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Julie Sibony (Traducteur)
EAN : 9782355847813
472 pages
Sonatine (27/08/2020)
4.27/5   746 notes
Résumé :
Chicago, 1959. Charlie Rizzo, qui vient de perdre sa mère, doit emménager avec son père aveugle. Pour le jeune garçon, l’histoire est limpide : Matt Rizzo a perdu la vue à la suite d’un accident de chasse, comme il le lui a toujours raconté. Mais le jour où un policier sonne à leur porte, Matt choisit de révéler à son fils la partie immergée de son passé, et la véritable raison de sa cécité : un vol à main armé qu’il a commis des années plus tôt, alors qu’il fréquen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (111) Voir plus Ajouter une critique
4,27

sur 746 notes

Chicago, 1959. Après le décès de sa maman, le jeune Charlie Rizzo quitte la Californie pour rejoindre Chicago, là où son père habite. Un père qu'il n'a pas vu depuis longtemps, qu'il est content de retrouver même s'il se rend compte qu'il sait peu de choses sur lui. À commencer la raison pour laquelle il est aveugle. Matt lui raconte alors l'épisode de l'accident de chasse survenu à l'automne 1925. Alors qu'il se baladait le long de la voie ferrée, l'un de ses amis, Messina, qui avait un fusil, a pris peur lorsqu'il a entendu un cerf brailler. le souffle du coup de feu lui a alors explosé au visage... le jeune Charlie s'accommode facilement au rythme de vie de son père qui, lorsqu'il ne vend pas des assurances, passe son temps à écrire, lui-même l'aidant dans ses projets de livres. Les années passent sans heurts jusqu'au jour où le jeune garçon, poussé par deux amis, participe à des cambriolages. Il est alors arrêté par la police, une situation qui anéantit Matt. Celui-ci tente de convaincre son fils de coopérer. En vain. Pour le persuader, il n'a d'autre choix que de lui avouer les raisons de sa cécité et lui révéler son lourd passé en prison...

Impressionnant, c'est bien le premier qualificatif auquel l'on pense après avoir lu cet album graphique. Impressionnant aussi bien sur le fond, la forme et la taille (pas moins de 460 pages). L'auteur, David. L. Carlson, est ami avec Charles Rizzo qui lui a raconté l'histoire de son père. Cet album aborde donc la vie de Matt Rizzo, de sa jeunesse à sa mort. Il retrace aussi bien l'accident qui lui a coûté la vue, ses écrits et surtout ce qu'il a vécu en prison où il a passé beaucoup de temps avec Leopold Nathan (celui là même qui lui faisait peur quand il était gamin), un des tueurs du jeune Bobby Francks. Il aborde intelligemment différents thèmes tels que la pardon, la résilience mais aussi la littérature, la poésie et la force de l'imagination. Un beau et fort récit sur la reconstruction d'un homme brisé parfaitement mis en image par Landis Blair. Un graphisme sombre, tout en hachures qui exprime magistralement les zones d'ombre.

