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ISBN : 2226436707
Éditeur : Albin Michel (27/02/2019)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Qu'est-ce qu'un « propos » ? Un article de journal, souvent inspiré par l'actualité, mais à visée au moins partiellement philosophique. C'est confronter sa pensée au monde, dans ce qu'il a de plus changeant, de plus inquiétant, en s'adressant au plus vaste public. Et chercher un peu d'éternité, dans l'histoire en train de se faire. Cela vaut-il la peine ? Il m'a semblé que oui. L'actualité, si souvent décevante ou effrayante, est aussi une incitation à penser. On n'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
berni_29
  02 mars 2019
Un grand merci à Babelio dans le cadre de sa Masse Critique et aux Éditions Albin Michel...
Contre la peur et cent autres propos : je dois tout d'abord vous avouer que la lecture de ce livre a été pour moi un véritable enchantement. Ensuite je me suis demandé comment je pourrais vous en parler. Pas facile, je vous avoue.
Son auteur, André Comte-Sponville y rassemble une centaine de chroniques, qu'on appelle aussi « propos », au sens que le philosophe Alain donnait à ce mot, c'est-à-dire des articles de presse que l'auteur a tout d'abord publié entre 2007 et 2018 dans des magazines comme Challenges ou le Monde des Religions. C'est en quelque sorte le concept de journalisme philosophique qui est ici remis au goût du jour. L'auteur reprend le procédé qu'il avait déjà utilisé dans un précédent livre intitulé « le goût de vivre et cent autres propos ».
Ces articles ont été guidés au moment de leur écriture par l'actualité ; par contre pour l'ouvrage dont je vous parle, l'auteur a choisi de ne retenir que ceux qui ont le mieux résisté à l'épreuve du temps. Et c'est vrai que l'une des premières sensations que j'ai ressentie à leur lecture, est que les thèmes soulevés par cette pensée philosophique n'ont pas pris une ride, demeurent intemporels.
Tout comme Alain, André Comte-Sponville est aussi un philosophe. Un philosophe n'est pas neutre, il pose une empreinte personnelle, subjective sur sa pensée, dans ce qu'il dit et écrit. Ici, André Comte-Sponville le fait à sa manière, c'est-à-dire celle d'un homme clairement ancré dans l'athéisme, la laïcité - ce sont des valeurs fortes qui l'animent -, et en même temps il est fortement respectueux de la figure de Jésus-Christ et de son parcours.
« La foi est une histoire d'amour. Allez convaincre un amoureux de ne plus l'être ! C'est aussi impossible que de le convaincre de l'être encore, lorsqu'il ne le sera plus ».
Il exprime aussi d'autres valeurs qui ne sont d'ailleurs pas contradictoires avec celles citées auparavant, la recherche du bonheur ou de la sagesse par exemple.
« Prier, au sens ordinaire du terme, c'est mettre des mots sur son désir ».
André Comte-Sponville écrit sur les riches, les inégalités, la politique et la morale, l'école, le droit au logement, l'identité nationale, l'Europe, la mort... D'autres sujets s'invitent sur cette décennie particulière : l'islam et l'islamisme, le voile, les manifestations nuit debout, le droit de mourir, le populisme, le cannabis... Pour d'autres, je ne sais pas où les situer. J'ai l'impression qu'ils ont pris racine au cours de ces dernières années et pour autant je sens bien qu'ils portent désormais en eux le germe d'une intemporalité : le fondamentalisme, par exemple et qui ramène à une chronique que le philosophe a écrit et publié en janvier 2015 dans le Monde des Religions, juste après l'attentat de Charlie Hebdo. Chacun d'entre nous est capable de situer l'endroit où il était et ce qu'il faisait le 7 janvier 2015. Je me souviens que j'étais à Kiev et que je fêtais le Noël orthodoxe. Ce souvenir restera marqué dans nos mémoires. Dès lors, des opinions se sont exprimées de manière très fortes, parfois contradictoires et violentes. Il est intéressant d'entendre la voix d'un philosophe sur ce sujet, non pas comme celle d'un sauveur ni d'un thérapeute, mais comme celle de quelqu'un qui sait poser les bonnes questions. À ce titre, le texte portant sur le fondamentalisme, mais aussi les deux autres chroniques qui suivent un peu plus loin : « Écrasons l'infâme ! » et « Pour que vive la République ! », m'ont totalement happé et je dirai même qu'ils m'ont fait du bien.
