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EAN : 9782266054379
221 pages
Pocket (02/10/1992)
3.94/5   71 notes
Résumé :
En 1912, Antonin avait vingt et un ans et il était fou de bonheur. Certes, il allait rejoindre son régiment et quitter pour de longs mois Josépha qu'il aimait plus que tout ; mais il savait qu'elle l'attendrait, qu'en 1914 ils se marierait et vivraient aux Rivières-Hautes, le domaine familial qui lui revenait.
Le destin en décida autrement. La guerre éclata. Lorsqu'il revient, amputé d'un bras, son frère dirigerait le domaine et Josépha était mariée à un aut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Le domaine des Rivières-Hautes mesure 300 ha et en Corrèze, on est paysan de père en fils mais Antonin Chèze revient de la première guerre, amputé d'un bras. Il ne pourra pas reprendre la propriété. Alors il sera facteur à pied, parcourant quotidiennement 18 kms pour quelques maisons isolées dans sa campagne.

Le facteur est poursuivi par la malédiction car il doit parfois apporter des lettres porteuses de mauvaises nouvelles à des personnes qu'il connaît.

La distribution du courrier donne l'originalité et le caractère vivant à ce récit de 30 ans de vie de facteur.

Tiré d'une histoire vraie, ce roman, avec une jolie écriture, est très agréable.
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Ce petit livre m'a tout de suite attiré car il porte un de ces titres qui ne laisse pas indifférent « le porteur de destins » : un titre tellement poétique et prometteur.
On comprend tout de suite que l'histoire va être passionnante et on ne se trompe effectivement pas. de plus, dès le début du livre, on apprend que l'histoire dont est tiré le livre est vraie, ce qui lui confère une dimension encore plus énigmatique.
Gilbert Bordes est un auteur Français qui même si installé aujourd'hui en région parisienne reste très profondément attaché à sa Corrèze natale. Et justement, le porteur de destins se passe dans cette campagne de Corrèze entre les années 1900 et 1950.
Mais attention, ne pensez pas que livre de terroir signifie ennui, car dans ce livre il n'y a pas une minute de répit. L'histoire est tout simplement formidable et Gilbert Bordes avec des mots simples sait nous happer et nous entraîner dans une succession d'évènements incroyables liés de près ou de loin principalement aux guerres mondiales. le personnage principal Antonin Chèze, il sera notre guide tout au long du livre. Antonin qui jour après jour s'en va sur les routes pour distribuer les lettres -p163- « le sac pesait à mon épaule du poids terrible des destins qui s'y entassaient ». Parmi ces destins dont parlent Antonin, il y a ces fameuses enveloppes bleues qui annonçaient l'inconcevable à la famille … Tous les autres personnages gravitent autour de lui et on comprend vite que l'on va rencontrer des gens fantastiques et surprenants : le grand-père Antonin, Josepha, Hélène, Maurice le patron d'Antonin, Lucien l'ami de toujours, et Lucien son fils et j'ai enfin une pensée pour le couple Baptiste et Berthe qui nous donne une belle leçon de vie.

Ce livre est un hommage aux hommes et aux femmes de la terre, aux parents, aux femmes et mères qui ont sacrifié leurs enfants, leurs frères et leur mari pour la patrie, mais également un hommage pour le métier de facteur si important jadis qui aujourd'hui ne nous émeut à peine tellement l'anonymat s'est installé dans nos boîtes à lettres.
Un grand moment de lecture ! Ressortez ce livre des étagères et des réserves de nos bibliothèques, faîtes le lire à nos plus jeunes ! C'est un très beau témoignage.
Ce livre a reçu quelques prix qu'il est important de citer, le Prix Maison de la Presse ; prix du Printemps du livre de Montaigu et le Grand Prix littéraire de la Corne d'or limousine.
Lien : http://ideeslivres.jimdo.com..
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1902 Les Rivières Hautes en Corrèze. Antonin grandit dans la demeure familiale. Il est amoureux de Josepha jeune bergère, ils se promettent le mariage.
1912 est envoyé au service militaire. La guerre éclate, son régiment est envoyé à Verdun. Il rentrera 5 ans plus tard mais infirme, un bras en moins. Tout le monde le croyait mort ! Josepha est mariée...
Antonin va devenir facteur et souvent porteur de mauvaises nouvelles. Et même si Antonin va essayer de changer le destin, celui-ci sera plus fort que tout... malheureusement....
Je découvre cet auteur, c'est une histoire très émouvante et encore plus touchante car elle est tirée d'une histoire vraie.
Une histoire de terroir magnifique ou j'ai appris beaucoup sur les valeurs familiales et aussi sur le métier de facteur de l'époque. C'etait un personnage très important, un membre de la famille. J'ai aimé suivre aussi l'évolution de ce métier.
L'écriture est fluide, agréable sensible et délicate.
Un très bon moment de lecture
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Je souhaite redonner ses lettres de noblesse à un genre littéraire : le roman régional ; peut-être pas de la grande littérature mais de la belle littérature. Quatrième roman de Gilbert BORDES, auteur de l'école de BRIVE (tel Christian SIGNOL, Michel PEYRAMAURE...) écrit en 1992.

C'est l'histoire d'Antonin CHEZE racontée à la première personne, facteur de campagne, appelé initialement à reprendre la ferme de Rivieres-Hautes de 300 hectares, à une époque où la paysannerie se transmet de génération en génération. Né en 1890, premier garçon, élevé dans l'amour de son grand-père qui lui donne une éducation, rare à cette époque, et dans l'amour du travail de la terre.

