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ISBN : 2369144963
Éditeur : Libretto (02/05/2019)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Célestopol, cité lunaire de l’empire de Russie, est la ville de toutes les magnificences et de toutes les démesures. Dominée par un duc lui-même extravagant, mégalomane et ambitieux, elle représente, face à une Terre en pleine décadence, le renouveau des arts et la pointe du progrès technologique. On y suit des habitants en quête d’émancipation, rebelles, insoumis – à l’image de la métropole –, qui portent en eux des colères intimes et des fêlures profondes.
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  19 septembre 2017
Début du XXe siècle. Grâce à une nouvelle technologie encore balbutiante mais pleine de promesse, l'Empire russe parvient non seulement à envoyer des hommes sur la Lune, mais aussi à rendre possible la construction d'une ville toute entière : Célestopol. Une cité sous cloche qui finit par échapper au fil des années au contrôle de ses créateurs et qui se métamorphose peu à peu au gré des lubies de son dirigeant, l'excentrique duc Nikolaï. Après un premier roman plutôt bien accueilli par la critique (« Le village »), Emmanuel Chastellière revient cette fois avec un recueil consacré à cette fameuse cité lunaire dont chaque nouvelle nous dévoile un aspect différent. Alors, le voyage vaut-il le détour ? La réponse est incontestablement oui, même si j'avoue avoir eu quelques difficultés au début de ma lecture, les deux premières nouvelles étant, à mon humble avis, les plus faibles du recueil. Les treize textes suivants sont heureusement plus réussis, si bien que l'on se laisse rapidement prendre au piège de cette cité aux multiples visages, tour à tour merveilleuse et innovante ou au contraire monstrueuse et inquiétante (une ambiance d'ailleurs très justement retransmise par l'illustration de couverture signée Marc Simonetti). Difficile de ne pas se laisser entraîner par cette déambulation dans les lieux les plus emblématiques ou les plus magiques de la ville lunaire, du labyrinthique palais des glaces à l'imposante horloge de Saint-Basile, en passant par les jardins suspendus, le casino flottant ou encore la très décriée maison close « Chez Hécate ». L'auteur a pris soin de bien peaufiner son univers, cela se ressent, et il en va de même de la plupart des personnages. le plus marquant d'entre tous reste incontestablement le duc Nikolaï, souverain retors et tyrannique, qui possède une personnalité troublante que l'on peine à cerner.
On retrouve d'ailleurs tout au long du recueil un certain nombre de figures emblématiques de Célestopol qu'il s'agisse du peu discret duo de mercenaire mi-humain mi-ours, des redoutables Siamoises (assassins de haute volée), de l'impuissant capitaine de la garde ou encore du voleur ambitieux, mettant de temps à autre ses services à disposition du duc. L'auteur construit ici un habile jeu de chassé-croisé, certains personnages ou certains lieux faisant leur apparition dans plusieurs nouvelles de manière plus ou moins anecdotique. Et s'il est bien une figure dont l'ombre plane sur la totalité du recueil, c'est bien entendu celle du duc Nikolaï. le titre de la nouvelle « Oderint dum metuant » (« Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils me craignent ») donne le ton sans guère d'ambiguïté et est intéressante dans ce qu'elle nous révèle des attaches du personnages avec la Russie et surtout de son caractère. Même chose avec « Tempus fugit », sans doute l'un des textes les plus réussis du recueil, mettant en scène un peintre à qui l'on confie la mission de restaurer un vieux portrait du maître de la cité, complètement transformé par les années et donnant du duc une vision terrifiante. La référence au célèbre « Portrait de Dorian Gray » d'Oscar Wilde est évidente et on entre vite en empathie avec l'artiste, hanté par ce tableau qui ne tarde pas à également provoquer chez le lecteur un profond sentiment de malaise. L'ombre du personnage plane aussi sur plusieurs autres nouvelles qui nous révèlent qui les atrocités dont l'homme s'est rendu coupable pour satisfaire ses ambitions (« Convoi », un texte glaçant !), ou qui les extrémités auxquelles ses adversaires se retrouvent réduis pour remettre en cause son pouvoir (« Le chant de la lune »).
