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Xavier Collette (Autre)
EAN : 9782492403446
374 pages
Argyll éditions (09/06/2023)
4.28/5   125 notes
Résumé :
241 avant J.-C.
Aux larges des îles Égates, la flotte romaine intercepte et met en déroute une centaine de navires carthaginois. Aux premiers la victoire ; aux seconds la perte de la Sicile et un traité de paix défavorable et humiliant.
Près de vingt ans plus tard, Himilce, princesse ibère libre, voit sa destinée liée à celle du jeune général Hannibal Barca. Celui-ci ne brûle que de se venger et lève déjà une expédition à destination de l’Italie.
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Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
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Hannibal, pour tenir le serment fait à son père Hamilcar, part en guerre contre Rome. Tout le monde a entendu parler de cette guerre violente, de ces combats meurtriers et, bien sûr, de la fameuse traversée des Alpes avec les éléphants. Mais qui connaît le nom d'Himilce ? L'épouse ibère du général carthaginois. Qui s'interroge sur son sort, sur ce qu'elle a ressenti, loin de chez elle, loin de son époux, pendant les mois, les années, qu'a duré ce conflit ? Emmanuel Chastellière, lui, s'est penché sur cette figure féminine.

En 218 avant notre ère, Hannibal lance son expédition vengeresse contre Rome. Il part de sa base arrière sur notre continent, l'Espagne (enfin, l'endroit où existe l'Espagne actuellement, car ce pays n'existait pas tel quel, bien évidemment, c'était un assemblage de nombreux peuples). Pour s'assurer de la solidité de ses alliances avec les peuples locaux, il a épousé la fille du roi, Himilce. Mariage de raison, comme souvent à cette époque dans ces strates de la société. Alors que tout s'emballe, Hannibal envoie à Carthage sa jeune épouse. Officiellement pour lui éviter d'être exposée pendant les combats et donc pour la protéger. En fait, elle sert également d'otage : si les troupes de son père ne sont pas fidèles à la promesse de leur souverain, Himilce en paiera le prix. Non dit évident.

Mais Himilce est loin de tout cela. de cette politique mortifère. de ces duels d'ego qui ne mènent qu'à la mort de centaines de milliers d'hommes et de femmes. Elle essaie juste de vivre, ce qui dans son cas est difficile. Pensez-y : mariée à un homme qu'elle ne connaît pas ; qui peu après leur union lui demande de partir afin qu'il puisse mettre sa vie en danger au nom d'une promesse faite à un fantôme paternel ; envoyée dans un pays dont elle ignore tout ; dans une famille qui ne l'aime pas pour elle mais pour ce qu'elle représente ; qui lui demande de jouer, à la perfection, un rôle avec lequel elle est en désaccord. Et tout cela dans une tension perpétuelle due à la guerre, toujours présente dans les esprits même si elle se déroule au loin. C'est d'ailleurs l'une des forces du récit : on entend parler d'Hannibal (on le voit même au début), on est tenu au courant, de loin en loin, de sa progression en Italie. Mais ceux qui espèrent un résumé de la deuxième guerre punique seront déçus. Elle n'est qu'un décor lointain. Tout à fait accessoire. Seule la vie d'Himilce compte vraiment.

Dans la scène initiale, Emmanuel Chastellière pose son personnage : impétueuse, révoltée contre un ordre établi qu'elle considère anormal, elle agit même au détriment de sa santé. Elle fonce, sans réellement penser aux conséquences. Qui seront fâcheuses. Un accident et la voilà boiteuse. Rien d'abominable me direz-vous. Mais à cette époque où tout devient signe du destin, c'est comme une marque. Elle est, d'une certaine manière, maudite. En tout cas, mise à l'écart. Et c'est ainsi qu'elle s'est construite.

