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ISBN : 2710368528
Éditeur : Quai Voltaire (08/11/2013)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
En 1936, pressentant la défaite du camp républicain dont il fut l'un des plus ardents défenseurs, Manuel Chaves Nogales quitte l'Espagne pour s'installer en France. Quatre ans plus tard, la France capitule devant l'armée allemande.
L'Agonie de la France éclaire du précieux point de vue d'un étranger ce qui constitue encore le grand trauma de la mémoire française.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
NMTB
  21 avril 2015
Sujet : France immortelle, incarnation de la démocratie et de la civilisation.
Date du décès : 16 Juin 1940.
Cause du décès : prise de pouvoir du maréchal Pétain.
Manuel Chaves Nogales était un républicain espagnol réfugié en France depuis 1936. Journaliste, notamment au service du pouvoir français entre Juillet 1939 et Juin 1940, il a publié ce livre à Montevideo en 1941, en pleine incertitude quant à l'avenir, ce qui explique peut-être ses accents dramatiques.
Il relate, tel un observateur au chevet d'un malade, la lente agonie de la France au cours des années 1930 et cherche les causes de cette maladie à l'issue fatale. A part quelques individus restés patriotes et fidèles à l'idée de la France immortelle, terre de la liberté et de la démocratie, aucun Français n'est épargné, toutes les classes sociales, populaires, bourgeoises, intellectuelles sont responsables de la défaite française face au nazisme.
Bien entendu, il évoque aussi l'aspect militaire, la ligne Maginot, le manque de vigueur et la fatale stratégie défensive : « Ce que cette guerre eut de drôle, c'est que les militaires s'y révélèrent curieusement pacifistes et systématiquement défaitistes. » Neuf mois entre la déclaration de guerre et l'envahissement de la France par l'Allemagne. Neuf mois d'enlisement, neuf mois qui ont permis à Goebbels de déployer sa propagande et de pourrir l'état d'esprit des Français.
Un état d'esprit qui était pourtant déjà au ras des pâquerettes. Et c'est ce sujet qui allume la colère de Chaves Nogales : Comment les Français ont pu si facilement, si lâchement, abandonner l'esprit français, tout ce qu'il représentait aux yeux du monde : la liberté et la démocratie ? En bon journaliste, il trouve la cause dans la politique des années 1930. Deux évènements capitaux ont eu lieu en France à cette époque : les émeutes nationalistes de Février 1934 et les grandes grèves de 1936. Deux tentatives de révolutions avortées qui n'ont fait qu'exaspérer les querelles intestines de la France et ronger sa démocratie, tout cela étant manipulé par les totalitaristes de tous bords, communistes d'un côté et nationalistes de l'autre.
Les pages les plus intéressantes de ce livre sont peut-être celles où Manuel Chaves Nogales évoque la guerre propagandiste (puisque c'était le domaine dans lequel il était employé à l'époque) et notamment la manière dont Goebbels a sapé le moral des français pendant la « drôle de guerre ».
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
NMTBNMTB   21 avril 2015
C’est là le grand leurre du totalitarisme. Face à la démocratie, qui retient les hommes dans un état d’impureté permanent, le totalitarisme apparait comme un merveilleux Jourdain purificateur. Quand le démocrate monte au calvaire chargé de sa croix, trébuchant et se relevant au milieu des railleries et des crachats d’une canaille irritée, le totalitaire se présente tel un archange resplendissant devant les masses humblement prosternées.
L’unique vérité de la décadence des démocraties réside en effet dans la rébellion des masses, fait indéniable et phénomène majeur de notre temps provoqué non par un désir de dépassement collectif, mais par un déchaînement diabolique des plus bas instincts.
Dès l’instant où elles sont privées de l’assistance des masses au nom desquelles elles agissent et gouvernent, les démocraties sont perdues.
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NMTBNMTB   21 avril 2015
Ce n’est pas l’intelligence des minorités qui fit défaut à la France, mais l’esprit de la masse. La vieille foi de cette masse en la démocratie, en la liberté, en les vertus civiques – celle-là même qui l’avait soutenue, encouragée, et sauvée jusqu’alors de toutes les catastrophes – avait été stupidement détruite.
Faute d’un élan généreux du libéralisme, auquel elle devait depuis toujours sa spiritualité, la masse française était tombée dans un abject grégarisme de circonstance non moins odieux que le grégarisme intrinsèque du Germain. La faute en revient aux ennemis de la démocratie, qu’ils fussent de droite ou de gauche, communistes ou fascistes. La France succomba à mesure que les vertus démocratiques étaient extirpées du peuple. En voulant en finir avec la démocratie, on en finit avec la France. En voulant détruire l’esprit libéral, on détruisit l’esprit français. Celui-ci, qui avait conquis le monde, se retrouva sous le joug de la nouvelle barbarie antilibérale.
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