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EAN : 9782360810420
280 pages
Éditeur : Editions Cornélius (20/09/2012)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Au terme de sa rupture avec Sook-Yin Lee, Chester Brown décide qu'il ne veut plus de petite amie. Trois ans d'abstinence plus tard, il décide de sauter le pas et de fréquenter les prostituées. Ce livre évoque chacune des vingt-trois filles (vingt-quatre en réalité) avec lesquelles l'auteur a eu des relations sexuelles tarifées entre 1999 et 2010. Souvent drôle, toujours lucide, ce journal de bord d'un micheton offre un tableau saisissant de la prostitution contempor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  01 avril 2013
Elles s'appellent Carla, Angelina, Anne, Amanda, Susan, Wendy, Diane, Danielle, Jolene, Yvette, Gwendolyn, Alexis, Hillary, Béatrice, Myra, Jenna, Kitty, Larissa, Arlène, Edith, Laura, Nancy, Millie ou Denise et tant d'autres. Ah, Denise… 23 filles, parfois belles parfois avec de gros seins parfois mures parfois très (trop ?) jeunes ! Vingt-Trois prostituées que Chester Brown a fréquenté au cours de ces dix dernières années. Dessinateur de BD, il se met à nu, quitte à perdre l'estime de ses proches ou de ses amis potentiels, pour te raconter ces rencontres.
Le trait est pur, réservé au strict minimum. Point de détail, point d'émotion, un style froid pour prendre du recul sur le contenu. Tu imagines d'ailleurs des scènes graveleuses, d'un esprit douteux et pervers. Mais je te laisse avec ta libre libido. Rien de tout ça. Ce livre, roman graphique qui se lit comme un roman-photo au crayon, pose de vraies questions. Prix à débattre et (im)moralité en jeu.
En manque d'amour, après une rupture décisive, Chet pose sa réflexion sur l'amour romantisme. Et plus il pense, plus il sent que la solution idéale est les relations tarifées. de là, il va faire le tour de Toronto, sans arpenter le trottoir, de quelques escort-girls ou prostituées. Y vois-tu un mal ? Tu peux le juger, si cela te chante. D'ailleurs, il ne s'en cache pas (sinon, il ne se serait jamais mis en scène dans ces petites cases rectangulaires). Il se dit pour la décriminalisation de la prostitution. En un sens, il n'a pas tort. Il ne se contente pas de l'acte sexuel, il parle avec elles. de quoi ? de leur métier, de ce que lui fait dans la vie. de ce qu'elles font, l'une ne pratiquent que la fellation, l'autre n'embrasse pas, celle-ci embrasse mais refuse de se faire toucher… A chaque rencontre, de nouvelles interrogations se posent. Sur son comportement à lui, sur ce qu'elle attend, sur les impressions qu'il donne, sur le sentiment qu'elle laisse. Doit-il laisser un pourboire en plus du tarif de l'acte ? Doit-il lui donner l'argent en mains propres ou le laisser en évidence sur la commode de la chambre ou sur la table basse du salon ?
Avant d'accepter une telle lecture, une telle proposition devrais-je dire (parce que croiser le chemin de vingt-trois prostituées n'est pas anodin), je me suis renseigner. J'ai tout de suite senti que la BD n'était pas racoleuse, ni même aguicheuse et affriolante. Non, elle traite d'un fait de société, en profondeur (n'y voyez pas de jeu de mot, que des jeux de mains). Oui, cette BD propose le débat et l'échange… d'idée et de perception de la vie, de l'amour et des relations humaines. Chester Brown propose son avis, sa conception des rencontres dites tarifées. Il ne te l'impose pas, mais il te fait réfléchir.
Je te laisse, j'ai rendez-vous avec Amanda. Mais avant, il faut que je remercie le gars sans lequel je n'aurais jamais été aux putes. Oui Monsieur manU17 ! De-là à dire que toi aussi tu fréquentes ce genre de rencontres… les rumeurs – surtout ici – peuvent aller vite, bien plus vite qu'une fellation pratiquée par l'une de ces dames expertes. manU17, on ne se connait pas mais cette chronique t'es dédiée, pour ton bon sens ou ton sens pratique… Et n'hésites pas à me recontacter pour de prochaines rencontres aussi appétissantes et gouleyantes que celles-là, péripatéticiennes ou pas…
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Commenter  J’apprécie          276
colimasson
  26 juin 2013
Vingt-trois prostituées ? Vraiment ? Autant ? Seulement ? Chester Brown a manipulé l'anonymat avec brio, qui parvient encore, à l'issue de la lecture, à nous faire douter du nombre exact des prostituées qu'il a rencontrées… Les scènes de l'album se focalisent particulièrement sur une douzaine d'entre elles –le nombre invoqué dans le titre doit être revu à la baisse- mais les prénoms cités s'enchaînent inlassablement et on imagine qu'au cours des quinze années sur lesquelles s'étend l'expérience de Chester Brown, il aura connu bien plus de prostituées que n'en annonce le titre –le nombre doit être revu à la hausse. C'est un budget, comme Chester Brown le calcule lui-même :

