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ISBN : 2021116190
Éditeur : Seuil (21/08/2014)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 973 notes)
Résumé :
Deux voix entrelacées. Celle, révoltée, de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationalistes avec la bénédiction de l’Église catholique contre les "mauvais pauvres". Son pamphlet, Les Grands cimetières sous la lune, fera bientôt scandale. Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et "mauvaise pauvre", qui, soixante-dix ans après les événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours ra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (239) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  09 novembre 2014
Un livre émouvant et parfois drôle malgré la tragédie qu'il traverse. La voix de Montsé, mère de Lydie Salvayre et celle de Bernanos s'entrelacent pour faire partager ce que fut la douleur et l'horreur de ces années 1936 et 1937 durant la guerre civile espagnole.
Lydie Salvayre se met au service de sa mère en lui permettant de libérer ce qu'elle a enfoui depuis son mariage, de retrouver une parole libre, de revivre la beauté, la poésie, l'élan impétueux de vie qu'elle a éprouvé durant quelques jours à Lerida quand elle suit son frère Josep qui embrasse avec fougue les idées libertaires. Court moment suivi des exactions des forces de mort qui briseront les rêves et ramèneront à l'immobilisme antérieur que beaucoup préfèrent.
En retranscrivant le « fragnol » (mélange de français et d'espagnol) que parle sa mère, Lydie Salvayre irrigue ce livre d'un surplus de vie et d'une jubilation qui permet de contrer la mort qui domine ces années où l'on voit les déchirements au sein d'une même famille, les haines, les soupçons au sein du village où vit Montsé microcosme de ce qui se passe à l'échelle du pays.
p 82 « Depuis que ma mère souffre de troubles mnésiques, elle éprouve un réel plaisir à prononcer les mots grossiers qu'elle s'est abstenue de formuler pendant plus de soixante-dix ans, manifestation fréquente chez ce type de patients, a expliqué son médecin, notamment chez des personnes qui reçurent dans leur jeunesse une éducation des plus strictes et pour lesquelles la maladie a permis d'ouvrir les portes blindées de la censure.
(…) Elle qui s'était tant évertuée, depuis son arrivée en France, à corriger son accent espagnol, à parler un langage châtié et à soigner sa mise (….) elle envoie valser dans ses vieux jours les petites conventions, langagières et autres.
Oui, elle les envoie valser comme elle l'a fait en Juillet 1936. Ce moment qu'elle a occulté toute sa vie, sans doute pour « pas pleurer » est le seul dont elle se souvient dans sa vieillesse.
Je ne peux résister à l'envie de citer ce que Marie-Hélène Lafon a dit à Lydie Salvayre lors de leur passage à La grande librairie le 30 octobre :
« « La langue de votre livre et la mienne sont travaillées, ensemencée, travaillées au corps par une autre langue, il y a des résurgences, la langue que je tente d'écrire est travaillée en-dessous par des expressions entendues qui fomentent des coups d'état sous la peau de la langue. Et cette langue-là (le fragnol) fait douceur et joie entre la mère et la fille. » Quel bel hommage !!

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latina
  11 octobre 2016
Je suis fan de la guerre d'Espagne !
Ca y est, elle est folle, allez-vous penser. Ou bien soit c'est une facho, soit c'est une communiste invétérée.
Bon, on se calme.
Je reprends :
J'adore la période de la guerre civile espagnole, de 1936 à 1939. Oui.
En fait, les Espagnols de cette période m'émeuvent, du moins ceux qui ont été victimes de la folie franquiste. Ces yeux ardents, ces bouches désenchantées, ces dos ployés, ces corps vifs, ces voix rauques ou tues...tout me tourne vers ces hommes et ces femmes dressés malgré tout, malgré le malheur, malgré l'horreur.
