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Gabrielle Rolin (Traducteur)
ISBN : 225305349X
Éditeur : Le Livre de Poche (14/05/1990)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.9/5 (sur 172 notes)
Résumé :
Couples déglingués, vitelloni trompant leur ennui, pères et fils en quête d'une impossible réconciliation...
dans l'univers déchiqueté de l'Amérique moderne, Raymond Carber prélève les échantillons d'une humanité à la dérive. Dix-sept nouvelles consacrées à la même idée fixe : celle de la poursuite d'un bonheur qui cesserait de se dérober, et, effaçant les blessures de la vie, ferait accéder à une innocence enfin retrouvée.
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  05 juin 2012
Les histoires de Raymond Carver commencent souvent de cette manière : une table, une bouteille, un couple. Et des discussions, des réflexions devrais-je dire, sur l'amour, sur le couple, sur les relations humaines de cette Amérique. Je ne recherche pas l'action dans ses nouvelles – bien au contraire – puisqu'il ne s'y passe strictement rien dans cette Amérique profonde et moderne. Alors pourquoi les lire ?
Un homme, une femme et au milieu une bouteille. Un couple s'étiole petit à petit comme un cerisier en fleurs subissant les soubresauts d'une fine et légère brise maritime. Un couple se déglingue avec comme excuse ces bouteilles vides qui s'affichent ostensiblement sur la peau de bête du salon ou sur le comptoir d'une cuisine en formica.
Les histoires de Raymond Carver parlent de l'homme, cet être méprisable et américain qui s'ennuie dans sa banlieue amorphe. Une vie monotone, sans surprise, au volant d'une Ford break beige, le goût du bourbon dans la bouche, et une mignonne qui passe en vélo sur une route serpentée. C'est tellement tentant, l'espace d'une heure, d'oublier toutes les règles que l'on s'est fixé et de redevenir l'homme, le chasseur, le Cro-Magnon, la bête qui sommeille en nous. Après tout, la raison d'une règle est bien de la transgresser.
Je le disais précédemment ; dans les histoires de Raymond Carver, il ne s'y passe pratiquement rien. Juste quelques faits d'une banalité extrême. Mais ma vie n'est-elle pas composée de cette même banalité ? Alors, oui, je me reconnais dans ces couples de Raymond Carver, oui je m'y identifie. Ils sont en quête de quelque chose d'indéfinissable, une sorte d'amour suprême pour rompre leur monotonie, divertir leur ennui. Ils sont à la poursuite d'un bonheur qui cesserait de filer juste devant eux.
Raymond Carver a su m'attendrir. Il ne m'en faut certes pas beaucoup, une bouteille et je suis déjà sous le charme. le charme d'une écriture fine et posée, sans fioriture ni excès. Elle décrit des sentiments humains, ni beaux ni laids, ni bons ni mauvais, juste des sentiments, sans jugement sans complaisance, juste des sentiments.
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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araucaria
  18 décembre 2016
Un auteur que je découvrais avec ce recueil de 17 nouvelles qui devaient traiter de l'Amour... En fait l'auteur évoque l'amour au sens large du terme, parfois même le désamour ou l'absence d'amour. Des nouvelles assez courtes dans l'ensemble. L'écriture ne dégage aucune chaleur. le style est direct, froid. Les situations sont le plus souvent gênantes. Raymond Carver dépeint une certaine Amérique, il y a des relents un peu sordides. Un livre qui ne remonte pas vraiment le moral, et donne de l'Homme une pâle image, celle de personnes qui se battent ou survivent dans un monde le plus souvent hostile... Beaucoup de paumés et de pauvres types, qui sont passés à côté de leur vie, à côté du bonheur, à côté de l'AMOUR. Chaque nouvelle a une fin un peu abrupte, "en queue de poisson".
