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EAN : 9782266330398
264 pages
Pocket (08/06/2023)
3.23/5   13 notes
Résumé :
« Si t'as pas de haine, t'as pas de cœur. »

On traverse beaucoup de villages dans une vie. En cette matinée du dimanche 15 octobre 2006, c’est celui d’Olaszhalom que traversent un professeur d’histoire et ses deux enfants. À deux heures de Budapest, la bourgade compte 1 500 âmes, une station-service, des cigognes, trois églises, les ruines d’une synagogue. Et, en contrebas de la route principale, une rivière dans laquelle chahutent des dizaines de Tsi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Il est difficile de définir ce roman. C'est une incursion dans la Hongrie des années 90 à nos jours. C'est le regard d'une adolescente sur le monde qui l'entoure. C'est aussi une réflexion sur la haine et son instrumentalisation politique.

Pour apprécier pleinement cette lecture, j'aurais peut-être dû me renseigner davantage sur la Hongrie. N'ayant pas ou peu de connaissances sur son implication dans les deux guerres mondiales, sur ses héros militaires controversés, sur la révolution de 1956 et sur son organisation politique et européenne dès lors, et pas plus sur les deux affaires autour desquelles s'articule le roman et qui ont marqué l'histoire récente de la Hongrie, en 2006 et en 2008-2009, j'ai eu un peu de mal à en comprendre tous les ressorts. Les relativement nombreuses notes en bas de page ont été, de ce fait, appréciées.
Je ne parlerai pas de ces affaires ici puisqu'elles sont la clef de voûte du roman et elles ne sont dévoilées qu'au fur et à mesure de la lecture. Libre au lecteur de se renseigner en amont, ou pas.

Qu'on soit connaisseur ou non de la Hongrie, il n'en reste pas moins que c'est une lecture dure, difficile à digérer. Malgré un ton résolument léger, accentué par un style volontairement décousu et lapidaire, c'est une plongée dans l'extrémisme et les idées propagées par les groupuscules néo-nazis, alimentées par certains partis politiques qui n'hésitent pas à jouer sur la rancoeur et les traumatismes du pays pour faire avancer leur idéologie xénophobe.

La jeune Éva, narratrice, que l'on suit de son adolescence à ses premières années de jeune adulte, va être témoin, puis partie prenante, d'un pays, d'un peuple qui dérape.
À partir d'un épisode traumatique d'une violence inouïe que l'on découvrira tout au long de la lecture, Éva va épouser des causes qu'elle considère à ce moment là nobles et nécessaires, s'abandonner dans l'alcool et la drogue, et essayer d'oublier… et de survivre.

« Il faut se ressaisir, sans cesse, se tenir à la rambarde, s'accrocher à la bouée, respirer.
On n'a pas fini de souffrir : mourir, c'est facile. »

Dure dans ses propos et ses actes, drôle dans sa façon très spontanée, voire brutale, de percevoir ceux qui l'entourent, étonnante de persévérance quand elle se donne corps et âme à son sport de prédilection, la natation, et touchante quand on la voit grandir et mûrir, Éva est un très beau personnage.
Par sa voix, par son regard, j'ai beaucoup appris sur l'histoire de la Hongrie. Si j'ai été un peu gêné par la narration un peu trop décousue à mon goût car il n'y a aucune chronologie, c'est une lecture qui m'a apporté un regard neuf sur un pays que je connaissais très mal et sur la façon dont les idées extrémistes infusent dans les esprits.

Un roman puissant qui bouscule et prend aux tripes. Et un chapitre en particulier, La Stèle, que j'ai trouvé magnifique.
Belle découverte.
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Livre lu dans le cadre du prix littéraire 2022 d'une médiathèque de Val D'Oise où je suis membre du jury
Le cri de la cigogne est le premier roman de Jean-Charles Chapuzet, journaliste, qui a déjà écrit de récit non-fiction.
L'auteur se sert d'un fait divers en Hongrie pour faire l'histoire de ce pays un peu méconnu depuis la chute du communisme et aujourd'hui.
Ce fait divers se passe le dimanche 15 octobre 2006. Alors qu'un professeur d'histoire accompagnée de ces deux enfants, roule tranquillement sur la route d'une bourgade au nom de d'Olaszhalom, une silhouette apparait brusquement devant son véhicule. Il la percute légèrement. elle s'enfuit. le professeur s'arrête et va suivre cette fille afin de s'assurer qu'elle va bien.
Mais va s'ensuivre un drame mêlant ce professeur et une communauté de tzigane qui vont le croire assassin d'une des leur .
Ce fait divers va donc perturber Eva. Elle est la fille du professeur présente lors du drame. Cette journée va en perturber son destin.
C'est donc à travers la vie d'Eva et de sa jeunesse que l'auteur va tisser la toile historique de ce pays de l'après URSS. de son père originaire d'une ville laboratoire du néo-nazisme dans le pays, elle va partager sa vie entre la natation où elle une très grande nageuse et les groupuscules d'extrème droite aux idées néo-nazis.
Ce roman est dans un premier temps très intéressant. Mais malheureusement, Jean-Charles Chapuzet ne se défait pas de son travail journalistique. On sent une hésitation entre un roman consacré totalement à l'histoire d'Eva et la conjoncture de ce pays pris par la montée de Viktor Orban, figure politique de la Hongrie qui en deviendra le Premier Ministre aux idées un peu dictatoriales.
De plus, le va et viens entre la vie d'Eva et l'histoire de ce fait divers perd à n'en pas douter le lecteur. Dommage !