Une oeuvre remarquable !
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Coup d'essai, coup de maîtres ! Sauf erreur, premier roman graphique du scénariste, du dessinateur et de l'éditeur. Et ils gagnent le fauve d'or d'Angoulême ! Plus mon admiration. le dessin crayonné m'a de suite ramenée vers Emil Ferris. Ici sans couleur. Ce qui renforce l'histoire. Un jeune homme, en déboires avec la police, va découvrir la véritable cause de la cécité de son père dans ce Chicago des années de crise. Comment un tueur va sauver son compagnon de cellule avec L'enfer de Dante ? Sujet inespéré que cette rédemption grâce à la littérature ? Et remerciements au fils pour l'avoir raconté à David L. Carlson qui nous offre ce chef-d'oeuvre littéraire.
Premier coup de coeur de l'année 2022.
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« J'ai vite tout su, ou presque, de la vie de mon père. C'est très difficile pour un aveugle d'avoir des secrets.
Mais on a tous au moins un secret »
Et c'est ce secret sur son père que Charlie Rizzo va découvrir à l'âge adulte. Un secret qui va le faire grandir et mûrir. Un secret étonnant, sombre comme cet album hachuré de noir, au dessin et au charme mystérieux.
C'est une plongée dans le Chicago des années 30, le crime organisé et la prison que proposent Carlson et Landis, avec en bonus une histoire d'amitié, de littérature et de transmission. Les illustrations en noir et blanc donnent toute la mesure de ce roman graphique oppressant, tiré de faits réels.
Un fauve à Angoulême amplement mérité.
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À la mort de sa mère, en 1959, Charlie Rizzo part vivre avec son père à Chicago. Matt Rizzo est aveugle et, pour répondre à la curiosité de son fils, il lui explique comment il a perdu la vue. En 1925, il chasse avec deux copains dans un coin près du fleuve où, disait-on, il s'était passé d'horribles événements : « le crime du siècle ». Mais c'est l'accident de chasse, et un coup de feu aveugle Matt. Voilà la version officielle. Cependant, des circonstances particulières amèneront Matt à avouer la vérité à son fils et à lui raconter pourquoi il a passé plusieurs années en prison, partageant la cellule de Nathan Leopold, un des deux auteurs du crime du siècle. L'homme deviendra pour Matt une sorte de mentor.
***
Au début, malgré une certaine lenteur du récit, le désarroi du jeune garçon qui découvre le monde d'un aveugle se révèle particulièrement émouvant : l'appartement sans décoration aucune, le père qui n'allume jamais, qui se tient devant un mur parce que ça le rassure car il sait ce qui est devant lui, la compagnie bienvenue de Capitaine, etc. Au fil du récit, les relations père-fils tiennent une place importance dans ce superbe roman graphique, non seulement entre Matt et Charlie, mais aussi entre Matt et son propre père, comme entre Nathan et le sien. J'ai eu parfois l'impression que Nathan Leopold servait à Matt de substitut paternel. le caractère de cet intellectuel qui a commis un meurtre par bravade reste à approfondir pour moi : je sais que je relirai cette oeuvre. C'est grâce à Nathan que Matt découvre la littérature, la philosophie, l'Enfer de Dante, et qu'il se met à écrire lui-même.
***
Autant, voire plus, que le scénario de David L. Carlson, c'est le graphisme de Landis Blair que j'ai trouvé remarquable. Les dessins à la plume et à l'encre, toujours en noir et blanc, presque toujours hachurés (sauf dans les passages intitulés « Les écrits de Matt Rizzo »), la mise en page, les plans privilégiés rappellent parfois le travail d'Emil Ferris dans Moi, ce que j'aime, c'est les monstres. D'autant plus qu'il s'agit de la même époque (le début des années 60) et du même endroit (Chicago) et, dans les deux cas, d'histoires particulièrement sombres et intenses. Les variations sur les lunettes de Matt ouvrent ou ferment un monde, c'est selon. Certaines pages sont impossibles à oublier : retenu par deux ombres, Matt tenant ses yeux arrachés dans ses mains, les orbites en sang, devant les flammes de l'enfer et les lunettes « ouvrant » sur la prison m'a bouleversée. J'avoue ma perplexité devant le rapprochement des deux panoptiques : la prison de Matt et la bibliothèque que fréquente Charlie… Une expérience de lecture marquante, assurément.
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"Les livres sont le creuset des plus grandes histoires sur la conditions humaines. Dante Alighieri est l'un des plus fameux poètes que la Terre ait portés."

À la mort de sa mère, Charlie Rizzo vient vivre avec son père non voyant, Matt. À la faveur d'une erreur de parcours, Charlie va découvrir la vérité sur L'accident de chasse qui aurait coûté la vue à son père.

S'en suit un long échange tendu entre les deux hommes durant lequel le père raconte au fils la douloureuse expérience de la prison, la dure expérience de la vie. Une vie peu commune dans le milieu carcéral aux côté d'individus parfois peu recommandables mais aussi la rencontre avec un détenu particulièrement lettré. Les références littéraires sont nombreuses. La poésie et la littérature comme échappatoires à un destin tout tracé de gangster loser.

