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ISBN : 2253257524
Éditeur : Le Livre de Poche (19/09/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.96/5 (sur 167 notes)
Résumé :
Mieux vaut enseigner les vertus que condamner les vices. La morale n'est pas là pour nous culpabiliser, mais pour aider chacun à être son propre maître, son unique juge. Dans quel but ? Pour devenir plus humain, plus fort, plus doux.

De la politesse à l'Amour en passant par le Courage et la Tolérance, André Comte-Sponville, en s'appuyant sur les plus grands philosophes, nous fait découvrir dix-huit de ces vertus qui nous manquent et nous éclairent. A ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
  25 mai 2013
Que cela soit clair : le Petit traité des grandes vertus n'a aucune prétention à fonder un système novateur. André Comte-Sponville est honnête et en avertit son lecteur dès les premières pages en explicitant sa démarche :

« Comment ai-je procédé ? Je me suis demandé quelles étaient les dispositions de coeur, d'esprit ou de caractère dont la présence, chez un individu, augmentait l'estime morale que j'avais pour lui, et dont l'absence, au contraire, la diminuait. Cela donna une liste d'une trentaine de vertus. J'ai éliminé celles qui pouvaient faire double emploi avec telle autre […] et toutes celles en général qui ne m'a pas paru indispensable de traiter. Il en est resté dix-huit, ‘est-à-dire bien plus que ce que j'avais d'abord envisagé, sans que je parvienne pourtant à en supprimer davantage. »

Que la méthode soit aléatoire et généralement dépourvue d'intérêt (le livre aurait plus justement dû s'appeler Petit traités des grandes vertus selon André Comte-Sponville) ne devrait cependant pas nous dissuader de mettre d'emblée le livre de côté. C'est avec curiosité qu'on s'apprête à découvrir les choix effectués par l'auteur, et la justification de l'élection de ses vertus. L'arnaque n'apparaît pas immédiatement. Pourtant, peu à peu, on sent qu'André Comte-Sponville nous fait tourner en bourrique. Les chapitres passent, les vertus défilent, et le lecteur, qui n'a que faire de cette messe philosophique et de bondieuseries moralisatrices poursuit davantage sa lecture, davantage dans le but d'élucider le mystère de la mauvaise foi de l'écrivain que dans l'espoir de s'instruire un peu.

La progression du Petit traité des grandes vertus est rythmée en apparence par le cheminement effectué de la vertu de moindre valeur à celle de plus grande valeur (André Comte-Sponville a aussi écrit, rappelons-le, le capitalisme est-il moral ? –dans le cas des vertus, il semblerait que oui). En filigrane toutefois, il sera possible de relever un système de progression moins explicite rythmé par les commandements ci-dessous :

1- Les pensées de tes prédécesseurs tu t'accapareras : On avait bien compris qu'André Comte-Sponville n'avait pas pour prétention de dresser un système général et qu'il souhaitait se contenter de faire partager à ses lecteurs une réflexion personnelle. En revanche, nous n'avions pas imaginé qu'André Comte-Sponville était incapable de réfléchir par lui-même : aucun de ses propos ne découle d'une réflexion qui semble personnelle. Tout n'est que paraphrase d'écrivains ou de philosophes, Spinoza et Kant en tête. Lire le Petit traité des grandes vertus, c'est lire un abrégé barbant de L'éthique ou de la Critique de la raison pure qui aurait la prétention de se faire passer pour synergie de ses références. La philosophie devient aussi intéressante qu'un match de foot décrit du point de vue d'un supporter hystérique :

« Je reconnais que j'ai Aristophane et l'eau de rose contre moi. Mais Platon avec, qui détestait Aristophane, mais Lucrèce avec (et Pascal, et Spinoza, et Nietzsche, et toute la philosophie…), mais Freud, Rilke ou Proust avec… » (bravo !)

