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ISBN : 9791090724471
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (23/08/2018)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, dix ans, est une fan absolue des fantômes, vampires et autres morts-vivants. Elle se voit d'ailleurs comme un petit loup-garou : d'après elle, dans ce monde, il est plus facile d'être un monstre que d'être une femme. Un jour de Saint Valentin, au retour de l'école, Karen apprend la mort de sa belle voisine, Anka Silverberg, une survivante de l'Holocauste. Elle décide alors de mener l'enquête et va vite découvrir qu'entre le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  10 décembre 2018
Au vu de la note moyenne, « Moi, ce que j'aime c'est les monstres » semble faire l'unanimité. Je ne vais pas tout à fait me joindre au concert de louanges. Si la B.D d'Emil Ferris est une oeuvre intéressante et réussie à bien des égards, elle est à mon sens loin d'être parfaite et n'est pas exempte de défauts regrettables.
Le principal reproche que j'ai envie d'adresser à « moi, ce que j'aime c'est les monstres » c'est son manque de crédibilité. A aucun moment, je n'ai oublié que j'étais en train de lire, jamais je n'ai été totalement immergée dans l'histoire au point d'oublier mon statut de spectatrice. Je n'ai jamais vraiment cru à cette histoire. Cela est dû, à mon avis, à un manque de simplicité. L'oeuvre de Ferris aurait gagné à être plus simple et finalement plus humble. Il y a trop de pathos dans « moi, ce que j'aime chez les monstres ». Anka, Je ne dis pas que cela ne peut pas arriver, certains cumulent les malheurs, mais dans une fiction je trouve que cela fait trop, le récit perd en crédibilité. Ajoutez à cela Je trouve que ça fait trop pour sonner juste. Et puis du coup, le récit part dans tous les sens. J'aurais préféré qu'il soit centré sur le personnage de Kare au lieu de se disperser.
Mais ne croyez pas que j'ai détesté la B.D d'Emil Ferris. Pour une première oeuvre, c'est du très bon travail. « Moi, ce que j'aime chez les monstres » a beaucoup de qualités. Même si je n'ai jamais vraiment cru à l'histoire racontée, j'avais tout de même envie de connaitre la suite. Je ne me suis jamais ennuyée lors de ma lecture. le personnage de kare est intéressant et attachant. J'ai aimé cette jeune fille qui pour combler son manque de confiance en elle va s'identifier aux monstres de la culture populaire. J'ai adoré les passages dans lesquels son frère l'emmène au musée, la façon dont elle perçoit les oeuvres d'art.
Et puis il faut bien dire que le dessin d'Emil Ferris est très beau. Fait au stylo, tout en hachures, le trait de Ferris est intense. L'impact sur le lecteur est indéniable. La mise en page est souvent intéressante et dynamique. Visuellement, c'est vraiment superbe et on prend plaisir à s'attarder sur chaque planche. Ferris varie les styles et que ce soit en imaginant des couvertures de revues d'horreur ou en reproduisant des toiles de maître, elle fait preuve d'une belle virtuosité.
S'il m'a semblé que narrativement « moi, ce que j'aime chez les monstres » pêchait par manque d'humilité et était émaillé de défauts qui m'ont vraiment gênée, j'ai tout de même passé un bon moment de lecture. Même si j'ai trouvé que cette histoire manquait de vérité et que je n'ai jamais dépassé le sentiment d'être en dehors du récit, j'ai tout de même envie de connaitre la suite, je lirai donc le second tome. D'autant plus que ce sera un plaisir d'admirer à nouveau le dessin d'Emil Ferris. Si je ne suis pas entièrement convaincue par la Ferris scénariste, la dessinatrice m'a en revanche complètement séduite.
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Allantvers
  29 septembre 2018
Osez ce livre!
Dépasser ses préjugés sur son titre, sa couverture, son genre peut-être, et se couler dans cet objet littéraire absolument fascinant, c'est la garantie d'une expérience sensorielle de lecture profonde, émouvante, déstabilisante, unique!
