AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2378910614
Éditeur : Editions Nil (02/01/2020)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d'un prénom commun - le plus donné en Corée du Sud en 1982, l'année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu'elle aime mais qu'il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d'autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?

En six parties, qui correspondent à autant de périodes de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  06 janvier 2020
MeToo en Corée, aussi.
Si ce roman n'avait pas figuré en bonne place sur les tables de ma librairie préférée, je n'aurais sans doute pas cédé à l'appel racoleur du bandeau proclamant le "roman coréen phénomène, plusieurs millions d'exemplaires vendus", ce genre de message qui en général n'est pas signe de qualité.
Or, il faut toujours faire confiance à son libraire :-) et bien m'en a pris car, si ce premier roman n'est pas une pépite, il fait mouche par sa simplicité, la clarté de son message et la singularité de son accroche : une jeune femme coréenne, mariée, mère, parfaitement installée dans la société, se met brusquement à faire parler en elle les voix d'autres femmes. Provocation? schizophrénie? burn-out? En quelques deux cent pages, l'auteur, en parcourant les différentes étapes et écueils sociaux de sa jeune vie, va nous expliquer pourquoi.
Et c'est toute la société coréenne avec les diktats et les interdits qu'elle impose aux femmes qui défile sous nos yeux, voire, et c'est là le tour de force, toute l'éducation au monde faite au genre féminin dans son ensemble, dans laquelle on se retrouve en terrain connu ici et là au détour d'une anecdote ou d'une parole.
Bel ouvrage que ce petit livre sans prétention, mais qui porte loin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          181
Fuyating
  10 janvier 2020
Voici un livre assez effrayant sur la condition de la femme en Corée du Sud. À travers le destin de Kim Jiyoung, nous découvrons toutes les inégalités et injustices faites aux femmes dans cette société patriarcale et, disons-le, machiste.
Cela commence dès la naissance, ou la non-naissance d'ailleurs avec l'avortement dès que la sentence tombe : le bébé est une fille. Nous y voyons les petites filles qui ont eu la chance de naître dénigrées par leur famille, c'est toujours elles qui doivent se partager une petite portion de nouilles pour en donner plus au jeune frère, le mâle qui sera le fier représentant de la famille. Les tâches ménagères ? Elles n'incombent surtout pas à l'héritier, non non ses soeurs les font. Et cette situation ne se voit pas qu'au sein de la famille, elle est également présente dès l'école primaire ! Il n'est pas rare de voir des jeunes filles sacrifier leurs études et devoir travailler pour payer celles de leur frère.
Et pour trouver un travail ? Mission quasi impossible pour le sexe faible.
Et les bébés ? La pression de la famille ? Tout cela retombe sur les jeunes femmes qui sont presque toujours obligées de quitter leur travail pour l'élever.
Je n'aborderai même pas la question du salaire, qui est bien évidemment bien en-dessous de celui des hommes.
Et les agressions ? Toujours la faute des femmes qui ont osé lever le regard vers un homme.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un indispensable si vous souhaitez comprendre la situation actuelle des femmes en Coree.
J'ai beaucoup apprécié le fait que l'auteure nous glisse des chiffres dans son roman pour étayer ses propos (indicateurs sociaux), chiffres qui font vraiment froid dans le dos.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          141
LeaTouchBook
  06 janvier 2020
Tout d'abord je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année, riche en magnifiques découvertes littéraires !
Je suis très heureuse de commencer 2020 avec la chronique de "Kim Jiyoung, née en 1982" qui est, à mes yeux, un des titres les plus importants de cette rentrée d'hiver.
Comme j'ai pu l'annoncer sur les réseaux sociaux, la littérature coréenne a pris une place importante dans mes lectures et je souhaite particulièrement la mettre en avant cette année (et pour les années à venir) sur le blog. La création d'un club de lecture (le "Hanbo(o)k Club") a été la première étape, la deuxième est de vous recommander des titres incontournables. Comme toujours tout ce que je souhaite est partager ma passion avec vous. Quoi de mieux pour commencer l'année que de vous recommander ce titre ?
Au travers de cette histoire, la romancière Cho Nam-joo nous offre un roman percutant et universel. Lire "Kim Jiyoung, née en 1982" c'est tout simplement lire une transcription intime de l'histoire universelle des femmes, c'est plonger au coeur de toutes les problématiques, de toutes les controverses liées au fait d'être une femme dans un monde contemporain où le combat pour l'égalité n'est pas encore terminé.
Au tout début le lecteur pensera lire, découvrir le quotidien d'une femme en Corée du Sud puis progressivement, pas à pas, il comprendra que c'est l'histoire de chaque femme, c'est notre histoire. C'est la mienne et la vôtre.
Toute la force de ce livre repose principalement sur le choix de narration effectué par Cho Nam-joo. Vous comprendrez à la fin pourquoi ce livre semble tout nous conter de façon neutre, sans aucun jugement, sans aucun sentiment, de manière détachée. Parce qu'au travers de l'histoire personnelle de Kim Jiyoung, nous faisons surtout face à tous ces gestes du quotidien, tous ces faits anecdotiques sur lesquels reposent une société inégalitaire. Toutes ces choses a priori anodines, pour lesquelles nous nous sommes habitué(e)s et qui pourtant ne devraient pas être. En donnant une nouvelle perspective à tous ces faits, en les exposant simplement sans aucune forme de jugement, Cho Nam-joo amène le lecteur à avoir une prise de conscience d'autant plus frappante. Peu importe votre sexe, ce livre est écrit pour chacun, il parlera à tous.
A priori la narration quasi neutre du livre pourrait enlever tout l'aspect émotionnel du roman mais bien au contraire. Que vous ayez vécu ce que Kim Jiyoung a vécu ou non, l'empathie viendra au final de la compréhension de ce qu'elle a pu vivre, de l'appréhension de ce qu'elle a pu ressentir, de ce que nous avons pu ressentir, de ce dont nous avons été témoins, de ce que nous voyons au jour le jour.
Pour moi ce livre est vraiment un roman féministe incontournable, à mettre entre toutes les mains. Un roman à poser à côté des livres Simone de Beauvoir, Gloria Steinem, Cheryl Strayed, Betty Friedan, Chimamanda Ngozie Adichie, Maya Angelou, Virginia Woolf ou encore Olympe de Gouges et bien d'autres. Aux côtés de toutes ces femmes qui ont osé un jour élever la voix pour dénoncer ce qui ne devrait pas être, pour mettre en avant la possibilité d'une autre voie, la possibilité de changer les choses. Cho Nam-joo fait partie de ces femmes puissantes que j'admire tellement.