Et la voilà qui doit se créer une place dans le palais où sa « nouvelle » famille l'accueille. Froidement. Car elle n'est pas ici pour être pouponnée. Elle représente Hannibal. Elle doit participer à l'effort de guerre. Or, elle n'en a aucune envie. Elle abhorre cette lutte pour la domination de la Méditerranée. Elle veut juste vivre. Alors, elle désobéit et va, grâce à Sophonibaal, un membre de sa nouvelle famille qui se montrera un peu moins rétive, à la rencontre de la ville de Carthage (pas la Carthage pleine de splendeurs de la salammbô de Gustave Flaubert, aux brillantes mais interminables descriptions, mais une Carthage dont on l'impression de fouler le sol tant elle paraît vivante et réelle). Et de ses habitants. Les plus déshérités surtout. Elle se prend d'amitié pour une jeune voleuse après qui elle va courir tout au long du roman, la retrouvant par moments, farouche, révoltée elle aussi. Et elle croise Sabratha, une prêtresse guérisseuse, Hannon, l'ennemi politique des Barca, la famille d'Hannibal. Et d'autres personnages aussi forts les uns que les autres. Aussi ancrés dans cette ville et dans ses troubles politiques et sociaux les uns que les autres. Je pourrais écrire les « unes » plutôt que les « uns ». Car si les hommes sont présents dans ce récit, ne serait-ce qu'à travers le personnage d'Aspar, le garde du corps imposé par Hannibal pour protéger son épouse, ce sont surtout les femmes qui font cette histoire.

On est habitué à voir l'Histoire du côté des guerres et des hommes qui les mènent. Mais on oublie souvent que derrière des dates enseignées en cours d'histoire, derrière des noms de batailles et des bilans chiffrés, derrière les cartes agrémentées de flèches mimant les avancées des troupes, vivaient des gens. Des hommes, certes, mais aussi des femmes et des enfants. Qui ont subi ces évènements jugés assez importants pour être rapportés et enseignés des centaines d'années plus tard. Et ces personnes, on n'en parle pas. Car elles n'ont pas laissé de trace. Et pourtant, leur existence est tout aussi importante que ces chiffres, que ces dates.

Emmanuel Chastellière a su se glisser dans les trous laissés par l'Histoire. Dans ces interstices, il a inséré son histoire. Celle de plusieurs femmes qui, loin de la guerre menée par des hommes, ont joué leur partition. Sans l'avoir choisie, parfois. Comme la mère d'Hannibal, Batshillem, qui s'est donné le devoir de poursuivre la mission de son mari et de tout sacrifier pour soutenir son fils et son expédition. Sans rien laisser paraître, sauf en une rare occasion, elle est la figure de proue de la famille Barca, intraitable, inflexible, tout entière dirigée vers un but : permettre à Hannibal d'anéantir Rome. Et d'autres femmes, encore, que je ne vais pas détailler ici car le temps et le courage me manquent. Mais elles sont nombreuses à m'avoir touché, en plus d'Himilce.

Loin de la cité de Célestopol, Emmanuel Chastellière nous offre avec Himilce un beau roman, qui crie son horreur de la guerre et offre un portrait tendre et dur à la foi d'une femme en proie à une histoire qui la dépasse et qu'elle refuse. Une jeune femme qu'on n'a pas laissé s'épanouir, mais qui qui se révolte et prend sa chance quand elle se présente. Une épouse otage qui n'a de cesse de tenter de forcer ses chaînes et de retrouver, enfin, la liberté.
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C'est un véritable coup de foudre ❤

Le rythme de ce roman est tantôt calme, tantôt frénétique, il nous transporte sans effort dans les rues de Carthage et au coeur de la guerre contre Rome. J'ai véritablement vécu chaque instant à travers les mots. Si vous êtes familier avec l'auteur, vous savez pertinemment qu'il manie la plume avec élégance.

Au fil des pages, nous découvrons une palette de personnages hauts en couleur. Mention spéciale à Himilce, d'une humanité touchante, qui se voit contrainte de concevoir un enfant pour satisfaire son nouveau statut de femme d'Hannibal. Mais préparez-vous, car de belles surprises vous attendent : qui peut décider à sa place de donner la vie ?