Il est une autre figure qui traverse de manière un peu moins marquée mais toute aussi importante l'ensemble du recueil : celle des automates. Main d'oeuvre abondante et silencieuse, les créatures de métal pullulent dans la cité lunaire, certaines servant comme domestiques, d'autres comme manutentionnaires, gardes du corps voire même prostitués. de simples machines, tolérées par les habitants de Célestépol tant qu'elles se cantonnent aux tâches spécifiques pour lesquelles elles ont été programmées. Une poignée de ces automates sont pourtant de toute évidence bien plus que cela. Dans « Le boudoir des âmes », l'un d'entre eux entame ainsi une carrière (fort controversée) de spirite, tandis que dans « Fly me to the moon », une prostituée robotique parvient à convaincre un homme de l'aider s'échapper de sa prison. Ils sont d'ailleurs nombreux, ces hommes à se laisser séduire ou émouvoir par ces créatures devenues plus humaines que machines, qu'il s'agisse du jeune garde de « La danse des libellules », ou encore du gardien de « Les lumières de la ville », deux textes très réussis, le premier par sa chute inattendue, le second par la nostalgie qui s'en dégage. Les autres textes du recueil servent essentiellement à mettre en avant un lieu symbolique (les canaux dans « Dans la brume » ; les jardins suspendus dans « Les jardins de la Lune »...) ou rappeler l'influence de la Russie et sa culture sur la ville de Célestopol. Dans « Une note d'espoir », l'auteur reprend ainsi l'une des figures les plus célèbres de la mythologique russe, celle de Baba-Yaga, de même que dans « La douceur du foyer », l'un de mes textes préférés, qui relate les difficultés posées par la présence d'un esprit protecteur dans un bâtiment appelé à devenir le premier Grand magasin sur la Lune. « Le roi des mendiants », dernière nouvelle du recueil, se démarque indubitablement des précédentes et permet de refermer l'ouvrage sur une note douce-amère qui n'est pas désagréable.
Pari réussi pour Emmanuel Chastellière qui signe avec « Célestopol » un ouvrage de qualité qui, en dépit de quelques maladresses plus ou moins marquées selon les textes, dresse le portrait d'une cité complexe et envoûtante dans laquelle on s'attarderait bien plus longtemps. Une jolie découverte.
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celindanae
  22 mai 2017
Célestopol est un recueil de nouvelles se déroulant dans le même univers, une cité construite sur la lune bâtie par l'empire russe. La très belle couverture de Marc Simonetti représente bien cette cité avec son ambiance de début XX ème siècle où l'on peut croiser de beaux habits d'époque ainsi que des automates. Elle est dirigée par le duc Nikolaï qui a beaucoup de pouvoir. C'est une ville construite sous dôme, avec des canaux de sélénium qui la baignent d'une brume particulière. La cité est aussi parée d'une ambiance steampunk. Célestopol tient sa puissance du sélénium, substance que l'on trouve uniquement sur la lune. C'est une ville que l'on a envie de découvrir en s'y promenant pour y découvrir de nouvelles merveilles, pour flâner le long des canaux. Mais, il ne faut pas s'y fier, le danger rode et peut survenir au coin de la rue.
Ce recueil contient 15 nouvelles qu'il faut lire dans l'ordre où elles sont proposées: Elles s'inscrivent en effet dans une logique non chronologique. Les nouvelles couvrent plusieurs années de l'histoire de cette cité unique, allant de 1901 pour Oderint dum metuant à 1932 pour Tempus Fugit. On retrouve certains personnages dans plusieurs nouvelles, comme le duc Nikolaï mais aussi le duo de mercenaires très original Arnrún et Wojtek. Les personnages revenants dans les différentes nouvelles ont des rôles de différente importance selon la nouvelle. Une des choses qui m'a marqué dans ce recueil est le travail sur les personnages, ils sont nombreux étant donné le nombre de textes mais on s'attache vite à certains et en très peu de lignes on arrive à les cerner et à se prendre très vite à leurs histoires. On aimerait passer plus de temps avec certains d'entre eux ou les retrouver à nouveau dans d'autres récits.
Malgré tout, Célestopol, la ville en elle-même, peut être considérée comme le personnage principal du recueil. Cet univers particulier montre une nouvelle facette à chaque texte et chaque nouvelle est un instantané de la vie de la cité. Emmanuel Chastellière est un peu comme un réalisateur promenant sa caméra au sein de Célestopol et filmant des instants de vie de certains personnages, avec des ambiances différentes à chaque nouvelle.