C'est d'abord pour ma part une nouvelle preuve que le roman graphique de qualité est un genre majeur, propre à susciter la même admiration et le même niveau de ressenti qu'une oeuvre littéraire classique; celle-ci est en l'occurrence une expérience de lecture augmentée de tout premier plan. le texte est très présent, impeccable, et parfaitement à sa place autour de dessins d'une inventivité incroyable et d'une charge émotionnelle rare. Je n'aurais jamais cru qu'un dessin au stylo bille fasse un tel effet!
De fait, le format du roman graphique est le plus efficient pour porter cette double histoire de la petite Karen qui, ouvrant l'oeil sur le monde et sentant les secrets qui oppressent sa famille, préfère être un monstre, et de son enquête sur la mort de sa voisine Anka et son passé douloureux de juive allemande pendant la guerre.
Car grâce au dessin, grâce aussi à l'explosion des codes narratifs que l'auteur s'autorise (tout en maîtrisant totalement son récit), ce sont une multitude de contre-plans et d'infra-mondes qui nous sont donnés à voir : celui d'un quartier de Chicago de la fin des années 60 ravagé par la misère et le racisme, celui du caractère monstrueux, bon ou mauvais monstre, qui se cache en chacun, celui de la vérité du monde qui s'expose dans les toiles des grands peintres, celui des peurs enfouies, des vérités cachées, des sentiments profonds exposés avec un mélange de violence et de pudeur qui sonne juste.
J'attends avec impatience le deuxième volet de cette oeuvre qui m'a totalement embarquée et ouvert des portes.
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JustAWord
  02 août 2018
À l'instar des monstres, nous sommes des créatures motivées par la faim. Mais tout comme eux, nous pouvons faire preuve de pitié et d'amour.”
C'est ainsi qu'Emil Ferris, écrivaine et artiste américaine de 55 ans explique son amour pour les monstres à Paul Tumey de The Comics Journal.
Encore inconnue il y a un an, Emil Ferris s'est imposée comme LE phénomène du comics Outre-Atlantique avec sa toute première oeuvre : My Favorite Thing is Monsters. Son éditeur américain, Fantagraphics Books, fut le seul à bien vouloir la publier après pas moins de 48 refus (!!).
Coup de poker gagnant puisque le 20 juillet dernier, Emil Ferris rafle trois Eisner Award (équivalent pour le comics de l'Oscar pour le cinéma) dont celui du meilleur album et celui de la meilleure artiste.
Il n'en fallait pas davantage à Monsieur Toussaint Louverture, petit éditeur français qui a tout d'un grand et à qui l'on doit quelques romans-monstres comme La Maison dans Laquelle de Mariam Petrosyan ou Enig Marcheur de Russel Hoban, pour se lancer dans la traduction de ce titanesque roman graphique en deux parties avec l'aide de Jean-Charles Khalifa.
Avant de vous parler plus longuement de ce véritable OVNI littéraire, revenons quelques instants sur le parcours pour le moins atypique de son auteure.
Emil Ferris commence à dessiner à l'âge de huit ans. Originaire de Chicago, la jeune Emil déménage une première fois à Albuquerque au Nouveau-Mexique puis à Santa Fe avant de revenir pour de bon dans la Windy City. Née de parents artistes aux origines plurielles — mexicaines, allemandes, française et irlandaises — , Emil Ferris construit son imaginaire par l'art, par le fameux magazine satirique MAD et par les films d'horreur de séries B comme ceux de Creature Features. Fascinée par Frankenstein, Dracula et Wolf Man, l'américaine devient illustratrice et designeuse de jouets chez McDonald et Tomy.
L'histoire aurait pu s'arrêter là mais en 2001, à l'âge de 40 ans, Emil Ferris se fait piquer par un moustique et passe trois semaines à l'hôpital. Elle contracte le virus du West Nile et souffre de graves complications neurologiques.
