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Pierre Bisiou (Traducteur)Kyungran Choi (Traducteur)
EAN : 9782264077691
168 pages
Éditeur : 10-18 (04/02/2021)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 197 notes)
Résumé :
Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d'un prénom commun - le plus donné en Corée du Sud en 1982, l'année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu'elle aime mais qu'il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d'autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?

En six parties, qui correspondent à autant de périodes de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (91) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  07 avril 2020
Kim Jiyoung est une jeune femme coréenne d'aujourd'hui. Contrairement à sa mère et à ses tantes qui durent quitter tôt l'école et accepter des emplois subalternes pour financer les études de leurs frères, rien ne l'a empêchée d'obtenir le diplôme de son choix et de décider de son orientation professionnelle. Mais, après une brève expérience dans une agence évènementielle, la naissance de sa petite fille peu après son mariage la contraint, bien malgré elle, à abandonner toute ambition personnelle pour endosser le rôle de mère au foyer.

Partant de l'expérience vécue par les femmes de la génération précédente, évoquant les coutumes familiales mais aussi la manière dont l'école et l'éducation enracinent la notion de supériorité masculine dès le plus jeune âge, puis développant le vécu de Kim Jiyoung lors de ses études, de son début de vie professionnelle, et enfin, lors de son mariage et de sa grossesse, l'auteur nous livre un spectaculaire instantané sur la situation des femmes en Corée du Sud : même si des lois en faveur de l'égalité hommes-femmes ont été promulguées ces dernières décennies, même si des progrès se remarquent ne serait-ce qu'en ce qui concerne l'accès des filles à l'enseignement supérieur, la société en général y reste marquée par les traditions patriarcales qui ont durablement façonné les mentalités. Dans les faits, les Coréennes rencontrent de nombreux obstacles lorsqu'elles envisagent de faire carrière : tandis qu'il reste impossible de concilier maternité et vie professionnelle, les discriminations quotidiennes à leur encontre, mais aussi leurs propres comportements, depuis si longtemps conditionnés, les coincent sous un épais plafond de verre.

Le style est efficace et lapidaire, le ton toujours factuel et les arguments confondants dans ce constat accablant et sans appel qui, on l'espère au vu du succès fracassant de ce livre en Corée, pourra peut-être contribuer à la cause des femmes dans ce pays, mais aussi ailleurs, les questionnements posés étant loin d'avoir trouvé toutes leurs réponses dans nos sociétés.

Plongée passionnante au coeur de la société coréenne, réflexion claire et cinglante sur la condition féminine et les inégalités hommes-femmes, ce livre par ailleurs très agréable à lire est à mettre entre toutes les mains.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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kateginger63
  20 février 2020
Nous sommes Kim
*
Considéré comme un phénomène littéraire dans son pays d'origine, la Corée du sud, ce roman propose de nous éclairer sur la condition féminine.
Effectivement, l'auteure nous dresse un portrait peu reluisant de ses compatriotes masculins. Et dévoile - enfin - ce que la femme coréenne subit tout au long de sa vie.
Construit en 6 chapitres (périodes-clés) d'une épouse , qui, arrivée à la trentaine , se met à se prendre pour d'autres femmes, d'autres voix. Schizophrénie? Ras le bol? Dépression? Volontaire pour choquer son entourage? Voilà ce que nous propose l'auteure.
Retracer son parcours de sa naissance jusqu'à la parentalité.
*
De manière simple, directe, sans fioritures, mais très limpide, le message est de dénoncer toutes les inégalités qui concernent les femmes. Avec des chiffres à l'appui, ce roman devient manifeste sur le sujet de la prédominance masculine (le travail, les études, l'accueil à sa naissance....). On tombe des nues quand on voit ce pays si moderne par ailleurs (dans la technologie par exemple) , rester dans des blocages inégalitaires.
*
La parole est aussi donnée à la mère de la narratrice. Une rareté, une pionnière dans le mouvement féministe. Une voix qui s'impose tout en discrétion mais qui permet de faire émerger une réflexion. Petits pas....
