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ISBN : 2823613951
Éditeur : Editions de l'Olivier (08/11/2018)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Les récit, de Raymond Carver sont d'une simplicité déconcertante. S'ils nous touchent si profondément, c'est que les vraies tragédies de notre époque se déroulent dans l'intimité autant que sur les champs de bataille. Leurs héros : une serveuse de restaurant, un chômeur, un père anxieux, une femme divorcée, des voisins trop curieux, un enfant malade. Ils nous ressemblent...
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  20 août 2015
L'existence de ce recueil est très intimement liée à la sortie du film Short Cuts de Robert Altman en 1993 qui puise sa matière de ces neuf nouvelles et de ce poème. Les nouvelles qui constituent ce recueil proviennent à l'origine de recueils différents et ayant des dates de publication différentes s'échelonnant sur plus de quinze ans de la production de Raymond Carver.
Il est important de noter que le choix de réalisation qu'a fait Robert Altman, à savoir, entrecroiser toutes les histoires simultanément, dénature profondément l'écriture de Carver, qui, lui, nous propose des histoires indépendantes et très linéaires, prises une à une. Ceci pourrait avoir tendance à faire croire que l'écriture de Carver se rapprocherait de celle d'un Dos Passos, dans Manhattan Transfer, par exemple, qui mélange les destins de nombreux personnages non connectés, or il n'en est rien. Ce procédé n'est pas inintéressant et se prêtait particulièrement bien au propos du réalisateur, de vouloir brosser un tableau de l'Amérique moyenne contemporaine, mais ne correspond pas vraiment aux caractéristiques propres de l'écriture de l'auteur qui nous occupe aujourd'hui.
Ce sont donc dix histoires, déconnectées, mais ayant toutes un rapport avec l'Américain moyen, monsieur tout-le-monde, avec ses petits travers, avec ses coups de malchance, avec l'air du temps.
1) De L'Autre Côté Du Palier nous évoque le comportement légèrement envieux d'un couple d'amis qui gardent l'appartement de leurs voisins et se permettent quelques libertés en leur absence.
2) Ils T'Ont Pas Épousée est sans doute l'une des plus pathétiques — au sens pitoyable —, mais ne faisant écho qu'au pathétique — au sens minable — de certaines personnes, en l'occurrence un homme qui écoute les commentaires de certains pauvres types à propos du physique de sa femme et qui, ce faisant, lui impose des changements d'hygiène de vie drastiques.
3) Les Vitamines Du Bonheur abordent plusieurs thèmes, dont celui de la réussite professionnelle des femmes, dont celui de l'empiètement de la vie professionnelle sur la vie privée (plus d'actualité que jamais !) ou encore, celui, assez omniprésent chez Carver, de l'adultère.
4) Tais-Toi, Je T'En Prie, Tais-Toi ! est une Xème mouture de l'adultère et de ses conséquences selon Carver. Ici, l'évocation d'un simple souvenir, battement d'aile de papillon au Cap et qui provoque une tornade à Los Angeles…
5) Tant D'Eau Si Près De La Maison est une nouvelle assez inclassable, qui nous présente le prosaïsme et le manque d'empathie d'un groupe de copains partis à la pêche auprès d'une rivière sauvage et qui, découvrant un cadavre, terminent bien tranquillement leur partie de pêche avant de prévenir les autorités,puisque, de toute façon, il n'y a plus rien à faire pour elle…
6) C'Est Pas Grand-Chose, Mais Ça Fait Du Bien est, selon moi, la nouvelle la plus aboutie et la plus intéressante du recueil, en tout cas, c'est ma préférée. Elle nous conte un fait divers, une maman qui commande un gâteau d'anniversaire chez le pâtissier pour son fils et fils en question qui se fait faucher par une voiture le jour de l'anniversaire en question. L'angoisse des parents et la scène d'hôpital est magistralement rendue, de même que la scène finale que je vous laisse découvrir.
7) Jerry Et Molly Et Sam est encore une nouvelle bien sentie où le cadeau empoisonné d'une chienne bâtarde aux enfants devient le révélateur d'une vie loupée pour le père de famille. Très finement observé…
8) L'Aspiration, autre nouvelle un peu atypique du recueil, qui surfe sur la futilité de notre statut d'individu consommateur, pas si éloignée d'après moi de la pièce de Miller, Mort D'Un Commis Voyageur.