« Après l'horreur et le chagrin, quoi ? La volonté renforcée de continuer ce combat-là, qui fut celui des morts que nous pleurons, et qui est le nôtre. Être fidèle à Charlie, c'est le mener dans la joie et l'humour, plutôt que dans la tristesse et dans la haine. Ces salauds d'assassins ne nous empêcheront pas d'aimer la vie, la liberté, le rire. le blasphème fait partie des droits de l'homme. L'humour, des vertus du citoyen ».
C'est peut-être sa manière à lui de chercher un peu de sens dans tout cela, dans tout ce qui nous paraît bruyant, terrifiant ou bien parfois insignifiant. En tous cas, ce matériau qu'est l'actualité est riche pour André Comte-Sponville. Il l'aborde avec beaucoup d'humilité et tente d'y poser un regard décalé en apportant son point de vue, ses questions, mais aussi d'autres itinéraires possibles à partir de ses mots. Il nous invite avec lui à ramener les idées que suscitent toutes ces questions où nous voudrions que notre chère République prenne position, à la sphère de l'individu, leur seule place selon lui. « La République, parce qu'elle est laïque, n'a pas de philosophie. C'est aux républicains d'en avoir une ».
Loin des croyances et des opinions toutes faites, il démonte celles-ci avec beaucoup de jubilation et d'ironie, et parfois on le sent, avec un peu d'agacement. « le rôle d'un instituteur est d'enseigner ce qu'il sait, non d'imposer ce qu'il croit ».
L'actualité nous paraît parfois banale, énervante, effrayante aussi. Et puis parfois elle s'accélère, prend de l'épaisseur, c'est peut-être une forme d'histoire déjà en mouvement. le philosophe retient ce mouvement, l'accroche à l'éternité et tente de lui donner du sens en lui posant des questions.
Pourtant le monde change, le monde est de plus en plus changeant. le flux d'informations dans lequel nous vivons donne à l'actualité un caractère immédiat, éphémère, parfois dérisoire.
J'aimerais d'ailleurs un jour revenir à ces textes dans dix ans, dans vingt ans. Auront-ils conservé de manière intacte leur sentiment intemporel, leur sagesse aussi ?
Dans ce livre, j'ai découvert la pensée philosophique d'un homme qui aime la vie. « la joie d'aimer, même douloureuse, vaut mieux que l'indifférence ». Il me donne des clefs pour m'éclairer, m'aider à faire un pas de côté pour découvrir un sens caché dans cette actualité qui se déroule sous nos yeux. Je ne cherche pas à coller à sa pensée, je ne cherche pas des réponses toutes faites et ce n'est pas la volonté de l'auteur de le proposer à ses lecteurs. Celui-ci au contraire nous aide à mieux réfléchir, peut-être nous aider à mieux poser nos propres questions. C'est à nous de poursuivre le chemin. Souvent je suis d'accord avec lui, parfois je ne le suis pas, mais ce n'est pas important. Ainsi connaissant ses positions laïques que je partage, je l'attendais au tournant sur le sujet du voile islamique pour lequel j'ai une position plus intolérante que lui. « La burqa ? Ce n'est pas une faute contre la laïcité, mais une atteinte à la dignité des femmes et à une certain conception des rapports humains ».
Alors, il ne faut pas prendre tout ce que dit André Comte-Sponville pour argent comptant. Je pense que rien ne lui ferait davantage plaisir que de confronter notre point de vue contradictoire à celui de ses propos.
De temps en temps, il convoque d'autres philosophes qui sont ses maîtres à penser, non pas pour imposer un dogme mais pour apporter un éclairage. Aristote, Pascal, Montaigne, Spinoza, Auguste Compte, Simone Weil ou bien Benjamin Constant...
Leurs références viennent nous éclairer comme des fanaux, comme des feux dressés dans le sillon de la piste d'atterrissage d'un avion qui chercherait son chemin en pleine nuit.
