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EAN : 9782369144960
352 pages
Éditeur : Libretto (02/05/2019)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
celindanae
  22 mai 2017
Célestopol est un recueil de nouvelles se déroulant dans le même univers, une cité construite sur la lune bâtie par l'empire russe. La très belle couverture de Marc Simonetti représente bien cette cité avec son ambiance de début XX ème siècle où l'on peut croiser de beaux habits d'époque ainsi que des automates. Elle est dirigée par le duc Nikolaï qui a beaucoup de pouvoir. C'est une ville construite sous dôme, avec des canaux de sélénium qui la baignent d'une brume particulière. La cité est aussi parée d'une ambiance steampunk. Célestopol tient sa puissance du sélénium, substance que l'on trouve uniquement sur la lune. C'est une ville que l'on a envie de découvrir en s'y promenant pour y découvrir de nouvelles merveilles, pour flâner le long des canaux. Mais, il ne faut pas s'y fier, le danger rode et peut survenir au coin de la rue.
Ce recueil contient 15 nouvelles qu'il faut lire dans l'ordre où elles sont proposées: Elles s'inscrivent en effet dans une logique non chronologique. Les nouvelles couvrent plusieurs années de l'histoire de cette cité unique, allant de 1901 pour Oderint dum metuant à 1932 pour Tempus Fugit. On retrouve certains personnages dans plusieurs nouvelles, comme le duc Nikolaï mais aussi le duo de mercenaires très original Arnrún et Wojtek. Les personnages revenants dans les différentes nouvelles ont des rôles de différente importance selon la nouvelle. Une des choses qui m'a marqué dans ce recueil est le travail sur les personnages, ils sont nombreux étant donné le nombre de textes mais on s'attache vite à certains et en très peu de lignes on arrive à les cerner et à se prendre très vite à leurs histoires. On aimerait passer plus de temps avec certains d'entre eux ou les retrouver à nouveau dans d'autres récits.
Malgré tout, Célestopol, la ville en elle-même, peut être considérée comme le personnage principal du recueil. Cet univers particulier montre une nouvelle facette à chaque texte et chaque nouvelle est un instantané de la vie de la cité. Emmanuel Chastellière est un peu comme un réalisateur promenant sa caméra au sein de Célestopol et filmant des instants de vie de certains personnages, avec des ambiances différentes à chaque nouvelle.
Célestopol est une ville dirigée par un duc venant de Russie et l'influence slave se fait bien sentir. Cependant, c'est aussi une ville cosmopolite où l'on trouve des habitants venant de différents milieux et différentes origines. Comme dans toute grande ville, il y a aussi une mafia locale que l'on trouve avec le casino flottant du peu recommandable Li Chen qui est au coeur de l'histoire de la danse des libellules où une enquête sur le casino est menée par une équipe de policiers. On retrouve aussi le casino dans la nouvelle Dans la brume où deux frères que tout oppose sont amenés à se revoir après le décès de leur père, cette nouvelle est une de mes préférées, l'hésitation entre le surnaturel et la folie est très bien rendue tout comme l'angoisse de l'inconnu.
On retrouve l'aspect cosmopolite dans l'ambiance des différentes nouvelles: de l'aventure dans Face cachée avec sa course de régates ou La Chambre d'ambre avec un côté chasse aux trésors et histoire, du surnaturel avec La douceur du foyer où il est question de légendes russes sur les fantômes, ou avec le Boudoir des âmes où il est question de spiritisme avec la confession d'un automate spirite sur sa vie, ou encore Convoi dans les ténèbres avec un côté X-Files, de l'émotion dans Les lumières de la ville où les disparitions incompréhensibles d'ouvriers-automates inquiètent Sergei un très beau personnage, ou encore dans Les jardins de la lune où il est question de jardins sur la lune et de production de vin.
J'ai aimé toutes les nouvelles de ce recueil mais certaines sortent du lot comme Oderint dum metuant qui revient sur le passé de la cité et explique comment le duc a assis son pouvoir sur la ville. Ce texte permet de voir le côté sombre du duc et de mieux comprendre comment il est devenu ce qu'il est. Tempus Fugit est également une excellente nouvelle avec des passages poétiques, émouvants, tristes mais aussi angoissants.
