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EAN : 9791090724471
416 pages
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (23/08/2018)

Note moyenne : 4.39/5 (sur 530 notes)
Résumé :
Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, est une fan absolue des fantômes, vampires et autres morts-vivants. Elle se voit d'ailleurs comme un petit loup-garou : d'après elle, dans ce monde, il est plus facile d'être un monstre que d'être une femme. Un jour de Saint Valentin, au retour de l'école, Karen apprend la mort de sa belle voisine, Anka Silverberg, une survivante de l'Holocauste. Elle décide alors de mener l'enquête et va vite découvrir qu'entre le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (135) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  29 septembre 2018
Osez ce livre!
Dépasser ses préjugés sur son titre, sa couverture, son genre peut-être, et se couler dans cet objet littéraire absolument fascinant, c'est la garantie d'une expérience sensorielle de lecture profonde, émouvante, déstabilisante, unique!
C'est d'abord pour ma part une nouvelle preuve que le roman graphique de qualité est un genre majeur, propre à susciter la même admiration et le même niveau de ressenti qu'une oeuvre littéraire classique; celle-ci est en l'occurrence une expérience de lecture augmentée de tout premier plan. le texte est très présent, impeccable, et parfaitement à sa place autour de dessins d'une inventivité incroyable et d'une charge émotionnelle rare. Je n'aurais jamais cru qu'un dessin au stylo bille fasse un tel effet!
De fait, le format du roman graphique est le plus efficient pour porter cette double histoire de la petite Karen qui, ouvrant l'oeil sur le monde et sentant les secrets qui oppressent sa famille, préfère être un monstre, et de son enquête sur la mort de sa voisine Anka et son passé douloureux de juive allemande pendant la guerre.
Car grâce au dessin, grâce aussi à l'explosion des codes narratifs que l'auteur s'autorise (tout en maîtrisant totalement son récit), ce sont une multitude de contre-plans et d'infra-mondes qui nous sont donnés à voir : celui d'un quartier de Chicago de la fin des années 60 ravagé par la misère et le racisme, celui du caractère monstrueux, bon ou mauvais monstre, qui se cache en chacun, celui de la vérité du monde qui s'expose dans les toiles des grands peintres, celui des peurs enfouies, des vérités cachées, des sentiments profonds exposés avec un mélange de violence et de pudeur qui sonne juste.
J'attends avec impatience le deuxième volet de cette oeuvre qui m'a totalement embarquée et ouvert des portes.
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Foxfire
  10 décembre 2018
Au vu de la note moyenne, « Moi, ce que j'aime c'est les monstres » semble faire l'unanimité. Je ne vais pas tout à fait me joindre au concert de louanges. Si la B.D d'Emil Ferris est une oeuvre intéressante et réussie à bien des égards, elle est à mon sens loin d'être parfaite et n'est pas exempte de défauts regrettables.
Le principal reproche que j'ai envie d'adresser à « moi, ce que j'aime c'est les monstres » c'est son manque de crédibilité. A aucun moment, je n'ai oublié que j'étais en train de lire, jamais je n'ai été totalement immergée dans l'histoire au point d'oublier mon statut de spectatrice. Je n'ai jamais vraiment cru à cette histoire. Cela est dû, à mon avis, à un manque de simplicité. L'oeuvre de Ferris aurait gagné à être plus simple et finalement plus humble. Il y a trop de pathos dans « moi, ce que j'aime chez les monstres ». Anka, Je ne dis pas que cela ne peut pas arriver, certains cumulent les malheurs, mais dans une fiction je trouve que cela fait trop, le récit perd en crédibilité. Ajoutez à cela Je trouve que ça fait trop pour sonner juste. Et puis du coup, le récit part dans tous les sens. J'aurais préféré qu'il soit centré sur le personnage de Kare au lieu de se disperser.