De temps en temps aussi, il s'éloigne de l'actualité comme pour prendre des vacances, une pause loin du fracas du monde. Il nous parle alors de la correspondance entre Georges Sand et Gustave Flaubert et c'est délicieux. « Il y a quelque chose de plus important que la littérature, qui est la vie elle-même, et l'amour de la vie, et l'amour des vivants. La littérature n'a jamais sauvé personne. Les plus grands écrivains le savent, et c'est ce qui les sauve ».
Voilà ! C'est frais, c'est stimulant, c'est revigorant, c'est une écriture « à sauts et à gambades » comme écrirait volontiers Montaigne, et nous, nous passons d'un texte à l'autre en sautillant, comme sur les pierres d'un ruisseau, avec grâce et légèreté et les gestes enfin emplis de lumière.
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kuroineko
  18 mars 2019
Livre lu dans le cadre de l'opération Masse critique de janvier 2019. Je remercie Babelio de m'avoir sélectionnée ainsi que les Éditions Albin Michel pour leur envoi.
Le philosophe André Comte-Sponville réitère avec Contre la peur et cent autres propos une recension de ses articles, comme dans le Goût de vivre, paru en 2010.
Les articles de ce nouveau recueil courent de novembre 2008 à novembre 2017 et émanent de divers magazines, bien que deux reviennent majoritairement : Challenges et le Monde des Religions.
Le philosophe suit dans ses propos l'actualité du moment, en particulier pour Challenges. Spiritualité, religions, économie, politique, sont autant de thèmes ainsi abordés. Mais loin d'être de "simples" relations factuelles, André Comte-Sponville leur donne un angle élargi et en rapport avec sa spécialité.
Je lis régulièrement ses chroniques dans le Monde des Religions, et je retrouve avec plaisir dans d'autres publications grâce à ce recueil tout ce qui fait que j'apprécie beaucoup ses textes. Il y a bien sûr son écriture, élégante et érudite sans jamais être pédante. Mais c'est surtout son appel réitéré à plus de bon sens, de lucidité et de tolérance qui émane de ses propos, quel qu'en soit le sujet. Il apprend, grâce aux recours à d'autres grands noms de la philosophie (Platon, Spinoza et son cher Montaigne en tête) à prendre du recul dans les passions et émotions suscitées par les événements de l'actualité pour en revenir à plus de raison.
Chantre de la philosophie pragmatique et, si l'on peut dire comme pour les sciences, appliquée, il ne se pose pas comme maître à penser et incite au contraire à aiguiser son propre esprit critique (et pas forcément de critique, nuance...) et son discernement.
Des propos et des conseils on ne peut plus nécessaires pour résister aux courants actuels du tout émotionnel, des tentations démagogiques et des contre-vérités prises comme paroles d'évangile.
Un grand merci pour votre lucidité et votre plume ferme mais toujours bienveillante, Monsieur Comte-Sponville. C'est un plaisir de vous lire et une piqûre de rappel bien utile pour rester vigilant contre l'endormissement de l'esprit. Nul besoin d'être docteur ès philosophie pour lire et apprécier la teneur de vos propos, toujours d'une grande accessibilité.
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allard95
  17 juillet 2019
Ce livre regroupe une centaine de brefs articles de presse (des "propos") rédigés par A.Comte-Sponville, intellectuel de gauche, entre les années 2008 et 2017, et publiés alors par des journaux tels que Challenges, le Monde des religions, Psychologies. Il peut donc s'agir tantôt de réflexions intemporelles, de portée philosophique ou d'analyse historique par exemple, tantôt de réflexions sur l'actualité politique du moment.
L'ensemble est relativement intéressant. On apprécie particulièrement l'encouragement à l'action et au courage (pour résoudre les innombrables problèmes contemporains…..) et la condamnation des postures différentes mais tellement plus fréquentes: l'optimisme de principe, ou le déni des réalités, au nom du "politiquement correct", évangile de son camp.
Par contre la trop fréquente recherche d'un équilibre du type "en même temps" peut agacer, car, pour résoudre une difficulté, il ne suffit pas d'en analyser finement les causes, il faut prendre la bonne décision, et pour cela, trancher.
A.Comte-Sponville nous rejoint parfois sur ce point, préférant l'efficacité, malgré parfois ses effets collatéraux regrettables, à l'hypocrisie de la recherche d'un tiède compromis.