Le verdict du neurologue est sans appel : Emil ne marchera plus jamais. Paralysée des deux jambes et de la main droite, l'américaine ne perd cependant pas espoir, au contraire. Elle s'inscrit au School of the Art Institute de Chicago en fauteuil roulant et en sort diplômée et valide. C'est à cette époque qu'elle commence un titanesque roman graphique inspiré de sa propre histoire et de ses obsessions personnelles pour l'art et les monstres. My Favorite Thing is Monsters est né et il lui faudra un long moment avant de trouver le chemin de l'édition. 48 refus d'éditeurs, la prise en otage de son premier tirage suite à la faillite de l'entreprise chinoise chargée de le transporter par bateaux via le Canal du Panama… voici enfin qu'Emil Ferris entre dans la cour des grands en 2017 !
Acclamée par la presse spécialisée et par Art Spiegelman (Maus) lui-même, Emil Ferris devient un véritable phénomène.
À présent, expliquons pourquoi…
Moi, ce que j'aime, c'est les monstres s'inscrit dans la lignée d'un Maus à la fois par son côté autobiographique mais aussi par son envie de bouleverser les codes du comic book traditionnel. Pour arriver à une telle chose, Emil Ferris nous présente Karen Reyes, une enfant de 10 ans qui vit à Chicago dans les années 60. Cette petite fille ne se voit pas comme ses jeunes camarades de classe et le revendique à travers son journal intime dans lequel elle croque ses pensées et des instantanés de son existence. Pour construire son personnage central, Emil Ferris oublie le format à cases traditionnel et prend pour base un cahier spiralé dans lequel Karen esquisse et raconte sa vie. À la fois journal intime et carnet d'artiste, la forme du roman graphique de l'américaine surprend. Pourtant, il s'avère rapidement à l'image de sa narratrice pétillante et attendrissante. Karen vit en effet dans un appartement en sous-sol d'un quartier défavorisé de Chicago, c'est une fille d'immigrée et son frère est loin d'être un saint. Pire encore, Karen se sent de plus en plus seule depuis que sa meilleure amie Missy ne veut plus la voir. Alors Karen se représente en loup-garou, un gentil monstre tout droit sorti du cinéma d'horreur à la Hammer et qui pourrait simplement incarner la différence pour cette jeune fille pas comme les autres. Sauf qu'Emil Ferris va beaucoup plus loin.
Moi, ce que j'aime, c'est les monstres n'est pas une simple métaphore sur la difficulté de l'enfance lorsque l'on est différent mais une véritable peinture d'époque, de moeurs et de passions.
Emil Ferris explore à travers Karen les laissés-pour-compte du Chicago des années 60 et restitue non seulement l'authenticité de tout une époque mais également la voix oubliée des invisibles. Pourquoi Karen aime les monstres ? Parce qu'ils sont comme elle, comme son frère, comme sa mère, comme ses voisins…comme eux. le monstre devient à la fois une personnification du sentiment de non-appartenance de Karen au monde dit normal mais aussi une illustration de l'étrangeté de la vie quotidienne revue et corrigée par une gamine futée de 10 ans à peine. C'est aussi, naturellement, un hommage à une certaine culture underground du cinéma d'horreur de l'époque alors considéré comme anecdotique et ridicule. Pourtant, Ferris explique que le monstre de série B a plus en commun avec la mythologie et les légendes passées qu'avec le nanar qu'on veut bien dépeindre ici ou là. Véritable déclaration d'amour au genre horrifique, le roman capture avec tendresse toute la beauté d'un univers passionné et passionnant par les yeux de Karen et, dans une moindre mesure, de ses amis. C'est d'ailleurs certainement dans ce domaine fantastique que le trait d'Emil Ferris brille le plus.
