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ISBN : 2350305767
Éditeur : Atlande (15/05/2019)

Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Le Brexit tient à la fois du cauchemar et de la farce. Parti du referendum organisé pour éviter que le Parti conservateur ne se déchire, il divise profondément les Britanniques, risque de faire voler en éclats le Royaume-Uni, d'infliger à son économie un recul sans précédent, de raviver la guerre en Irlande et d'afaiblir l'Europe. Largement alimenté par des mensonges, le vote a-t-il été manipulé par Moscou, orchestré pour de basses raisons spéculatives au profit de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  29 juin 2019
C'est rare, du moins en temps de paix, de trouver d'exemples de politiciens qui réussissent à agir contre l'intérêt général, aveuglé par leur propre gloire personnelle passagère, à cette échelle que le Brexit. Il existe, depuis les 3 ans du référendum sur le Brexit, une bibliothèque d'ouvrages sur cette lamentable "farce" et il est également rare de constater une si large unanimité. le petit livre de Marc Roche "Le Brexit va réussir" constituant l'exception qui confirme la règle et que je ne vous recommande sûrement pas, car pas très sérieux.
Je remercie Babelio et la maison d'édition "Atlande" pour l'envoi de ce livre dans le cadre de la dernière opération masse critique. J'étais en train de lire de Danny Dorling et Sally Tomlinson "Rule Britannia : Brexit and the End of Empire", mais un livre reçu grâce à masse critique a, bien entendu, priorité. Par ailleurs, j'ai déjà fait la critique d'un livre sur ce phénomène étrange, notamment le 18 octobre 2017 sur la base de l'ouvrage de Craig Oliver "Unleashing Demons : The Inside Story of the Brexit" (libérer les démons, l'inside story du Brexit). Un témoignage intéressant par quelqu'un qui y était mêlé au tout début.
Les maîtres d'oeuvre de cette confusion magistrale s'appellent Nigel Farage, David Cameron, Boris Johnson et, plutôt par incompétence, Theresa May.
David Cameron, en prenant l'initiative d'organiser ce fameux référendum sur le Brexit, le 23 juin 2016, avec 51,9 % de voix en faveur du départ de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, a signé en même temps son propre suicide politique, lui qui espérait devenir le Benjamin Disraeli ou William Gladstone de notre temps. Pour Theresa May le Brexit a signifié également la fin d'une carrière politique au sommet. Il est vrai que la pauvre avait en face d'elle un négociateur européen de talent exceptionnel, le commissaire français Michel Barnier et que parmi les 27 autres États de l'UE existait une solide solidarité.
Si ces deux-là ont été punis, la situation est exactement le contraire pour les 2 autres énergumènes de la mauvaise saga du Brexit, qui eux jubilent pour le moment. Boris Johnson (surnommé Bojo), ancien maire de la capitale britannique et brièvement un très incompétent ministre des affaires étrangères, a de bonnes chances d'être récompensé royalement pour sa politique dubieuse en devenant chef du Parti conservateur et donc bientôt Premier ministre. Je dois admettre que pour moi ce n'est pas encore très clair si Bojo est seulement un showman, un peu à la Trump, qui profite bêtement de l'aveuglement actuel d'une majorité de ses compatriotes, ou au contraire un personnage narcissique dangereux, qui applique une espèce de "après moi le déluge" à la Louis XV.
Celui qui me met cependant le plus en colère c'est ce petit rigolo de Nigel Farage. Créateur du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni - UKIP - et membre depuis juillet 1999 du Parlement européen, où pendant 20 ans, il n'a fait que de l'obstruction systématique, sans jamais proposer la moindre mesure constructive. Et bien qu'il soit bon orateur l'hémicycle se vide lorsqu'il a la parole : les membres disparaissent dans leurs bureaux ou à la cafétéria, tellement qu'ils en aient assez de sa mauvaise comédie, critiques à la pelle et attaques personnelles, parfois particulièrement vulgaires, de personnalités européennes. Il a été, à ma connaissance, le seul membre du PE à être sanctionné financièrement pour abus de langage.
Son succès est basé en fait sur le double sentiment imaginaire de supériorité britannique et une xénophobie habilement cultivée. Sa grande spécialité c'est la propagation de "fake news" ou intoxication. Ainsi, il a eu le culot de promettre, la veille du référendum, que la contribution britannique au budget de l'UE irait intégralement à la caisse-maladies nationale britannique. Une information qu'il savait parfaitement fausse et qui a été démentie rapidement, mais qui a incité néanmoins combien de personnes en mauvaise santé ou tout simplement âgées à voter pour le Brexit ? Il n'y a qu'un mot pour caractériser un manoeuvre pareil : scandaleux !
Son pote, un homme d'affaires britannique qui aurait eu des rapports privilégiés dans la Russie de Poutine, l'honorable Arron Banks, a financé 8,4 millions de livres sterling, soit 9,3 millions d'euros, dans la campagne anti-Europe de Farage et il n'y avait pas de l'argent russe dans cette aide, selon l'assureur de la City ! (Source Wikipédia). J'aimerais bien rencontrer quelqu'un qui puisse m'expliquer le sens d'un tel don énorme ? Ça m'étonnerait que Mister Banks veuille juste jouer le mécène pour cette oeuvre d'art unique qu'est le Brexit !
Maintenant que Nigel Farage a créé le Parti du Brexit et raflé, aux dernières élections, plein de voix aux conservateurs (31,6 %) et 29 sièges au PE, pour Bojo il est devenu l'homme à abattre. Disposant de "qualités" similaires (narcissiques, fabulateurs et menteurs ...), ils n'étaient déjà pas - on s'en doute - de grands amis, mais maintenant c'est carrément la guerre entre ces 2 grands chefs d'État.