Les champs brûlés par le soleil aux oliviers tordus, les immenses haciendas où règnent quelques riches pétris de rigidité, les pueblos aux rues étroites et aux maisons blanches, ces paysages me happent. Mais aussi ces villes aux milliers d'ouvriers gris et plombés par la faim.
L'enthousiasme fou du début de la guerre, la ferveur, puis la déception, suivie de l'atroce désillusion, et enfin, la peur. Unique, froide, tranchante. Les divisions entre amis, dans les familles, dans la politique. Les doutes et les traitrises. Et la Mort. Partout.
Lydia Salvayre a soulevé en moi une vague d'émotions, du sourire à l'horreur.
Le sourire, oui ! Car elle met en scène la parole de sa maman, Montse, témoin privilégié de la guerre civile. Sa maman qui avait 15 ans en 1936, et qui a vécu avec son frère José un moment de grand bonheur. Parce qu'il rêvait, José, oui, il rêvait, le pauvre. Il osait imaginer une vie nouvelle, où tous partageraient leurs biens, mais où le communisme stalinien n'aurait pas sa place. le bonheur, oui, mais pas dirigé, pas réglementé à la façon de Diego, le fils adoptif de la riche famille Burgos qui se veut d'une gauche organisée en se révoltant contre sa famille. L'excuse de José ? Il était jeune et ardent. Montse y a cru et a même eu un enfant d'un jeune homme semblable à son frère.
Mais les rêves sont faits pour être déçus, du moins lors de la guerra civil española, et le retour au village s'est fait bien amer. Montse va apprendre à composer, malgré tout, envers et contre tout, avec au coeur le souvenir éclatant de ce mois de juillet où l'Espoir l'embrasait.
Car Franco arrive, lentement, sûrement, inexorablement. Franco secondé par Mussolini, par Hitler (Ah...Guernica bombardée par la légion Condor!)...et par l'Eglise catholique, la Sainte Eglise Catholique, la « Putain des militaires épurateurs », qui semble avoir oublié le 5e commandement, qui bénit la tuerie, qui absout la torture perpétrée par les fascistes. Bernanos, dans « Les grands cimetières sous la lune », n'en peut plus de cette absolution au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Lydie le lit, Bernanos, elle le cite, elle le comprend.
La juxtaposition des voix, celle de Montse qui ne vit plus que dans le souvenir éclatant de juillet 36, inégalable et savoureuse, mêlant l'espagnol et le mauvais français, et celle de Bernanos pleine de dégoût et de stupéfaction, cette juxtaposition est reliée par les interventions compréhensives et tendres de l'auteure.
Ce n'est pas peu dire que j'ai adoré ce livre ! Mêlant souffle héroïque et intimité, euphorie et désespoir, courage et abnégation, il mérite amplement son prix Goncourt. Il offre une langue qui épouse la pensée de chacun, une langue vraie, naturelle, spontanée, qui fait frissonner et languir, qui exalte, qui fait aimer l'Espagne, son passé et son présent, sa terre, ses gens.
¡Ay! ¡Dios mío! ¡Qué me gusta este país!
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Eve-Yeshe
  17 décembre 2014
Lydie Salvayre nous raconte une belle histoire, celle de sa mère qui a vu sa vie changer durant l'été 36. Elle reproduit de façon efficace et passionnante les camps rivaux de l'époque, les anarchistes, rouges noirs, les rouges staliniens qui rêve de reproduire le modèle soviétique, les deux se détestant, n'hésitant pas à tuer des prêtres et remettant en cause le catholicisme hyper-présent.
En face, on voit la montée en puissance de la réaction fasciste aux ordres de Franco, qui massacre tous les prétendus communistes. Ils font régner la terreur en débarquant chez les gens dans la nuit emmenant tous ceux qu'ils suspectent et les abattant ensuite comme des chiens.
Bernanos est arrivé à Majorque pour décrire les exactions des communistes mais ce qu'il voit, arrestations en masse, exécutions à tout va, le révolte. Lui, le catholique fervent, il hésite et décide finalement de raconter toutes les exactions, ce qu'il va consigner dans « les grands cimetières sous la lune » s'attirant ainsi l'opprobre des bien pensants.