Célestopol est une ville dirigée par un duc venant de Russie et l'influence slave se fait bien sentir. Cependant, c'est aussi une ville cosmopolite où l'on trouve des habitants venant de différents milieux et différentes origines. Comme dans toute grande ville, il y a aussi une mafia locale que l'on trouve avec le casino flottant du peu recommandable Li Chen qui est au coeur de l'histoire de la danse des libellules où une enquête sur le casino est menée par une équipe de policiers. On retrouve aussi le casino dans la nouvelle Dans la brume où deux frères que tout oppose sont amenés à se revoir après le décès de leur père, cette nouvelle est une de mes préférées, l'hésitation entre le surnaturel et la folie est très bien rendue tout comme l'angoisse de l'inconnu.
On retrouve l'aspect cosmopolite dans l'ambiance des différentes nouvelles: de l'aventure dans Face cachée avec sa course de régates ou La Chambre d'ambre avec un côté chasse aux trésors et histoire, du surnaturel avec La douceur du foyer où il est question de légendes russes sur les fantômes, ou avec le Boudoir des âmes où il est question de spiritisme avec la confession d'un automate spirite sur sa vie, ou encore Convoi dans les ténèbres avec un côté X-Files, de l'émotion dans Les lumières de la ville où les disparitions incompréhensibles d'ouvriers-automates inquiètent Sergei un très beau personnage, ou encore dans Les jardins de la lune où il est question de jardins sur la lune et de production de vin.
J'ai aimé toutes les nouvelles de ce recueil mais certaines sortent du lot comme Oderint dum metuant qui revient sur le passé de la cité et explique comment le duc a assis son pouvoir sur la ville. Ce texte permet de voir le côté sombre du duc et de mieux comprendre comment il est devenu ce qu'il est. Tempus Fugit est également une excellente nouvelle avec des passages poétiques, émouvants, tristes mais aussi angoissants.
Célestopol est une ville aux multiples visages, qui rivalise en beauté avec les villes de la terre et où la technologie est très présente. Les automates sont communs, on en trouve même dans les maisons closes comme le montre Fly me to the moon, la nouvelle qui a donné naissance à l'univers. Parmi les facettes de la ville, il y a aussi son origine slave qui a son importance dans les nouvelles de par les légendes présentes et la politique au travers du Duc. Cependant, la cité a également un côté plus sombre qui tend parfois vers l'horreur et on y trouve des cultistes dans le chant de la lune, une créature étrange près des canaux ainsi qu'une sorcière que Lovecraft n'aurait pas renié dans Une note d'espoir.
J'avais beaucoup aimé l'aperçu de cet univers avec la lecture de Face cachée et j'ai vraiment adoré me promener au sein de cette ville majestueuse et mystérieuse. le style très imagé et immersif de l'auteur, le travail sur l'univers et les personnages sont vraiment à souligner. Les nouvelles sont liées par la ville mais aussi par des personnages que l'on retrouve au fil du livre avec grand plaisir. Célestopol est un livre-univers de très grande qualité que je vous recommande chaudement.
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Aelinel
  15 juillet 2018
J'avais eu de très bons échos sur la blogosphère à propos du recueil de nouvelles Célestopol. Malheureusement, il n'était plus distribué. Mais, le hasard faisant bien les choses, Emmanuel Chastellière était invité par la Librairie Omerveilles de Grenoble, le 30 juin dernier. du coup, via Facebook, je lui ai demandé s'il allait apporter quelques exemplaires dudit recueil et il se trouve qu'il lui en restait un dernier! Toute contente, je le lui ai fait dédicacer et je l'ai lu dans la foulée. Si je n'ai pas été emballée par son roman YA Poussière Fantôme, en revanche, j'ai eu un énorme coup de coeur pour Célestopol!
Au début du XXème siècle, une découverte sans précédent va changer à jamais le cours de l'Histoire et le destin de la Russie. Les Russes ont effet trouvé le moyen de se rendre sur la Lune. le pouvoir en place des Tsars décide alors de se débarrasser d'y envoyer son fougueux héritier Nicolaï Alexandrovitch Romanov. Appelé le Duc, il est en charge de l'administration de la nouvelle ville de Célestopol qui tire sa richesse d'un élément récemment découvert : le Sélénium. Cette source d'énergie qui s'écoule dans les canaux de la ville sous forme de brume dorée, alimente les vaisseaux ou les automates, par exemple. Très rapidement et contre toute attente, Célestopol protégée par un dôme de verre connaît un essor fulgurant, au point de devenir un nouvel Eldorado pour la Terre!