Basée sur une histoire vraie, une histoire de rédemption brillamment construite, signée David L. Carlson et servie par le dessin incroyable du jeune Landis Blair, un grand illustrateur dont on n'a pas fini d'entendre parler. Un noir et blanc d'une intensité rare mais surtout une multitude de traits de crayon qui donne parfois l'impression d'un travail de gravure et qui m'a rappelé le trait au stylo bille d'Emil Ferris dans Moi ce que j'aime c'est les monstres.

Premier roman graphique publié par Sonatine Éditions, un coup de coeur, forcément !


"Le silence est l'absence de son ou de bruit ; réduire quelqu'un au silence consiste à le faire taire par la force."

Lien : https://bouquins-de-poches-e..
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critiques presse (5)
LesComics
29 avril 2021
Une offre à refuser ? La Bd L’accident de chasse publié chez Sonatine a reçu le Fauve d’Or au dernier Festival International de la Bande-Dessinée (FIBD). Un bel exploit pour un tout jeune éditeur comme Sonatine. Cependant, j’étais plus que réticente à les découvrir car ni la couverture , ni le graphisme ne me tentaient. […]
Lire la critique sur le site : LesComics
Bedeo
03 mars 2021
Mêlant autant de types de planches que de matériaux narratifs, ce roman graphique en noir et blanc imbrique les mises en abîme dans une illustration parfaite de l’oxymore "une sombre clarté".
Lire la critique sur le site : Bedeo
BoDoi
01 février 2021
Malgré un abord austère, L’Accident de chasse s’impose comme un roman graphique plutôt accessible, très littéraire dans le fond comme dans la forme, ce qui n’est guère étonnant de la part de son éditeur, Sonatine, qui publie là sa première BD.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD
29 janvier 2021
Cet ouvrage ne serait pas une réussite sans le somptueux travail graphique de Landis Blair. Cet Américain de Chicago n’est pas d’une modernité ébouriffante.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
FocusLeVif
12 octobre 2020
Un père narre à son fils la véritable histoire de sa cécité, et comment L'Enfer de Dante et un tueur l'ont sauvé de la prison. Une true fiction hachurée de noir.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
(dans la postface) Depuis le siècle des Lumières, l'Occident s'en remet de plus en plus à la raison comme la meilleure (voire la seule) façon d'appréhender le monde dans lequel nous vivons. Les arts et la musique sont les premiers à subir les coupes budgétaires dans l’Éducation. L'efficacité est reine. Pourtant, l'imagination est aussi authentique que n'importe quel fait descriptible. Cette histoire est une tentative pour raviver la magie et le merveilleux de l'expérience humaine, ne serait-ce que le temps de quelques centaines de pages.
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Je plaide pour un temps où la haine et la cruauté ne domineront plus le cœur des hommes; où nous pourrons apprendre par la raison, le jugement, la compréhension et la foi, que toute vie mérite d'être sauvée.
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- Ça veut dire quoi, "vindicte" ?
- La punition, le châtiment d'un crime.
- Alors pourquoi ne pas dire "punition" ?
- Parce que le mot "vindicte" exige un effort du lecteur. Et la littérature, sous sa meilleure forme, est toujours un dialogue.
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— Ça veut dire quoi « vindicte » ?
—  La punition, le châtiment d'un crime.
— Alors, pourquoi ne pas dire « punition » ?
— Parce que le mot « vindicte » exige un effort du lecteur. Et la littérature, sous sa meilleure forme, est toujours un dialogue.
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Le premier livre imprimé par Gutenberg au XVème siècle a été la bible. En latin car c'était la langue officielle de l'Eglise. Bien entendu les gens du peuple ne le parlaient pas. Certains des premiers traducteurs à avoir traduit la bible dans des langues vernaculaires ont été condamnés au bûcher pour hérésie.
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David L. Carlson & Landis Blair - L'accident de chasse
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