Cette voix, c'est l'auteure, qui ose dénoncer, qui parle au nom de toutes les coréennes, qui souhaite changer les choses.
Malgré cette différence culturelle, certaines situations sexistes sont également transposables ici en France malheureusement. Ce livre a une portée universelle. Et je conseille cette lecture à tous les adolescents (tes) du monde entier.
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Eve-Yeshe
  07 mars 2020
Kim Jiyoung vit à Séoul, avec son époux et leur petite fille, elle avait un travail qu'elle a dû abandonner pour s'occuper de « sa famille », alors que son mari rentre de plus en plus tard le soir, à cause du travail. Un jour, tout dérape : elle se met à parler avec la voix et les expressions d'autres personnes. Au début, son mari pense qu'elle est peut-être sous l'effet de l'alcool, mais non, le lendemain cela recommence. Que se passe-t-il ? Est-ce un mode d'entrée dans la schizophrénie, un burn-out ou autre chose ?
A partir de là, flash-back et on revient sur le passé de Kim Jiyoung, son enfance, dans les années 1982-1994, dans une famille traditionnelle : dans la maison seul le père travaille, la mère a dû abandonner son désir de devenir enseignante. La mère de son père vit avec eux, et ne donne jamais un coup de main.
Elle a eu deux filles et lorsque la troisième grossesse se profile, elle est « sommée » d'avoir recours à un avortement thérapeutique car c'est encore une fille !!!! et elle doit se débrouiller seule :
Sa mère est allée toute seule à la clinique et a fait « effacer » la petite soeur de Kim Jiyoung. Ce n'était pas son choix, mais c'était sa responsabilité.
Quelques années plus tard, ils ont enfin un garçon, qui est le roi du monde, rien n'est assez bien pour lui, il y a une hiérarchie bien établie qui fait frémir :
Quand on servait un bol de riz bien chaud, tout juste cuit, l'ordre normal de distribution était d'abord le père, puis le petit frère et la grand-mère. Il était normal que le petit frère mangeât des morceaux de tofu frit, des raviolis et des galettes de viande, tandis que Kim Jiyoung et sa soeur se contenteraient des morceaux effrités ou de miettes.
Les filles travaillent bien à l'école mais donnent un coup de main à leur mère, les hommes de la maison et la grand-mère se tournant les pouces, (rendons justice à cette dernière : elle est très douée pour une chose, critiquer sa belle-fille !)
Cho Nam-Joo nous dresse un portrait de la société coréenne qui fait frémir, tant dans la famille, que plus tard au collège, au lycée, on voit Kim Jiyoung et sa soeur lutter sans cesse pour réussir, faire des études supérieures. La fille aînée finit par écouter sa mère et devient enseignante pour la sécurité de l'emploi, mais Jiyoung veut faire autre chose, des études de communication, car les médias l'intéressent…
L'auteure a très bien construit son roman, elle nous propose quatre périodes dans la vie de son héroïne et met en parallèle la société coréenne et son « évolution » : 1982-1994, puis 1995-2000 avec les études, le harcèlement des hommes dans les moyens de transport entre autres, mais aussi de la part des enseignants, les discriminations parce que ce sont des filles.
Les années 2001-2011 avec les études supérieures et l'entrée dans le monde du travail, et la manière immonde dont les femmes sont traitées, et les années 2011-2015 où Kim Jiyoung doit choisir.
A chaque période, le gouvernement vote des lois pour modifier les choses, mais elles restent toutes dans le placard : la loi interdisant la discrimination homme femme a été promulguée en 1999 mais c'est resté une loi !!!! on a même créé un ministère de l'égalité des sexes !!!
Une phrase en particulier :
D'ailleurs s'il avait confié à Kang Hyesu et à Kim Jiyoung des clients difficiles, ce n'était pas parce qu'il leur faisait confiance, mais parce qu'il ne fallait pas user les employés hommes, réputés pérennes, avec des tâches épuisantes.
Le régime patriarcal a soi-disant été aboli en Corée mais le statut de la femme est loin d'avoir évolué.