Mais ne croyez pas que j'ai détesté la B.D d'Emil Ferris. Pour une première oeuvre, c'est du très bon travail. « Moi, ce que j'aime chez les monstres » a beaucoup de qualités. Même si je n'ai jamais vraiment cru à l'histoire racontée, j'avais tout de même envie de connaitre la suite. Je ne me suis jamais ennuyée lors de ma lecture. le personnage de kare est intéressant et attachant. J'ai aimé cette jeune fille qui pour combler son manque de confiance en elle va s'identifier aux monstres de la culture populaire. J'ai adoré les passages dans lesquels son frère l'emmène au musée, la façon dont elle perçoit les oeuvres d'art.
Et puis il faut bien dire que le dessin d'Emil Ferris est très beau. Fait au stylo, tout en hachures, le trait de Ferris est intense. L'impact sur le lecteur est indéniable. La mise en page est souvent intéressante et dynamique. Visuellement, c'est vraiment superbe et on prend plaisir à s'attarder sur chaque planche. Ferris varie les styles et que ce soit en imaginant des couvertures de revues d'horreur ou en reproduisant des toiles de maître, elle fait preuve d'une belle virtuosité.
S'il m'a semblé que narrativement « moi, ce que j'aime chez les monstres » pêchait par manque d'humilité et était émaillé de défauts qui m'ont vraiment gênée, j'ai tout de même passé un bon moment de lecture. Même si j'ai trouvé que cette histoire manquait de vérité et que je n'ai jamais dépassé le sentiment d'être en dehors du récit, j'ai tout de même envie de connaitre la suite, je lirai donc le second tome. D'autant plus que ce sera un plaisir d'admirer à nouveau le dessin d'Emil Ferris. Si je ne suis pas entièrement convaincue par la Ferris scénariste, la dessinatrice m'a en revanche complètement séduite.
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Eroblin
  26 janvier 2019
Ce roman graphique est un chef d'oeuvre ! Et pourtant, la première fois que je l'ai vu en librairie, j'ai été presque rebutée par la couverture et par les quelques pages feuilletées. Grosse erreur de ma part quand, après l'avoir emprunté à la bibliothèque, j'ai commencé à le lire, puis à scruter attentivement les planches. C'est époustouflant ! L'intrigue tourne d'une petite fille Karen qui vit à Chicago en 1968, elle partage sa vie avec sa mère et son frère qu'elle adore et qui lui a fait découvrir la peinture.
Elle adore les films et les magazines d'horreur, passe son temps à en redessiner les couvertures, elle est rejetée par ses camarades d'école, se rêverait en monstre pour pouvoir se rebeller, venger les humiliations qu'elle subit. Et puis il y a sa voisine du dessus : Anka silverberg, une juive allemande rescapée de la Shoah et qu'on retrouve assassinée. Karen se lance dans une enquête, grâce au mari d'Anka, elle écoute des cassettes enregistrées par cette dernière qui raconte sa vie en Allemagne : dominée, exploitée par des hommes pervers, humiliée, stigmatisée parce que juive et déportée… Une longue litanie de malheurs qu'écoute cette petite fille en cachette. Car derrière ses airs bravaches, c'est encore une petite fille confrontée à la tristesse de son grand frère, à la maladie de sa mère et à un secret familial.
Ce roman graphique développe plusieurs thèmes comme l'enfance, la violence de la société (celle vécue par Karen mais aussi celle vécue par Anka), la figure du monstre (pour Karen, tous ceux qui la blessent ou la rejettent sont des monstres) , la sexualité qui définit chacun d'entre nous (Karen aussi jeune soit-elle sait déjà qui elle aime), la famille (Deeze le frère est un personnage ambivalent, repère essentiel pour Karen, qui cache des secrets).
Visuellement c'est superbe, chaque planche révèle les multiples inspirations de l'auteur : j'ai beaucoup aimé les pages consacrés à la découverte d'un musée L'Art Institute dans lequel se promènent Karen et Deeze son frère. Ils s'arrêtent notamment devant le tableau de Georges Seurat « Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte » et quand on regarde de plus près, on s'aperçoit qu'Emil Ferris a dessiné les visages de Karen et Deeze à la manière de Seurat. Plus loin, l'auteur évoque la déportation des juifs et leur transport dans ces wagons infâmes : la double planche muette est à la fois tragique, empreinte de dignité et de résignation. Je pourrais évoquer encore d'autres planches mais ce serait dommage de tout dévoiler. Je vous conseille donc de vous précipiter sur ce roman graphique de 416 pages qui vous laissera pantois.