Tout comme Emil Ferris, Karen est passionnée par l'art et les tableaux. Il est donc logique que son journal intime en soit envahi. Cependant, ceux-ci ne servent pas de faire-valoir au récit mais s'intègrent en son sein pour en devenir à la fois un rouage fondamental mais aussi un exercice d'apprentissage ludique et passionnant de l'art lui-même. D'autant plus passionnant d'ailleurs que le style de l'américaine tente sans cesse de se renouveler. Par son aspect crayonné et ses couleurs à la fois chatoyantes et désuètes, Moi, ce que j'aime, c'est les monstres réinvente la narration dans le comics. Emil Ferris colle, superpose, annote, déforme et joue avec ses illustrations. le roman fourmille de détails à chaque page et se révèle une expérience graphique unique aussi forte qu'un Maus ou un V pour Vendetta. Emil Ferris oblige le lecteur à s'investir dans sa lecture, à lui faire chercher le moindre mot égaré sur la page et la moindre subtilité dans le coin de la suivante. le résultat n'est rien de moins que fabuleux, la beauté de l'ensemble sidérante. En utilisant à plein régime la forme, Emil Ferris n'oublie en rien le fond de son oeuvre et entremêle les (més)aventures personnelles de la jeune Karen à une sombre histoire de meurtre.
En effet, dans l'immeuble de Karen, une femme du nom d'Anka vient à décéder dans de mystérieuses circonstances ! Persuadée que sa voisine a été assassinée, la jeune fille enfile un imper' et un chapeau à la Bogart pour aller mener sa propre enquête. Elle tombe alors de façon inattendue sur l'histoire secrète d'Anka, ancienne prostituée ayant vécu dans la République de Weimar des années 20 puis dans l'Allemagne Nazie des années 30. Ici, Emil Ferris aborde l'histoire sous un angle inattendu et fascinant : la prostitution. Même si l'on y parle déjà de la Shoah et des barbaries nazis, Ferris s'attarde davantage sur le milieu des bordels et étonne (encore !) le lecteur. Comme elle l'avait déjà fait avec Karen et son frère Deeze, elle établit ici deux catégories de monstres : les gentils monstres d'un côté et les méchants monstres, les pourris, de l'autre. En traitant frontalement de pédophilie et d'abus sexuels en tous genres, Emil Ferris joue sur la corde raide…et s'en sort d'une façon admirable, notamment à travers le monstrueux personnage de Schutz. La nuance dans Moi, ce que j'aime, c'est les monstres se révèle primordiale car, chez l'américaine, personne n'est tout blanc ou tout noir, surtout pas dans un monde où l'on assassine des gens pour leurs idées, leurs religions ou leurs couleurs de peau. Derrière les rideaux du spectacle pour monstres se cache un vrai plaidoyer pour la tolérance, d'autant plus sincère que son auteure connaît bien le sujet de par ses (nombreuses) origines. La capacité de Ferris à marier ce plaidoyer protéiforme avec des personnages en niveaux de gris offre de petits miracles au lecteur… et quelques planches mémorables.
Au-delà de son enquête, Karen parle avant tout de sa famille.
Sa mère, superstitieuse et sans éducation mais si tendrement humaine, poursuivie par un monstre qui la ronge : le cancer.
Son frère, Deeze, coureur de jupons invétérés aux activités troubles mais dont l'amour pour sa soeur ne fait aucune doute.
Son père, homme invisible qui hante la famille et trouble Karen entre les lignes.
Emil Ferris mêle sa propre histoire à son récit, la transforme et la contorsionne pour livrer au bout du compte quelque chose de fabuleux et de sincère.
Encore une fois, c'est le caractère nuancé de ses personnages qui fait la différence, sa capacité à colorier avec les bonnes couleurs le coeur des uns et des autres, de révéler le véritable monstre là où ne s'y attend pas, à montrer les cicatrices là où on ne les voit pas.
Comme aime le rappeler l'américaine : “Il existe un vieil adage qui dit quelque chose comme : “Il n'y a pas de gens courageux, seulement des gens qui portent leur peur dans la bataille.” Je pense que c'est également vrai pour la souffrance, la maladie mentale, les cicatrices émotionnelles et les profondes catastrophes de l'âme.”
Karen emporte tout dans son journal : la douleur de la perte, la souffrance de l'homosexuel mis au ban, les cicatrices bien réels d'un monde cruel mais surtout l'amour des siens, lumineux et perpétuel.
