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ISBN : 2070443868
Éditeur : Gallimard (01/09/2011)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Pour évoquer la mémoire de l’écrivain Benjamin Lorca, deux amis, un frère et une ex-compagne prennent successivement la parole. Quatre voix qui se complètent ou se diffractent, à rebours des quinze années qui nous séparent de sa mort tragique. La découverte d’un journal intime que le disparu a laissé derrière lui ravive en eux la tentation de saisir enfin cet être si fuyant, égaré, insaisissable. Les quatre narrateurs trouveront-ils une quelconque révélation dans ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
carre
  07 avril 2012
Le nouveau Arnaud Cathrine affirme un peu plus l'auteur dans les plus doués de sa génération. Benjamin Lorca s'est suicidé, conséquence d'un mal être persistant. Tour à tour, des proches racontent ce que fut la vie de l'être aimé ou apprécié et les signes avant coureurs de son geste radical .
Cathrine reprend des thèmes qui lui sont chers, le mal être, la mélancolie, la difficulté de trouver sa place, toujours traité avec beaucoup de pudeur de justesse et de sensibilité. Au fil des pages, l'on découvre un homme qui à préféré s'éloigné du cocon familial, pour se perdre dans le jeu et l'alcool.
Cathrine traque l'intime et nous livre un roman tout simplement bouleversant.
N'hésiter pas à découvrir son univers notamment "Les vies de Luka", "La route de Midland"ou "Sweet home".
Et pour les fans dont je fais partie, vous l'aurez compris, Cathrine avec son pote Florent Marchet à écrit un spectacle musical excellent : " Frère animal".
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Tempsdelecture
  22 octobre 2017
Je crois que l'interrogation principale de ce roman porte sur la question de l'identité. L'éditeur, dans son désespoir amoureux, nous donne l'image d'un jeune homme capricieux, léger, presque superficiel. Face à lui, le frère cadet, Martin, évoque un grand frère lointain, égoïste presque, un être dur et fier. Pour Ronan, c'est l'ami constant, fidèle mais fragile. Et sous la perspective de Ninon, c'est l'ancien amant, c'est le frère qu'elle n'a pas eu, fort d'un amour infini pour elle et sa fille. Clairement, le lecteur est confronté à cette impossibilité de cerner avec certitude, ne serait-ce qu'un instant, la personnalité, l'intériorité de cet homme. Son suicide même n'est dévoilé que tardivement ainsi que la dépression dont il était atteint. Cette dépression qu'évoquent ses deux amis mais qui apparaît inexistante (ou presque) aux yeux de son frère, de son éditeur. (qui ont, j'ajouterais, l'audace de décrire l'auteur comme une personne égoïste et imbue d'elle-même. On aurait envie de dire, quid des vrais égoïstes?)
La question du journal intime est particulièrement délicate: ne s'agissant pas de n'importe quelle oeuvre littéraire, sa publication reste sujette à controverse. Il s'agit après tout de la seule oeuvre, le seul document, qui peut attester d'une connaissance quasi-parfaite, ou la plus objective possible pour le dire autrement, de son auteur. Les uns veulent respecter la volonté du défunt, les autres tiennent à la publication des derniers écrits de celui qui tenait une place particulière dans leur vie. Y a t'il seulement une réponse satisfaisante à cette question, sachant que si la volonté avait du être respectée, ce journal intime aurait été détruit à la mort de son auteur. Cette problématique-là est tout à fait pertinente et intéressante et aurait méritée d'être développée plus avant, c'est dommage.
Lien : https://tempsdelectureblog.w..
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Ingannmic
  28 juillet 2014
Arnaud Cathrine serait-il obsédé par l'absence, par les fantasmes qu'elle suscite en nous, par ces moments où nos désirs et nos attentes nous font subjectivement imaginer les pensées, les sentiments de celui qui nous manque ?
"Le journal intime de Benjamin Lorca" est le troisième roman que je lis de cet auteur (après "La route de Midland" et "L'invention du père"), et le troisième dont l'histoire tourne autour d'un disparu. Et c'est non pas la personnalité du défunt qui fournit à l'intrigue sa consistance, mais la perception que d'autres en ont gardé.
L'absent est Benjamin Lorca, écrivain trentenaire qui s'est donné la mort. C'était un homme solitaire et énigmatique, originaire de Normandie où il avait laissé ses parents et son frère pour vivre à Paris une existence dont il ne leur livrait rien.
Souvent, il a exprimé ses regrets, déploré son manque de courage face à son incapacité à écrire sur lui-même. Certaines scènes de ses romans s'inspiraient bien d'événements qu'il avait vécus, mais jamais il n'a ouvertement couché sur le papier ses angoisses, le mal-être dont ses proches captaient, par intermittences, quelques indices, mais dont ils n'ont pas véritablement décelé l'ampleur.
Or, Benjamin aurait laissé, enregistré sur son ordinateur personnel, un journal intime...
Arnaud Cathrine construit son roman comme un compte à rebours, qui débute quinze ans après la mort du héros, pour se rapprocher, par étapes, des moments qui ont suivi son suicide. le lecteur y est amené par différents narrateurs, dont le degré d'intimité avec le défunt s'accroit avec la progression du récit.
Plus que la personnalité de ce dernier, c'est le regard que ses proches portaient sur lui qui est ici important, les questions -et les remises en question-, les émotions provoquées par les circonstances de sa mort. Chacun des individus qui s'exprime nous livre une approche différente de cette mort, qui en révèle bien plus sur sa propre personnalité que sur celle de Benjamin.