« Si j'y allais toutes les deux semaines, ça ferait 26 fois par an. 26 multiplié par 160 dollars, ça fait 4 160 dollars par an… ce n'est pas rien. Toutes les trois semaines, ça ferait 17 fois par an. 160 multiplié par 17 égale 2 720 dollars par an. Ça devient déjà plus gérable. C'est sans doute ce que je devais dépenser chaque année quand je sortais avec Sook-Yin. Et on était bien loin des 17 fois par an la dernière année où on était ensemble. »

Et comme le montre ce calcul, le rapport au couple amoureux traditionnel n'est jamais bien loin. C'est peut-être, d'ailleurs, ce qui rend cet album aussi passionnant.

En 1996, alors qu'il vit avec sa petite amie Sook-Yin, celle-ci lui avoue s'être éprise d'un autre homme –ce qui ne l'empêche pas, évidement, d'aimer inconditionnellement son Chester, mais moins passionnément peut-être. Chester ne se sent pas jaloux (« le fait même que tu nies cette souffrance prouve que tu souffres », lui lancera un de ses amis). Sook-Yin finit par inviter son nouvel ami chez eux, avant de former un ménage à trois au sein duquel la contribution de Chester est pratiquement inexistante. Pour canaliser ses besoins sexuels, Chester réfute tout recours au couple traditionnel. Sa dernière expérience avec Sook-Yin lui aura suffi. Désormais, il préfèrera recourir aux prostituées.

Dans un premier temps, Chester Brown s'interroge surtout concernant les questions pratiques de ce service. Si on peut avoir déjà entendu le témoignage de certaines prostituées sur leur activité, le point de vue détaillé et exclusif d'un homme à ce sujet est plus rare. Avec Chester Brown, les questions déferlent : comment choisir une prostituée ? comment lui donner son argent ? comment se comporter face à elle ? –et la question la plus angoissante : comment être sûr que le rendez-vous donné n'est pas un traquenard organisé pour subtiliser de l'argent aux clients peu consciencieux ?

Avec le temps et l'habitude, ces questions disparaîtront pratiquement au profit d'une interrogation beaucoup plus intéressante sur les notions de couple et d'amour traditionnel. Chester Brown est obligé d'affuter ses arguments et ses opinions pour répondre aux attaques de ses amis pour qui la prostitution reste encore une activité « légitimement illégale » voire « criminelle ».

Si le malaise de Chester Brown ne se traduit pas en termes moraux selon la dualité du bien et du mal, on sent toutefois qu'il n'a pas toujours été en de parfaits termes avec sa conscience, ce que traduit son argumentaire convaincant en dernière partie de l'ouvrage. Outre les questions débattues pour savoir s'il vaut mieux décriminaliser ou légaliser la prostitution, Chester Brown nous entraîne parfois sur des notions plus abstraites : recourir à la prostitution est-ce acheter une femme ? n'est-ce pas avilir l'estime des prostituées ? quel choix leur est laissé dans l'exercice de cette activité ? quid de la violence, de l'esclavagisme sexuel et de l'objectification ?

En rapportant son expérience en même temps qu'il donne son avis sur ces questions, Chester Brown parvient à nous faire saisir leur complexité et l'impossibilité de les réduire à des positions manichéennes. Tout dépend de la prostituée et du client, et entre ces deux personnes, un lien aléatoire et unique se crée, comme dans n'importe quel autre couple plus conventionnel.