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souann
  28 février 2013
Dans « Ardoise », Philippe Djian, à qui je voue une admiration sans condition, écrivait de Carver les lignes suivantes :
Raymond Carver écrit comme un dieu et toute espèce de discussion à ce propos n'attire que les crétins de la pire espèce et les besogneux." (p. 121)
"Ma fille, le jour où Raymond Carver aura droit aux mêmes honneurs que Nabokov, tu verras ton père se retourner dans sa tombe." (p. 123)
"Raymond Carver avait tellement de choses à dire et il s'accordait si peu de mots pour les exprimer. On dirait de l'ivoire. Pour bien comprendre, il faut être en colère, ou profondément amoureux ou malheureux, enfin excité ou électrisé d'une manière ou d'une autre." (p. 125)
"En tout cas, j'aurais terminé cet exercice avant qu'il puisse m'arriver quoi que ce soit, et donc, il n'y aura plus rien après Raymond Carver.Je ne dis pas rien au-dessus, je dis rien après." (p. 127)
J'ai refermé « Parlez-moi d'amour » en étant éclairée ! J'ai trouvé ce qui, depuis plus de 25 ans inspire l'écriture de Djian.
Cet « essentiel », cette musique, cette justesse.
Dans un style où les mots semblent occuper exactement la « bonne » place, Carver réussit, en une succession de nouvelles, à nous parler de l'essentiel.
…. de notre dépendance au coeur et….du vide ressenti en l'absence de battements, et du besoin de chacun, du coup, de se « remplir »…..de fumée, de boissons, de nourriture, de travail…..de se remplir, pour limiter la souffrance que procure ce « vide »…
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marion_b
  26 juin 2013
Avec l'un de mes doigts vernis de rouge, j'ai caressé la petite ampoule blafarde de la première de couverture et j'ai pensé que les âmes solitaires et tourmentées, habitantes de ce recueil de nouvelles, nous renvoyaient le côté brut , âpre et mélancolique de nos propres vies.
J'ai trouvé ça terriblement beau. Et puis tout de suite après m'est revenue une citation de Michel Audiard:
" Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière"
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YvesParis
  28 octobre 2013
On fait grand cas de Raymond Carver, le Tchekhov américain, que je n'avais jamais lu.
Aussi ai-je emprunté à la bibliothèque de la rue Mouffetard (dont la richesse du fonds n'a d'égale que l'acariâtreté des bibliothécaires) le deuxième tome de ses oeuvres complètes. "Parlez-moi d'amour" réunit une vingtaine de nouvelles en moins de 200 pages.
Et c'est bien là le problème.
Chaque nouvelle est si courte qu'on n'a pas le temps d'en entamer la lecture, de se familiariser avec ses personnages, de se fondre dans son ambiance, qu'elle est déjà finie.
Il y est souvent question de couples qui se défont, de vies terrassées par l'alcool, de catastrophes imminentes ...
On pourra estimer qu'elles se font écho. Moi qui ne suis pas indulgent les ai trouvées répétitives.
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critiques presse (1)
Telerama   27 février 2013
Après la publication en 1981 de Parlez-moi d'amour, publication modifiée, et arrangée par l'éditeur, une autre version parait en 2009 sous le nom de Débutants: version originale fidèle au manuscrit initial. La publication parallèle des deux textes est passionnante. Deux versions d'un chef-d'œuvre - deux chefs-d'œuvre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   04 décembre 2016
Bill Jamison avait toujours été le meilleur ami de Jerry Roberts et vice versa. Ils avaient grandi ensemble dans un quartier du Sud, près des terrains de foire, étudié à la même école préparatoire, au même lycée, puis au même institut technique Eisenhower, où ils suivaient, dans la mesure du possible, les mêmes cours. Ils échangeaient leurs chemises, leurs pulls et leurs pantalons à pinces. Ils sortaient avec les mêmes filles et parfois se les repassaient, prenant ce qui se présentait sans se compliquer la vie.