Comme pour démontrer que finalement, c'est nous-même, et non pas l'autre, que nous définissons par la manière dont nous percevons cet autre.
Hormis la première partie, dont j'ai détesté le narrateur, qui se montre d'un égocentrisme et d'une prétention agaçants, j'ai une fois encore grandement apprécié l'écriture élégante d'Arnaud Cathrine, et la sensibilité qui en émane. Sa façon de traiter les émotions de ses personnages, avec pudeur et clairvoyance à la fois, les rend très attachants.
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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monito
  26 avril 2010
Benjamin Lorca, 34 ans, écrivain, s'est suicidé. Juste après, cinq ans, dix ans, quinze ans plus tard, son seul amour, son frère, son ami, un éditeur-ami évoquent cet homme qu'ils ont tous aimé, évoquent son souvenir mais aussi un journal intime, son journal intime, élément inconnu. Devra t-il être lu, devra t-il être publié ?
Dans cette forme si particulière qu'affectionne Arnaud Cathrine d'être lui-même plusieurs narrateurs et ainsi de donner à lire sous des angles différents de mêmes sujets, nous découvrons, au-delà d'un personnage complexe et torturé, un peu « évident » même pour illustrer un écrivain, les thématiques des facettes multiples d'un individu, des parts de soi différentes offertes à son entourage et, de fait, les perceptions différentes qui font qu'un Homme, outre ce qu'il est intrinsèquement, est aussi ce que chacun voit en lui, comme autant de reflets de ces miroirs assemblés démultipliant à l'infini notre visage.
Chacun des quatre narrateurs aura aimé Benjamin, à sa façon, à sa place et finalement aura offert, à chaque fois une vie différente, mais toujours et communément cette impression de l'inachevé que la mort brutale rend plus pénible encore.
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Rebka
  20 septembre 2016
Les livres d'Arnaud Cathrine se ressemblent un peu tous, mais ce n'est pas grave, on sent qu'il est vraiment hanté par certains thèmes et qu'il essaye d'exorciser tout ça par l'écriture. Ici particulièrement on le devine présent derrière les lignes, cette histoire d'écrivain désespéré, c'est un peu la sienne.
Pour ma part, j'accroche bien à son style, j'aime cette écriture fluide à la fois infiniment sensible et pleine de pudeur où on peut finalement en lire autant entre les lignes que dans les lignes. J'aime la tonalité nostalgique que l'on retrouve une fois de plus ici : les regrets, l'amour frustré, le mal être, l'impossibilité de comprendre la mort (le suicide) de quelqu'un que l'on croyait proche et, en toile de fond, une fois de plus aussi, l'évocation de ces stations balnéaires abonnées au hors-saison. le résultat est beau, doux et triste comme une petite pluie sur une plage normande…
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Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
TempsdelectureTempsdelecture   22 octobre 2017
Aux autres, Benjamin s’arrangeait pour donner l’impression qu’il se livrait sans compter. Il avait fabriqué un second masque à celui, incompréhensible, de la pudeur. Il savait que la réserve et la discrétion, paradoxalement, le mettaient à nu ou, tout du moins, ne rendaient que plus visible son absence d’épanchement. Alors il était prolixe, comme pour mieux garder par-devers lui ce qu’il n’aurait souhaité brader sur le trottoir pour rien au monde. De même écrivait-il des fictions qui constituaient le compromis le plus confortable pour se livrer sans se deshabiller ni jeter son intimité en pâture. Je ne pouvais que l’y encourager: il ne faut pas faire confiance à ce que les autres feront de vous.
A nous, en revanche, Benjamin parlait beaucoup. Mais il ne nous disait pas la même chose à tous. Non pas qu’il bâtit des versions contradictoires de sa vie, il en distribuait plutôt les pans en fonction de ce que chacun lui inspirait.
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carrecarre   01 novembre 2012
Depuis qu'il publie, Benjamin a fait rentrer chez nous nombre d'auteurs... Emballements, agacements : Benjamin écoute les avis sans sourciller; la littérature doit finir au milieu de l'arène, c'est sa vocation.
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carrecarre   03 novembre 2012
Je crains de ne pas devenir celui que vous voulez.
Je crains de ne pas avoir été celui que vous vouliez.
Je crains d'être méconnu (peut-être est- ce pour cela que je ne veux pas rester inconnu).
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ClarissaDallowayClarissaDalloway   16 avril 2010
Benjamin cultivait les dernières paroles. C’était là un vice un peu morbide qu’il cultivait en forme de conjuration. Solennel et ironique, il me les citait avant d’entrer en scène. Il affectionnait tout particulièrement les derniers mots d’Henri Calet dans Peau d’Ours :
C’est sur la peau de mon cœur que l’on trouverait des rides.
Je suis déjà un peu parti, absent.
Faites comme si je n’étais pas là.
Ma voix ne porte plus très loin.
Mourir sans savoir ce qu’est la mort, ni la vie.
Il faut se quitter déjà ?
Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.
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carrecarre   04 novembre 2012
Arrêter ce journal. Je crains d’y consigner tout ce qui pourrait forger la matière de mes prochains livres. Ne vaut-il pas mieux vivre dans la rétention ? Ainsi naissent les romans. Quand on ne peut plus se taire.

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