Ce personnage est loin d'être parfait, elle commet des erreurs, se pose des questions, tente des stratagèmes dans l'espoir qu'ils fonctionnent, réalise que les alliances sont parfois plus cruciales que les liens familiaux... Mais son plus grand défi réside dans sa capacité à penser par elle-même. À cette époque, les femmes ne peuvent se montrer trop audacieuses...

Vous l'aurez compris, nous suivons avant tout Himilce, restant à Carthage pendant qu'Hannibal part au front. Cependant, nous vivrons chaque avancée de la guerre !
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Après deux excursions aux accents uchroniques sur la lune avec Célestopol et Célestopol 1922 et deux chevauchées à la saveur âcre de la poudre au coeur du Coronado avec L'Empire du Léopard et La Piste des Cendres, j'étais très curieuse de me plonger dans son nouveau roman, Himilce où l'on remonte le temps pour rejoindre la fière Carthage.

Himilce, princesse ibère est donnée en mariage au général Hannibal Barca pour consolider une alliance entre son père, le roi de Castilo et Carthage afin de lutter contre l'hégémonie romaine. Après l'avoir suivi pendant un an dans ses campagnes militaires, Hannibal préfère envoyer son épouse auprès des siens pour la mettre à l'abri de toute forme de représailles. C'est ainsi qu'elle débarque dans la cité carthaginoise, seulement accompagnée d'un garde numide prénommé Aspar, où elle va devoir tant bien que mal trouver sa place. Mais y arrivera-t-elle seulement ?

Avec Himilce, Emmanuel Chastellière a posé ses valises à Carthage, en 218 av. J.-C., alors que la deuxième guerre punique opposant Carthage à Rome est engagée. Or, pour s'assurer de la loyauté du peuple ibère et bénéficier du positionnement stratégique de la capitale de l'Oretania, le général Hannibal Barca qui a pris la tête des troupes carthaginoises, épouse la princesse Himilce et l'envoie pour sa sécurité dans sa famille où l'on va la suivre pas à pas.

On ne va donc pas escorter ici ce célèbre général dans ses conquêtes et ses défaites mais plutôt s'intéresser à son épouse qui se retrouve propulsée en terre inconnue au milieu de personnes indifférentes, voire hostiles. Néanmoins, même sans être sur le front, on goûte entre ces lignes aux répercussions du conflit qui pèsent sur la capitale et ses habitants. Cela est d'ailleurs propice aux rivalités politiques où des factions cherchent à destabiliser le pouvoir pour mieux s'en emparer. Ici, deux clans s'affrontent avec d'un côté, les conservateurs menés par l'illustre homme politique et fin stratège Hannon le Grand qui sont contre la guerre et de l'autre côté, les réformateurs qui soutiennent la famille Barca dans leur bras de fer contre Rome. Un contexte politique qui sert l'intrigue d'Emmanuel Chastellière car il y voit là l'occasion de laisser proliférer des machinations ponctuées de trahisons inattendues.

Finalement, on est vite happé par la tournure que prend l'intrigue portée par de nombreux rebondissements qui, il faut le dire, nous tiennent complètement en haleine. L'auteur se sert de réalités historiques ou de pratiques cultuelles pour paver son récit de mystères à résoudre, auréolé d'un sentiment d'inquiétude diffuse.

Au fil des pages, on sent le gros travail de recherches réalisé par l'auteur pour redonner vie à ce passé avec une grande crédibilité. Tout y est minutieusement détaillé. Que ce soit l'aménagement de l'habitat, l'organisation des lieux de cultes, les descriptions vestimentaires ou celle des armes, rien n'est laissé au hasard ici dans un souci de coller au plus près de la réalité et ainsi emporter très facilement le lecteur dans cette histoire.

Quant au côté fantasy, il s'exprime tout naturellement par cette croyance dans l'existence des dieux qui régit la vie des gens et les conduisent à interpréter chaque évènement comme un message divin. Les rites religieux relèvent ici de rituels magiques, sans compter le nombre de mages et d'augures qui exercent leur "art" sans entraves en ce temps-là. Clairement, Emmanuel Chastellière se sert de ces us et coutumes pour déposer une patine onirique sur son texte.