« Je pense qu'avoir des relations avec des prostituées peut rendre un homme plus sensible, du moins pour certains clients…ceux qui sont ouverts à la possibilité d'apprendre des choses au contact des prostituées qu'ils rencontrent. »

Chester Brown fait partie de cette dernière catégorie de personnes et son humanité se ressent dans le plaisir que nous avons à parcourir les pages de cet album. Même si toutes les prostituées sont représentées de dos et qu'aucune d'entre elles ne nous permettra de découvrir son visage, le soin qu'il prend à décrire leur personnalité, leurs habitudes et leur langage, finit cependant par nous les rendre distinctes les unes des autres. Chester Brown ne nous permet toutefois pas d'oublier que le récit de son expérience est unique et que, dans la prostitution comme dans le couple ou le mariage, si certaines associations sont fructueuses, d'autres peuvent être destructrices. L'exemple de Chester Brown et de ses prostituées constitue un témoignage qui fonctionne –mais ce n'est bien sûr pas une généralité.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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alouett
  22 mars 2013
« Au terme de sa rupture avec Sook Yin Lee, Chester Brown décide qu'il ne veut plus de petite amie. Trois ans d'abstinence plus tard, il décide de sauter le pas et de fréquenter les prostituées » (extrait synopsis éditeur).
Ainsi, nous suivons l'auteur de mars 1999 à la fin de l'année 2003 dans ses rencontres avec 24 prostituées. Découpé en une trentaine de chapitres de longueur variable, l'auteur revient sur ses différentes expériences sexuelles en compagnie de ces femmes. Certaines filles n'apparaitront qu'une seule fois tandis que d'autres feront l'objet de plusieurs rendez-vous. le dernier chapitre quant à lui s'intéresse à une période plus conséquente puisqu'elle couvre les années 2004 à 2010.
Durant toute cette période, il confrontera ses opinions et partagera ses doutes, ses constats et ses questions avec ses deux amis (et confrères) Seth et Joe Matt, avec une autre de ses ex petite amie et avec son frère Gordon.
Enfin, Vingt-trois prostituées propose une part importante de bonus puis 23 « Appendices » viennent alimenter un débat de société au Canada (pays de Chester Brown). L'auteur donne se positionne ouvertement sur un débat polémique au Canada : décriminalisation ou réglementation de la prostitution ? Sa démarche semble être motivée par la volonté de dédiaboliser les représentations que les citoyens lambda se font du commerce sexuel. Il revient également sur des sujets de société comme l'esclavagisme sexuel, la violence, le proxénétisme, les droits sexuels, l'estime de soi…
Ce qui est intéressant, c'est que rien dans cet album n'est abordé de manière honteuse. Assumant ses actes et ses opinions, Chester Brown témoigne sans tabous et sans réserve si ce n'est qu'il est resté très attentif au fait de respecter l'anonymat des prostituées qu'il a rencontré. Ainsi, il a changé leurs noms d'emprunt et a choisi de ne pas dessiner leurs visages (et autres signes distinctifs comme les tatouages par exemple) qui permettraient de les reconnaitre.
Graphiquement, Brown a opté pour la sobriété. En allant ainsi à l'essentiel, il incite le lecteur à s'intéresser davantage aux propos qu'aux corps dénudés qui apparaissent régulièrement dans l'ouvrage. Je suis finalement assez étonnée d'avoir autant adhéré à cet ouvrage et pour cause : la démarche n'est pas malsaine, le témoignage est exempt de tout voyeurisme et l'auteur reste neutre quant à ce qu'il lui a été donné d'observer.
« J'ai lu dans un article qu'une prostituée qui reçoit des clients à domicile travaille Incall. Si elle se déplace chez eux, on dit qu'elle travaille Outcall ».
Totalement inexpérimenté lorsqu'il décide de faire la démarche d'aller voir une prostituée la première fois, on va découvrir peu à peu comment il a pris de l'assurance au fil des mois et des expériences. Il apprend à décrypter les petites annonces passées par les prostituées ou les call-girls, à se repérer dans les tarifs en vigueur, à apaiser ses angoisses quant à la possibilité de tomber dans un traquenard ou à se faire arrêter par les services de l'ordre… On l'accompagne dans ses curieuses découvertes comme celle inhérente à l'existence de sites internet spécialisés sur lesquels les clients déposent des commentaires sur les filles (beauté, particularités, ce qu'elle autorise ou n'autorise pas, propreté des lieux…).
Mais ce témoignage aborde avant tout une réflexion plus large sur le couple, la notion de romantisme, les enjeux sociaux, les débats juridiques, la tolérance. le trait de Chester Brown est sec, précis, assuré. Il s'appuie sur de forts contrastes entre noir et blanc et n'accepte que ponctuellement quelques dégradés de gris (construits à l'aide de jeux de hachures) qui permettent de faire ressortir quelques éléments du décor sans pour autant que ceux-ci n'étouffent le visuel ou les propos qu'il contient.