Célestopol est une ville aux multiples visages, qui rivalise en beauté avec les villes de la terre et où la technologie est très présente. Les automates sont communs, on en trouve même dans les maisons closes comme le montre Fly me to the moon, la nouvelle qui a donné naissance à l'univers. Parmi les facettes de la ville, il y a aussi son origine slave qui a son importance dans les nouvelles de par les légendes présentes et la politique au travers du Duc. Cependant, la cité a également un côté plus sombre qui tend parfois vers l'horreur et on y trouve des cultistes dans le chant de la lune, une créature étrange près des canaux ainsi qu'une sorcière que Lovecraft n'aurait pas renié dans Une note d'espoir.
J'avais beaucoup aimé l'aperçu de cet univers avec la lecture de Face cachée et j'ai vraiment adoré me promener au sein de cette ville majestueuse et mystérieuse. le style très imagé et immersif de l'auteur, le travail sur l'univers et les personnages sont vraiment à souligner. Les nouvelles sont liées par la ville mais aussi par des personnages que l'on retrouve au fil du livre avec grand plaisir. Célestopol est un livre-univers de très grande qualité que je vous recommande chaudement.
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boudicca
  19 septembre 2017
Début du XXe siècle. Grâce à une nouvelle technologie encore balbutiante mais pleine de promesse, l'Empire russe parvient non seulement à envoyer des hommes sur la Lune, mais aussi à rendre possible la construction d'une ville toute entière : Célestopol. Une cité sous cloche qui finit par échapper au fil des années au contrôle de ses créateurs et qui se métamorphose peu à peu au gré des lubies de son dirigeant, l'excentrique duc Nikolaï. Après un premier roman plutôt bien accueilli par la critique (« Le village »), Emmanuel Chastellière revient cette fois avec un recueil consacré à cette fameuse cité lunaire dont chaque nouvelle nous dévoile un aspect différent. Alors, le voyage vaut-il le détour ? La réponse est incontestablement oui, même si j'avoue avoir eu quelques difficultés au début de ma lecture, les deux premières nouvelles étant, à mon humble avis, les plus faibles du recueil. Les treize textes suivants sont heureusement plus réussis, si bien que l'on se laisse rapidement prendre au piège de cette cité aux multiples visages, tour à tour merveilleuse et innovante ou au contraire monstrueuse et inquiétante (une ambiance d'ailleurs très justement retransmise par l'illustration de couverture signée Marc Simonetti). Difficile de ne pas se laisser entraîner par cette déambulation dans les lieux les plus emblématiques ou les plus magiques de la ville lunaire, du labyrinthique palais des glaces à l'imposante horloge de Saint-Basile, en passant par les jardins suspendus, le casino flottant ou encore la très décriée maison close « Chez Hécate ». L'auteur a pris soin de bien peaufiner son univers, cela se ressent, et il en va de même de la plupart des personnages. le plus marquant d'entre tous reste incontestablement le duc Nikolaï, souverain retors et tyrannique, qui possède une personnalité troublante que l'on peine à cerner.
On retrouve d'ailleurs tout au long du recueil un certain nombre de figures emblématiques de Célestopol qu'il s'agisse du peu discret duo de mercenaire mi-humain mi-ours, des redoutables Siamoises (assassins de haute volée), de l'impuissant capitaine de la garde ou encore du voleur ambitieux, mettant de temps à autre ses services à disposition du duc. L'auteur construit ici un habile jeu de chassé-croisé, certains personnages ou certains lieux faisant leur apparition dans plusieurs nouvelles de manière plus ou moins anecdotique. Et s'il est bien une figure dont l'ombre plane sur la totalité du recueil, c'est bien entendu celle du duc Nikolaï. le titre de la nouvelle « Oderint dum metuant » (« Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils me craignent ») donne le ton sans guère d'ambiguïté et est intéressante dans ce qu'elle nous révèle des attaches du personnages avec la Russie et surtout de son caractère. Même chose avec « Tempus fugit », sans doute l'un des textes les plus réussis du recueil, mettant en scène un peintre à qui l'on confie la mission de restaurer un vieux portrait du maître de la cité, complètement transformé par les années et donnant du duc une vision terrifiante. La référence au célèbre « Portrait de Dorian Gray » d'Oscar Wilde est évidente et on entre vite en empathie avec l'artiste, hanté par ce tableau qui ne tarde pas à également provoquer chez le lecteur un profond sentiment de malaise. L'ombre du personnage plane aussi sur plusieurs autres nouvelles qui nous révèlent qui les atrocités dont l'homme s'est rendu coupable pour satisfaire ses ambitions (« Convoi », un texte glaçant !), ou qui les extrémités auxquelles ses adversaires se retrouvent réduis pour remettre en cause son pouvoir (« Le chant de la lune »).
