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ISBN : 2221221702
Éditeur : Robert Laffont (06/09/2018)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 88 notes)
Résumé :
Noël, Noël ! Dans les rues de Lyon, noires de monde, fouettées de pluie, un vieil homme triste se fait bousculer par la foule des fêtards.
Il porte un pardessus noir, un chapeau de paysan, un gros paquet enrubanné. Obstinément, il cherche sa fille, la belle, l'aînée, " la grande ". Pourquoi Marie-Louise n'est-elle pas venue passer les fêtes avec ses parents ? Pourquoi cette lettre sèche, qui n'explique rien ? Pourquoi, de fausse adresse en hôtel borgne, de " ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
domisylzen
  30 juin 2016
Dans un petit village du Jura, Noël approche. L'hiver avec sa première neige, vient d'y prendre ses quartiers. Chez les Quantins on se prépare à la fête, Marie-Louise coiffeuse à Lyon revient pour l'occasion.
Mais ce matin le facteur toque à la porte, apporte des nouvelles : Marie-Louise ne viendra pas.
La mère, Isabelle, se met en rogne et invective son mari, et sous la pression de sa femme il se sent obligé d'aller à Lyon pour tenter de trouver une explication. Vingt ans qu'il n'y ait pas allé, sûr ça a dû changer.
Alors Quantin se met en route mais que peut faire un pauv' paysan dans une grande ville moderne, dans un endroit ou il n'y a ni ciel ni horizon.
A l'adresse indiquée sa fille n'habite plus. On lui en donne une autre, mais elle n'est pas là. Elle ne rentre pas avant deux heures du mat' la Marie-Louise. Mais quel est ce métier de coiffeuse qui se termine au milieu de la nuit ?
Quantin est du genre taiseux. Taiseux et cogiteur. Son pauvre ciboulot n'en plus de réfléchir et de partir en vaines suppositions.
Un roman où Bernard Clavel donne la part belle au monde rural : dur mais sain. Contrairement à la ville ou pour lui tout est méprisable et malsain ou tout va trop vite ou les gens se croisent sans se regarder, sans se parler. Nous suivons les allées et retours de Quantin, aussi bien dans la ville à chercher sa fille que dans son esprit à remettre en doute son métier de coiffeuse.
La force de ce court roman porté à l'écran, réside dans la description des émotions ou nous sommes sans arrêt, balancés, entre l'espoir et le désespoir. C'est aussi les déscriptions méticuleuses des lieux, tout est clair, net, précis, coloré.
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Ambages
  24 novembre 2017
La neige a recouvert mon coeur. Je me suis toujours senti un peu seul par moment, même en famille. Une façon de m'isoler pour regarder les terres, sentir les saveurs du feu dans la cheminée, surtout quand il fait blanc dehors, que les sons s'amenuisent, s'étouffent. Même ceux de mon épouse. C'est une femme forte dans un monde de rigueur, elle ne nuance rien et hurle jusqu'à vous étourdir. C'est pourtant quand elle ne dit rien qu'elle crie le plus fort. Car elle vous pénètre du regard et lit en vous. Elle a une manière si particulière de montrer ses sentiments, je ne lui en veux pas, la vie est dure chez nous dans cette ferme isolée. Et puis on a notre petite Denise qui me réchauffe le coeur si souvent. Quand nos yeux se croisent, nous parlons par la vue de peur de relancer la mère, qui préfère ne pas nous voir nous appesantir sur des bricoles inutiles. Elle a ma solitude et les yeux de sa mère, toutes deux ont l'espoir en commun. Cet espoir c'est Marie-Louise, notre grande partie à la ville, que j'ai laissé partir à la ville. Elle doit revenir pour passer Noël avec nous. La crèche est prête et l'attend. Cet espoir, je suis parti le chercher à la grande ville, Lyon. Je suis revenu comme un honnête homme. La bise a transpercé mon coeur.
L'amour de la terre paysanne, le froid hivernal, les images de la ville sont si bien rendus par Bernard Clavel. Une opposition entre deux mondes. Et les sentiments si profonds, ces tourbillons d'émotions qui vous glacent plus que le vent qui pénètre. Si j'ai aimé ce livre ? Oh oui !