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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cac
  11 novembre 2012
Le dernier album de Chester Brown ne fait pas l'unanimité. Loin d'être un plaidoyer absolu pour la légalisation de la prostitution, il prône plutôt avec ce livre sa libéralisation. Sa non pénalisation si vous voulez partant du principe qu'une personne doit être libre de disposer de son propre corps et d'en faire profiter de potentiels clients à travers des relations tarifées. C'est un sujet qui revient régulièrement dans nos sociétés, tout comme celui de la légalisation du cannabis par exemple sans que clairement une solution politique soit apportée.
Je dois dire que, sans faire montre de ma propre opinion à ce sujet, j'ai trouvé le discours de Brown en postface particulièrement étayé et intéressant sur la réflexion d'un homme qui fréquente des prostituées depuis plusieurs années. Cette annexe faite de 23 sections, ce qui renvoie aussi au nombre de prostituées rencontrées, détaille vraiment son avis sur un éventail très large de sujets comme l'argent, la violence, le trafic d'êtres humains, la fiscalité (les actes sexuels tarifés doivent-ils être soumis à l'impôt ?) sans pour autant faire l'apologie de la prostitution.
A l'inverse de cette annexe littéraire, le coeur même de la bande dessinée peut sembler un peu longuet tant Brown y décrit méticuleusement mais sans toutefois faire apparaître aucun détail physique ni visage pouvant compromettre l'identité de ces dames, ce qui contribue à l'impersonnalité de ces 23 rencontres, chacune de ses expériences. Forme simple, 1 gaufrier de 8 cases de même taille par planche, 1 chapitre avec un prénom (modifié) par tête de pipe.
On peut y lire ses émois de la première fois, et comment il s'est décidé à franchir le pas après une relation avortée avec sa petite amie. Puis arrivent alors toutes les questions : sécurité, la peur d'être vu, d'être arrêté par la police, les maladies, le paiement, le pourboire, les positions, avec ou sans fellation. Bref un panorama très large où l'on voit ses affinités avec certaines et pas d'autres. Doit-il donner son vrai nom ou pas ? Est-ce que les descriptions sur tel ou tel site d'annonces sont fiables ?
Plein de situations et de questionnements de ce genre qui font qu'au final je ne me suis pas vraiment lassé de lire 23 descriptions malgré leur côté presque médical. Il y a un aspect comptable aussi qui peut choquer, une évaluation de la prestation comme on évalue la qualité d'une transaction sur un site internet.
Ceci est toujours illustré par un dessin impeccable, on sent une sorte de maniaquerie chez Brown à retranscrire le plus fidèlement possible les situations, les dialogues y compris avec ses amis que sont Seth et Joe Matt également dessinateurs de bande dessinée.
Brown dessine comme il traite ce sujet avec ses proches amis, c'est-à-dire sans tabou, le plus naturellement du monde dans une société où l'acte sexuel et la femme - ou l'homme mais c'est plus rare - devient une marchandise comme une autre destinée à assouvir une envie immédiate. A travers son dessin on a l'impression que son personnage n'a pas d'émotions avec toujours un petit trait plat pour sa bouche comme le souligne Robert Crumb en introduction et un visage qui ne change guère, des petites lunettes ne montrant pas ses yeux. Quand sa petite amie le quitte mais décide de rester habiter avec lui puis fait venir son nouveau copain, Brown prend ça avec un aplomb incroyable. Quand Seth lui demande : "Tu n'es pas en colère ou jaloux ?", il lui répond :
"Je me sens comme d'habitude. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes".
En conclusion, un livre qui m'a plu globalement où Brown explore son sujet avec un certain cynisme mais aussi une pointe d'humour. Ce n'est pas pour autant qu'il m'a convaincu de ses thèses, si tant est qu'il ait pour intention sous-jacente de convaincre le lecteur à travers cet ouvrage.
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okka
  27 mai 2018
⚠️ Attention cette lecture est déconseillée aux gens fermés d'esprit, et qui ont une idée préconçue de ce milieu.
Qu'est-ce que c'est l'Amour ?
Notre corps nous appartient-il ?
Sommes-nous libres ?
La violence d'où vient-elle ?
La police nous protège-t-elle de tout le monde ?
Le travail = exploitation ?
Le vital doit-il avoir un prix ?
Arrive-t-on à différencier un raisonnement de la tête et du coeur ?
Peut-on se défaire des notions comme le mariage, la religion, l'argent toujours ancrés dans notre système, dans les moeurs ?
Des questions de réflexion sur notre société hypocrite, qui nous traverse tout le temps... Et dont chacun y donnera des réponses qui lui seront personnelles.
Ici Chester Brown avec ses expériences personnelles a écrit et dessiné «  Vingt-trois prostituées ». Cet ouvrage est là pour nous interpeller, sur ce métier de travailleurs / travailleuses du sexe.
Tout du long de son récit, l'auteur va comparer son ancienne vie de couple avec sa vie de célibataire ayant des relations avec des travailleuses du sexe. L'argent que ça coûte, les moments agréables, les contraintes,...