Il est une autre figure qui traverse de manière un peu moins marquée mais toute aussi importante l'ensemble du recueil : celle des automates. Main d'oeuvre abondante et silencieuse, les créatures de métal pullulent dans la cité lunaire, certaines servant comme domestiques, d'autres comme manutentionnaires, gardes du corps voire même prostitués. de simples machines, tolérées par les habitants de Célestépol tant qu'elles se cantonnent aux tâches spécifiques pour lesquelles elles ont été programmées. Une poignée de ces automates sont pourtant de toute évidence bien plus que cela. Dans « Le boudoir des âmes », l'un d'entre eux entame ainsi une carrière (fort controversée) de spirite, tandis que dans « Fly me to the moon », une prostituée robotique parvient à convaincre un homme de l'aider s'échapper de sa prison. Ils sont d'ailleurs nombreux, ces hommes à se laisser séduire ou émouvoir par ces créatures devenues plus humaines que machines, qu'il s'agisse du jeune garde de « La danse des libellules », ou encore du gardien de « Les lumières de la ville », deux textes très réussis, le premier par sa chute inattendue, le second par la nostalgie qui s'en dégage. Les autres textes du recueil servent essentiellement à mettre en avant un lieu symbolique (les canaux dans « Dans la brume » ; les jardins suspendus dans « Les jardins de la Lune »...) ou rappeler l'influence de la Russie et sa culture sur la ville de Célestopol. Dans « Une note d'espoir », l'auteur reprend ainsi l'une des figures les plus célèbres de la mythologique russe, celle de Baba-Yaga, de même que dans « La douceur du foyer », l'un de mes textes préférés, qui relate les difficultés posées par la présence d'un esprit protecteur dans un bâtiment appelé à devenir le premier Grand magasin sur la Lune. « Le roi des mendiants », dernière nouvelle du recueil, se démarque indubitablement des précédentes et permet de refermer l'ouvrage sur une note douce-amère qui n'est pas désagréable.
Pari réussi pour Emmanuel Chastellière qui signe avec « Célestopol » un ouvrage de qualité qui, en dépit de quelques maladresses plus ou moins marquées selon les textes, dresse le portrait d'une cité complexe et envoûtante dans laquelle on s'attarderait bien plus longtemps. Une jolie découverte.
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BonoChamrousse
  23 juillet 2020
***** COUP DE COEUR *****
Il y a quelques mois, je traînais à la librairie Arthaud de Grenoble et, sur une table, le libraire avait mis en avant entre 10 et 15 titres Libretto... parmi lesquels se trouvait CÉLESTOPOL d'Emmanuel Chastellière.
Allez savoir pourquoi, mais certains livres s'imposent d'eux-mêmes. Une couverture qui nous tape à l'oeil, une maison d'édition qu'on apprécie et, sans savoir de quoi parle le-dit bouquin, on repart avec...
CÉLESTOPOL a été l'achat d'impulsion dans toute sa splendeur ! Je l'ai pris uniquement parce que c'est un Libretto avec une jolie couverture (typiquement féminin me diront certains fâcheux). Je m'attendais à quelque chose de plutôt classique, d'oriental ou de contemporain, voir un récit de voyage...mais certainement pas à ça ! Mes aïeux, quelle surprise ! Mais une excellente surprise (un peu comme goûter à la cuisine moléculaire d'un grand chef et être étonné de trouver ça exquis) !
Si je ne m'abuse, CÉLESTOPOL serait plutôt du genre... STEAMPUNK ! ("Le steampunk est un courant essentiellement littéraire dont les intrigues se déroulent dans un XIXᵉ siècle dominé par la première révolution industrielle du charbon et de la vapeur." Merci Wikipédia).
CÉLESTOPOL, n'est pas vraiment un roman, c'est un recueil de 15 nouvelles... mais comme ces nouvelles finissent par former un tout, c'est quand même presque un roman.
CÉLESTOPOL, c'est l'histoire de la Lune, au début du 20ème siècle. Un astre qui a été colonisé par les tsars russes afin d'en extraire toutes les richesses au nom de la modernisation.
CÉLESTOPOL, c'est l'histoire d'une ville pensée dans la démesure. "Une ville merveilleuse, pleine de machines, de galeries d'art, de musées, de monuments construits dans un unique but, magnifier l'âme russe et promouvoir ses intérêts." (p127). Une ville qui ne dort jamais et est baignée d'un jour perpétuel mais dont les ombres ne manquent pas dans ses rues (p204). Une ville dont la face cachée n'est pas forcément celle de la Lune.