Je mets 5 chats car c'est un coup de coeur pour moi.

Lien : https://labibdeneko.blogspot..
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berni_29
  29 mars 2020
J'ai adoré Moi, ce que j'aime, c'est les monstres. Ce roman graphique est totalement époustouflant. Un récit écrit au crayon Bic 4 couleurs. Parfois on se demande l'utilité d'un tel crayon... Hé bien ici c'est totalement démontré.
Comment vous amener à ce récit ? Par quels mots ? J'aimerais à mon tour avoir un tel crayon magique pour vous le dire... Et surtout vous dire le talent de l'auteure, Emil Ferris.
L'histoire est presque banale. Il s'agit d'une enquête menée dans le Chicago des années 1960 par une petite fille de dix ans, Karen Reyes, à la suite du mystérieux « suicide » de sa voisine du dessus, retrouvée morte avec une balle dans le coeur dans un appartement fermé de l'intérieur.
Karen Reyes porte certes à merveille imperméable et chapeau façon Humphrey Bogart dans le rôle de Philip Marlowe, elle nourrit une passion dévorante pour les monstres et les BD d'horreur. Mais c'est une enfant qui souffre et de cette souffrance née l'idée qu'elle soit une montre. Oui, elle a choisi de sa propre volonté d'être une monstre. Une sorte de loup-garou... Sans doute son histoire personnelle la dicte vers ce choix...
Mais dans ce quartier plein de prédateurs, être un monstre protège plutôt qu'être une femme...
Karen Reyes a un frère, Deeze, et c'est à la fois pour elle un bien et un mal... Drôle de bonhomme...
Karen Reyes décide de mener elle-même sa propre enquête...
Lorsque Karen Reyes n'enquête pas, elle passe presque tout son temps à dessiner. Peut-être elle aussi avec un Bic 4 couleurs...
Passé le côté époustouflant de la narration, nous découvrons l'émotion qui se dégage du personnage principal. Je retiens cette scène où le frère de Karen insiste fortement pour que celle-ci se regarde dans un miroir. Alors le visage d'une monstre fait brusquement place à celui d'une adolescente ravissante... Sidérant...
J'ai été touché par les thèmes évoqués ici : l'enfance meurtrie, la Shoah, la violence de notre société, la figure de ce qu'est un monstre ou ne l'est pas dans cette société... Vaste sujet...
J'ai découvert le parcours atypique de l'auteure. Victime d'une méningo-encéphalite, c'est avec un stylo à la main, plongée sur un carnet à spirale qu'elle s'est collée à ce magnifique roman graphique. Cela rajoute au côté fascinant de cette histoire... Bravo !
Pour moi ce roman graphique est un véritable coup de coeur.
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blandine5674
  06 février 2019
Fauve d'or 2019 du meilleur album de l'année écoulée à Angoulême.
Par quoi commencer ? Difficile d'être concis avec ce monument (800 pages) ! Les couvertures ? Art Spiegelman écrit : « Emil Ferris, est une des plus grandes artistes de bande dessinée de notre temps. »
Son parcours également est atypique. le jour de ses 40 ans, elle se fait piquer par un moustique qui l'a met KO trois semaines. Lui est diagnostiqué une méningo-encéphalite. C'est en se scotchant un stylo à la main, qu'elle parviendra à dessiner quand même. Six ans de travail pour ce roman graphique dessiné au stylo sur un carnet à spirale. Fascinant ! Envoûtant !
Une gamine vit entre sa mère pieuse, son frère coureur de jupons et amateur d'art qui l'emmène au musée, mais aussi par les monstres qu'elle s'invente, dont elle-même. Un peu gênée au début, dans le fait que Karen est représentée avec deux dents, façon vampire. La voisine, survivante juive de l'Holocauste, meurt. Est-ce un suicide ou un assassinat ? La gamine va enquêter.
Pourvu que la suite arrive avant six ans… J'ai bien conscience de tenir entre les mains une oeuvre magistrale.