Il tombe amoureux de la fille du métayer, Josepha, qui doit l'épouser à son retour du service militaire. Seulement, la guerre éclate, il est réquisitionné. Il tombe à Verdun. Un communiqué annonce sa mort au village. Grâce à la dévotion de personnels hospitaliers et religieux, il survit mais doit subir l'amputation de son bras.

Son retour parmi les siens sera une immense joie et une terrible désillusion quant aux travaux des champs pour un handicapé. Son amour se sera promise à une autre du village voisin. Il ne trouvera ses repères qu'en remplaçant le facteur auxiliaire.

C'est l'histoire de ses 18 km quotidiens, à porter les destins pour une myriade de personnages.

C'est l'histoire de ces gens de campagne avec qui l'on vit un bout d'Histoire. Ces personnes qui ne vivaient que de leur travail et de leurs croyances, avec leur hospitalité. On va s'attacher à chacun d'eux : le facteur (à une époque où la boite aux lettres n'existait pas), son frère cadet (Alfonse), son épouse (Hélène), ses enfants, son ami d'enfance, ce couple en mal d'attendre le retour du front de leur fils aîné, le curé du village et bien d'autres encore du début du siècle jusqu'après la seconde guerre mondiale.

Si vous trouviez deux, trois acteurs (du style de Brad PITT, ou Mel GIBSON) ou si une production se dotait de moyens à la NETFLIX, je suis certain que tout le monde jugerait cette série ou ce film comme le plus grand de tous les temps. Je suis navré, au contraire, de ne trouver aucune réédition, de ne pas retrouver le téléfilm de France 2, alors qu'un tel destin,issue d'une histoire vraie, écrit d'une si belle manière devrait faire l'unanimité.
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roman historique, terroir

Ce porteur de destins, c'est Antonin. Il est revenu de la Grande Guerre handicapé d'un bras. Ne pouvant désormais plus s'occuper des terres de la famille, on lui a offert de devenir facteur. Être facteur c'est apporter des lettres qui influencent le destin de ceux qui les reçoivent … Les nouvelles peuvent être joyeuses, mais également et surtout dévastatrices suite à une guerre.

“ Je rentrai à Lignac, le coeur gros. le regard de Gervais était encore en moi. Ses larmes brillantes comme des braises me brûlaient. Il fallait donc être sans coeur pour faire mon métier ! “

Nous suivons la vie d'Antonin Chèze, sa famille, et celles de ses concitoyens. C'est écrit avec une grande délicatesse et un profond respect. Nous découvrons une belle région, des histoires touchantes, le quotidien à cette époque. Un livre simple, limpide, sublime, qui m'a emballé !

Antonin a réellement existé. Il a été facteur à pied pendant 30 ans. Il est décédé en 1982 à l'âge vénérable de 91 ans , ce qui fait que l'homme à traversé le XXe siècle. L'auteur a préféré, par souci de respect de l'intimité des personnes racontées, de changer les noms et les lieux où se sont passés les événements.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
A cette époque, les hommes ne s'occupaient pas plus des enfants de la maison que des poules ou des lapins. C'était le travail des femmes, et personne n'aurait osé faire le moindre projet pour un fils avant qu'il ait dépassé dix ou onze ans. Les croutes de lait, le croup, la rougeole, les diarrhées, le mal de ventre et toutes sortes de maladies ne manquaient pas pour vider les maisons souvent trop pleines.
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Je me faisais du souci pour mes petits enfants.

Comment allaient ils vivre ? Connaitraient ils ses joies qu'apportent chaque saison, chaque jour ? Sauraient ils qu'il suffit de respirer l'air frais du matin, de voir s'envoler une perdrix devant soi, de découvrir la première violette à la fin du mois de février, pour retrouver sa bonne humeur ?

Je me demandais si à force de vivre plus ailleurs qu'ici par la télévision, ils n'en oublieraient pas ce qui est à leur portée. A trop connaitre ce qui se passe au bout de l'univers, ne risquaient ils pas de délaisser pour des mirages, ce regard sur les choses et les êtres qui les entourent, indispensables pour être heureux.
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" Je rentrai à Lignac, le coeur gros. Le regard de Gervais était encore en moi. Ses larmes brillantes comme des braises me brûlaient. Il fallait donc être sans coeur pour faire mon métier ! Mes jambes étaient lourdes. Je me disais que, plus tard, les hommes inventeraient une machine pour remplacer les facteurs, une machine froide distribuant les lettres et les destins d'une manière mécanique et insensible à la douleur qu'elle sèmerait autour d'elle." p.216
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Quand nous avions bien mangé, nous allions au bordel. Je me sentais un peu honteux d’acheter du plaisir. Je comprenais mal qu’on puisse faire l’amour sans amour. Il me semblait qu’avec mon argent je salissais quelque chose d’unique au monde, qui ne pouvait s’acheter, un don de Dieu aux hommes, un bijou brillant que la moindre tache ternissait à jamais… Après de telles pensées, je me jurai de ne jamais retourner chez les filles, pourtant je suivais mes camarades à la première occasion. J’étais quelqu’un d’autre. L’habit militaire m’avait transformé.
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"Je me demandais si, à force de vivre plus ailleurs qu'ici par la télévision, ils n'en oublieraient pas ce qui est à leur portée. A trop connaître ce qui se passe au bout de l'univers, ne risquaient-ils pas de délaisser pour des mirages ce regard sur les choses et les êtres qui les entourent, indispensable pour être heureux ? " p.222
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