Au village, on assiste à une reproduction à l'échelle microscopique, de la haine, la suspicion, la paranoïa et des crimes de chaque famille, avec les conflits et les jalousies de l'enfance qui s'exacerbent et s'enflamment selon les partis pris de chacun.
D'un côté la violence et de l'autre l'amour de Montsé pour celui que ses filles ont surnommé dans leur enfance André Malraux et qui se verra obligée d'épouser le fils adoptif du propriétaire, Diego, ennemi juré de Josep le beau gosse attisant encore la colère de celui-ci.
Les personnalités se révèlent au fur et à mesure de ce récit, où l'auteure fait parler sa mère dans une langue qu'elle appelle le Fragnol, mélange de Français et d'Espagnol, car Montsé, du fait de sa maladie a tout oublié de sa vie sauf deux années, et elle ne maîtrise plus le langage, quand un mot ne vient pas elle francise le mot espagnol, mélange les grammaires, ce qui donne des tournures drôles, des néologismes qui atténuent la violence des évènements. Et cette langue est très belle, agrémentée de gros mots, ou de mots crus pour dire tout ce qui a été autocensuré par l'éducation.
Les belles théories toujours nous enflamment pour être dévoyées, et conduire à la désillusion dès que la lucidité fait prendre conscience de l'ivresse des mots, des phrases apprises sous l'effet de l'endoctrinement. C'est le premier roman de Lydie Salvayre que je lis. Certes, « la compagnie des spectres » est dans ma PAL depuis longtemps, mais je n'étais pas trop tentée, et j'avoue que « Pas pleurer » m'a donné envie de mieux connaître cette auteure.
Un bémol, quand même, je regrette que l'auteure n'ait pas traduit les phrases en espagnol, on se sent un peu frustré. Pour le Fragnol, je n'ai pas eu de problème grâce aux souvenirs de latin et aussi au « Franpor » ou le « Profran » (c'est moins joli que Fragnol !!) quand mon mari francise parfois un mot portugais, ne trouvant pas le mot français exact, suffisamment précis.
Note : 8,2

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Jolap
  17 mai 2018
Pas pleurer est une rencontre marquante et nécessaire entre l'auteure, Lydie Salvayre, et sa maman surnommée Montse, nonagénaire souffrant de sérieux troubles de la mémoire.
Pas pleurer, l'injonction que l'on s'impose lorsque, témoin d'un récit brûlant d'émotion racontée par une personne aimée, malade et âgée, on espère en retenir le moindre détail, avant qu'il ne soit trop tard ! On espère retenir ses larmes pour ne pas alourdir l'atmosphère, pour ne pas troubler l'attention. On espère avoir trouvé une idée de conversation idéale pour rallumer la flamme et susciter l'intérêt.
Montse se souvient avec une précision d'horloger de cet été 1936. Juste cet été 36. Nous sommes en Espagne au moment de l'insurrection républicaine face au fascisme de Franco. Montse a quinze ans. Les joies et les malheurs se mêlent étrangement pour en faire l'année la plus intense de sa vie. L'aventure incroyable de son existence ! Une aventure inespérée.
La lutte sanglante entre communistes, anarchistes, socialistes, républicains modérés et les forces militaires à la solde de la dictature franquiste soutenue par l'église , Montse qualifiée de « Mauvaise pauvre » a tout gommé de sa mémoire. Elle n'a gardé en tête que « les jours enchantés de l'insurrection libertaire » qui servit de préambule à cette guerre.
Et c'est sur un ton enjoué qu'elle reconstruit sa vie, son frère bien aimé Josep l'anarchiste, Diego « le bâtard » communiste, ses parents, son mariage, sa vie, ses enfants, ses actions et ses actes manqués.