CÉLESTOPOL c'est aussi l'histoire d'un peuple qui apprend à penser par lui-même et cherche à s'émanciper de son maître pour se libérer de ses chaînes.
CÉLESTOPOL n'est pas seulement le portrait d'une ville, c'est aussi un clin d'oeil au portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde ainsi qu'à l'histoire du 20ème siècle.
CÉLESTOPOL est un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié) que j'ai trouvé absolument génial et que j'ai adoré !
Comme la pomme ne tombe jamais loin de l'arbre... je dois quand même avouer que j'aime la SF et ses classiques (Frank Herbert, Roger Zelazny, Dan Simmons, Robert Silverberg, ...). Donc mon enthousiasme n'est peut-être pas si étonnant que cela. Mais CÉLESTOPOL est vraiment bon ! Tellement bon qu'à peine lu, je l'ai déjà offert à des amis parce que si j'aime les surprises, j'aime encore plus en faire !
CÉLESTOPOL d'Emmanuel Chastellière
Editions Libretto
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Stelphique
  02 septembre 2019
Ce que j'ai ressenti:
▪️Et partir vers la Lune…
J'ai pris tout le mois d'août pour lire ce recueil de nouvelles, pour apprécier ce voyage hors du commun. Regarder la Terre de loin, voir des océans d'étoiles, marcher sur un sol de poussières de sélénium lunaire et se perdre dans une autre atmosphère…Et c'est génial de prendre le temps, pour découvrir une destination fabuleuse, dans une ambiance totalement dépaysante, naissant dans la poussière de lune…J'ai adoré ce voyage vers Célestopol, parce que dès les premières lignes, tu sais que tu es déjà Ailleurs, dans un lieu imaginaire entre rétro et futur avec une petite touche de folie Steampunk, mais en plus, Emmanuel Chastellière a une très belle plume. Une plume qui t'embarque vers la Lune, et te laissera des heures durant, un brin rêveur. Ce qui rend bien sûr, la découverte encore plus plaisante. Cette cité sous dôme a le potentiel de nous émerveiller, et on se laisse bercer par ses aventures extraordinaires…En avant toute vers Célestopol, vous ne le regretterez pas!
"Il aimait les mots, leur patine, leur écrin."
▪️En 15 étapes…
15 nouvelles lunaires, lumineuses, brumeuses, hantées, merveilleuses pour faire le tour d'une ville qui use et abuse de démesures…Et lire ces histoires, c'est connaître les petits secrets de ses habitants, son duc extravagant, ses jeux politiques, ses enjeux économiques, les bruits de froufrous, les pleurs des fantômes…C'est aussi entrer dans les coeurs des hommes ambitieux, rencontrer les fous rêveurs égarés, danser avec les intelligences exacerbées, ramasser des trésors fauves brillants, se confronter aux automates, succomber aux charmes de volupté, écouter les légendes contées…Quand je vous dis que c'est un voyage fabuleux! Mais je ne vous dévoilerai pas tous les mystères de cette ville, il vous faudra prendre la prochaine fusée et vous laisser envoûter… Et peut être, aller vous décrocher la Lune…
"Alors, une brume luminescente s'infiltrait entre les tombes, reliant des fantômes aux histoires diverses."
▪️Et rentrer les bras chargés de merveilles…
Pour ma part, c'est fait, je me suis envolée et je reviens avec des étoiles pleins les yeux, des panoramas de paysages lunaires plein la tête, et des émotions stellaires dans mon coeur. J'ai eu mes préférences de nouvelles, car c'est le jeu avec les recueils, mais toutes ont été joliment lumineuses et poétiques, pour que j'en revienne agréablement surprise et partante pour un nouveau tour dans les rues de Célestopol…Du pur plaisir que cette destination!
"Promets-moi que tu ne renonceras pas à tes rêves."

Face cachée 🌙🌙. La chambre d'ambre 🌙🌙🌙. Dans la brume🌙🌙. Les lumières de la ville 🌙🌙🌙. Les jardins de la Lune. Oderint dum metuant🌙🌙. Une note d'espoir🌙🌙🌙. le boudoir des âmes 🌙🌙🌙. La douceur du foyer 🌙🌙. La danse des libellules 🌙🌙🌙. Convoi 🌙🌙. le chant de la Lune 🌙🌙. Fly me to the moon 🌙🌙. Tempus fugit 🌙🌙🌙. le roi des mendiants🌙🌙🌙.