Emil Ferris offre une oeuvre dense, protéiforme et fascinante au lecteur. À travers le journal intime de Karen, elle retrace une époque, une famille, une société et toute une culture. La force de son style, l'éblouissante intelligence de son récit, voilà ce qui propulse l'américaine parmi les plus grands dès son premier essai
Lien : https://justaword.fr/moi-ce-..
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svecs
  21 septembre 2018
Le premier volume de "Moi, ce que j'aime, c'est les monstres" d'Emil Ferris est probablement l'un des livres les plus singuliers que j'ai lu depuis longtemps. Il s'agit aussi de l'une des bandes dessinées les impressionnantes que j'ai lu depuis longtemps. le fait que l'excellent éditeur "Monsieur Toussaint Louverture" ait payé le prix fort pour s'assurer l'édition française en dit long sur la confiance qu'il a en sa qualité. On peut malgré tout se demander pourquoi une bande dessinée qui arrivée précédée d'une telle réputation (et multi-récompensée) n'a pas trouvé sa place chez l'un des nombreux éditeurs spécialisés. Pour mémoire, il s'agira de la troisième bande desinée éditée par MTL (après Alcoolique et du Sang sur les mains de Matt Kindt). Ont-ils été rebutés par le travail d'adaptation ou de traduction ? A moins que nous ne nous retrouvent face à une situation similaire à celle de Maus, qui échoua chez Gallimard, faute d'intérêt de Casterman (qu'on aura pû croire l'éditeur "naturel" pour ce genre de livre) et consort, échaudés par la singularité du travail d'Art Speigelman.
La singularité est en effet le maître-mot lorsqu'il s'agit de définir le travail d'Emil Ferris. Non que le livre soit hermétique ou difficile d'accès. Il est très accessible, loin des envolées ésotériques d'Alan Moore ou de l'inventivité formelle d'un Chris Ware. L'histoire est fondamentalement assez simple. Il s'agit d'une récit initiatique dans lequel une petite fille, Karen Reyes, tente de comprendre les causes de la mort de sa voisine, Anka Silverberg. de là, Emil Ferris prend un malin plaisir à multiplier les effets de miroirs. Karen est une petite fille qui dissimule son mal-être derrière une passion pour les films des monstres. Elle rêve de se faire mordre par un monstre pour rejoindre la horde des non-morts, et fuir la réalité. En regard, la réalité, même vue à travers ses yeux d'enfants, paraît plus que monstrueuse. Emil Ferris joue aussi beaucoup de l'alternance entre des couvertures imaginaires de bandes dessinées d'horreur de type EC Comics et de toiles classiques, qui dissimulent de manière plus subtile un effroi au moins aussi grand que celui des spectres, goules... qui hantent les comics.
La singularité s'exprime surtout par la forme, le livre se présentant comme une sorte de journal intime rempli de manière parfois anarchique, mais toujours parfaitement lisible. Il s'agit en effet du journal tenu par Karen, mélant textes et dessins. Poussant le soucis du détail jusqu'au bout, le papier ligné sur lequel est réalisé le livre, incluant même les trous de perforation. Cela peut semble gratuit mais ces "coquetteries" ajoutent un supplément d'âme à ce livre hors-norme, surpenant mélange de candeur enfantine et de cynisme adulte, utilisant l'imagerie des monstres de pulp pour contrebalancer la monstruosité bien réelle des hommes. J'ose parler de chef d'oeuvre.
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nathavh
  16 décembre 2018
Attention énooorme coup de coeur c'est splendide, magistral , un nom à retenir Emil Ferris.
Ce n'est pas pour rien que ce roman graphique est le coup de ♥ de nombreux libraires. Emil Ferris est sans contexte à découvrir de toute urgence et ce pour de multiples raisons.
En 2002 l'année de ses 40 ans, lors d'une réception en son honneur, elle a été piquée par un moustique qui lui a transmis le virus de l'encéphalopathie provoquant rapidement une paralysie de ses membres. Emil pensait ne plus jamais marcher, ne plus jamais dessiner.