Ses phrases sont musicales. L'actrice d'un été sort soudain de l'ombre et s'applique à donner sa version des faits avec une légèreté confondante. Sa mémoire n'a retenu que ce qui pouvait l'enthousiasmer, la porter, lui faire un dernier plaisir, évacuant tout le reste d'un coup de baguette magique.
Une voix lui fait écho. Celle de Lydie Salvayre sa fille. Une voix grondant les mots pour raconter les conditions de vie de milliers de gens qui voulaient juste améliorer leur situation sans perdre le peu qu'ils avaient. Une voix criant les familles déchirées. Une voix calée dans l'Histoire. Une voix violente et radicale sans concession comme le fût cette guerre civile espagnole. Une voix miroir qui dénonce l'Italie de Mussolini, l'Allemagne d'Hitler une sorte de ménage à trois avec l'Espagne de Franco. Une voix injurieuse, ravageuse, insultante.

Et comme si elle voulait marteler son amertume, pour qu'elle devienne indélébile, l'auteure saupoudre son récit de passages écrits par Georges Bernanos dans « Les grands cimetières sous la lune ». Georges Bernanos d'abord sympathisant du mouvement franquiste, fervent catholique, devient le témoin horrifié du massacre des innocents de Palma de Majorque. Il dénonce « L'infâme connivence de l'église espagnole et des militaires épurant systématiquement les suspects ».Tout l'incitait à soutenir les nationaux. Il était pour, il devient contre. Il est choqué, anéanti, révolté par la barbarie. Une voix sobre, libre, courageuse, dotée d'un vocabulaire riche, précis. Un témoignage accablant écrit avec de belles lettres.
J'ai aimé lire ce récit, ce prix Goncourt. L'idée de voix se faisant écho est intéressante et donne en même temps de la profondeur et du relief à cette histoire au rythme fou, à la musique savamment orchestrée. le changement de personnages, changement de profil, changement de parcours à intervalle régulier offre une sonorité particulière, un peu comme un refrain. Il y a des passages sublimes, où le diable en personne a infusé ce qu'il faut de miel pour donner l'illusion d'une jolie histoire, explosive et jolie, jamais triste. Oserais-je comparer certains passages à un morceau de rap ?
Je parle de refrain. Quant au caractère mélodieux il est un peu gommé (à mon avis) à de multiples reprises par les multiples injures, mots orduriers et blasphèmes en français, en espagnol qui égrainent les propos de l'auteure. Est-il nécessaire d'aller jusque-là ? S'agit-il d'une plus-value ? rien n'est moins sûr même si Lydie Salvayre affirme dans une interview que la langue espagnole accepte le mauvais goût. Non, Je ne suis pas sure !
Montsé parle un français approximatif que sa fille nomme le « Frangnol ». (griter pour crier. Riquesses pour richesse, maraveilleuses etc) je trouve le trait un peu forcé pour une femme qui vit en France depuis 1939. Ce n'est pas crédible mais je reconnais que cela ajoute au rythme et à la légèreté de certains passages. Pauvre Montse ! elle est affublée tout de même…
Enfin la répétition à l'envi des adverbes qui est visiblement une figure de style de l'auteure aurait été plus harmonieuse (toujours selon moi) si elle avait été moins fréquente. le trop est l'ennemi du bien.
Je pinaille, je pinaille. Pas pleurer. Un très beau roman. Emouvant, original, éloquent, turbulent ;
Allons donc ! J'ai beaucoup aimé ce livre. Et si vous ne l'avez pas encore fait. Précipitez-vous, vraiment !