(Dites aux femmes qu'on va faire un tour)
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le_Bisonle_Bison   31 mai 2012
C’est tout de même drôle de boire. Quand j’y pense, c’est en buvant que nous avons pris toutes nos décisions. Même lorsque nous avons envisagé de moins boire, nous nous installions pour en discuter à la table de la cuisine, ou devant la table de pique-nique avec six bières ou une fiasque de whisky.
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araucariaaraucaria   02 décembre 2016
Un homme sans main vint frapper à ma porte pour me vendre une photographie de ma maison. A part les crochets chromés, c'était un homme comme tout le monde, âgé d'une cinquantaine d'années.
- Comment avez-vous perdu vos mains? lui demandai-je après qu'il m'eut confié le but de sa visite.
- Ca, c'est une autre histoire, me répondit-il. Vous voulez une photo ou non?
- Entrez, lui dis-je. Je viens de faire du café.
J'avais aussi préparé de la gelée mais je ne lui en parlai pas.
- Si possible, j'aimerais aller aux toilettes, me dit l'homme sans mains.
Moi, j'avais envie de voir comment il tenait une tasse de café. (...)
(Le chasseur d'images)
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mandarine43mandarine43   27 août 2011
[ Incipit ]

Pourquoi ne dansez-vous pas ?

Dans la cuisine, il se versa un autre verre et regarda le mobilier de la chambre à coucher qui se trouvait dans le jardin, devant la maison. Le matelas était nu et les draps aux rayures multicolores plies sur le chiffonnier, à côté des deux oreillers. À ce détail près, les choses avaient vraiment la même allure que dans la chambre - une table de chevet, une lampe pour lire de son côté à lui, un autre chevet, une autre lampe, de son côté à elle.
Son côté à lui, son côté à elle.
Il y réfléchissait tout en sirotant son whisky.
Le chiffonnier se dressait à un mètre du pied du lit. Ce matin, l'homme en avait vidé les tiroirs dont il avait rangé le contenu dans des cartons entassés au salon. Près du chiffonnier, on voyait un radiateur d'appoint. Au pied du lit, il y avait une chaise en osier avec un coussin de tapisserie. Toute la batterie de cuisine étalait son aluminium sur une partie de l'allée. Une nappe de mousseline jaune beaucoup trop grande, c'était un cadeau, recouvrait la table et en cachait les côtés. Sur la table s'alignaient une fougère en pot, une boîte contenant de l'argenterie et un tourne-disque - des cadeaux, eux aussi.
Une grande télévision était posée sur une table basse, à proximité d'un canapé, d'un fauteuil et d'un lampadaire. Il avait poussé le bureau contre la porte du garage. Il y avait quelques ustensiles sur le bureau, une horloge murale et deux gravures encadrées. On remarquait encore dans l'allée un carton de tasses, de verres et d'assiettes, chaque objet enveloppé dans du papier journal. Ce matin, l'homme avait vidé les armoires et, à l'exception des trois cartons du salon, tout se trouvait à l'extérieur. Il avait branché une rallonge et les appareils fonctionnaient comme s'ils étaient dans la maison.
De temps à autre, une voiture ralentissait et les passagers jetaient un coup d'oeil. Mais personne ne s'arrêtait.
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araucariaaraucaria   12 décembre 2016
Seule la voiture de Vera se trouvait là, aucune autre, et Burt s'en réjouit. Il remonta l'allée et s'arrêta juste à côté de la tarte qu'il avait laissé tomber la nuit dernière. Elle était toujours à sa place, sous son moule d'aluminium, auréolant le trottoir de crème aux potirons. C'était le lendemain de Noël.
(Si on en parlait sérieusement)
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Videos de Raymond Carver (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Carver
"Et vous trouvez ça drôle ?", émission « Surpris par la Nuit », par Alain Veinstein, diffusée le mardi 3 juillet 2001 sur France Culture. Invités : Tanguy Viel, Marc Chenetier, Régis Geoffrey, François Bon et Olivier Cohen.
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