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lecassin
  15 mars 2013
Dans le Jura, chez les Quantin, on s'apprête à fêter Noël, dans deux jours. Et pas n'importe quel Noël : l'aînée, Marie-Louise, partie travailler à Lyon depuis deux ans s'est annoncée… C'est par l'entremise du facteur qu'arrivera la désillusion ; une courte lettre qu'on pourrait résumer ainsi : trop de travail, pas possible de venir…
Alors ce sont les reproches, de la mère : qui sont ces employeurs si terribles qu'ils ne donnent pas deux jours à la petite pour passer Noël en famille ? Et de quel bois est-il fait, ce père qui ne se déplace pas pour leur faire entendre raison ?
Si fait ! le père Quantin descendra à la ville.
Arrivé, il cherchera en vain sa fille, son aimée, la Belle, la Grande : de l'adresse de cet hôtel minable – fausse, mais unique en sa possession –, en salons de coiffure plus où moins spéciaux, jusqu'aux bars louches de la ville…
La ville ! La ville ! Et ces gens qui ricanent au seul nom de Marie-Louise. « le voyage du père » pourrait bien se révéler quelque chose comme une descente aux enfers pour le père Quantin…
Bien sûr, il y a le Bernard Clavel des grandes sagas du Grand Nord. Bien sûr… Mais il y a aussi ce Clavel plus intimiste, enraciné dans la tradition rurale, celle qui sent les feuilles mortes après la pluie… Et puis cet homme têtu, bourru… N'est-il pas l'exact opposé de cette ville , superficielle, entremetteuse, courtisane… Pommmmmponette …
Un chemin de croix pour une descente aux enfers.
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Nastie92
  27 mai 2013
Dans sa ferme jurassienne, la famille Quantin se réjouit à l'approche de Noël : la fille aînée Marie-Louise, partie travailler à Lyon, va venir ! Hélas, les parents reçoivent une courte lettre, dans laquelle elle dit seulement que ses employeurs ne peuvent pas lui accorder de vacances.
Sur l'insistance de sa femme, le père surmonte sa répugnance à l'idée d'aller en ville : son amour pour Marie-Louise est plus fort, il doit aller voir par lui-même comment elle va, comment elle vit.
Pour moi, Bernard Clavel est un magicien, et ce court roman ne déroge pas à la règle : je suis happée dès le début. Les personnages sont vrais et terriblement attachants. Ce père dans sa quête est bouleversant. Il va de désillusion en désillusion dans cette ville qu'il déteste, et refuse de voir la vérité en face quand le lecteur a compris depuis bien longtemps.
On retrouve dans ce livre des thèmes chers à Clavel, notamment la glorification de la vie rurale. Mais ici, presque rien n'est écrit directement : le portrait au vitriol de la ville inhumaine, où tout va trop vite, où les gens se croisent sans se rencontrer suffit à magnifier la vie dans la ferme.
Et c'est merveilleusement bien écrit, un régal à lire.
J'ai aimé ce livre ? Non, je l'ai adoré. Merci monsieur Clavel pour ce merveilleux voyage !
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hellza24
  01 octobre 2014
La quatrième de couverture m'a plu immédiatement, je l'ai ouvert pour ne le refermer qu'à la dernière ligne... Il fallait que j'aille au bout de ce voyage, aux cotés du père.
Les premières pages m'ont happé t, j'ai été entraînée dans la maisonnette de cette famille, qui prépare Noël en attendant la visite de la fille aînée, "partie à la ville" faire carrière dans la coiffure. "Elle s'en est sortie, elle", de la ferme et des devoirs envers les bêtes et le fourrage, du quotidien routinier et salissant ,elle voulait sentir bon et porter des escarpins, quelque chose de "gratifiant" dans la vie. Ce quotidien des fermes qui ne remonte qu'à quelques dizaines d'années, Bernard Clavel en parle avec justesse, sans misérabilisme ni apologie . On peut encore croiser, dans le coin où je vis, dans quelques fermes isolées qui ne se sont pas encore transformées en "ravissants corps de fermes " retapés par des "étrangers", quelques pépés-mémés qui vivent comme ça, en bottes et blouse, les mains usées de leurs travaux mille fois répétés.