"-Tu veux que l'on enquête sur ces fous qui ne trouvent plus le sommeil et qui prétendent que la Lune leur parle?"

Ma note Plaisir de Lecture 9/10
Lien : https://fairystelphique.word..
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Oliv
  05 septembre 2019
Au 19ème siècle, l'empire russe parvient à envoyer des hommes sur la Lune. Quelques décennies plus tard, notamment grâce à l'exploitation d'une ressource précieuse nommée "sélénium", la colonie lunaire a prospéré et sa capitale est devenue une métropole capable de rivaliser avec le pouvoir central de Saint-Pétersbourg... De la SFFF française inspirée par la Russie ! il fallait que je me penche sur la question et que je finisse un jour ou l'autre par acheter mon billet de traversier-obus, direction Célestopol... Sa récente réédition chez Libretto, une collection en laquelle j'ai toute confiance, ainsi que ma rencontre avec Emmanuel Chastellière dans le cadre d'un salon où nous faisions tous deux partie des invités, m'en ont enfin donné l'occasion.
Pour en avoir discuté avec l'auteur avant de lire son recueil de nouvelles, je comprends qu'il ait du mal à définir à quel(s) genre(s) le rattacher. Le récit d'une colonisation lunaire, cela semble pourtant évident : c'est de la SF... mais en fait, non. On est ici à des années-lumière de ce qu'a pu faire, par exemple, K.S. Robinson pour l'exploration et la colonisation de Mars. "Célestopol" se caractérise par une absence d'explications scientifiques ou techniques. Ce n'est pas ce qui intéresse l'auteur, qui cherche plutôt (et qui y arrive fort bien ! ) à susciter chez le lecteur l'étonnement, l'émerveillement. Tout le recueil baigne ainsi dans une ambiance Fantasy. Si l'étrange cité de Célestopol a été bâtie sur la Lune, dans un grand nombre de nouvelles cela n'aura pas vraiment d'impact sur le déroulement des événements ; certaines intrigues, à quelques détails près, auraient tout aussi bien pu se développer dans un univers de type médiéval-fantastique. D'ailleurs le ton en est très différent, mais la démarche d'Emmanuel Chastellière m'a rappelé celle de Cédric Ferrand dans "Wastburg" : une suite d'épisodes, souvent sans liens directs les uns avec les autres, dressant le portrait d'une ville imaginaire qui, de fait, endosse le rôle de personnage principal. Ma lecture de cet auteur commence à dater, mais il me semble également avoir retrouvé dans les rues de Célestopol une atmosphère à la Mathieu Gaborit. Il y a pire comme parenté !
L'ouvrage est donc constitué de quinze nouvelles comptant en général autour d'une quinzaine ou d'une vingtaine de pages – le format idéal de la nouvelle selon moi. Prises indépendamment les unes des autres, j'aurais sans doute jugé la plupart d'entre elles bonnes, sans plus ; mais on a là un ensemble de textes homogène, à la qualité constante, qui forment un tout très cohérent. Difficile d'en faire ressortir deux ou trois, toutes ces histoires ont leur intérêt, ne serait-ce qu'en donnant chacune un éclairage différent sur la ville et ses habitants. Célestopol a tant de secrets à nous révéler ! J'aurais peut-être tout de même une petite préférence pour les textes mettant en avant les automates : ceux-ci, par les questionnements moraux qu'ils suscitent, apportent une profondeur supplémentaire à l'univers.
Au rayon des imperfections, j'ai tiqué sur quelques maladresses d'écriture, sur certains passages manquant de fluidité, et noté plusieurs répétitions intempestives qui auraient dû sauter au cours du travail éditorial. Rien de bien méchant toutefois. Petit regret dû à mes penchants russophiles : dans les rues de Célestopol, le lecteur sera amené à rencontrer des sujets de la tsarine, bien sûr, mais aussi de nombreux Français, des Anglais, des Allemands, des Asiatiques, une Québécoise, une Islandaise... bref l'élément russe, qui m'a fait m'intéresser à l'ouvrage en premier lieu, est finalement assez dilué dans le cosmopolitisme de la ville et apparaît en conséquence un peu superficiel, du moins à mon goût. Exemples triviaux mais assez significatifs : il semble qu'à Célestopol on boive plus volontiers une pinte de bière qu'un verre de vodka, et on y utilise le système métrique au lieu des traditionnelles verstes et sagènes...