9) Dites Aux Femmes Qu'On Va Faire Un Tour (et je vous laisse deviner ce qui peut bien passer par la tête de deux copains de longue date, légèrement encroûtés dans leur vie de jeunes papas, lorsqu'ils ont quartier libre pour la journée…)
et enfin 10) Citronnade, un poème vaguement poétique, qui montre le regret d'un père qui demanda à son fils d'aller faire quelque chose et qui n'en revint jamais. Et si je ne lui avais pas demandé, et si…, et si…, et si… Bref, l'éternelle chaîne de causalité et l'éternelle vacuité de la vie.
En somme, un recueil solide, quelque peu inégal, je trouve, mais qui a le mérite de présenter un certain panorama de l'Amérique, ce qui a son intérêt et Robert Altman ne s'y est pas trompé. Peut-être pas un indispensable, mais un bon moment à passer par un orfèvre ès nouvelles. Mais ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Myriam3
  02 avril 2017
Ce recueil de nouvelles au titre sans prétention est à l'origine du film Short Cuts, de Robert Altman. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais dans ce très beau film, plusieurs histoires s'entremêlaient, dont deux plus tragiques que les autres. Quelques potes pêcheurs décidaient de ne pas ramener le cadavre noyée d'une femme pour ne pas gâcher leur weekend de pêche, et un enfant se faisait renverser par une voiture le jour de son anniversaire.
Ici, les nouvelles se suivent et sont totalement indépendantes. On pourrait les nommer "histoires de vie". Dans chacune, le quotidien est subtilement déséquilibré par un fait parfois minime. Ce déséquilibre est tout aussi physique que psychique, la folie n'est jamais loin, et le récit est entièrement tendu vers deux dénouements possibles. de quel côté le personnage va-t-il basculer? Va-t-il s'élancer vers l'inconnu ou revenir lentement comme une boule de flipper à sa situation d'origine, plus confortable?
Ces neuf nouvelles sont toutes aussi imprévisibles les unes que les autres et nous emmènent à chaque fois au coeur d'une intimité dérangeante et terriblement humaine. du grand art.
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GayElb
  29 janvier 2013
Neuf histoires de héros du quotidien. Neuf histoires sans héros.
Des gens que l'on croise dans nos vies, des gens que l'on est. La banalité voire la médiocrité a infiltré leur vie. le chômage, la pêche, la mort, le stress. Rien d'extraordinaire.
Rien d'extraordinaire non plus dans ces histoires. Certaines nous paraissent plates, à peine une réflexion inspirée au lecteur à la fin de la nouvelle. D'autres réellement sans intérêt.
Pourtant, me suis-je habituée à la banalité des vies ou au style de l'auteur en avançant dans mes lectures? Toujours est-il qu'en découvrant une à une ces histoires, mon intérêt a grandi petit à petit. Ces histoires très ordinaires, sont devenues des miroirs.
Un livre que je conseille lorsqu'on n'a pas d'envie particulière, lorsqu'on attend rien d'une lecture. Un livre qui, je pense, est à relire à différentes périodes de nos vies.
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Ingannmic
  07 juin 2019
J'ai appris après ma lecture que ce recueil est la compilation des textes qui ont inspiré le cinéaste Robert Altman pour réaliser "Short Cuts", et lu plusieurs avis évoquant une déception par rapport au film, motivée par le manque de cohésion de l'ouvrage. Je me réjouis dans ce cas de n'avoir pas vu ce film, car j'ai personnellement trouvé "Neuf histoires et un poème" cohérent et homogène, de par son ton, comme des thématiques abordées.
Les héros des nouvelles de Carver sont des américains moyens, préservés du malheur, dont l'existence est un jour culbutée par un drame ou traversée par un événement qui malgré son caractère a priori anodin, en influe le cours, parce qu'il introduit le doute dans les fondations jusqu'alors inébranlables d'une routine que l'on avait prise pour le bonheur ou qui du moins procurait une sérénité de surface dont on n'avait pas encore eu l'occasion de gratter le vernis.
Hormis dans la dernière nouvelle -"Je dis aux femmes qu'on va faire un tour"- qui se conclut par un acte violent (mais évoqué avec une brièveté et une neutralité le parant d'une dimension presque irréelle), les réactions des personnages à ces remous sont rarement véhémentes. Raymond Carver, en peu de pages, a l'art d'exprimer ces malaises insidieux qui perturbent de manière inconsciente, de mettre en évidence les contre-coups parfois incongrus que provoque le soudain sentiment de vacuité surgi d'un incident qui fait réaliser le vide ou l'insatisfaction d'une vie. Ses textes sont ainsi empreints d'une tension sous-jacente, laissant planer la possibilité d'un déchaînement ou d'une virulence qui la plupart du temps, restent à l'état d'éventualités.