Dans sa post-face, Emmanuel Chastellière explique que c'est la nouvelle Fly me to the Moon, publiée dans Gentlemen Mécaniques, en 2017, qui est à l'origine de ce recueil. En effet, l'auteur n'aurait pas voulu quitter tout de suite l'univers de cette ville et a écrit une quinzaine de nouvelles autour. Il semblerait qu'il en aurait même encore en réserve, ne les ayant pas encore publié!
Ce qui m'a tout de suite plu dans ce recueil, c'est son univers bien développé. Emmanuel Chastellière a particulièrement bien réussi à l'expliciter au point que les images de la ville de Célestopol me sont rapidement et facilement venues à l'esprit. En effet, j'imaginais bien la cité sous sa cloche de verre avec des bâtiments prestigieux d'inspiration russe comme la Cathédrale Saint Basile de Moscou et les rues embrumées de sélénium, à la manière du smog londonien. A cela, je dois ajouter que la travail de Marc Simonetti sur la couverture est très représentatif de ce que l'on peut trouver dans le recueil. Si Célestopol s'inscrit dans la mouvance steampunk, notamment pas la présence d'automates, il n'en reste pas moins original car ce n'est pas la vapeur d'eau qui est à l'origine du développement technologique de la cité mais le sélénium issu de l'exploitation minière de la lune. C'est cette énergie qui permet de faire fonctionner les automates, les vaisseaux et tout le système qui permet à la ville d'être viable.
A chaque nouvelle, le lecteur suit un personnage différent dont certains peuvent être récurrents comme le Duc Nikolaï et sa maîtresse Tuppence, les mercenaires Arnrùn et Wojtek ou l'automate Amélia. Au fur et à mesure de sa lecture, il découvre et assemble les pièces du puzzle pour constituer une vue d'ensemble sur Célestopol, au travers de ses origines, son évolution et son organisation. Les nouvelles sont toutes équilibrées même si je suis d'accord avec Boudicca pour dire que les deux premières Face cachée et La chambre d'ambre sont les plus faibles du recueil (mais d'une bonne facture tout de même!). En revanche, mes deux préférées sont Dans la brume (sorte de thriller Célestopolien) et Convoi car j'adore les histoire de voyage dans le temps.
En conclusion, je suis bien contente d'avoir persévéré après ma déception de Poussières Fantôme car j'ai eu un énorme coup de coeur pour Célestopol. C'est d'ailleurs vraiment dommage que ce recueil ne soit plus distribué et j'espère la sortie d'un format poche ou d'un Célestopol 2, qui sait? En attendant, je me plongerai volontiers dans un autre ouvrage d'Emmanuel Chastellière, l'Empire du Léopard tant encensée par la blogosphère!
Lien : https://labibliothequedaelin..
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JustAWord
  12 août 2019
Emmanuel Chastellière, co-fondateur du site Elbakin.net et traducteur, s'étaient lancé dans l'écriture en 2016 avec un premier roman fantastique raté, le Village.
Délaissant par la suite le fantastique pur et dur pour le steampunk et la science-fiction, l'écrivain français changeait également de format en s'essayant cette fois à l'exercice fort complexe de la nouvelle avec Célestopol, son second ouvrage initialement publié par les défuntes Éditions de l'Instant en 2017.
Depuis, ce fix-up de nouvelles a connu un destin surprenant après la banqueroute de son premier éditeur. Réédité dans l'excellente collection Libretto, Célestopol se retrouve de nouveau sur les tables des librairies pour donner une seconde chance à un univers alléchant et intriguant, celui d'une gigantesque cité lunaire aux influences slaves assumées.
Dobro Pozhalovat'…sur la Lune !
Célestopol, contrairement au précédent ouvrage d'Emmanuel, n'est pas un roman mais un fix-up de nouvelles, c'est-à-dire un ensemble de quinze histoires courtes se déroulant toutes dans le même univers et dressant un portrait impressionniste d'une Cité Lunaire fantasmée construit dans les années 1900 par l'Empire Russe.