Même si Chester ne dévoile pas leur vie privée à ces travailleuses du sexe, ce qui est dommage car il aurait été intéressant de savoir les différents parcours de la vie qui les ont amené à choisir cela, et à savoir ce qu'elles ont eu en bien ou en mal... Cela aurait rendu ce récit plus humain. Mais nous, lecteurs, nous sommes spectateurs de la vie de Chester Brown. Il comprend ces femmes, lui qui en sait plus sur leur vie, que nous et les proches directs de ces femmes. Mais hélas, le temps c'est de l'argent...
Pour mieux comprendre le point de vue de ces travailleurs et travailleuses du sexe, d'autres lectures seront utiles.
Avant tout, c'est un sujet difficile, pour y faire un avis, un résumé. Car souvent on se mêle de la vie d'autrui, quand la nôtre n'est qu'un merdier. Et au final on éclabousse plein de caca l'autre, sans avoir compris ce qu'il ou elle voulait nous dire. Je dis ça car beaucoup de gens vont dire ce qui est bien ou mal sur ce que fait l'autre. Mais nous n'avons pas toutes les informations, qui nous permettent de comprendre, donc de compatir et d'accepter. Car on préfère juger plutôt qu'être jugé.
Mais si on se préoccupe de ce que pensent les gens... Nous ne sommes pas prêts d'avancer dans notre vie.
Même si cet ouvrage est relativement positif, l'auteur nous rappel que nombres de personnes sont victimes de trafics d'humains, et qu'ils nous entourent partout. Énormément de gens ont besoin d'aide, mais ça serait trop facile de dire qu'ils n'ont qu'à demander de l'aide, quand il est plus facile pour ceux dont c'est leur job d'agir pour aider.
Tout plein de gens sont victimes de violences, mais la violence est omniprésente, et surtout débute dans la sphère familiale, là où naissent le mal et le bien.
Côté dessins, je me rends compte en tournant les pages du livre, que nombre de cases sont similaires mais de mon point de vue ça passe très bien, car au final nous sommes pareils. Que ça soit lorsque nous méditons, que nous sommes dans l'attente, ou dans le mouvement à pied ou en voiture, etc... tout ce temps notre gestuel est souvent statique, mais le flux de pensées, de paroles parlés ou écoutés peut être très importante.
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critiques presse (8)
NonFiction   19 août 2013
Vingt-trois prostituées est un bel ouvrage qui prête à réflexion. Le dessin simple et maniéré soutient ce manifeste iconoclaste en faveur de nouvelles mesures. Chester Brown ne soutient pas l’industrie de la prostitution, il légitime une forme d’activité artisanale.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress   17 janvier 2013
Aucun voyeurisme, rien d'érotique dans ces vignettes minimes et minimalistes, à l'intelligence clinique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BoDoi   05 décembre 2012
Que l’on partage ou non sa position, [l'auteur] réussit un tour de force : entraîner son lecteur dans les méandres de son esprit, lui exposer avec un bel humour distancié une intimité captivante.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LaPresse   19 novembre 2012
Chester Brown offre une réflexion nuancée dans un ouvrage confrontant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   05 novembre 2012
[Un] livre empli d'un charme et d'une sagesse élémentaires - au meilleur sens du mot.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   05 novembre 2012
Si l’ouvrage est avant tout une magistrale BD, très efficacement menée, il risque aussi de faire évoluer le point de vue de nombreux lecteurs sur la prostitution.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   17 octobre 2012
Chester Brown tient le journal de ces rencontres qu'il revisite, et réinvente en une sorte de roman vrai, avec une franchise saisissante, dans le plus jubilatoire des équilibres entre la crudité quasi clinique de « l'action » et l'interprétation parfois ironique, souvent pince-sans-rire, toujours lucide et distanciée qu'il en donne.
Lire la critique sur le site : Telerama
Du9   01 octobre 2012
Les rires embarrassés vont inévitablement jalonner la lecture de ce flot d’une pensée froide, égarée quelque part entre argumentaire politique et affliction inconsciente. Mais au final, une œuvre ambivalente de Chester Brown est un plus bel os à ronger que la majorité des pensums de bande dessinée de reportage.
Lire la critique sur le site : Du9
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   05 novembre 2013
Lorsque des femmes qui se prostituent utilisent le terme « choix », elles se retranchent souvent derrière ce que la sociologie de la déviance appelle la « technique de neutralisation ». Les sociologues utilisent ce terme pour décrire la façon dont certains groupes méprisés et marginalisés par la société inventent des techniques de rationalisation, gage de survie de leur condition marginale. De telles techniques peuvent être employées car souvent, leur unique et douloureuse alternative est la haine de soi.