2- Tes arguments tu n'expliqueras pas : André Comte-Sponville devrait troquer son titre de philosophe contre celui de sophiste. Ce qu'il écrit semble raisonnablement fondé ; pourtant, il ne convainc jamais et la moindre de ses affirmations pourrait être ébranlée si nous lui demandions seulement de justifier ses axiomes. Parmi ceux-ci, se bousculent des petites phrases péremptoires du style : « La matière est l'oubli même : il n'est mémoire que de l'esprit » ; « L'eau pure, c'est l'eau sans mélange, l'eau qui n'est que de l'eau. On remarquera que c'est donc une eau morte, et cela en dit long sur la vie et sur une certaine nostalgie de la pureté » ; « La douceur est une vertu féminine. C'est pourquoi peut-être elle plait surtout chez les hommes. »

3- le manichéisme tu pratiqueras : Même si André Comte-Sponville utilise parfois des mots compliqués (l'être-en-soi-pour-soi !), il veut donner à son lecteur l'impression d'être intelligent et de tout comprendre, au-delà du jargon philosophique. Pour cela, rien de plus simple : non seulement il faut recourir aux images d'Epinal mais, mieux encore, il faut les opposer les unes aux autres comme si Lucky Luke et les frères Dalton s'opposaient dans un duel :

« L'ironie blesse ; l'humour guérit. L'ironie peut tuer ; l'humour aide à vivre. L'ironie veut dominer ; l'humour libère. L'ironie est impitoyable ; l'humour est miséricordieux. L'ironie est humiliante ; l'humour est humble. »
« Quel physicien relit Newton ? Quel philosophe qui ne relise Aristote ? La science progresse et oublie ; la philosophie médite et se souvient. Qu'est-ce d'ailleurs que la philosophie, sinon une fidélité extrême à la pensée ? »

4- le point Godwin tu atteindras : Une autre façon de soumettre sans discussion le lecteur réticent ? Evoquer les nazis, l'holocauste et Hitler ! Qui oserait résister à de tels arguments ? Dans un livre évoquant les vertus, on ne saurait tolérer le fascisme, les génocides ni les petites moustaches :

« Comme le sang se voit davantage sur les gants blancs, l'horreur se montre mieux quand elle est policée. Les nazis, à ce qu'on rapporte, du moins certains d'entre eux, excellaient dans ce rôle. »
« Un nazi de bonne foi est un nazi : que nous fait sa sincérité ? »

5- Les exemples bidons tu multiplieras : André Comte-Sponville croit que son lecteur est un ignare et ça l'embête un peu, parce qu'il ne faudrait pas le décourager à suivre l'exemple vertueux qu'il s'épuise à démontrer. Ainsi, après une citation d'autorité mêlant les propos les plus obscurs d'un Emmanuel Kant sous amphétamines ou d'un Sartre dopé à l'existentialisme, André Comte-Sponville nous sauve des griffes de l'abstraction pour nous plonger aussitôt dans le gouffre du pragmatique :

« Pour ma part, je proposerai la définition suivante, qui me paraît à la fois plus simple (en compréhension) et plus vaste (en extension) que celle de Stendhal, qu'elle recoupe et prolonge : aimer, c'est pouvoir jouir ou se réjouir de quelque chose. Ainsi celui qui aime les huîtres, par opposition à qui ne les aime pas. »
« S'agissant des impôts, par exemple, ce peut être un acte de générosité, quand on fait partie des classes moyennes ou aisées, que de voter pour un parti politique qui a annoncé sa ferme intention de les augmenter. »
« Vous vendez une maison, après l'avoir habitée pendant des années : vous la connaissez forcément mieux que tout acheteur possible. Mais la justice est alors d'informer l'acquéreur éventuel de tout vice, apparent ou non, qui pourrait s'y trouver, de tel ou tel désagrément du voisinage. »

6- D'envolées lyriques, point tu ne priveras ton coeur : André Comte-Sponville est un homme VIVANT avant tout, ce qui signifie qu'il a des potes, une épouse aimante, fidèle et souriante, et des enfants respectueux et épanouis. Ainsi, la philosophie peut être amour (car le lecteur ignare croit fermement le contraire) et c'est ce qui justifie l'avalanche de sentimentalité qui parsème les paraphrases. La philosophie et la poésie fait rarement bon ménage.