Cette immense cité devient donc, de facto, le principal personnage de Célestopol en mixant les villes de Saint-Petersbourg et de Venise tout en remplaçant l'Eau par le Sélénium, ressource principale de ce bout de roche pas si stérile que ça au final.
Emmanuel Chastellière croque donc petit à petit cet univers à consonance slave (rappelons que la ville est sous la domination de l'Empire Russe) tout en dressant de façon plus générale un portrait de son uchronie personnelle.
En effet, cet hommage à Jules Vernes et Bioshock en passant par le roman russe et le roman-pulp se veut aussi, et surtout, une uchronie où la Russie domine le monde, où Napoléon IV règne sur l'Amérique et où le Siam et l'Empire Chinois se tirent la bourre. Par petites touches discrètes, l'auteur nous plonge dans une histoire alternative du XXième siècle et imagine un monde bouleversé à la fois par l'automate et le sélénium.
Le résultat forme un background idéal pour la Cité Lunaire qui se dévoile durant quinze histoires et forme un lieu fantasmé et irréel du plus bel effet.
Vive le Duc !
Pourtant, au fil de ces nouvelles, Emmanuel Chastellière va surtout ébaucher le portrait d'un homme, le Duc Nikolaï, visionnaire, dictateur, esthète, rêveur et grand illusionniste. Au fil du temps, le lecteur apprend à connaître directement (ou indirectement) le maître de Célestopol tout en l'accompagnant dans ses rêves de grandeurs et de pouvoirs. de sa régate à la révolution de L'Oiseau de Feu en passant par ses démêlés avec un jardinier véreux, Nikolaï devient l'autre personnage principal de Célestopol pour en incarner toutes les contradictions.
Dans l'ombre du Duc, un duo de héros pulp qu'affectionne tout particulièrement l'auteur : Wojtek, un homme dont l'esprit a été transféré dans le corps de l'ours qui l'a tué, et Arnrún, une islandaise rebelle et fine gâchette s'il en est. Ici, Emmanuel rend hommage aux héros-pulps de la SF (et du western) tout en dévoilant la facette mystique/fantastique de Célestopol qui ne manque ni de surprises…ni de fantômes !
Car si l'ouvrage se veut avant tout steampunk et uchronique, le français n'hésite jamais à brasser les genres, abattant les barrières entre fantastique, horreur, thriller et policier. Une prise de risque payante qui offre à Célestopol une diversité thématiques réjouissante.
Mécanique grippée
Bien sûr, tout n'est pas parfait dans Célestopol. Si Emmanuel Chastellière a fait de gros progrès sur le plan du style et de la fluidité, il lui reste encore quelques problèmes d'écriture à résoudre notamment au niveau des dialogues trop souvent mécaniques ou fonctionnels pour leur propre bien. de même, et malgré son goût évident pour les fins abruptes, l'auteur français conclut parfois de façon bien trop précipitée ses histoires. On citera notamment la fin de la Douceur du foyer, avec un épilogue de quelques lignes pour conclure une histoire qui avait pourtant un tout autre potentiel. Ces menus défauts sont cependant cette fois contrebalancés par la réussite évidente de certaines nouvelles comme Les Lumières de la ville ou le Boudoir des âmes qui mettent d'ailleurs toutes deux en scène des automates, autre grand atout dans la manche de Célestopol. L'idée très simple (mais payante) de faire des machines une main d'oeuvre pour la Cité Lunaire amène Emmanuel Chastellière sur les terres de l'esclavage et de la liberté, offrant de magnifiques moments à l'ouvrage et produisant certains des plus beaux personnages de l'auteur.
Mieux encore, cela offre une vision différente de celles des personnages humains rencontrés et permet de relativiser l'exploit technique représenté par la Cité devant le sacrifice qu'elle a demandé pour naître…et survivre.
Finalement, c'est véritablement dans l'ajout de ces créatures froides que le récit trouve le plus de chaleur.
Le travail paye, et celui d'Emmanuel Chastellière sur Célestopol en est la preuve évidente. Avec ce recueil où les genres entrent en collision, l'écrivain français nous offre une balade dépaysante et enivrante sur la plus proche compagne de la Planète Bleue. Et malgré ses défauts, le lecteur en ressort charmé, prêt à retourner sur la Lune pour un nouveau voyage plein de rouages, de sélénium et de manipulations politiques.