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Kittiwake
  23 novembre 2014
L'hommage maternel : de nombreux écrivains se livrent à cet exercice à la fois intime, parfois impudique mais le plus souvent émouvant pour le lecteur, quelque soit le cadre de cette relation complexe entre mère et fils ou mère et fille. Lydie Salvayre ajoute à la liste ce récit d'une période particulière de l'histoire de Montse, adolescente isolée d'une Espagne rurale et engoncée dans les carcans de la tradition, alors que la guerre civile éclate. Les chemins de la liberté que dévoilent la révolution sont pavés de cadavres et le revers de la médaille est bien sombre. Les familles se déchirent, tandis que les alliances changent la donne. Il est peu probable que Montse ait eu conscience alors des enjeux de la bataille. Les confidences que reçoit l'auteur alors que l'âge et la maladie ont altéré sa façon d'être au monde, mais pas sa mémoire ancienne , sont la trame du récit. En miroir de l'inconscience de cette jeunesse prête à en découdre quels que soient les sacrifices nécessaires, un texte de Bernanos, l'écrivain catholique, révolté, indigné par l'attitude des responsables religieux qui encouragent et bénissent les massacres aveugles, sur de simples suspicions de manquement à la foi, prétexte pour une dictature ignoble.
L'admiration a succédé à la honte, honte de cette mère qui parlait le fragnol, une sorte de novlangue métisse, constellée de néologisme que les hispanisants sauront décrypter, admiration lorsque l'auteur prend conscience de la richesse et de la force dramatique de cette période historique qu'a vécu sa mère.
C'est un très bel hommage rendu, un magnifique témoignage d'amour filial.
Une seule réserve, personnelle, qui pourra s'étendre à tous ceux pour qui l'espagnol est une langue hermétique : autant les néologisme peuvent être évocateurs de mots qu'il n'est pas utile de connaître , autant les phrases entières et non traduites peuvent donner l'impression de passer à côté de quelque chose.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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critiques presse (10)
Lexpress   14 novembre 2014
Pas pleurer, couronné par le prix Goncourt, est un roman beau et rageur qui offre un éclairage inédit sur la guerre d'Espagne. Il résonne comme un manifeste pour les temps modernes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   12 novembre 2014
Pas pleurer est le livre et l’hommage d’une pasionaria. Il raconte aussi, peut-être d’abord, l’histoire d’une transmission : la narratrice est fille d’exilés républicains, comme l’auteur, née Lydie Arjona.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   06 novembre 2014
Dans un roman gorgé d'émotion, Lydie Salvayre, fille d'exilés espagnols, revient sur les massacres perpétrés par les franquistes, et sur l'engagement de Bernanos aux côtés des républicains.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LesEchos   05 novembre 2014
Le titre du roman, « Pas pleurer », fait référence à une ébauche de lettre que la poétesse russe Marina Tsvetaïeva destinait à Boris Pasternak. Elle s’y plaignait du froid et de la faim, des petites misères au quotidien. Puis, levant sa plume, irritée par ses propres lamentations, elle écrit : « Pas pleurer. » Cette injonction résume parfaitement l’histoire de Montse et de Bernanos
Lire la critique sur le site : LesEchos
Culturebox   04 novembre 2014
La romancière donne à voir toute la complexité de la guerre civile espagnole sur la scène de ce petit village perché sur les hauteurs de la Catalogne. Elle remonte aussi le fil d'une histoire familiale, traversée par d'autres tragédies.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress   30 octobre 2014
Le mérite du livre de Lydie Salvayre est de mettre en symétrie deux vérités d'une même réalité historique, et de saluer la puissance de la jeunesse catalane. Deux voix, deux langues, pour une tragédie dont le lecteur connaît l'issue.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse   18 septembre 2014
Pas de grands épanchements, c'est vrai. Mais certainement un grand roman.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LePoint   15 septembre 2014
Ce n'est pas de froid, [...] mais d'émotion, qu'on tremble en refermant ce livre, acte d'amour filial, digne et beau.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs   10 septembre 2014
« L'été radieux de ma mère, l'année lugubre de Bernanos: deux scènes d'une même histoire», que Lydie Salvayre, entrelaçant ces deux voix lyriques, orchestre avec maestria. Et une fidélité filiale gorgée d'émotion.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   22 août 2014
La singularité de son roman, qui fait de l'été anarchiste de l'an 1936 à Barcelone une manière de point d'orgue, est de mêler l'universel et le particulier.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (225) Voir plus Ajouter une citation
AllaroundthecornerAllaroundthecorner   18 août 2018
À forcer de penser à son frère, elle finit par se dire que sa mort était peut-être une mort obscurément désirée, l’adieu orgueilleux à un monde qui n’était plus le sien depuis longtemps, un monde qu’il avait rejeté avec rage pour ne pas, au fond, lui ressembler, pour ne pas, comme elle, prendre de la vie le mauvais comme le bon, le mal comme le bien et, comme elle, s’en arranger puis se réjouir de s’en arranger.