« D'abord la caresse qui apaise ou console, d'abord le geste qui protège ou nourrit, d'abord la voix qui rassure, d'abord cette évidence ; une mère qui allaite ; et puis cette surprise : un homme sans violence, qui veille sur un enfant qui dort. »
« Quelle délicatesse au contraire, quelle douceur, quelle pureté, dans la caresse de l'amante ! Toute la violence de l'homme vient y mourir, toute la brutalité de l'homme, toute l'obscénité de l'homme… »

7- le lecteur tu épuiseras, sa volonté tu amoindriras, sa faculté de juger tu émousseras, par le langage pompeux que tu déploieras : Tout le monde le sait, la paraphrase nécessite de savoir broder. André Comte-Sponville excelle en ce domaine et recourt à deux petites astuces : la discussion intarissable sur la nuance qui sépare deux termes voisins et la gradation lyrique de ses tentatives de définition.

« […] la gratitude, qui est la joie elle-même en tant qu'elle est reçue, en tant qu'elle est imméritée (oui, même pour les meilleurs !), en tant qu'elle est grâce, et prise toujours (et partie prenante pourtant) dans une grâce plus haute, qui est d'exister, que dis-je, qui est l'existence même, qui est l'être même, et le principe de toute existence, et le principe de tout être, et de toute joie, et de tout amour… » (citation coupée par mesure de décence)
« Remarquons pour finir que la générosité, comme toutes les vertus, est plurielle, dans son contenu comme dans les noms qu'on lui prête ou qui servent à la désigner. Jointe au courage, elle peut être héroïsme. Jointe à la justice, elle se fait équité. Jointe à la compassion, elle devient bienveillance. Mais son plus beau nom est son secret, que chacun connaît : jointe à la douceur, elle s'appelle la bonté. »

Le Petit traité des grandes vertus aurait presque la malice de nous rendre aussi vicieux qu'un Flaubert rédigeant Bouvard et Pécuchet, passant des heures à recopier les pires remarques péremptoires des ouvrages les plus prétentieux. A lui tout seul, ce traité d'André Comte-Sponville pourrait rivaliser avec le Dictionnaire des idées reçues. Il ne suffit pas à son auteur de faire passer toute personne émettant un jugement négatif comme modèle du mal absolu pour se parer des critiques que son livre nécessite de recevoir. Mais laissons-là André Comte-Sponville et ses chimères vertueuses qui lui ébouriffent l'ego. Lui-même le dit (et relevons là la phrase la plus pertinente de son ouvrage) :

« Il se pourrait pourtant que ce ne fût qu'une question de mots. »

