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Gérard Piloquet (Traducteur)Michel Le Bris (Préfacier, etc.)
ISBN : 2752905556
Éditeur : Phébus (05/05/2011)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 27 notes)
Résumé :

Une biographie qui serait aussi, à sa façon, le plus fabuleux roman qui se puisse rêver. Et la redécouverte d'un des plus fascinants personnages de l'histoire du siècle passé : Sir Richard Burton (1829-1890), aventurier (il est le premier à atteindre La Mecque déguisé en pèlerin), explorateur (il découvre les sources du Nil), érudit (on lui doit la première traduction non expurgée des M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
MissAlfie
  10 mars 2014
On doit à Richard Francis Burton un paquet de choses. Il l'est l'un des premiers Européens non musulman à pénétrer dans la Mecque et le premier à décrire la ville. Il se rend également à Harar, quatrième ville sainte musulmane. Il découvre le lac Tanganika auquel il attribue - par erreur - la source du Nil. Il réalise une traduction complète des Mille et Une Nuits et du Kama-Sutra. Il écrit une foultitude de bouquins dont les études ethnologiques comptent encore aujourd'hui parmi les meilleures et les plus pointues. Bref, pour son époque, Burton estun phénomène. Et à cette époque victorienne un peu guindée, un phénomène, ça ne passe pas très bien.
En effet, Burton a un caractère bien trempé. C'est par défi vis-à-vis de cette société trop chaste qu'il décide de traduire les Mille et Une Nuits (qui est beaucoup plus violent et sexuel que les jolis contes qu'on veut bien nous raconter) et le Kama Sutra (qui est bien plus qu'un simple recueil de jolis dessins suggestifs). C'est par défi qu'il met sa vie en jeu en se déguisant en pélerin pour rentrer dans la Mecque. Par toutes ses actions, Burton a fait montre d'une redoutable modernité pour son époque.
La biographie s'attarde également sur les relations qu'il entretient avec ses contemporains. Deux personnes sortent du lot. John Hanning Speke, avec qui il entreprit une expédition aux sources du Nil et Isabel Arundell, une femme de dix ans sa cadette qui deviendra son épouse. Burton s'est farouchement opposé à Speke lors de l'expédition qu'il en gardera une rancoeur tenace. A tel point qu'il s'entêtera dans sa position de considérer le Tanganiyka comme source du Nil alors que Speke, lors une expédition ultérieure pourtant scientifiquement moins précise, considérera à juste titre que le lac Victoria est la véritable source. Malgré cette haine farouche entre les deux hommes, on sent derrière la carapace de Burton une humanité et un respect profond pour Speke. Ces sentiments paraîssent surtout quand Burton apprend la mort de Speke lors d'un accident de chasse la veille du débat qui était sensé les opposer à la Royal Geographic Society.
La relation avec son épouse est également paradoxale. Il force la main d'Isabel pour le mariage, ce dernier contrevenant à la volonté de la famille Arundell. Si elle éprouve pour son mari une fascination sans bornes, lui n'est pas fondamentalement expressif. Il lui impose même de s'adapter à ses volontés de voyages. Sur la fin de sa vie, quand la maladie fait son oeuvre et que l'aide de son épouse devient indispensable, Burton laisse alors apparaître l'amour qu'il lui porte. La biographie fait également d'Isabel Burton plus qu'un personnage secondaire. Beaucoup de références sont tirées de la biographie écrite par l'épouse de Burton après la mort de ce dernier. En revanche, Fawn Brodie fait une réflexion plus poussée sur l'adoration que portait Isabel à son mari. A tel point qu'elle brûla de nombreux écrits de son mari pour que ne reste que le meilleur de Burton au risque de perdre de précieux écrits dont une traduction d'un ouvrage indien qui traitait de pédérastie.
Cette biographie est un formidable moyen de connaître le personnage complexe de Richard Francis Burton. Fawn Brodie livre au moyen de recherches et de références multiples et pointues un portrait complet, profond et précis d'un homme qui a complètement marqué la deuxième moitié du 19è siècle britannique par une modernité révolutionnaire.
Lien : http://croqlivres.canalblog...
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Tzomborgha
  26 juin 2015
"La mâchoire d’un démon et le front d’un dieu."
C'est ainsi que le chétif Swinburne décrivait Richard Francis Burton, précisant cependant:
«Pas la moindre gentillesse dans le regard. Ses mâchoires puissantes, son menton dur, lui donnent l’air d’être capable du pire.»