J'ai beaucoup apprécié ce livre, la manière dont Cho Nam-Joo l'a construit et son étude de la société coréenne est très bien faite, statistiques à l'appui. Il est dur et fait réfléchir sur les droits de la femme dans les autres sociétés où le patriarcat est bien établi…
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Robert Laffont qui m'ont permis de découvrir ce roman et son auteure.
#KimJiyoungnéeen1982 #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Annette55
  05 décembre 2020
Ce livre coup de poing montre avec brio une photographie de la femme coréenne complètement piégée par une société patriarcale de laquelle elle a vraiment du mal à s'extirper.
C'est l'histoire de Kim Jiyoung , une jeune femme ordinaire , trente - cinq ans mariée , une fille, à l'automne 2015....
Elle a travaillé dans une société de communication jusqu'à la naissance de son enfant .
Sous forme de retours en arrière le lecteur découvre les années de jeunesse de la mère de Kim Jiyoung : elle était restée à la maison pour aider aux tâches domestiques et aux champs jusqu'à ses quinze ans , ensuite à Séoul elle travailla en usine , dans ce temps - là tout le monde pensait que seuls les fils feraient la réussite et le bonheur de la famille , les filles se chargeaient du soin de leurs frères.
En fait , les filles se sacrifiaient et trimaient pour leurs frères .
En six parties :nous découvrons le déroulement de la vie de Kim Jiyoung ,
1982 à 1994 , son enfance et adolescence,
1995 à 2000, ses études,
2001 à 2011 , ses études supérieures et le monde du travail...
D'un style froid, cinglant , clinique, acéré , sans fioritures , ni concessions, la narration est surprenante : l'auteure montre , sur le ton de la discussion les travers de la société coréenne, la disparité dans les études entre les garçons et les filles, la place importante , vitale , du garçon, la suprématie de L'Homme , les traditions pesantes, la discrimination dont les femmes coréennes sont victimes depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, les petites humiliations quotidiennes , les violences morales , les remarques non appropriées , le manque de femmes aux postes de responsabilité , les candidatures non retenues——-jusqu'à la caricature ——-les missions non intéressantes , les salaires non réévalués , le harcèlement sexuel au travail l'indifférence voire le mépris du père, le silence de la mère, éloquent , malgré ses colères flamboyantes, de temps en temps .... vu les propos rétrogrades, archaïques , de son père ...
Kim Jiyoung est le miroir de la condition féminine en Corée «  Les garçons disaient des filles qu'elles étaient «  des fleurs ou des petites lumières rares , comme s'ils les chérissaient , en même temps, entre eux , ils se félicitaient d'être de bons garçons , généreux , forts , facile à vivre , de vrais piliers pour le club, ils décidaient de tout....... ».
Kim Jiyoung n'accède pas à ses rêves , elle élève son enfant en renonçant à sa vie, à son travail, à ses rêves , à tout ce qu'elle était :
«  Et je suis devenue quoi, une mère - parasite ?
Qu'est ce que je dois faire maintenant ?
Un livre brut qui bouscule, révolte , émeut, touche , fait réfléchir ...
Un livre à lire absolument ....
«  Sur les poussières sentimentales accumulées, une étincelle était tombée ,et la plus belle époque de sa vie brûla vainement pour ne laisser qu'un tas de cendres » ....
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gonewiththegreen
  12 janvier 2021
Dans un article publié dans la presse française, il est aujourd'hui question d'une polémique en Corée du Sud . Il est préconisé aux femmes enceintes de bien prendre soin de leur mari, de ne pas reporter les taches ménagères pour bien gérer son poids ... Vous comprenez l'idée.
Le livre de Nam-joo-Cho est autour de la condition féminine dans la Corée du Sud actuelle. Découpé en plusieurs période , on découvre Kim Jiyoung en 2015, mère au foyer, marié et victime de graves troubles de la personnalité.
Le roman va nous permettre de comprendre comme elle en est arrivée là.
On apprend beaucoup de choses (enfin moi) sur la condition féminine en Corée . Discriminées à l'école, à l'emploi, elles sont souvent écartées des postes à responsabilité. On ne parle même pas des différences de salaires.