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AllaroundthecornerAllaroundthecorner   17 août 2018
Rien de plus têtu, rien de plus tenace que l’espoir, surtout s’il est infondé, l’espoir est un chiendent.
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tamara29tamara29   12 août 2018
[Montse] découvre la mer.
Elle a peur d'y entrer.
Elle finit par y tremper les pieds en criant de plaisir.
Elle se promène avec Rosita et Francisca dans le parc de la ville où des adorateurs anarchistes, montés sur des caisses de bois, tiennent des discours enflammés qu'applaudissent des centaines de badauds. Elles dévisagent les hommes. Elles rêvent de l'amour. Elles l'invoquent, elles l'appellent dans un tremblant espoir et toutes sortes d'exclamations. Du reste, elles sont amoureuses. Seul leur manque l'objet sur lequel fixer cet amour.
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tamara29tamara29   07 août 2018
Le lendemain, c'est le 8 Août, se souvient ma mère sans une once d'hésitation (moi : tu te rappelles cette date ? ma mère : il paraît que j'ai une tête de litotte, c'est ce con de docteur qui le dit, mais tu vois !), le lendemain, le Conseil des ministres du gouvernement français décide la non-intervention en Espagne, tout en déplorant extrêmement extrêmement extrêmement la guerre effroyable qui ravage ce beau pays.
Españoles,
Españoles que vivís el momento más trágico de nuestra historia
¡ Estáis solos !
¡ Solos !
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xstxst   05 novembre 2014
À une table proche, deux hommes sifflent cul sec plusieurs verres d'eau-de-vie. Ils parlent à voix si forte qu'il ne peut que les entendre. Ils sont hilares. Ils rotent. Ils s'entrecongratulent. Ils sont extrêmement contents d'eux-mêmes et se décernent réciproquement des brevets d'héroïsme. Ils ont fait un de ces putains de coup ! Après avoir cueilli deux prêtres morts de peur terrés dans une cave, ils ont flingué le premier d'un coup de revolver pam en pleine poire, puis ils ont dit au deuxième qui se chiait au froc de décamper en vitesse et ils l'ont flingué dans le dos pam pam lorsqu'il s'est mis à courir. Deux curés butés dans la même journée ! Eux qui croyaient rentrer bredouilles ! Pas mal le tableau de chasse ! Il fallait les voir se chier de trouille, les curaillons ! Impayables !

Ils se croient drôles.


Ils s'étonnent que Josep ne partage pas leur allégresse. Serait-il un franquiste ou quoi ?

Josep passe la main sur son front, comme un dormeur qui s'éveille d'un cauchemar. Il est terrassé, comme Bernanos est terrassé au même moment à Palma, et pour des raisons similaires. Il reste figé sur sa chaise, paralysé d'effroi, plus mort que vif. On peut donc tuer des hommes sans que leur mort occasionne le moindre sursaut de conscience, la moindre révolte ?


On peut donc tuer des hommes comme on le fait des rats ? Sans en éprouver le moindre remords ? Et s'en flatter ?

Mais dans quel égarement, dans quel délire faut-il avoir sombré pour qu'une "juste cause" autorise de telles horreurs ?
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