Ces quelques points faibles ne remettent pas en cause la qualité générale du recueil. Les lecteurs de SF purs et durs risquent de rentrer déçus de leur excursion à Célestopol, mais étant à la base plutôt amateur de Fantasy j'en reviens pour ma part enchanté. Si à l'avenir l'auteur publie d'autres nouvelles dans cet univers (ou pourquoi pas un roman cette fois ?) je serai certainement de la partie.
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   17 juin 2019
Au fil des chapitres constituant autant de nouvelles parfois liées, Emmanuel Chastellière dépeint avec poésie et tragique russe la merveilleuse ville de Célestopol et réussit à rendre ce lieu imaginaire presque réel.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Elbakin.net   14 juin 2017
Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce recueil. Non seulement car il représente un ouvrage empreint de qualité, mais aussi car on ne dira jamais assez que l’on manque de recueils de nouvelles en France.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
AllilyAllily   06 mai 2020
On pouvait compter les silhouettes présentes dans le cimetière sur les doigts des deux mains. Fedor n’en fut pas vraiment surpris.

Son père était un homme bon, mais peu aimé.

Près de la petite église de l’Annonciation, le jeune homme nota avec aigreur que son frère Dimitri était arrivé avant lui, soutenu par son épouse, Vanina. Comme si cela pouvait avoir une quelconque importance désormais, tenta-t-il de se dire en sentant la colère monter.

Fédor préféra ralentir le pas et détourner le regard. Les environs étaient étonnamment paisibles. Ironiquement, il était impossible à un visiteur anonyme de savoir que le duc Nikolaï avait chassé les moines du monastère du Petit-Saint-Lazare quelques années plus tôt : de toute façon, ces hommes avaient fait vœu de silence. Il ne restait que les bâtiments de pierre qui encerclaient le cimetière, surplombant le canal numéro trois de la cité lunaire. Parfois, quand le barrage alimentant la cité produisait trop d’énergie, il arrivait que le niveau du canal monte brusquement dans une escalade silencieuse. Alors, une brume luminescente s’infiltrait entre les tombes, reliant des fantômes aux histoires diverses.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   01 juillet 2019
À la lumière des réverbères brillant de mille feux, les tourbillons brumeux de sélénium s’illuminaient de teintes irisées. Gédéon n’avait toutefois que faire de ce spectacle. Il y avait beau temps qu’il ne l’impressionnait plus. Pas plus qu’il ne lui permettait d’oublier la triste réalité de la capitale de la colonie lunaire. Sous le canal, des milliers d’habitants parmi les plus pauvres vivaient constamment volets fermés pour ne pas finir aveugles à cause de la brume. Mais que représentait un tel sacrifice quand il permettait de préserver l’image de la cité aux yeux de la Terre ?
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HenaakiHenaaki   23 septembre 2017
Nous savons toutes les deux que Nikolaï en aime une autre, n’est-ce pas ? Et pas de chance pour vous comme pour moi, elle a gagné depuis longtemps puisqu’elle est morte. C’est injuste pour lui comme pour elle, mais Nikolaï ne la voit plus comme celle qu’elle était vraiment. Il aime une image, un mirage. Je ne peux pas me battre avec un souvenir nourri de regrets. (Elle sourit, encore.) Je ne veux pas.
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FungiLuminiFungiLumini   17 juillet 2019
À cette distance, le dôme qui recouvrait la cité était à peine visible, se fondant dans les profondeurs de la nuit éternelle qui baignait cet astre mort. Mais le barrage, lui, l’était. Cette immense construction qui retenait le carburant de leur prospérité. À quel prix? Au prix d’une caste dirigeante se permettant tous les plaisirs et d’ouvriers qui tentaient tant bien que mal de survivre de leurs miettes dans les usines souterraines que la cité dissimulait évidemment à la vue de tous, bien loin des rêves qu’ils avaient cru trouver sur la Lune. Pour eux non plus, et pas seulement pour les automates qui hantaient les chambres des maisons closes, ce n’était pas une vie.
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StelphiqueStelphique   02 septembre 2019
-Tu veux que l'on enquête sur ces fous qui ne trouvent plus le sommeil et qui prétendent que la Lune leur parle?
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Videos de Emmanuel Chastellière (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Chastellière
Enregistrement du jeudi 11 juin 2020 dans le cadre du colloque universitaire des Imaginales : « Game of Thrones, nouveau modèle pour la fantasy ? ».
Table ronde animée par Stéphanie Nicot. Avec Emmanuel Chastellière, Lionel Davoust, Silène Edgar, Estelle Faye et Aurélie Wellenstein.
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