Je souhaite à ce livre un très beau succès, je souhaite à ce livre de trouver sa place dans votre bibliothèque, je souhaite à ce livre la chance d'entrer dans votre coeur et de vous donner envie d'en parler autour de vous et d'élever la voix à votre tour.
Je tiens à remercier particulièrement Claire Do Sêrro et Lisa Labbe d'avoir pris sous leurs ailes ce roman pour l'offrir au public français, je tiens aussi à remercier les deux traducteurs Kyungran Choi & Pierre Bisiou pour leur travail formidable. J'ai commencé récemment l'apprentissage du coréen et j'espère un jour pouvoir lire ce roman en langue originale, en attendant nous avons la chance que ce livre soit traduit par deux remarquables traducteurs.
Et n'oubliez pas...
Nous sommes toutes Kim Jiyoung.
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          103
Catwowo
  28 janvier 2020
Comme elle est attachante, cette Kim Jiyoung. Refermer ce livre et la quitter m'a fait comme un pincement au coeur, je crois que j'avais envie de la protéger. Pourtant, elle n'a rien d'une petite créature frêle et sans défense. C'est une jeune femme déterminée, intelligente, curieuse et exaltée. Une femme humble, combattive et touchante. Mais elle est aussi ordinaire, parfaitement ordinaire. Comme la grande majorité des femmes coréennes, elle évolue tant bien que mal dans une société bâtie, dirigée et conditionnée par l'homme, le mâle, celui qui n'a de cesse de d'annihiler son être tout entier. Ses ambitions sont réfrénées, ses désirs sont moqués, son corps est manipulé. Kim Jiyoung, c'est cette avidité d'exister et d'avoir le choix, mais surtout cette réalité qui fini toujours par la rattraper. Kim Jiyoung, c'est aussi l'illusion du changement qui ne s'avère que théorique. Toujours. Ce livre est un véritable bijou, un immense coup de coeur. Roman féministe, sûrement, je le vois personnellement comme un roman humaniste, celui des existences bafouées. Nam-joo Cho n'est pas une poète, mais une scientifique. Son art est factuel, alimenté de données précises que l'on ne s'attend pas à trouver dans un roman mais qui permettent une nette prise de conscience. Alors oui, on peut aussi voir cette histoire comme une longue liste d'anecdotes vécues par l'héroïne, lesquelles dénoncent invariablement sa condition de femme en Corée du Sud, mais c'est tellement plus que ça, je vous l'assure.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Zazie13
  26 janvier 2020
KIM JIYOUNG NÉE EN 1982 est un roman qui nous conte les tranches de vie de cette jeune femme dans la Corée des années 80 à 2016, dénonçant la condition féminine dans la société à tous les âges et à tous les niveaux que ce soit enfant au sein des familles, à l'école, puis adolescente à l'université, puis au travail, dans la vie de couple, comme si les avancées des droits des femmes dans la société n'étaient qu'un leurre ! La question sociétale qui dépasse la Corée en termes géographiques, que soulève ce roman est celle de la cause de cette condition des femmes.
Il semble que cette auteure Coréenne Cho Nam-joo sans le dire expressément mais en le démontrant magistralement dans l'histoire de son roman, en arrive à la même conclusion que la formidable anthropologue française Francoise Héritier (masculin féminin, la pensée de la différence): les femmes mettent au monde les enfants ! C'est cette formidable « faculté » dont disposent les femmes que les hommes ont utilisée majoritairement (car il existe quelques société matriarcales) pour affirmer leur supériorité.