Sans même parler de ses invraisemblables compétences martiales et intellectuelles, le capitaine Burton, Dick, est avant tout un beau gars bien bâti, regard pénétrant, port altier, bronzage agricole, moustache de conquérant et épaules quadrangulaires.
Un gars hyper-virile qui en impose tout de suite, et pas con avec ça .
Fawn McKay Brodie, magnétisée par son sujet, dresse un bilan passionnant de la vie de ce géographe et linguiste parlant une quarantaines d'idiomes, explorateur libertin, bretteur exceptionnel, pionnier de l'ethnographie, écrivain de talent et remarquable traducteur, un humaniste de cape et d'épée qui un jour tonna: "Mieux vaut l'or, que la géographie!".
Comme d'autres, ses vieux jours ne seront pourtant pas tout-à-fait épargnés par le racisme colonial de son époque puritaine, déjà penchée sur le XIXème siècle.
La vie de Burton se lit comme le roman que Kipling ou Conrad n'ont jamais osé écrire, mais s'achève dans la grisaille d'une relation contradictoire avec son épouse dévouée, Isabel Burton, bigote pudibonde sous l'influence de laquelle le fringuant explorateur s'enkystera dans une existence bourgeoise, et qui brûlera d'inestimables manuscrits pour laver la postérité de son défunt mari…
La vieillesse est un naufrage comme disait l'autre, et si on veut avoir la classe internationale jusqu'au bout, mieux vaut partir comme un prince - c'est-à-dire assez tôt, de préférence célibataire, et le sabre au clair.
"Prototype personnel de Dieu, mutant à l’énergie dense jamais conçu pour la production en série. Il était le dernier de son espèce: Trop bizarre pour vivre mais trop rare pour mourir…" (Raoul Duke).
Tel fut Richard Francis Burton.
p.s.: Seul film potable avec Dick au générique, "Aux sources du Nil", de Bob Rafelson.
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Le_Jeu_social
  15 août 2017
Ça n'est pas simple d'être libre...
Très peu d'hommes le sont car l'investissement personnel est trop gros.

Richard F. Burton connaissait le prix de la liberté et il a choisi de le payer. Il a payé, comme disaient nos ancêtres, le prix du sang, le sien.
Il n'y a pas de vraie liberté sans sacrifices. Celui qui prétend augmenter son degré d'indépendance n'a pas le choix: il doit prendre sur lui.
Pourquoi endurer ces épreuves me direz-vous? Réponse: car la saveur de la liberté est incomparable et compense très largement les difficultés que vous devez surmonter pour l'atteindre.
Si la vie de Richard F. Burton n'avait pas été authentifiée, je n'y aurais pas cru...
Comment peut-on réaliser autant de choses grandioses en l'espace d'une seule vie? Quelle passion, quel démon le hantaient?
Parlant plus de vingt langues et dialectes, ses voyages d'exploration le menèrent là où aucun européen n'avait jamais mis les pieds. Officier dans l'armée, écrivain, traducteur, diplomate, mystique, ethnologue, ce prodigieux anglais n'a pas seulement rêvé ou écrit sa vie, il l'a vécue.
Son parcours nous enseigne que l'intensité d'une vie dépend du nombre de barrières qu'on franchit, du nombre de lois qu'on enfreint.
Richard Burton était un affranchi. Affranchi de toutes les conventions de son époque, sociales, religieuses, sexuelles, familiales, scientifiques.
Prenons exemple sur cet homme qui ne s'est pas contenté de rejeter le monde qu'on lui imposait mais qui, surtout, a créé le sien.
Le monde est ce qu'il est et il ne changera pas alors mettez votre plus beau chapeau, sortez et apprenez à jouer!
Bienvenue sur mon site le Jeu social.
L.Egero
lejeusocial.com
Lien : https://lejeusocial.com
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delitterys
  17 mai 2011
Sous-titrée « Richard Burton ou le démon de l'aventure », cette copieuse et gouleyante biographie se lit comme un gros roman d'aventures. On s'enfonce, affamé, entre ses pages pour mieux découvrir cette « âme plus vaste que l'univers » (Swinburne) dont les multiples talents et expériences ne cessent d'impressionner.
Fin linguiste (24 langues « maîtrisées » -s'il est possible de maîtriser une langue-, 16 dialectes supplémentaires compris et assimilés), ethnologue de génie auquel on doit de belles pages tant sur les Indes que sur le monde arabe (hélas non traduites en français), explorateur audacieux (il découvrit la cité interdite du Harar, fut le premier occidental à pouvoir rentrer dans la Mecque et à la visiter), traducteur et éditeur reconnu des Mille et une Nuits et du Kama Sutra (entre autres textes érotiques), Burton ne pouvait que choquer la société victorienne trop corsetée, qui n'appréciait guère ses sorties sur l'excision et le cannibalisme et réprouvait son engouement pour toutes les cultures qu'il pouvait rencontrer et sa volonté de les partager.