Et puisque c'en est une, en effet –car André Comte-Sponville parle des mots de la vertu et non pas de la vertu en elle-même- cessons de faire comme s'il en allait différemment.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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ibon
  04 avril 2018
Mieux développé que 'Le monde de Sophie" de J.Gaarder -que j'avais trouvé long à cause de son déroulement chronologique- le livre d'André Comte Sponville m'a fait découvrir un monde que je ne connaissais pas bien. Celui des mots précis, celui des vertus et celui de la réflexion sur ces thèmes.
La philosophie: je fais partie des anciens réfractaires à cette discipline pourtant essentielle, pas seulement au bac, mais aussi dans la vie de tous les jours. Découragé depuis l'enseignement de terminale qui a laissé tant d'élèves à la porte de ces savoirs avec notamment"La pensée et le mouvement" de H. Bergson...
Dans ce petit traité des vertus, tout m'a paru relativement clair. Relativement parce qu'il faut un temps d'assimilation assez long avec des retours fréquents.
Les dix-huit thèmes, comme autant des vertus choisies par l'auteur, suivent un développement accessible tout en épargnant aux novices un vocabulaire de spécialistes, si décourageant pour moi, grâce à un réel engagement de se faire comprendre par le plus grand nombre. le style d'écriture oralisé aide sûrement.
C'est un ouvrage très riche que l'on peut consulter à l'occasion, le temps d'un chapitre, en fonction de l'actualité ou de sa vie personnelle.
J'ai été particulièrement attiré par la tolérance. Une vertu que l'on ressert à toutes les situations sans que personne ne conteste l'usage de ce mot.
Concernant les religions, celles qui détiennent "la vérité", j'ai pu trouver un certain réconfort en lisant A. Comte-Sponville , lequel décortique leurs raisonnements point par point. Sans surprise, mais il fallait le démontrer, les détenteurs de la vérité révélée portent invariablement les germes de ...l'intolérance.
Dorénavant au comptoir de la philosophie, je ne dirai plus: "il n'y a Bergson, je vais prendre une Chopine-ailleurs"*, je dirai qu'il existe des ouvrages de vulgarisation, comme celui-ci: mon livre de chevet.
(*) Shopenhauer
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lecassin
  24 décembre 2016
« Des vertus, on ne parle plus guère. Cela ne signifie pas que nous n'en ayons plus besoin, ni ne nous autorise à y renoncer » ou « Il n'y a pas de Bien en soi : le bien n'existe pas, il est à faire et c'est ce qu'on appelle les vertus. »
Voilà ce déclare André Comte-Sponville en quatrième de couverture de cet essai paru dans les années 90 finissantes…
Une bonne occasion pour lui de reprendre une à une, de « la politesse » à « l'amour », en passant par « la fidélité », « la prudence », « la tempérance », « le courage », « la justice », « la générosité », « la compassion », « la miséricorde », « la gratitude », l'humilité », « la simplicité », « la tolérence », la pureté », « la douceur », « la bonne foi » et « l'humour », une série de notions élevées au rang de vertus …
Ici, point de théorie fumeuse à ériger en système. Non, « seulement » dix-huit textes comme de petits essais. Certes, on est souvent dans le commentaire des grands du passé, comme Kant et Spinoza, Montaigne…, façon dissertation. Qu'importe !
La prose d'André Comte-Sponville a ceci d'agréable qu'elle n'est pas ou peu jargonnante, tout juste peut-on signaler l'utilisation un peu exagérée du renversement de formules qui n'amène rien si ce n'est une certaine élégance dans le propos…
Une lecture agréable, si l'on procède avec parcimonie sous peine qu'il ne vous en reste rien : un vrai livre de chevet… et je parle là d'autorité, moi qui ai mis deux ans à le lire !
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ChatDuCheshire
  13 juin 2015
Bof, bof et re-bof. Une belle arnaque, avec le recul. A l'époque de sa sortie, 1995, cet ouvrage fit le "buzz" et, rétrospectivement, c'était le bon moment pour la parution d'un tel livre, rappelant quelques principes moraux gros comme des maisons ce précisément à l'époque où ceux-ci commençaient à disparaître ou, disons, à se faire relativiser au profit de la "grande morale" hypercapitaliste (qui se résume à "tire-toi de là que je m'y mette sinon ce sera moi qui me ferai écraser"). Aujourd'hui, vingt ans plus tard, le caractère éculé de ce prêchi-prêcha dans le désert de ce livre se manifeste pleinement. Je ne suis pas spécialiste de philosophie mais j'ai ouï dire que ce bouquin pique tout à Spinoza et Kant, en les simplifiant. C'est bien possible mais il me semble que Spinoza avait un tout autre souffle et une toute autre élévation de l'esprit.... On peut s'interroger sérieusement sur la ligne ou les intentions profondes de cet auteur dont l'écriture est simple et claire - c'est pour cela sans doute qu'il plaît dans un domaine où il est de bon ton d'être abscons - mais dont la pensée est trouble. Ceci transparaît clairement de la confrontation de ce livre avec son plus récent "Le capitalisme est-il moral ?", que j'ai lu, aussi, mais dont je n'ai pas retenu grand-chose, à l'instar de ce "Petit traité", sauf une impression confuse de "Laissez faire, laissez passer" ou encore: "Le capitalisme est amoral mais faites avec". En bref Comte-Sponville est tout sauf un révolutionnaire. Maintenant quand à savoir s'il s'agit d'un réactionnaire, je ne suis pas qualifiée pour me prononcer mais j'attends autre chose de la philosophie qu'un cours de morale me commandant d'être "bien sage" pendant que le monde autour de moi ne l'est plus ou, en tout cas, beaucoup moins qu'avant encore.
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mercutio
  16 janvier 2015
Ça peut faire un peu peur, lorsqu'avant de même en envisager la lecture, on feuillette le livre, comme pour d'avance l'alléger ne serait-ce que de la poussière qui aurait pu s'y déposer.
Pourtant non.
Comme deux livres en un, il s'agit en fait d'une belle unité en forme de feu d'artifice.
D'abord, dix-sept vertus (mais peu importe le nombre, arbitraire), sélectionnées et ordonnées selon des critères propres à l'auteur qui n'oublie pas la longue tradition de la morale depuis l'Antiquité, citant parmi d'autres, avec prédilection, qui s'en étonnera, Aristote et Spinoza, Jankélévitch et Montaigne et aussi, mais avec une honnêteté qu'on dirait scrupuleuse, Platon ou Kant; vertus redéfinies, exposées, discutées, argumentées, synthétisées par l'humaniste athée Comte-Sponville, c'est-à-dire non pas une récitation mais la reconstruction logique et esthétique de ce qui pourrait fonder une morale moderne, telle qu'il la conçoit.
Du travail d'orfèvre, un point à l'endroit, un point à l'envers. Intriguant et séduisant. Percutant aussi, directs au plexus garantis pour celles/ceux, je ne fais pas exception, qui, en toute modestie, imagineraient détenir une parcelle d'aucune de ces vertus.
Puis un bouquet final sur l'amour, en fait, les amours - eros, philia, agape- dont il semblerait que, s'agissant du troisième, peu d'autres que Simone Weil aient eu une intuition consistante. Mais déjà le premier, et encore plus le second, et la façon d'en parler….Fluide, inspiré et jubilatoire.
Et toujours cette virtuosité du jeu avec les mots, les formules paradoxales ou renversées qui interrogent, suscitent le doute et la perplexité, et c'est leur but. En abuserait-il parfois? Je vois qu'il en énerve certaines. Quant à moi, je lui ai déjà pardonné.
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Citations et extraits (118) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   06 octobre 2013
Comme la politesse est un semblant de vertu (être poli, c’est se conduire comme si l’on était vertueux), toute vertu sans doute –en tout cas toute vertu morale- est un semblant d’amour : être vertueux, c’est agir comme si l’on aimait. Faute d’être vertueux, nous faisons semblant, et c’est ce qu’on appelle la politesse. Faute de savoir aimer nous faisons semblant, et c’est ce qu’on appelle la morale.
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ibonibon   13 mars 2018
Comment serions-nous heureux, puisque nous sommes insatisfaits? Et comment serions-nous satisfaits puisque nos désirs sont sans limites?
Dans une société point trop misérable, l'eau et le pain ne manquent presque jamais. Dans la société la plus riche, l'or et le luxe manquent toujours.