Toute ma vie professionnelle j'ai oeuvré, certes comme fonctionnaire dans un secteur réduit qui était dans mon cas celui des transports, et cela me chagrine de voir des gugusses comme ce duo risquer de tout compromettre pour des raisons étroites de gains purement personnels. Trump et Poutine avaient espéré que d'autres pays allaient suivre le mauvais exemple et préconiser un "exit", mais cela n'a pas du tout été le cas. Ce que l'on constate, en revanche, ce sont les initiatives de certains courants politiques, surtout de droite, dans certains États membres de l'UE de justement vouloir réduire les compétences de cette Union, en faveur d'initiatives d'intérêt purement local. C'est par exemple le cas de la nouvelle alliance flamande dans mon pays, où le sieur de Wever a des vues bien à lui, qui condamnent ses propres élus au PE à l'inactivité.
Sur le plan de l'intégration européenne, nous sommes aujourd'hui bien loin du rêve de Sir Winston Churchill de la création des "États-Unis d'Europe" qu'il a proclamé en 1951. Avec l'Angleterre, nous avons connu des moments difficiles, notamment lors des 11 années de règne de Margaret Thatcher, mais nous avions aussi un Jacques Delors, visionnaire de talent et tacticien de génie.
L'ouvrage d'Edwige Camp-Pietrain et 7 coauteurs comprend 3 grands chapitres : 1) Comprendre le Brexit, un historique des relations souvent houleuses entre le Royaume-Uni et le continent européen ; 2) Vivre le Brexit, les implications pour les différentes parties de ce Royaume, en Irlande, Écosse et Gibraltar ; et - tout à fait surprenant - 8 'nouvelles du futur". En effet, ce dernier chapitre est tout à fait original et très littéraire où "nous nous projetterons dans des futurs conditionnels grâce à une série de nouvelles illustrant chacune sous forme fictionnelle un aspect de ce que pourrait être un monde post--Brexit.
L'éditeur Atlande - non sans humour - à défaut de nous "souhaiter un bon Brexit", nous souhaite "une bonne lecture !"
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Foufoubella
  03 juillet 2019
Livre reçu dans le cadre de la MC de juin 2019
Ah la la le Brexit, on peut dire qu'on en bouffe depuis 2016 et le référendum où a été voté la sortie de l'UE.
En même temps, fallait-il en douter, ils ne voulaient déjà pas de la monnaie unique.
J'avoue avoir suivi de plus ou moins loin (d'ailleurs plutôt loin que près) cette histoire même si, personnellement, j'adore les Rosbifs (mais j'avoue une nette préférence à suivre les frasques de la famille royale que la politique du pays). Néanmoins, je n'ai pas hésité très longtemps à demander ce livre dans le cadre de la dernière masse critique afin d'en savoir un peu plus. Et le livre a répondu à mes attentes sur ce sujet.
On voit tout de suite qu'on a affaire à un livre écrit par des universitaires: introduction, problématique dégagée, plan en trois parties, conclusion. Ce livre aurait pu s'intituler "Le Brexit pour les nuls" car il s'agit véritablement d'un condensé de ce qu'est le Brexit, en remettant le Royaume-Uni dans son contexte historique, ses liens particuliers avec l'Europe mais aussi les Etats-Unis et les états du Commonwealth, les enjeux économiques et humains de leur sortie ou pas de l'Union européenne. C'est clair, on suit facilement le fil conducteur, il y a une chronologie en fin d'ouvrage ainsi que des photographies des principaux protagonistes même si, de mon point de vue, ça n'apporte rien aux propos. Si demain votre enfant doit faire un exposé sur le Brexit, courez acheter ce livre, c'est très didactique voire scolaire, ce qui pour ma part ne m'a pas plu (mais j'ai passé l'âge aussi).
Il y a aussi un chapitre entier, sur le point de vue écossais, qui est en grande partie en anglais (citations). Après une maîtrise d'anglais et un mémoire que j'ai rédigé dans la langue de Shakespeare, je n'ai pas eu de mal à comprendre mais ce n'est pas donné à tout le monde. De ce point de vue, le livre ne pourra pas s'adresser à tous (même si ce n'est qu'une courte partie du livre). Et pareil, mettre les citations dans leur contexte n'a un intérêt que dans le cadre d'un exercice universitaire.
J'arrive maintenant à la partie que j'ai préféré, la dernière. Il s'agit de nouvelles imaginant un monde où le Brexit a eu lieu ; et force est de constater que le futur envisagé n'est pas rose, loin de là. Sincèrement, je me suis régalée à lire cette partie, la nouvelle « Hyde Park » m'a particulièrement plu.
En résumé, il s'agit d'un livre sérieux qui retrace linéairement les différentes phases du Brexit et fait comprendre aux néophytes comment on a pu en arriver là (à coup d'infox, de peur, d'intérêt personnel au détriment de l'intérêt général). Le sujet est bien traité quoique de manière trop scolaire selon moi, ce qui risque d'en rebuter plus d'un.
Les dystopies finales furent quant à elles un régal.
Dans l'ensemble, ce livre a permis de vulgariser en un nombre de pages limités, mais largement suffisants et documentés, ce qu'est le Brexit. Il est globalement accessible au plus grand nombre.
Un grand merci à Babelio ainsi qu'au éditions Atlande pour l'envoi de ce livre que je n'aurais jamais lu sinon.
Un merci particulier à Cécile qui avait écrit un petit mot à la main, me souhaitant une bonne lecture.
PS : si vous souhaitez un avis plus finement analysé, je vous conseille de lire la critique de kielosa sur Babelio.
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