Dans l'ensemble, il faut reconnaître à l'ensemble une certaine hauteur de ton, qui justifie la lecture de ce recueil d'articles.
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Olloix
  17 août 2019
Il s'agit d'une série d'articles de 4 à 6 pages écrits entre novembre 2008 et novembre 2017 pour des revues, "Challenges" ou le "Monde des religions" pour la plupart.
A. Comte-Sponville s'attache à structurer les façons d'aborder des faits politiques ou des faits de société en introduisant la rigueur philosophique dans le sens des mots et les concepts sous-jacents aux débats du moment.
Comme souvent il apporte au lecteur des textes abordables et plaisants à lire, malgré leur rigueur. le lecteur que je suis a l'impression d'en ressortir avec les idées plus claires.
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La31
  20 mars 2019
Des propos concis, justes: de la belle ouvrage!
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critiques presse (1)
Lexpress   04 mars 2019
En philosophe de son temps, André Comte-Sponville scrute néanmoins, depuis de longues années, notre vie publique et économique, dont il est l'un des meilleurs observateurs. Son dernier livre, Contre la peur, et cent autres propos (Albin Michel) en fait, une nouvelle fois, la démonstration.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   01 mars 2019
Tout pouvoir est une responsabilité. Toute responsabilité, un risque.
Reste à ne pas confondre la responsabilité et la culpabilité. (...) Pour être responsable de ses actes, il suffit de les avoir accomplis volontairement. Pour en être coupable, il faut avoir violé la loi (culpabilité juridique) ou avoir sciemment mal agi (culpabilité morale). Aussi n'est-on jamais coupable de ses erreurs, et pas toujours de ses fautes, quoiqu'on en soit le plus souvent responsable. (...)
Raison de plus pour garder le sens de la mesure. Le pouvoir ne saurait valoir comme impunité, mais pas non plus comme condamnation. Toute erreur n'est pas une faute. Toute faute n'est pas un délit. Tout délit, pas un crime. L'indignation, si fort en vogue, ne tient pas lieu de lucidité, ni de justice.

"Responsabilité ou culpabilité", Challenge n°239, 13 janvier 2011
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kuroinekokuroineko   14 mars 2019
Quand on brûle pour plusieurs millions d'installations publiques, ce n'est pas seulement le contribuable qui est lésé. C'est la République qui est atteinte. On a le droit, dans une démocratie, de combattre une loi. Pas de la violer. On peut protester contre les impôts. Pas refuser de les payer.
(...)
《On a raison de se révolter》, disait Sartre en 1968. C'est souvent vrai. Mais on a toujours tort de croire que la révolte peut suffire. La colère, même légitime, ne fait pas une politique. Ni l'addition des mécontentements, un projet pour la France.

"Jacqueries", Challenges n°365, 14 novembre 2013
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kuroinekokuroineko   24 février 2019
L'actualité, si souvent décevante ou effrayante, est aussi une incitation à penser. On n'en a jamais trop - et cela guérit, parfois, de la déception comme de la peur. Le réel est à prendre ou à laisser. La philosophie aide à le prendre. Mieux vaut penser que se lamenter. Mieux vaut agir que trembler.

"Avant-propos"
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kuroinekokuroineko   01 mars 2019
De quoi est-on responsable? De ce qu'on a fait, cela va de soi, mais aussi de ce qu'on n'a pas fait, quand on aurait pu le faire, et de ce qu'on a laissé faire, quand on aurait pu l'empêcher. Vaste ensemble, aux limites toujours floués.

"Responsabilité ou culpabilité", Challenge n°239, 13 janvier 2011
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kuroinekokuroineko   08 mars 2019
Le problème n'est pas de savoir si la vie a un sens, mais si nous l'aimons assez pour qu'elle vaille la peine d'être vécue.

"Sens et valeur", Le Monde des Religions n°53, mai 2012
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Videos de André Comte-Sponville (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Comte-Sponville
Extrait de "Petit traité des grandes vertus" d'André Comte Sponville lu par Philippe Sollier. Editions Audiolib. Parution le 21 août 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/petit-traite-des-grandes-vertus-9782367629360
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