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critiques presse (15)
LeMonde   28 janvier 2019
Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître [...] Récit ébouriffant et magnétique, tenant à la fois du journal intime (dessiné au stylo-bille et aux feutres sur un carnet à spirales) et du tableau familial (Karen vit avec une mère aussi pieuse que superstitieuse et un frère aîné un peu voyou et amateur d’art).
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   17 décembre 2018
Entièrement dessiné au stylo Bic, ce roman graphique extraordinaire par sa beauté, sa maîtrise narrative, son inventivité, son humanité, est la première œuvre d'Emil Ferris, une américaine venue tardivement à la bande dessinée après avoir été piquée par un moustique.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeDevoir   17 décembre 2018
Si l’histoire est addictive, le dessin majestueux de Mme Ferris — entre Otto Dix et Daniel Clowes —, entièrement exécuté au stylo-bille, hisse le livre au rang d’oeuvre d’art.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Telerama   21 novembre 2018
L’enquête policière et introspective de Karen Reyes dans le Chicago des années 1960 consacre l’immense talent d’Emil Ferris, une jeune auteure de 56 ans. Un coup de maître qui doit autant au Pinocchio de Collodi qu’au Jérusalem d’Alan Moore.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama   03 octobre 2018
Un ouragan nommé Emil Ferris ! Il n’a fallu qu’un seul album à cette dessinatrice de Chicago pour bouleverser le paysage du neuvième art. Mais quel album ! Dense, puissant, inspiré, surprenant de bout en bout, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres a affolé les boussoles de la critique américaine et réveillé les consciences.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   24 septembre 2018
Foisonnante épopée psychique, grand récit sur les émotions, les troubles de l'identité et les pouvoirs de l'imagination, il fera date.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDGest   04 septembre 2018
Véritable OLNI (objet littéraire non identifiable), Moi, ce que j’aime, c’est les monstres consacre peut-être trop rapidement (quoi qu’à cinquante-six ans cela soit très relatif) une auteure qui devra, dans les années à venir, pouvoir exister en dehors d’un tel chef-d’œuvre.
Lire la critique sur le site : BDGest
Auracan   29 août 2018
Ce premier opus d’un diptyque fort de 800 pages, transportera le lecteur dans un univers mêlant habilement le réalisme et le fantastique aux accents souvent torturés mais également pleins d’espoir d’une vie meilleure.
Lire la critique sur le site : Auracan
LaPresse   29 août 2018
Arrivée de nulle part, au terme d'une série d'épreuves qui auraient découragé n'importe qui, Emil Ferris a bousculé les conventions du roman graphique avec Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, oeuvre magnifique et bouleversante, qui est un éloge de l'art, de la différence et de la résilience.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Chatelaine   27 août 2018
Remarquable, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres l’est autant que son autrice, l’Américaine Emil Ferris. À 40 ans, à moitié paralysée par le virus du Nil, cette illustratrice déjoue tous les pronostics: elle réapprend à marcher, à dessiner, retourne à l’université, puis entreprend un récit colossal, entièrement réalisé au stylo-bille!