Dès les premières pages, on devine que ce n'est pas si simple, elle a aussi voulu fuir les siens, sa sœur "attardée"
(vilain mot) et pleine d'admiration pour elle, sa mère aigrie par la vie qui la porte aux nues et son père dépassé, silencieux mais aimant : tant d'amour qui pouvait l'étouffer, qui la voulait près d'eux dans un bonheur simple.
Mais ce n'est pas la fille qui monte le chemin, c'est l'instituteur. Il est transi d'un amour pour Marie-Louise, et une sorte d'amitié tranquille le lie au père, grâce aux lectures qu'ils partagent. Ça m'a beaucoup plu, ce père de famille, ce dur paysan qui aime les livres et dépasse le cliché crasse de l'inculte besogneux. Merci Bernard Clavel.
Ce père qui n'est pas allé à Lyon depuis plus de 20 ans va prendre le train et faire ces 100 km infranchissables. Pour retrouver sa fille, la ramener. Il déchire le voile de la routine et tout prend une nouvelle densité autour de lui.Il fera des allers-retours dans cette ville froide, ce sera une longue nuit ,faite d'espoirs et de désespoirs tour à tour, de colère et d'acceptation, son paquet cadeau sous le bras, qui s'abîme petit à petit.
C'est un roman beau et simple, fort.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nastie92Nastie92   27 mai 2013
Il se retrouva une fois de plus à la gare et se planta près de l'entrée des voyageurs. Il n'y avait plus d'espoir en lui, plus qu'un instinct de bête dont le maître est mort, mais qui continue pourtant de le chercher parmi les vivants.
Elle était partie en voiture, mais il l'attendait là, près de ce portillon où disparaissaient des manteaux de fourrure et des cheveux blonds, bruns, roux... Il ne savait même pas de quelle couleur étaient aujourd'hui les siens.
Voilà : Quantin, c'était devenu cela. Un vieux sans force, un vieux dont les mains ouvertes pendaient de chaque côté de son corps. Deux grosses mains inutiles, marquées par une vie de peine, habituées à tout entreprendre et à tout mener à bien, mais qui n'avaient rien pu faire pour retenir Marie-Louise.
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AmbagesAmbages   23 novembre 2017
Les instants coulaient entre eux. Isabelle le regardait toujours, et il sentait qu'elle ne l'avait pas regardé ainsi depuis de longues années. Elle pénétrait en lui, comme si elle eût aimé ajouter à tout ce qu'elle avait déjà dit, un message que nul mot ne pouvait exprimer.
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hellza24hellza24   01 octobre 2014
Ils vivaient là, sans se quitter, attelés au même chargement de petites misères et de petites joies, à marcher du même pas depuis des années, à marcher du même pas depuis des années, et voilà qu'il s'apercevait aujourd’hui qu'il connaissait à peine sa femme. Voilà qu'il n'osait même plus embrasser. Lorsqu'on vit ainsi, on croit se connaître, mais c'est seulement valable pour l'habituel, c'est-à-dire la peine et toutes les petites joies qui font l'existence. Mais qu'un évènement survienne qui vous jette brutalement en dehors de l'ornière, et voilà qu'on ne se retrouve plus. On se prend à regarder sa femme comme si on la rencontrait pour la première fois.
+ Lire la suite
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AmbagesAmbages   24 novembre 2017
Quantin en aspire de longues goulées en pensant à la ville, à cette puanteur des rues, à la fumée d'essence qui pique les yeux et prend à la gorge. Là-bas, même le vent se salit.
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Nastie92Nastie92   27 mai 2013
Ils vivaient là, sans se quitter, attelés au même chargement de petites misères et de petites joies, à marcher du même pas depuis des années, et voilà qu'il s'apercevait aujourd'hui qu'il connaissait à peine sa femme. Voilà qu'il n'osait même plus l'embrasser. Lorsqu'on vit ainsi, on croit se connaître, mais c'est seulement valable pour l'habituel, c'est à dire la peine et toutes les petites joies qui font l'existence. Mais qu'un évènement survienne qui vous jette brutalement en dehors de l'ornière, et voilà qu'on ne se retrouve plus. On se prend à regarder sa femme comme si on la rencontrait pour la première fois.
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