A force de courage et de détermination, elle a peu à peu retrouver l'usage de son corps et de ses mains. Au départ sa fille lui scotchait un stylo à bille dans la main...
Elle a décidé de prendre des cours de dessins et a commencé à dessiner dans des cahiers pour créer un grand roman graphique de plus de 800 pages, celui-ci en est la première partie.
Il fut compliqué de le faire éditer, faillite de l'éditeur, mais finalement il fut publié en 2017. Monsieur Toussaint L'ouverture a fait le bon choix de se charger de l'éditer en français, sur un papier de qualité rendant au mieux ses fabuleux dessins.
Emil Ferris est sans conteste devenu un grand nom dans le genre "Comics". Son travail est remarquable et l'originalité réside dans le fait que tout est entièrement réalisé au stylo à bille.
Osez cette expérience fabuleuse, croyez-moi vous n'en serez pas déçu.
L'histoire me direz-vous ? J'y arrive.
C'est une double histoire qui nous est contée. Nous sommes à Chicago dans le quartier Uptown fin des années 60.
Karen est une petite fille qui aimerait être mordue par un monstre pour qu'elle et sa famille le deviennent. Les monstres la fascinent. Elle lit le mensuel Ghaty chaque mois et dessine ces monstres dans un cahier. Elle vit avec son grand frère Deeze et sa maman. Elle nous raconte ses secrets et ceux de sa famille, de ceux qui l'entourent.
C'est aussi l'histoire d'Anka Silverberg, sa voisine. Anka a été retrouvée morte, une balle en plein coeur, porte fermée. Elle a été tuée dans le salon mais c'est dans son lit qu'on la retrouvée... Un mystère.
Karen va enquêter sur sa mort et sur le passé douloureux d'Anka, rescapée juive des camps.
Ce roman graphique aborde la pauvreté, le commerce du sexe, la mafia, la discrimination, l'école, le racisme mais aussi la réalité des juifs durant la guerre, l'assassinat de Martin Luther King... mais aussi les monstres qui se trouvent peut-être en nous !
Textes (assez denses) et dessins se partagent l'espace. L'art est omniprésent, l'auteure revisite les tableaux des musées avec Brio.
C'est une expérience UNIQUE , déstabilisante parfois, fantastique. Un univers incomparable, onirique, original.
Les dessins sont SUBLIMES, EXTRAORDINAIRES, bluffants, chargés d'émotions.
Un travail remarquable.
Une expérience à vivre de toute urgence.
Un lire à offrir ou à s'offrir, vous ne serez pas déçus.
Immense coup de coeur ♥♥♥♥♥
Lien : https://nathavh49.blogspot.c..
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critiques presse (14)
Culturebox   17 décembre 2018
Entièrement dessiné au stylo Bic, ce roman graphique extraordinaire par sa beauté, sa maîtrise narrative, son inventivité, son humanité, est la première œuvre d'Emil Ferris, une américaine venue tardivement à la bande dessinée après avoir été piquée par un moustique.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeDevoir   17 décembre 2018
Si l’histoire est addictive, le dessin majestueux de Mme Ferris — entre Otto Dix et Daniel Clowes —, entièrement exécuté au stylo-bille, hisse le livre au rang d’oeuvre d’art.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Telerama   21 novembre 2018
Ce livre phénomène, roman graphique époustouflant, a été encensé des deux côtés de l’Atlantique. L’enquête policière et introspective de Karen Reyes dans le Chicago des années 1960 consacre l’immense talent d’Emil Ferris, une jeune auteure de 56 ans. Un coup de maître qui doit autant au Pinocchio de Collodi qu’au Jérusalem d’Alan Moore.