La question de la maternité est au centre du livre mais en dire plus serait malvenant pour ceux qui seraient tentés.
C'est un livre qui se lit extrêmement facilement et qui nécessite aucun prérequis sur la culture ou l'histoire coréenne. Son succès phénoménal en Corée tient sans doute au fait que des générations de Coréenne se sont reconnues en Kim Jiyoung.
Personnellement, je n'ai pas forcément été transporté. Ce n'est pas mal, mais pas non plus de quoi monter aux arbres. le style a autant de relief qu'un polder batave, les surprises sont aussi fréquentes qu'un discours sans conneries de Sibeth et finalement , j'ai eu du mal à avoir beaucoup d'empathie pour Jiyoung, du mal à comprendre le lien entre sa maladie et ce qui est raconté avant.
Il n'empêche, il va quand même falloir à un moment donné que la discrimination la plus honteuse de l'humanité cesse et soit sévèrement punie. En ce sens , ce livre apporte sa pierre à la lutte.
Je retiendrai les données sur la Corée , la facilité de lecture et l'approche féminine du sujet qui donne du sens au récit.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
AsakoAsako   23 février 2021
Sur les poussières sentimentales accumulées, une étincelles était tombée, et la plus belle époque de sa vie brûla vainement pour ne laisser qu'un tas de cendres.
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AsakoAsako   23 février 2021
_ Pour l'entreprise, une femme trop intelligente est un problème. Vous voyez, rien que là, pour nous, vous êtes un problème.

Pardon ? Si nous ne sommes pas assez intelligentes, c'est un problème, si nous le sommes trop, c'est encore un problème et avec tout ça si nous sommes moyennes nous allons entendre que c'est un problème d'être moyenne ?
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Eve-YesheEve-Yeshe   07 mars 2020
C’était l’époque où le gouvernement mettait en œuvre toute une série de mesures pour contrôler les naissances, au nom du planning familial. Dix ans plus tôt, l’IVG pour raison médicale avait été rendue légale. Comme si avoir une fille constituait une raison médicale, l’avortement des fœtus filles était pratiqué de façon massive. Cette tendance allait persister durant toutes les années quatre-vingt, jusqu’au début des années quatre-vingt-dix où la population atteignit le point culminant du déséquilibre des naissances garçon/filles.
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fanfanouche24fanfanouche24   29 mars 2020
La somme ridicule qu'elles gagnaient en s'épuisant nuit et jour, le visage jauni par le sommeil qu'elles combattaient à coups de pilules, allait pour l'essentiel servir à payer les études du grand ou du petit frère. Dans ce temps-là, tout le monde pensait que le fils ferait la réussite et le bonheur de la famille, qu'il allait l'élever dans l'échelle sociale. Ainsi les filles se chargeaient-elles volontiers du soin de leurs frères. (p. 39)
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Eve-YesheEve-Yeshe   11 mars 2020
Sa mère regrettait sa vie manquée et regrettait d’être devenue la maman de Kim Jiyoung – une pierre, ferme et lourde, quoique petite, qui pèse contre un pan de sa longue jupe. Kim Jiyoung avait d’un coup l’impression d’être cette pierre et ça la rendait triste. La mère, percevant sa peine, de ses doigts, tendrement, a remis de l’ordre dans les cheveux de sa fille.
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Videos de Nam-joo Cho (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nam-joo Cho
Kim Jiyoung est une jeune femme coréenne, trentenaire, mariée, maman d'une petite fille. Comme beaucoup de Coréennes, elle a été contrainte de quitter son emploi pour s'occuper de son enfant. Banal ? Peut-être. Mais quelque chose d'étrange bouleverse son quotidien... La voilà qui - sans s'en rendre compte - parle avec la voix d'autres femmes, dit ce qu'elle n'oserait jamais dire. Et si la réponse à ce trouble se trouvait dans son passé ?
Venez découvrir comment l'héroïne de Cho Nam-joo, devenue un symbole de la femme sud-coréenne - et de toutes les injustices sexistes qu'elle subit - a complètement bouleversé la société coréenne !
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