Soupçon d'adultère, soudain mépris pour le physique vieillissant d'une compagne, menace de licenciement venant remettre en cause les bases d'un foyer, perte d'un enfant... tragédies ou simples accrocs deviennent prétexte à une variation sur ces déséquilibres qui viennent gauchir ou briser des vies sans flamboyance. "Neuf histoires et un poème" traitent du retentissement, de la résonance, au gré de récits taillés au cordeau permettant pourtant de pénétrer l'intimité des êtres, d'appréhender les mécanismes qu'ils mettent en branle pour contrer ou supporter les perturbations du destin, avec détresse ou mélancolie, regret ou amertume, colère ou résignation...
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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frandj
  26 août 2015
En premier, j’ai vu le film "Short cuts" et seulement ensuite j’ai lu "Neuf nouvelles et un poème". J’avais beaucoup admiré Robert Altman, qui avait donné une étourdissante leçon de cinéma, en entremêlant de nombreuses histoires fort différentes. Je ne cacherai pas que j’ai été presque déçu en lisant l’original de R. Carver. (Souvent, c’est l’inverse qui se produit: le livre découvert d’abord laisse une plus forte impression que le film vu par la suite). Cependant, je ne voudrais pas laisser croire que le recueil de l’écrivain est sans valeur, à mes yeux. Loin de là. Les neuf récits indépendants qui nous sont proposés sont caractéristiques de l’Amérique profonde, dépeinte sans indulgence (mais sans cruauté) comme elle est: petite-bourgeoise, étriquée et hypocrite. Un poème s’ajoute aux neuf nouvelles. Au final, ce livre de R. Carver me semble recommandable.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   23 août 2015
Les yeux de l'enfant s'étaient ouverts puis refermés. Ils se rouvrirent. Les yeux regardèrent droit devant eux une minute, puis pivotèrent lentement, se posèrent sur Howard et Ann, puis se détournèrent.
— Scotty, dit sa mère, s'approchant du lit.
— Hé, Scott, dit son père. Hé, fiston.
Ils se penchèrent sur le lit. Howard prit la main de l'enfant dans les siennes et se mit à la tapoter et à la serrer doucement. Ann se pencha et couvrit de baisers le front de son fils. Elle lui prit le visage entre ses mains.
— Scotty, mon chéri, c'est Maman et Papa. Scotty ?
L'enfant les regarda, mais sans les reconnaître. Puis sa bouche s'ouvrit, ses yeux se fermèrent, et il hurla jusqu'à ce qu'il n'eût plus qu'un souffle d'air dans les poumons. Alors son visage se détendit et s'adoucit. Ses lèvres s'écartèrent comme son dernier soupir remontait dans sa gorge et s'exhalait doucement à travers ses dents serrées.
Les docteurs appelèrent ça une occlusion cachée, disant qu'ils en voyaient un cas sur un million. S'ils avaient diagnostiqué son état et opéré immédiatement, peut-être qu'ils auraient pu le sauver. Mais c'était improbable.

C'EST PAS GRAND-CHOSE, MAIS ÇA FAIT DU BIEN.
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Nastasia-BNastasia-B   22 août 2015
Earl but son café en attendant le sandwich. Deux types en complet-veston, le col ouvert et la cravate desserrée, s'assirent à côté de lui et demandèrent du café. Au moment où Doreen s'éloignait, la cafetière à la main, l'un des deux types s'exclama :
— Vise-moi un peu cette paire de miche ! C'est pas croyable !
L'autre se mit à rire.
— J'ai vu mieux, fit-il.
— C'est ce que je voulais dire, dit le premier. Mais t'as des gars, ils aiment leurs chagattes bien grasses.
— Pas moi, dit l'autre.
— Moi non plus, dit le premier. C'est ce que je te disais.
[…]
Elle revint avec la cafetière et, après avoir rempli la tasse d'Earl et celles de ses deux voisins, elle s'arma d'une coupelle et leur tourna le dos pour puiser de la glace. Elle plongea un bras dans le bac du congélateur et racla le fond avec le presse-boules. Sa jupe de nylon blanc remonta sur ses hanches, découvrant le bas d'une gaine rose, des cuisses grises, fripées, un peu velues et des veines qui formaient un entrelacs dément.
Les deux types assis à côté d'Earl échangèrent des regards. L'un d'eux haussa les sourcils. L'autre, la bouche fendue par un sourire, continua de lorgner Doreen par-dessus sa tasse de café tandis qu'elle nappait la glace de sirop de chocolat. Lorsqu'elle se mit à secouer la bombe de chantilly, Earl se leva et se dirigea vers la porte en abandonnant son assiette intacte. Il l'entendit crier son nom, mais il ne s'arrêta pas.