LA TEMPERANCE
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Chrisdu26Chrisdu26   24 juillet 2017
Comment te jurerais-je de t'aimer toujours ou de n'aimer personne d'autre?
Qui peut jurer de ses sentiments ?
Et à quoi bon, quand il n'y a plus d'amour, en maintenir la fiction, les
charges et les exigences ?

Mais ce n'est pas une raison pour renier ou désavouer ce qui fut.

Qu'avons-nous besoin, pour aimer le présent, de trahir le passé ?

Je te jure, non de t'aimer toujours, mais de rester fidèle toujours à cet
amour que nous vivons.

Aime-moi tant que tu le désires, mon amour ; mais ne nous oublie pas.
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colimassoncolimasson   19 septembre 2013
« Le contrat social, autrement dit, « est la règle, et non pas l’origine, de la constitution de l’Etat : il n’est pas le principe de sa fondation, mais celui de son administration » ; il n’explique pas un devenir, il éclaire un idéal –en l’occurrence « l’idéal de la législation, du gouvernement et de la justice publique ». » (Kant)
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colimassoncolimasson   08 octobre 2013
Remarquons pour finir que la générosité, comme toutes les vertus, est plurielle, dans son contenu comme dans les noms qu’on lui prête ou qui servent à la désigner. Jointe au courage, elle peut être héroïsme. Jointe à la justice, elle se fait équité. Jointe à la compassion, elle devient bienveillance. Mais son plus beau nom est son secret, que chacun connaît : jointe à la douceur, elle s’appelle la bonté.
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Videos de André Comte-Sponville (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Comte-Sponville
Philosophe humaniste, André Comte-Sponville est l?auteur de « Contre la peur : et cent autres propos » (Albin Michel) qui, par sa clarté et sa pédagogie, mettent la philosophie à la portée de tous. « Qu?est-ce qu?un « propos » ? Un article de journal, souvent inspiré par l?actualité, mais à visée au moins partiellement philosophique.  C?est confronter sa pensée au monde, dans ce qu?il a de plus changeant, de plus inquiétant, en s?adressant au plus vaste public.  L?actualité, si souvent décevante ou effrayante, est aussi une incitation à penser.
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