Lire la critique sur le site : Chatelaine
BDZoom   27 août 2018
« Moi, ce que j’aime, c’est les monstres » est un authentique plaidoyer pour le souvenir et l’amour, mêlant deux univers, « superficiel » pour l’un (les comics et les revues d’horreur), et plus rude et réaliste pour l’autre (la vie quotidienne et l’histoire des camps) de manière étonnamment liée.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BoDoi   24 août 2018
Avec un style chargé mais bourré d’émotions et de sensations, Emil Ferris propose un environnement visuel inédit et d’une grande puissance.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Actualitte   22 août 2018
Depuis sa parution, l’ouvrage a raflé les prix, avec, dernièrement, les prix Eisner du meilleur album 2018 et celui de la meilleure auteure. Par-delà la complexité d’un trait qui peut déstabiliser, c’est bien une monstrueuse aventure qui s’offre au lecteur.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   16 juillet 2018
Le lecteur est d’abord subjugué par le dessin, puis il pénètre dans le récit, mais chaque nouvelle double page est tellement sublime et surprenante qu’elle le rappelle au dessin. Son trait ne sert jamais de décor, il est un pur moyen de communication.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   16 juillet 2018
Dans «Moi, ce que j’aime, c’est les monstres», la dessinatrice raconte l’histoire de Karen, enfant anxieuse qui vit dans le Chicago des années 60 et s’invente un monde foisonnant de mystères. Un ouvrage au souffle romanesque exceptionnel, remarquable tant sur la forme que sur le fond.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   15 mai 2019
Le dictionnaire lui, il dit que le mot monstre, ça vient du latin monstrum et ça veut dire montrer, comme dans démonstration. Mais les G.E.N.S eux disent « nous on n’a jamais vu de monstres, alors y peut pas y en avoir. » La vérité c’est qu’il y a plein de trucs qu’on voit pas et qui sont pourtant bien là, sous notre nez comme l’électricité, les microbes, alors peut-être bien qu’il y a des monstres, là sous notre nez aussi… Maman, elle est à moitié irlandaise des Appalaches, moitié indienne de … de je ne sais pas trop où. Elle parle elle-même d’une « bohémienne un peu bouseuse. » Dans le gris de ses yeux, on voit à la fois le brouillard de Dublin et la fumée des calumets… et moi, j’avance dans cette étendue grise jusqu’à atteindre l’île verte au fond de son iris. Elle est couverte de buissons et d’arbres, elle sent bon la terre. C’est comme si maman avait construit un refuge, seulement pour moi (et mes trucs secrets), alors je m’allonge sur un lit de mousse toute douce et je m’endors sous le grand, grand sapin. 
+ Lire la suite
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KmyeKmye   17 août 2018
Cette œuvre magnifique est le résultat d'une expérience de laboratoire composée de 42% de mystère, 18% de fiction historique, 6% de romance, 21% de souvenirs, 5% de réalisme urbain, 6% de critique sociale mordante, 10% d'humour et 3% de thriller surnaturel.
Elle est aussi faite de nombreux cœurs qui battent et battent encore, de milliers de crocs prêts à mordre, de puissantes sensations souterraines et d'un appétit féroce pour la vie.
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berni_29berni_29   01 février 2020
Et s'il parlait comme ça, c'est qu'il avait gratté toutes les photos pour effacer Papa et l'avait redessiné en "homme invisible". Et quand Maman disait "ton père, il a simplement disparu un jour", je me demandais s'il nous avait vraiment quittés ou bien s'il avait seulement ôté tous ses vêtements et que, peut-être, il était là dans l'appartement avec nous, silencieux, invisible et... tout nu.
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AmakirAmakir   22 août 2019
Maman, elle est moitié irlandaise des Appalaches, moitié indienne de... de je ne sais pas trop où. [...] Dans le gris de ses yeux on voit à la fois le brouillard de Dublin et la fumée des calumets...
...Et moi, j'avance dans cette étendue grise jusqu'à atteindre l'île verte au fond de son Iris. Elle est couverte de buissons et d'arbres, elle sent bon la terre. C'est comme si maman m'y avait construit un refuge, seulement pour moi (et mes trucs secrets), alors je m'allonge sur un lit de mousse toute douce et je m'endors sous le grand, grand sapin.
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WiniFREDWiniFRED   17 septembre 2018
Moi, quand je serai grande, je serai une zombie (faite d'obscurité, de toujourité, et de trucs comme ça), donc j'aurai pas peur de la mort. Les zombies, à être ni vivant ni mort, là-bas dans l'obscurité, ça a pas de "problème d'estime de soi" ; et puis la "lumière", c'est pas aussi extraordinaire que c'qu'on dit. Une seule visite dans les sous-sols des bazars genre Goldblatt, avec votre mère et une flopée d'autres dames qui se battent sous l'éclat des néons pour des trucs comme des théières ébréchées ou des culottes avec les jours de la semaine mal écrits dessus (maredi, mèrecredi), ça suffit pour bien voir la façon dont la lumière, ça fait de la vie un truc pourri et suintant...
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