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Associée aux naissances la cigogne fait partie de l'imagerie populaire bon enfant. le titre, relu après avoir lu la dernière page, nous aurait averti que les images ne rendent pas les enfants sages. Certains actes prennent naissance dans des décisions très conséquentes et Jean-Charles CHAPUZET a si bien travaillé son sujet qu'il arrive à se mettre dans la peau d'une jeune fille devenue le peuple écorché dont le tatouage est marque du subi qui n'est ni subit ni oubli.
Une violence qui explose est toujours une souffrance qui déborde. Avec un récit non linéaire l'auteur dit les effets changeants mais constants de l'affliction d'Eva, ses tentatives d'énouer son traumatisme. Avec les flashs de mémoire, les instantanés d'événements familiaux c'est une société qui est décrite en même temps qu'un émoi personnel. Documentariste l'auteur devient romancier à part entière en s'unissant à l'esprit de son personnage, au point de nous communiquer cette boule au ventre qui dépasse la notion de victimes et de coupables, sans nous exonérer d'un regard sur les usages de la politique.
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Merci à Babelio de m'avoir permis de lire ce livre rapidement.
Je suis assez désemparée pour émettre une critique positive. le sujet est très intéressant : un professeur d'histoire battu à mort en Hongrie par des Tsiganes qui ont cru qu'il avait tué une des leurs après l'avoir renversé en voiture. Ce qui était faux.
La Hongrie pour moi est une terre inconnue, mis à part Budapest que j'ai grandement aimé. Mais pour ce qui concerne la politique et les débords de violence, je suis complètement ignorante de ces sujets. Alors j'ai été très désarçonnée par la lecture du roman, car j'ai eu l'impression que l'auteur ne s'adressait qu'à des personnes connaissant ce pays. Bien sûr de nombreuses notes en bas de pages sont là pour nous éclairer, mais j'ai trouvé cela fastidieux.
En revanche j'ai apprécié la façon dont le drame est amené : Eva la fille du professeur est la narratrice. Elle est évidemment très perturbée par le décès de son père et la violence de ce décès.
Le récit suit justement les pensées de cette jeune fille de douze ans au moment des faits, complètement perdue et traumatisée tout au long du récit qui se déroule sur une période de quatorze ans.
Le fait d'introduire sa passion pour la natation et pour Laure Manaudou, lui permet de respirer, ainsi que nous lecteurs, car certains passages sont difficiles.
Découvrir les faits, petit à petit est judicieux, mais terminer sur le meurtre ne me convaincs pas vraiment. Personnellement je l'attendais avant. Malgré tout, j'ai beaucoup aimé la structure du roman et l'héroïne est attachante.
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Cette nouvelle rentrée littéraire nous amène une nouvelle collection chez Robert Laffont : l'Incendie, dirigée par Glenn Tavenec.
Un des premiers titres de cette nouvelle collection est le cri de la cigogne de Jean-Charles Chapuzet. Tirée d'un fait réel mais avec un personnage central, Eva, totalement fictif, cet évènement a été le déclencheur d'autres drames.
Ce qui s'est passé est un criant exemple de ce que les tensions entre communautés peuvent engendrer comme drames, comme fausses idées implantées par des courants extrêmes, de droite, bien évidemment.
La fin des années 90 et le début des années 2000 ont été tumultueux pour ces pays de l'Est et des Balkans. Entre guerres civiles, attrait de l'Ouest et nostalgie de la vie comme république soviétique, les communautés s'affrontent. Les tsiganes, éternels voyageurs, se voient, ici comme ailleurs, montrés du doigt dès qu'il faut trouver un coupable.
Eva et ça famille vont être, bien malgré eux, un élément déclencheur d'opération de représailles contre des tsiganes mais en allant plus loin encore à cause d'un courant nazi grandissant, et effrayant, dans cette Hongrie tout juste sortie du soviétisme.
L'auteur va bien au-delà et nous relate un passage de l'histoire de la Hongrie très noir dont, malheureusement, beaucoup de personnages de ce roman ne semblent pas avoir honte ou tirer de remords.
La jeunesse hongroise semble se chercher. Enfants de parents plutôt socialistes, petits-enfants de grands-parents plutôt antisémites, au moment où le mur de Berlin tombe eux choisissent de faire se pérenniser l'oeuvre du monstre nazi.
C'est cette jeunesse et ce courant extrême que ces évènements révèlent.
Quant à l'écriture, elle est un peu brusque comme le sont les personnages, comme taillés au couteau. C'est brut mais ça n'en donne que plus de réalité.
Un drame retracé dans un superbe roman, très dur, mais indispensable pour qui veut en savoir plus sur ce pays sans oublier que cette histoire s'est déroulée hier…

Lien : http://www.evadez-moi.com/ar..
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critiques presse (1)
LeSoir
22 novembre 2021
Un récit comme un coup de poing, comme une avalanche de coups.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
J’observais les toiles dans lesquelles j’ai ressenti de la souffrance […]. C’était beau et triste. Mon père a toujours dit que les œuvres étaient le reflet de l’histoire d’un peuple. On avait dû morfler.
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Vidéo de Jean-Charles Chapuzet
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Retrouvez les livres de la sélection sur Babelio 'Le Jardin des anatomistes' de Noémie Adonis : https://www.babelio.com/livres/Adenis-Le-Jardin-des-anatomistes/1604639
'Ingrid et Lola enquêtent : Périlleuses Pyrénées' de Dominique Sylvain : https://www.babelio.com/livres/Sylvain-Ingrid-et-Lola-enquetent--Perilleuses-Pyrenees/1592695
'Les Dames de guerre, tome 1 : Saïgon' de Laurent Guillaume : https://www.babelio.com/livres/Guillaume-Les-Dames-de-guerre--Saigon/1590261
'Bandit' de Jean-Charles Chapuzet : https://www.babelio.com/livres/Chapuzet-Bandit/1600332
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