Lire la critique sur le site : Telerama
Telerama   03 octobre 2018
Un ouragan nommé Emil Ferris ! Il n’a fallu qu’un seul album à cette dessinatrice de Chicago pour bouleverser le paysage du neuvième art. Mais quel album ! Dense, puissant, inspiré, surprenant de bout en bout, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres a affolé les boussoles de la critique américaine et réveillé les consciences.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   24 septembre 2018
Foisonnante épopée psychique, grand récit sur les émotions, les troubles de l'identité et les pouvoirs de l'imagination, il fera date.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDGest   04 septembre 2018
Véritable OLNI (objet littéraire non identifiable), Moi, ce que j’aime, c’est les monstres consacre peut-être trop rapidement (quoi qu’à cinquante-six ans cela soit très relatif) une auteure qui devra, dans les années à venir, pouvoir exister en dehors d’un tel chef-d’œuvre.
Lire la critique sur le site : BDGest
Auracan   29 août 2018
Ce premier opus d’un diptyque fort de 800 pages, transportera le lecteur dans un univers mêlant habilement le réalisme et le fantastique aux accents souvent torturés mais également pleins d’espoir d’une vie meilleure.
Lire la critique sur le site : Auracan
LaPresse   29 août 2018
Arrivée de nulle part, au terme d'une série d'épreuves qui auraient découragé n'importe qui, Emil Ferris a bousculé les conventions du roman graphique avec Moi, ce que j'aime, c'est les monstres, oeuvre magnifique et bouleversante, qui est un éloge de l'art, de la différence et de la résilience.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Chatelaine   27 août 2018
Remarquable, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres l’est autant que son autrice, l’Américaine Emil Ferris. À 40 ans, à moitié paralysée par le virus du Nil, cette illustratrice déjoue tous les pronostics: elle réapprend à marcher, à dessiner, retourne à l’université, puis entreprend un récit colossal, entièrement réalisé au stylo-bille!
Lire la critique sur le site : Chatelaine
BDZoom   27 août 2018
« Moi, ce que j’aime, c’est les monstres » est un authentique plaidoyer pour le souvenir et l’amour, mêlant deux univers, « superficiel » pour l’un (les comics et les revues d’horreur), et plus rude et réaliste pour l’autre (la vie quotidienne et l’histoire des camps) de manière étonnamment liée.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BoDoi   24 août 2018
Avec un style chargé mais bourré d’émotions et de sensations, Emil Ferris propose un environnement visuel inédit et d’une grande puissance.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Actualitte   22 août 2018
Depuis sa parution, l’ouvrage a raflé les prix, avec, dernièrement, les prix Eisner du meilleur album 2018 et celui de la meilleure auteure. Par-delà la complexité d’un trait qui peut déstabiliser, c’est bien une monstrueuse aventure qui s’offre au lecteur.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   16 juillet 2018
Le lecteur est d’abord subjugué par le dessin, puis il pénètre dans le récit, mais chaque nouvelle double page est tellement sublime et surprenante qu’elle le rappelle au dessin. Son trait ne sert jamais de décor, il est un pur moyen de communication.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   16 juillet 2018
Dans «Moi, ce que j’aime, c’est les monstres», la dessinatrice raconte l’histoire de Karen, enfant anxieuse qui vit dans le Chicago des années 60 et s’invente un monde foisonnant de mystères. Un ouvrage au souffle romanesque exceptionnel, remarquable tant sur la forme que sur le fond.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh   16 décembre 2018
Si on pouvait voir avec un oeil de verre, le monde aurait-il l'air plus fragile ?
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nathavhnathavh   16 décembre 2018
Parfois des choses si terribles surviennent que les gens veulent que le monde soit à l'image de ce qu'ils ressentent au plus profond d'eux.
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nathavhnathavh   16 décembre 2018
Les méchants, eux, le contrôle, ça les connaît ... Ils veulent que le monde entier soit effrayé pour pouvoir mener la danse.
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nathavhnathavh   16 décembre 2018
Il disait que quand les gens ont peur, ils sacrifient leur liberté à leur sécurité. Hitler l'avait compris !
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nathavhnathavh   16 décembre 2018
Ne laisse jamais la noirceur des autres faire tomber la nuit en toi.
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