Ce roman se lit avec aisance d'un trait d'un seul, riche en messages et questionnements; il est pour moi la découverte de la littérature coréenne que je vais continuer à explorer !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
CatwowoCatwowo   28 janvier 2020
Depuis qu'elle était devenue femme au foyer à plein temps, Kim Jiyoung réalisait que l'attitude des gens devant le ménage était d'une grande hypocrisie. Tantôt dévalorisé, quand on parle juste de rester à la maison, tantôt sublimé quand on parle de se consacrer à faire croître l'humanité, mais jamais en évaluant ce travail en chiffres réels, en coûts. Sans doute parce qu'à partir du moment où une chose a un prix, quelqu'un doit payer pour cela.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
FuyatingFuyating   11 janvier 2020
Toi, crois-tu que je n'aie pas le droit de prendre un café à 1500 wons ? Non mais, sans parler de 1500 wons, même si ça coûtait 15 millions de wons, j'achète ce que je veux avec l'argent de mon mari, non ? Ca ne regarde que nous, pas vrai ? Je n'ai pas volé ton argent. J'ai accouché dans des souffrances à en mourir, j'élève mon enfant en renonçant à ma vie, à mon travail, à mes rêves, enfin à tout ce que j'étais. Et je suis devenue quoi, une mère-parasite ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
FuyatingFuyating   11 janvier 2020
Depuis qu'elle était devenue femme au foyer à plein temps, Kim Jiyoung réalisait que l'attitude des gens devant le ménage était d'une grande hypocrisie. Tantôt dévalorisé quand on parle juste de "rester à la maison", tantôt sublimé quand on parle de "se consacrer à faire croitre l'humanité", mais jamais en évaluant ce travail en chiffres réels, en coûts. Sans doute parce qu'à partir du moment où une chose a un prix, quelqu'un doit payer pour ça.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
FuyatingFuyating   11 janvier 2020
Des gens qui gobent sans réfléchir un cachet à la moindre migraine, qui n'oublient pas de mettre de la crème anesthésiante pour enlever un grain de beauté, disent aux femmes de mettre leur enfant au monde dans la douleur et d'oublier les menaces qui pèsent sur leur vie à cet instant. Ils parlent comme si cette souffrance était la quintessence de l'amour maternel.
Commenter  J’apprécie          10
AllantversAllantvers   02 janvier 2020
Sa mère regrettait sa vie manquée, et regrettait d'être devenue la maman de Kim Jiyoung -- une pierre, ferme et lourde, quoique petite, qui pèse contre un pan de sa longue jupe. Kim Jiyoung avait d'un coup l'impression d'être cette pierre et ça la rendait triste. Sa mère, percevant sa peine, de ses doigts, tendrement, a remis de l'ordre dans les cheveux de sa fille.
Commenter  J’apprécie          00
Video de Nam-joo Cho (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nam-joo Cho
Kim Jiyoung, née en 1982 - Cho Nam-Joo
autres livres classés : littérature coréenneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Un quiz pour rire !

Un amiral britannique dit à Surcouf : "Vous, les Français, vous vous battez pour l'argent ; nous, les Anglais, nous battons pour l'honneur !" Que lui répondit Surcouf ?

'Fi donc !'
'Monsieur, chacun se bat pour ce qu'il n'a pas !'
'C'est vous qui le dite ! '

10 questions
150 lecteurs ont répondu
Thèmes : humour , histoireCréer un quiz sur ce livre