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EAN : 9782373060102
230 pages
Éditeur : Le Murmure (28/04/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Marc Bernard est né en 1900 à Nîmes. Orphelin à 14 ans, il devient ouvrier et découvre le syndicalisme révolutionnaire. Mais l'adolescent a aussi des envies de littérature. Henri Barbusse le prend sous son aile en 1924 à L'Humanité et à Monde, puis Jean Paulhan l'accueille à La N.R.F. En 1934, Anny obtient le prix Interallié. Puis, c'est Pareils à des enfants... qui décroche en 1942 le Goncourt. Marié en 1940 à Else Reichmann, une juive autrichienne qui a fui l'Ansc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  15 juin 2017
Un obscur écrivain prolétarien rejeté dans les ténèbres de l'histoire littéraire. Voilà les propos même de l'auteur sur Marc Bernard dans sa préface. Je ne connaissais pas Marc Bernard. J'ai fait mes devoirs, j'ai lu son Goncourt pour au moins avoir lu un de ses plus célèbres livres, n'ayant pas le temps pour le moment d'en lire plus. J'aurais bien aimé aussi regarder le film « Le bien-aimé » réalisé aussi par Stéphane Bonnefoi mais il nécessite l'achat du livre Mayorquinas dans la collection L'Imaginaire. Je tiens à remercier Babelio et les éditions le murmure pour ce beau cadeau.
Ce livre est une gageure, écrire une biographie sur un écrivain qui a produit une majorité de livres biographiques (ce que je ne savais pas), mais il se donne du large pour une vision d'ensemble, de l'amplitude au balancier du temps. Dans le quatrième de couverture, on nous dit que la biographie est menée comme un récit mais ce n'est vrai que sur de courtes parties essentiellement consacrées aux relations entre Annie Teulière, la fille de Marc, et Stéphane Bonnefoi.
« Il faut distinguer entre l'autobiographie privée qui reste du meilleur Marc Bernard et les opinions générales » Gaston Gallimard dans une lettre à Léonard Bernard de son premier prénom.
Au cours du livre, on va suivre le parcours de l'écrivain notamment via ses amitiés avec Jean Paulhan, Henri Barbusse, Marcel Arland, Henri Calet,… La partie sur la littérature prolétarienne face au populisme ou aux communistes de l' AE(A)R ou sur l'édification du journal « Le monde » vaut la peine à elle seule. Comme Stéphane Bonnefoi n'hésite pas à nous parler des travers des écrivains et du monde de l'édition (un exemple comme un autre, « Vacances » récupéré par Grasset face à Gallimard), qu'il s'attache à beaucoup de sources dont le fond IMEC (notamment la correspondance Paulhan Bernard qui a donné lieu à un autre livre « Correspondance 1928-1968 ») et des archives privées et inédites d'Annie, la fille de Marc, le livre ressemble beaucoup au dernier livre que j'ai lu qui avait aussi le concours du CNL « La fabrique du Livre » si ce n'est que tout orbite autour d'un homme, Marc.
« Le profil idéal du candidat ? C'est un écrivain de 35-45ans qui publie son troisième ou quatrième roman. S'il n'y a pas de « style Goncourt », le goût qui domine parmi nous est francophone, naturaliste et même populiste, plutôt que pointu, avant-gardiste et mondain. » (Propos de François Nourissier)
« Ses livres demeurent inclassables et la critique disserte à l'envi pour définir son style. Fraîcheur, authenticité, fidélité, vérité sont les termes qui reviennent le plus fréquemment, et l'on pourrait évoquer tout aussi bien Maxime Gorki, qu'André Gide, lesquels, avec Marcel Proust, comptent parmi les écrivains dont il se dit le plus proche. »
Outre la partie biographique, Marc Bernard a écrit beaucoup de textes ou d'articles témoignages: 10 juin 1944 dans le maquis résistant, combat entre nationalistes et communistes en Espagne, nationalisme marocain, édification de Sarcelles « la cité du futur », installation d'un tourisme de masse à Majorque, … . Ce qui est fascinant, c'est de voir comme sans vraiment le faire exprès, l'homme se trouve souvent sur des lieux de lutte, à la croisée des opprimés et des oppresseurs
« Lui, la vie l'avait déjà formé et touché. Ce ton juste, sans artifice et quasi organique faisait quelque chose de sourd, de puissant, de vrai. »
« L'homme a cette faculté - et cette nécessité - de capter la face de lumière de chaque individu, par-delà les circonstances et les évènements les plus sombres. »
Outre ses nombreux combats pour l'égalité, l'écrivain prend le temps d'observer, de flâner, de profiter de la Nature ( il aura une vraie histoire d'amour avec Majorque, l'île d'où est originaire son père, entre autres) en mode farniente alors que pourtant il sera toujours un peu fauché. Fauché mais digne même en refusant la légion d'honneur. Quelque part, il a tout de l'anti-écrivain alors que sa quête sera toujours la pureté.
« Si tout marche comme je le souhaite, la croupe anguleuse des vaches maigres disparaîtra à l'horizon pour ne plus jamais revenir, et à nous, alors, les textes abracadabrants, illisibles, rédigés sur un coin de table après la vente des fromages. »
On s'attache au fil des pages et on a impression de l'avoir toujours connu. La fin constitue un sommet car elle cadre avec l'oeuvre qui a connu le plus de succès auprès du public « La mort de la bien aimée » suivi de ses successeurs dans la même veine. On ressent d'autant plus la vieillesse, la maladie, la mort d'Else sa femme puis, plus tard, de l'écrivain qu'on les a accompagnés sur un pan d'Histoire.