Suite et fin sur mon blog : http://www.delitteris.com/index.php/notules/un-diable-dhomme/
Lien : http://www.delitteris.com/in..
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boreale
  30 octobre 2014
Au départ j'ai eu un peu peur de ne pas "accrocher" car bah ... c'est vraiment une biographie quoi ... genre y'a des tonnes de "notes" en bas de page, ça détaille tout , etc... Mais en fait c'est écrit d'une façon fluide , non rébarbative , et puis ... ça se lit vraiment comme un roman d'aventures !
Après cette lecture je dirais que je ne trouve pas spécialement ce "Richard Burton" très sympathique/attachant mais force est de reconnaître qu'il a eu une vie haute en couleurs !!!
BREF ... Une grosse biographie "pas pénible" à lire ;)
la suite ( +extrait ) : http://blabliblo.canalblog.com/archives/2014/10/30/30862780.html
Lien : http://blabliblo.canalblog.c..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   05 août 2017
Cet homme restera à jamais une énigme. [...] Le public du temps retint surtout l'aventurier, ses incroyables exploits, sa folle témérité, la façon dont il pénétra seul, déguisé en arabe dans la Mecque et Médine, toutes deux interdites, son équipée à Harar, sa quête des sources du Nil, et cette fureur, en lui, qui toujours le précipitait un peu plus loin, vers «l’inconnu immense». C'est oublier qu'il fut d'abord un savant, d'une fabuleuse érudition : dans les domaines qui furent les siens, aucun homme de son temps n’accumula un savoir comparable. A ce titre, il serait plutôt à ranger au x cotés d'un Darwin, d'un Lyell, d'un Frazer. Sans conteste un linguiste génial, qui ne parlait pas moins de quarante langues ou dialectes. Le grand pionnier de l'anthropologie culturelle. Un traducteur hors pair, à qui l'on doit une somptueuse édition des Mille et une nuits. Un superbe écrivain, auteur de quarante-trois récits de voyage, sans parler de multiples grammaires et lexiques de dialectes indiens ou africains. Un poète, dont le Kasidah a été par certains comparée aux Robâ 'iyat d'Omar Khayyâm. Un archéologue, qui le premier eut l'intuition de l'origine hittite des inscriptions de la pierre de Hamath. Un conteur extraordinaire, selon tous les témoins, dès qu'il s'agissait d’évoquer les fastes et les horreurs de l'Orient. Un précurseur de Havelock Ellis et de Freud, fasciné par les pratiques et les perversions sexuelles de toutes les époques et civilisations, qui accumula sur le sujet une immense bibliothèque. Un éditeur (clandestin) de textes érotiques - a une époque ou le moindre écrit licencieux vous expédiait droit en prison. En même temps, un soldat intrépide, avide de gloire et de combats, auteur d'un manuel révolutionnaire d'entrainement à la baïonnette. Un redoutable escrimeur, le meilleur d'Angleterre, disait-on. Un diplomate qui sema bien souvent la panique au Foreign office. Un espion, génie du déguisement. Un chercheur d'or et un spéculateur effréné. Un maitre soufi et un voyou de bas étage. Un géant. Que l'on dirait sorti tout droit de la Renaissance, à la fois savant universel, philosophe et conquistador.

[extrait de la préface]
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PJNPJN   16 août 2017
L'aspect le plus saisissant et le plus significatif de Burton, c'est son incessante quête d'identité, laquelle se manifeste par une fuite hors de soi, une projection empruntant de multiples voies depuis les mensonges de l'enfance, le refuge à l'âge mûr dans les langues étrangères, le déguisement et la traduction, et pour finir dans la prodigieuse accumulation d'un savoir très spécialisé (les pratiques sexuelles). Jamais il n'eut de foyer,et jamais de pays. Jamais il ne s'établit dans une profession, ni même se prévalut ou tira gloire de sa nationalité
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Le_Jeu_socialLe_Jeu_social   15 août 2017
Fais comme ton humanité te l'ordonne
N'attends d'applaudissements de personne excepté toi-même;
Il vit et meurt avec la plus grande noblesse
Celui qui établit et suit lui-même ses propres lois
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>Iles Britanniques>Grande Bretagne, Royaume uni : Histoire>Histoire des Îles britanniques : Victoria et les Windsor (1837...) (13)
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