[…]
Au matin, après qu'elle eut expédié les enfants à l'école, Doreen entra dans la chambre et releva le store. Earl était déjà réveillé.
— Regarde-toi dans la glace, lui dit-il.
— Hein ? fit Doreen. Qu'est-ce que tu racontes ?
— Regarde-toi dans la glace, c'est tout.
— Qu'est-ce que je suis censée y voir ?
Mais elle se campa devant le miroir de la coiffeuse et repoussa les cheveux qui lui tombaient sur les épaules.
— Alors ? dit Earl.
— Quoi, alors ?
— Ça m'embête de te dire ça, mais je trouve que tu devrais songer à te mettre au régime. Sérieusement. Je ne plaisante pas. Je trouve que tu devrais perdre quelques kilos. Ne te fâche pas.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Rien d'autre que ce que je viens de dire. Je trouve que tu devrais perdre quelques kilos. Maigrir un peu.
— Tu ne m'as jamais fait aucune remarque, dit-elle.
Elle releva sa chemise de nuit au-dessus de ses hanches et se mit de profil pour regarder son ventre dans la glace.
— Ça ne m'avait jamais gêné jusqu'à présent, dit Earl en pesant soigneusement ses mots.

ILS T'ONT PAS ÉPOUSÉE.
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Nastasia-BNastasia-B   24 août 2015
Depuis quelque temps, tout allait mal. Il avait bien assez d'emmerdements sans avoir à se soucier en plus de ce sale cabot. Chez Aerojet, on dégraissait, alors qu'en bonne logique il aurait dû y avoir de l'embauche. C'était le milieu de l'été, les contrats de la Défense affluaient, et la direction de l'usine parlait de réduire son personnel. Et le réduisait même bel et bien, à petites doses. Chaque jour, il y avait quelques licenciements de plus. Et Al était aussi menacé qu'un autre, même si son embauche à lui remontait à bientôt trois ans. Il avait d'excellentes relations avec les gens qu'il fallait, mais par les temps qui courent, l'ancienneté, le copinage, tout ça ne vaut pas un pet de lapin. Il suffirait de tirer le mauvais numéro, et vlan ! Personne n'y pouvait rien. S'ils décidaient de licencier, ils licencieraient. Par paquets de cinquante, ou de cent.

JERRY ET MOLLY ET SAM.
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Nastasia-BNastasia-B   21 août 2015
J'en pinçais pour Donna, l'autre membre du noyau. Le jour de la soirée, on avait dansé sur des disques de Duke Ellington. La main posée au creux de ses reins tout en évoluant sur le tapis, je la serrais de près, je sentais le parfum de ses cheveux. C'était chouette de danser avec elle. J'étais le seul homme, et il y avait sept filles, dont six dansaient entre elles. Le spectacle du séjour, c'était chouette.
J'étais dans la cuisine quand Donna est entrée avec son verre vide. On s'est regardé. Je l'ai prise dans mes bras et on s'est embrassé. Immobiles, on est resté un moment enlacés comme ça.
Puis elle a dit :
— Non. Pas maintenant.
En entendant ce « pas maintenant », je la lâchai. Je me disais que c'était aussi sûr que de l'argent en banque.

LES VITAMINES DU BONHEUR.
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Nastasia-BNastasia-B   18 août 2015
Et alors qu'il se colletait avec tous ces problèmes, voilà que Sandy, la sœur cadette de sa femme, s'était avisée d'offrir à Alex et à Mary, ses enfants, cette chienne bâtarde. Ça s'était produit quatre mois plus tôt, et Al aurait tout donné pour n'avoir jamais vu ce maudit animal. Ni cette garce de Sandy d'ailleurs. Elle leur ramenait tout le temps des cadeaux à la con qui finissaient invariablement par lui coûter du fric, des gadgets imbéciles qui se déglinguaient au bout d'un jour ou deux, qu'il fallait réparer coûte que coûte, et qui pour les deux gosses étaient autant de prétextes à se chamailler, à se brailler dessus et à se filer des gnons. Purée ! Et là-dessus elle s'arrangeait encore pour lui soutirer vingt-cinq dollars — par le truchement de Betty, bien entendu. Rien qu'à l'idée de tous ces chèques de vingt-cinq et de cinquante dollars, et des quatre-vingt-cinq dollars qu'elle lui avait empruntés le mois dernier pour payer une traite de sa voiture — bon Dieu, lui faire régler les traites de sa bagnole, à lui qui bientôt n'aurait peut-être plus de toit sur la tête ! — il avait envie de le crever, ce sale cabot.

JERRY ET MOLLY ET SAM.
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Videos de Raymond Carver (21) Voir plusAjouter une vidéo
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