totalement emporté. Une vie résumée en quelques pages, sans qu'elle ne soit survolée mais au contraire en s'ancrant dans les petits détails du réel, dans la souffrance et le courage de cet homme. le roman continue en un long poème, ou un cantique. Suivant Ève dans sa révolte contre la gentrification de son quartier, évoquant sa vie par touches, de même que toute l'histoire des États-Unis, la guerre du Vietnam, les années sida, l'arrivée au pouvoir de Trump. Ce personnage au bord de la folie restera je pense longtemps en mémoire. Sublime !
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Ce livre est très bien écrit, d'un point de vue stylistique c'est beau, poétique, entraînant. Une élégante manière d'aborder des sujets qui sont déjà épuisés. Car si la forme est envoûtante, le fond est d'une vacuité sans nom.
Écrire encore et encore toujours les mêmes choses. Revenir sur des sujets déjà éculés. Pourtant tout commençait bien, la naissance de Solomon nous promettant une vision historique et romancée dans les champs d'indigo. Mais on arrive rapidement à des sujets maintes fois traités : le Vietnam, le sida, les émeutes de Brooklyn.
La littérature est certes une redite, un retour permanent aux mêmes sujets que l'on traite sous des angles différents, avec un style particulier. Je m'attendais tout de même à beaucoup mieux, à plus de profondeur, à plus de réflexion. Il n'y a pas de véritable leçon, du moins rien d'étonnant à ce catalogue des maux qui traversent et marquent l'histoire américaine. Pour toujours les mêmes leçons de morale.
Une déception, car le style magnifique de l'auteure pourrait être au service d'histoires plus édifiantes.
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Brooklyn. Août 2016. Eve Melville découvre que sa maison, celle de son arrière grand-père Solomon a été peinte en noir pendant la nuit. Elle sombre alors dans une sorte de transe, de folie…

C'est un roman déroutant, une belle écriture poétique, un roman comme un long poème entrecoupé de paragraphes au style plus “classique”. Une écriture parfois discontinue, sans point final aux phrases. Une alternance de styles qui donne un rythme au roman.

J'ai apprécié la première partie du récit, l'histoire de Solomon, sa naissance dans les champs d'indigo d'une mère esclave qu'il ne connaît pas, sa fuite, son parcours, son ascension jusqu'à l'acquisition de cette fameuse maison.

Mais ensuite je me suis perdue dans la suite des sujets abordés, je n'ai pas réussi à rester “accrochée”. Peut-être y a-t-il trop de thèmes ? pas suffisamment exploités peut-être ? Bref, je ne suis pas convaincue, je suis restée à l'extérieur, ça arrive…

Merci à Babelio et aux éditions Grasset.
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critiques presse (3)
LeMonde
18 mars 2024
La romancière donne voix à une vieille dame en lutte contre des promoteurs immobiliers.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs
22 février 2024
Justine Bo remonte aux racines d'un pays dont le péché originel n'est autre que l'esclavage.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro
26 janvier 2024
Un poème, une incantation qui appelle une langue céleste, un langage divin. La prose magnifique de Justine Bo. Dans son dernier roman, l’auteur se fait aède. Les phrases y sont comme des vers. Elle réveille les fantômes et les vieux démons des États-Unis.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ici tous les humains sont les bienvenus, tous les humains sont nos amis, tous nous vivons ensemble ainsi que toujours nous avons vécu, nous sommes un tout et nous sommes heureux, nous sommes une communauté, un pays, un Etat, qui toujours fut grand et toujours le sera, Make America great again disent-ils, faites que l’Amérique redevienne grande, des idioties, je vous le dis, jamais nous n’avons cessé d’être grands, c’est vous qui nous rêvez petits
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« Et la voici, Eve Melville, sculptée d'un seul pan de glaise, pas un pli, pas une ride, pas un mot plus haut que l'autre, qui se redresse au milieu de Halsey Street, au milieu des voisins à leurs fenêtres et des enfants réunis sur la route vide, qui nous regarde un à un et qui murmure
ma maison est noire »
Un matin d'août 2016, un cri déchire le coeur de Brooklyn : la maison d'Eve Melville a été peinte en noir pendant la nuit. Eve la tient de son arrière-grand-père, Solomon Melville, né esclave en Géorgie. Ce stigmate sur sa façade avive le souvenir. L'héroïne tranquille devient inquiétante, s'accroche à sa propriété comme à sa mémoire et se révolte contre les promoteurs qui défigurent le paysage de son enfance.
Entre l'affranchissement de Solomon et la furie d'Eve, ce roman entrechoque les mythologies américaines : la torture dans les plantations d'indigo, les spectres du Vietnam, l'apparition du sida et les émeutes qui secouèrent Brooklyn à l'aube des années 1990.
Dans une langue incantatoire, magnifique, puissante, ce cantique pour Eve Melville remonte aux racines d'un pays qui rejoue sans cesse ses batailles.
Née en 1989, Justine Bo est écrivain. "Eve Melville, Cantique" est son septième roman.
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