Comme dans chacun de ses livres, Emmanuel Chastellière construit ses personnages avec grand soin en les nourrissant d'une profonde humanité laissant filtrer une multitude d'émotions.

Avec Himilce, l'auteur nous conte le destin d'une âme fière et déterminée au coeur d'une période troublée. En la choisissant comme héroïne de son nouveau roman, Emmanuel Chastellière met en lumière avec beaucoup d'intuition cette figure oubliée de l'Histoire et qui pourtant, a dû marquer son temps.

Avec sa patte habituelle, il nous emporte dans le souffle de l'Histoire nous plaçant dans le sillage d'une femme du passé à qui il a merveilleusement rendu hommage... plus sur Fantasy à la Carte




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Dans son dernier roman, Emmanuel Chastellière délaisse l'époque contemporaine qui servait de canevas à ses précédents romans et nouvelles pour nous plonger dans l'Antiquité. « Himilce » nous entraîne en effet au IIIe siècle avant J.-C., alors que s'apprête à éclater la deuxième guerre punique, conflit opposant la ville de Rome à celle de Carthage. Parmi les protagonistes les plus célèbres de cet affrontement figure le général en charge des troupes carthaginoises, Hannibal Barca. Ce que l'on sait moins, c'est que ce général avait une femme dont on ignore presque tout, si ce n'est son nom et la lignée dont elle descend. On retrouve ici un peu de la démarche d'Ursula le Guin dans son roman « Lavinia », les deux auteurs tentant de combler les vides laissés par des sources pour le moins lacunaires afin de donner un visage et une épaisseur à un personnage féminin oublié de l'histoire car évoluant dans l'ombre d'un homme charismatique. Les textes mentionnant Himilce se révélant très succincts, Emmanuel Chastellière a pu ici jouir d'une grande liberté pour brosser le portrait de cette princesse d'un genre un peu particulier. La jeune femme se distingue en effet à la fois par la distance qu'elle affiche envers le conflit engagé contre Rome et dans lequel son époux est pourtant amené à jouer un rôle de premier, mais aussi dans les difficultés qu'elle éprouve à tenir la place que la famille Barca lui a assigné à Carthage. Il faut dire que le climat est loin d'être serein dans la capitale, celle-ci étant divisée entre les partisans d'Hannibal et ceux qui ne souhaitent pas voir le conflit s'éterniser. La belle-famille d'Himilce ne lui est pas non plus d'un grand secours, celle-ci faisant peser sur ses épaules une énorme pression et ne manquant par d'insister sur la nécessité pour elle d'engendrer rapidement un héritier. Dans cet environnement hostile, la jeune femme peut toutefois compter sur quelques alliés, qu'il s'agisse d'une cousine étonnement plus débridée que le reste de la famille Barca, ou bien d'Aspar, ce vétéran à qui le général a confié la sécurité de son épouse et dont elle est bien décidée à percer la carapace.

L'initiative de l'auteur de mettre en avant une femme occultée par son mari est intéressante et s'inscrit dans la lignée de ce qu' a récemment pu faire Jean-Laurent del Socorro avec sa « Morganne Pendragon ». Dans les deux cas, le choix de mettre l'accent sur une femme de l'entourage du traditionnel héros implique évidemment un changement de perspective, notamment en ce qui concerne les thématiques abordées. le roman de Chastellière consacre ainsi très peu de pages à la guerre (même si celle-ci demeure en permanence en toile de fond) puisque la jeune femme se voit refusée le droit de suivre son époux sur le champ de bataille. Himilce se retrouve donc totalement déconnectée du front et de l'avancée de cette guerre qui ne jouera finalement qu'un rôle marginal dans le récit au profit d'autres sujets plus rarement abordés. Parmi eux, la question de la maternité, ou plutôt son absence, apparaît centrale, Himilce se refusant à donner le jour à un enfant dans un climat aussi instable que celui d'une guerre, alors même que tout son entourage la presse pour devenir mère. Cette préoccupation est amenée à prendre de plus en plus de place dans le récit, ce qui lui donne une dimension presque intimiste et permet à l'auteur de mettre en scène des questionnements et des épisodes douloureux auxquels beaucoup de femmes se trouvent confrontées. le roman possède aussi une dimension sociale, Himilce, dans un souci de trouver un sens à sa position et son mariage, s'intéressant aux couches les plus pauvres de la population. le sujet se révèle quelque peu sous-exploité mais il permet à l'auteur de donner à voir davantage de Carthage que ses beaux palais et ses temples et de fournir aux lecteurs quelques informations sur l'ordinaire des Carthaginois de l'époque et les difficultés auxquelles ils pouvaient être confrontés. En ce qui concerne la reconstitution historique, l'auteur tente de dresser un portrait le plus complet possible de la ville de l'époque, évoquant aussi bien ses pratiques religieuses que son urbanisme ou son fonctionnement politique. Ce dernier aspect aurait toutefois mérité d'être davantage développé, le lecteur pouvant parfois éprouver des difficultés à bien saisir comment les décisions étaient prises dans la cité.