Lien : https://justaword.fr/c%C3%A9..
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Davalian
  04 juillet 2019
Après avoir découvert, avec un plaisir certain, L'empire du léopard,
c'est avec appréhension que j'ai ouvert Célestopol. Il faut dire qu'avoir l'opportunité d'échanger avec l'auteur (qui confirme pour 2020 une "suite", plusieurs années après L'empire du léopard) y est pour beaucoup. Autant le dire, il ne s'agit pas vraiment de science fiction.
Peut-être pouvons-nous parler de streampunk ? Mais il ne faut pas s'arrêter à la quatrième de couverture...
L'idée est ici de suivre quinze nouvelles (en 350 pages, soit un ratio moyen d'une vingtaine de pages par récit) se déroulant sur la Lune, devenue une colonie russe, au début du XXème siècle. Chaque nouvelle est différente, mais l'ensemble forme un tout, cohérent, original, hautement pertinent. Toujours efficace, l'auteur parvient à chaque fois à susciter l'intérêt du lecteur sur des thématiques très variées.
Certaines sont un peu plus convenues et prévisibles que d'autres (notamment Oderint dum metuant). Mais l'ensemble est fascinant (surtout si l'on se plonge dans une musique adaptée telle que des chants sacrés russes). Il y a ici quelques pièces maîtresses qui marqueront les esprits !
Le fil rouge est ici à la fois constitué par la cité de Célestopol et les personnages secondaires qui gravitent autour des personnages
principaux. Certains secondaires deviennent principaux et l'idée est de
changer très régulièrement de point de vue. Tour cela est distrayant,
dynamique, surprenant et franchement réussi.
Comme l'auteur l'avoue lui-même, il est possible qu'un prolongement voie le jour car il reste de la matière... et bien c'est avec plaisir que nous découvririons tout cela.
Bref, Célestopol est un recueil de nouvelles unique, qui mérite d'être découvert et savouré... vous ne serez pas déçus !
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critiques presse (2)
SciFiUniverse   17 juin 2019
Au fil des chapitres constituant autant de nouvelles parfois liées, Emmanuel Chastellière dépeint avec poésie et tragique russe la merveilleuse ville de Célestopol et réussit à rendre ce lieu imaginaire presque réel.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Elbakin.net   14 juin 2017
Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce recueil. Non seulement car il représente un ouvrage empreint de qualité, mais aussi car on ne dira jamais assez que l’on manque de recueils de nouvelles en France.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
StelphiqueStelphique   11 août 2019
Alors, une brume luminescente s’infiltrait entre les tombes, reliant des fantômes aux histoires diverses.
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StelphiqueStelphique   11 août 2019
Il aimait les mots, leur patine, leur écrin.
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StelphiqueStelphique   11 août 2019
Après tout, il avait toujours rêvé de cette destination.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   01 juillet 2019
À la lumière des réverbères brillant de mille feux, les tourbillons brumeux de sélénium s’illuminaient de teintes irisées. Gédéon n’avait toutefois que faire de ce spectacle. Il y avait beau temps qu’il ne l’impressionnait plus. Pas plus qu’il ne lui permettait d’oublier la triste réalité de la capitale de la colonie lunaire. Sous le canal, des milliers d’habitants parmi les plus pauvres vivaient constamment volets fermés pour ne pas finir aveugles à cause de la brume. Mais que représentait un tel sacrifice quand il permettait de préserver l’image de la cité aux yeux de la Terre ?
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FungiLuminiFungiLumini   17 juillet 2019
À cette distance, le dôme qui recouvrait la cité était à peine visible, se fondant dans les profondeurs de la nuit éternelle qui baignait cet astre mort. Mais le barrage, lui, l’était. Cette immense construction qui retenait le carburant de leur prospérité. À quel prix? Au prix d’une caste dirigeante se permettant tous les plaisirs et d’ouvriers qui tentaient tant bien que mal de survivre de leurs miettes dans les usines souterraines que la cité dissimulait évidemment à la vue de tous, bien loin des rêves qu’ils avaient cru trouver sur la Lune. Pour eux non plus, et pas seulement pour les automates qui hantaient les chambres des maisons closes, ce n’était pas une vie.
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