-Jeffreys, The idea of Prostitution-
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alouettalouett   22 mars 2013
[Joe Matt] – L’idéal romantique que tu avais plus jeune n’était pas un simple caprice.

[Chester Brown] – Bien sûr, j’étais un fervent adepte de l’amour romantique étant enfant. Mais je n’avais pas de vraie expérience sexuelle ou sentimentale. Je croyais en l’amour romantique que parce que mon éducation me disait d’y croire. Et parce que tous autour de moi y croyaient. Maintenant que je suis plus vieux et que j’ai fait plusieurs fois le tour du manège amoureux, je suis mieux placé pour en parler que quand j’étais ado. Maintenant, je sais que l’idéal romantique est réellement néfaste. L’amour apporte plus de souffrances que de joies »
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le_Bisonle_Bison   04 avril 2013
Qu'est-ce qu'elle fait ?
Elle place délibérément ses cheveux sur son visage.
Elle a honte. Elle ne veut pas que je puisse la voir pendant que je la baise. Quel contraste...
...elle était tellement énergique quand elle me suçait la bite, et maintenant elle est complètement léthargique.
Ça me fait de la peine pour elle, mais pas au point de lui laisser un pourboire.
Je vais plutôt faire mon possible pour jouir au plus vite.
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le_Bisonle_Bison   30 mars 2013
-Allo.
-Salut Chet, c'est Joe. Quoi de neuf ?
-Je regarde un site où les clients écrivent leurs commentaires sur les prostituées.
-Des commentaires ?
-Ouais, par exemple quelles filles sont jolies, quelles filles sont laides, ce qu'elles font sexuellement, ce genre de trucs.
-Les clients écrivent pour les autres clients ?
-Exactement... comme sur les films ou les livres.
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colimassoncolimasson   11 novembre 2013
Notons également que si l’achat de services sexuels est criminalisé, les ressources policières seront mises au service de la recherche et de l’identification des clients. Ces ressources seraient mieux employées à poursuivre les esclavagistes et à libérer les esclaves sexuelles.
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Videos de Chester Brown (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chester Brown
À l'occasion de l'invitation du Canada sur le SoBD 2019, Seth et Chester Brown étaient présent sur le salon. L'occasion était rêvée d'inviter également Joe Matt et de permettre au célèbre trio d'amis de se retrouver au c?ur de Paris. On sait que Seth, Chester et Joe se sont connus à Toronto, qu'ils ont tous trois pratiqué l'autobiographie, de manière assez différentes, et qu'ils se représentent les uns les autres dans leurs livres respectifs. Ainsi, chacun montre des deux autres la façon dont il les voit, et tous s'accordent en amitié alors pourtant que leurs caractères et l'apparence qu'ils donnent à voir d'eux-mêmes diffèrent grandement. le SoBD les avait rassemblé tous trois pour une conversation animée par Jean-Paul Jennequin, assisté de Marguerite Capelle pour l'interprétariat vers l'anglais. Une table ronde en anglais, filmée et sous-titrée, que vous pouvez revoir ici-même.
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