Si j'ai beaucoup apprécié la volonté de l'auteur de donner la parole à cette princesse invisibilisée ainsi que l'originalité des thématiques sur lesquelles il a choisi de mettre l'accent, j'ai toutefois quelques nuances en ce qui concerne l'intrigue. On peine en effet à discerner de véritable fil conducteur, le récit semblant plutôt constitué d'une succession de trames narratives dont on peine parfois à deviner si elles sont amenées à jouer un rôle important pour l'histoire ou si elles se révéleront finalement anecdotiques. Et c'est bien le cas de certaines d'entre elles qui pâtissent d'une résolution plutôt décevante. Parallèlement au quotidien d'Himilce et à sa familiarisation avec les us et coutumes carthaginois, l'auteur s'attarde en effet également sur un obscure trafic d'enfants, mais aussi sur une mystérieuse querelle opposant son protecteur à un personnage influent de la cité. Autant de trames narratives qui ne semblent rattachées qu'artificiellement à celle d'Himilce, comme si l'auteur avait craint que les simples aventures de la princesse ne suffisent pas à combler les attentes du lecteur. Or ce sont surtout les passages mettant en scène les propres expériences et ressentis de l'héroïne qui sont les plus intéressants, quand bien même les marges de manoeuvre de la jeune femme se révèlent plutôt faibles. Les personnages, eux, sont intéressants et possèdent des profils variés, Himilce étant amenée à côtoyer aussi bien un sénateur hostile à la guerre que les femmes de l'entourage de son mari, ou encore une enfant des rues, un guerrier hanté par la prise d'une cité, mais aussi une prêtresse dont l'indépendance d'esprit donnera à notre héroïne la force de s'élever contre le carcan dans lequel on veut l'enserrer.

Emmanuel Chastellière signe avec « Himilce » un roman qui rend hommage à une femme oubliée de l'histoire, réduite à un simple nom associé à celui d'un grand personnage. le temps de quelques heures, voilà pourtant le célèbre général Hannibal Barca cantonné à son tour au rôle de simple figurant tandis que son épouse occupe le devant de la scène grâce à un portrait, certes totalement fictif, mais néanmoins convainquant. En dépit de légers problèmes de rythme et de la frustration née du manque d'exploitation de certains aspects historiques ou narratifs, l'ouvrage se révèle agréable et permet de mettre en lumière des thématiques ou des points de vue encore trop marginaux.
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"Himilce" est un roman de fantasy historique se déroulant a la période où le célèbre chef de guerre Carthaginois, Hannibal Barca, va mener sa campagne contre Rome.

Il se marie à Himilce, princesse d'Ibérie, mariage stratégique et politique, avant de mener sa campagne, c'est ici que l'histoire débute véritablement.

Himilce se retrouve à Carthage, la célèbre cité punique, dans sa belle famille qu'elle ne connais pas, et seulement suivie et protégée par un homme de confiance d'Hannibal, un Numide se nommant Aspar.
Solitude, dépaysement, peur aussi, son les émotions que la princesse ressent, mais au fil du temps elle va devoir se faire des alliés et trouver une cause à soutenir pour ne pas s'effondrer.