« D'Yvonne à Else en passant par Snoes, sans oublier sa mère ni les portraits si sensuels de Nîmes, c'est dans le récit de la vie (et de la mort) de « ses » femmes que l'écrivain parvient le mieux à fendre l' « écorce ». La mort d'Else lui permet d'accéder à la part la plus sombre et la plus imparfaite de lui-même. »
Outre la synthèse de la vie et des oeuvres d'un auteur, la force principale du livre repose sur l'aspect humaniste, découvrir un homme et son lien authentique avec le monde des Hommes, mais le livre touche aussi à l'approche et au style d'un écrivain d'une telle façon qu'il peut inciter à lire les autres livres de Marc qu'on n'aurait pas lus. A l'image d'Annie, sa fille, on ressort touché par la justice d'un homme réhabilité dans son entièreté. Ce livre est une incidence de l'être.
« De l'usine à l'écriture, son parcours aura toujours été celui d'un humanisme simple, mais décisif. »
« Son ultime récit a l'éclat diapré d'un passeport terrestre couvert de tampons. »
« Une si longue nuit
Un univers confus, parsemé de ténèbres,
Lèpre noire, brûlée, tournoie dans mon regard,
S'exalte en moi ainsi qu'un grave chant funèbre … »
Voici quelques bon sites Internet consacrés à l'auteur dont le blog de Bonnefoi en premier:
http://marcbernardecrivain.blogspot.be/
https://litteratures.revues.org/277
http://calounet.pagesperso-orange.fr/biographies/bernard_biographie.htm
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cathcor
  26 juin 2017
En 1952, il avait voulu raviver l'actualité de Zola avec un "Zola par lui-même" dans la fameuse collection "Ecrivains de toujours".
Par un juste retour des choses, son compatriote gardois Stéphane Bonnefoi relance, en un essai documenté et convaincant, notre connaissance du petit nîmois, fils du peuple, pauvre, très tôt orphelin, qui débuta comme ouvrier, fut un militant convaincu, et, alors qu'il n'avait que le certificat d'études, entrera à la prestigieuse NRF, épaulé par son ami nîmois Jean Paulhan, obtiendra en 1934 l'Interallié pour son roman "Anny", et en 1942 le Goncourt pour "Pareils à des enfants".
Oui, merci à Bonnefoi pour ce cheminement avec cet ami de Paulhan, donc, mais aussi de Barbusse, d'Henri Calet, de Georges-Emmanuel Clancier. Merci d'avoir vaincu l'indifférence, pour ne pas dire l'hostilité, d'une fille dont le grenier débordait de précieux documents, mais qui ne lui pardonna pas de lui avoir très tardivement révélé que celui qui l'avait élevée, Augustin Habaru, le rédacteur de Monde (la revue créée par Barbusse) n'était pas son père, mais seulement le mari de Snoes (en néerlandais "chérie"), l'amour passionné et douloureux de Marc Bernard.
L'autre femme qu'il aima passionnément - au point de vouloir mourir avec elle après 31 ans de vie commune, et de n'y avoir renoncé que parce qu'elle le supplia de vivre pour continuer à écrire - fut Else, juive autrichienne, qui avait fui l'Anschluss. Avec elle il connaîtra l'errance, la peur, la pauvreté, mais aussi de lumineux moments à Majorque, lieu des racines paternelles de Marc Bernard, et elle infléchira son inspiration vers le panthéisme de sa trilogie finale " la Mort de la bien-aimée" (1972), "Au -delà de l'absence"( 1976) et "Tout est bien ainsi" (1979).
Son époque fut celle de la littérature prolétarienne, et il en a été le fervent défenseur, après une phase surréaliste. Il chercha longtemps sa voie, connut des échecs, toucha à toutes les formes littéraires, théâtre, récits et nouvelles, essais journalisme, émissions de radios. Il était passionné de tauromachie, et aimait Nîmes, sa ville natale où il allait régulièrement se ressourcer. Il était voluptueusement effacé.
Oui, l'oeuvre de Marc Bernard restera, lui qui, dans une série d'émissions intitulées "Contre l'oubli" voulut rendre hommages aux écrivains oubliés, et on est heureux de partager ses luttes, ses amitiés et ses amours à travers cet essai, malgré quelque pesanteurs et longueurs, notamment sur les dissensions concernant la littérature prolétarienne ou les positions politiques.
Merci, vraiment, à Babelio et aux éditions le murmure.
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Gantelet2000
  28 juin 2017
Marc Bernard, la Volupté de l'effacement est une biographie de l'écrivain nîmois Marc Bernard, très documentée, suivie dans l'ordre chronologique, de son enfance à Nîmes « une enfance ouvrière », jusqu'à ses dernières années, en passant par le prix Goncourt obtenu pour pareil à des enfants.
Le livre fourmille d'extraits de ses livres, mais aussi de ses correspondances qui illustrent le récit. Sans oublier la rencontre étonnante de Stéphane Bonnefoi avec la fille de Marc Bernard qui lui a donné de nombreux documents, photos…qu'elle aurait dû jeter selon ses dires !
Ce livre m'a captivé lors de la rencontre de Marc Bernard avec l'amour de sa vie, Else, leur rencontre très romantique, leur mode de vie, la période de l'occupation (prix Goncourt de Marc Bernard en 1942) avec ses peurs - Else est juive - et ses espoirs, la tristesse consécutive à la maladie d'Else et de sa mort, Marc Bernard n'écrivant plus alors « que pour lui rendre hommage ».
Je ne connaissais pas du tout l'oeuvre de Marc Bernard, dont le nom ne m'était pourtant pas inconnu, et à dire vrai, ce livre m'a donné envie de le lire. Je commencerai par celui écrit après la mort d'Else, la mort de la bien aimée.
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