Le rythme du récit n'est pas forcément très soutenu, mais cela donne du charme et du poid à l'intrigue car l'histoire est assez dense, l'écriture détaillée, instructive, et l'ont ressent très bien qu'Emmanuel Chastellière connais vraiment son sujet, les descriptions nous plongent littéralement dans les rues de Carthage autant visuellement qu'au niveau des odeurs ou de l'ambiance, des tensions ou des moments de bien-être, de la culture, des us et coutumes.

Nous parlons parfois de figures connues tel qu'Ulysse, Pythagore ou encore Hercule, ce qui donne un petit plus évident.
J'ai littéralement adoré les personnages de Himilce et d'Aspar, très recherchés mais aussi de la jeune voleuse, attendrissante et sauvage au caractère bien trempé.

Tout dans ce roman prête à nous faire voyager intérieurement, de plus c'est un pan de l'Histoire que je ne connaissais pas, et maintenant je veux en savoir encore plus.

La fin, elle nous mène à plus d'action et apporte un côté fataliste et sombre, mais les apparences peuvent être trompeuses.

Himilce est une franche réussite !
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critiques presse (3)
Elbakin.net
21 août 2023
"Himilce" est un roman solide et solaire, grâce à ses personnages et sa reconstitution historique travaillée, et capable de nous rappeler qu’il n’y a pas que les vainqueurs et les soldats qui détiennent la vérité.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
LaCroix
13 juillet 2023
Himilce, épouse du général carthaginois Hannibal Barca, est l’héroïne de ce roman de fantasy historique donnant aux guerres puniques des résonances féministes très contemporaines.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Syfantasy
13 juillet 2023
Au reste, la plume d'Emmanuel Chastellière rehausse le niveau tant pour son élégance que pour son efficacité. Les pages ne s'en tournent que plus vite, et le suspense n'en est que plus grand, si bien que la curiosité l'emporte sur tout le reste : que va devenir Himilce dans une société d'hommes ?
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Trop souvent, nous cédons au petit jeu des comparaisons, des jalousies, comme s'il fallait fatalement écraser les autres et n'être satisfaites que lorsqu’on peut enfin se considérer plus belles, plus riches, plus intelligentes. Mais certainement pas plus sages.
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Je ne tiens pas à laisser une marque dans ce monde. D'autres aboieront toujours plus fort et je ne suis pas certaine qu'on se souvienne de leur nom. La seule chose que je puisse faire, c'est agir de mon mieux avec droiture et dignité. Et c'est ce que je vais faire.
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Voilà où se cachaient les dieux.
Dans les rayons de l'astre du jour sur sa peau, dans l'écume qui venait lécher ses talons, dans le vent qui caressait ses boucles cuivrées, dans le chant des oiseaux ou dans le rire de ses cadettes.
Pas dans les sentences des prêtres, la puanteur des offrandes ou les pleurs des vaincus.
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Qu'en diraient les chroniqueurs à la langue fleurie ? Retranscriraient-ils les odeurs émanant des offrandes de chair malgré les herbes censées les masquer ? Mentionneraient-ils le bruissement des mouches en plein festin ? La jeune femme imaginait celles-ci comme les véritables prêtresses des lieux, sœurs de bataille, prophétesses et messagères de toutes les guerres. (31)
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— La voici donc... Elle est jolie, certes, mais je doute qu'un poète loue un jour une beauté à nulle autre pareille.
L'humeur d'Himilce vacilla sous la pique cuisante. Pire encore, sa langue ne voulut pas rester tranquille.
— Les poètes ont déjà fort à faire, mère, répliqua-t-elle. "Elle" est heureuse de ne pas leur faire tourner la tête.
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Videos de Emmanuel Chastellière (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Chastellière
Une longue discussion autour du roman "Himilce" d'Emmanuel Chastellière, par la Garde de Nuit.
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