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ISBN : 2253066990
Éditeur : Le Livre de Poche (21/01/2004)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 96 notes)
Résumé :
L'amour, la sexualité, le désespoir, la solitude, la sagesse? Pour André Comte-Sponville, proche en cela des dizaines de milliers de lecteurs qui ont plébiscité son oeuvre, la philosophie n'a d'intérêt que si elle reste au contact de la vie vécue, de l'expérience quotidienne, qu'elle nous aide à éclairer et à approfondir. Dans ces entretiens avec une romancière, un poète et un jeune philosophe, il aborde en toute liberté les grands thèmes qui charpentent son oeuvre,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
mariecesttout
  15 février 2014
Un peu pour rebondir sur la très belle liste de Fanfanouche, et sur les livres qui aident à vivre.
N'ayant que peu de goût-parce que sans doute trop peu "intellectuelle", et aussi beaucoup trop paresseuse- pour la lecture des philosophes, j'ai toujours aimé André Comte-Sponville. Est-ce à dire que ce n'est pas un philosophe? Je n'en sais rien et à vrai dire, cela m'importe peu. C'est en tout cas quelqu'un que je comprends, et dont les idées , fort simples, presque naïves quelquefois ( "Naïveté m'est vertu" dit-il d'ailleurs..) me touchent.
Sa définition du " cynisme moral" , dans Une éducation philosophique était d'une clarté qui m'avait réjouie, et j'ai donc continué régulièrement à le suivre. Parce que justement on sentait à quel point, contrairement à beaucoup, ses textes,limpides,étaient faits pour être saisis de lecteurs qui ne soient pas des professionnels de la philosophie, mais seulement des êtres doués de raison et d'une attention un peu soutenue.
Et petit à petit, les idées énoncées ont fait leur chemin , et si je n'en ai pas fait une "philosophie", j'y repense souvent..
Mais, en fait, et pour être honnête,même si j'ai été contente de retrouver Comte Sponville, qui parle de lui d'une façon plus personnelle dans L'amour La solitude, je l''avais lu il y a une dizaine d'années dans un but un peu plus précis. Parce qu'il avait parlé je ne sais plus où ( peut être dans Une éducation philosophique, mais j'ai l'impression que c'est plus tard) du suicide de sa mère. Que m'intéressaient les parcours de ceux qui avaient réussi à survivre à, dépasser, voire à sublimer ce genre de choc affectif , et vers quoi ils avaient été avait conduits. de même que Cyrulnik m'a beaucoup plus intéressée dès lors qu'il a raconté son histoire personnelle. Ce sont des gens qui ont vécu ce dont ils parlent, et dont le processus de pensée ne repose pas que sur de l'abstrait, contrairement à certains .
J'ai plus appris sur la complexité de l'être humain en regardant tout simplement autour de moi et dans la littérature bien sûr qu'en lisant Comte Sponville. Mais aimant les choses simples, certaines choses qu'il a écrites dans l'explication de son parcours dans Une éducation philosophique surtout , m'ont semblé assez lumineuses. J'aime assez sa façon de se définir comme athée fidèle, et ce bonheur à rechercher dans l'instant, et au delà de tout espoir en quoi que ce soit.
Je comprends que cela puisse prêter à la moquerie, mais si je demandais quelque chose à la philosophie ( d'ailleurs, je ne le qualifierais pas vraiment de philosophe) , c'est de m'aider à vivre. Ses idées, énoncées simplement, m'ont aidée à vivre à certains moments, et c'est déjà pas mal.
En fait, il dit une chose qui a l'air très banale et simpliste dans les mots , mais qui ne l'est pas vraiment dans le concret et la réalité, c'est effectivement n'espérez rien, la seule chose sur laquelle vous pouvez éventuellement agir, c'est votre comportement lors de l'espace-temps infiniment court de votre vie, et ,en fait, en appelle à la responsabilité individuelle.
Dans L'amour la solitude , on retrouve trois entretiens avec Patrick Vighetti, Judith Brouste et Charles Juliet. Rien de très nouveau par rapport à ce qui a déjà été écrit, si ce n'est des propos plus personnels, sur les livres ,et surtout sur l'importance du moment de la vie où on les lit, la musique, la peinture. Mais toujours la même sérénité lucide, qui me fait toujours du bien!
Le mot que l'on évoque le plus souvent quand on pense à Comte-Sponville est bien sûr le mot" désespoir" qui est en fait l'espoir dépassé, on ne peut atteindre la sérénité que si on renonce à "l'espérance du bonheur, qui nous en sépare (" qu'est ce que je serais heureux si..) et nous voue à la déception, à l'amertume, au ressentiment, pour ce qui concerne le passé, comme à l'angoisse pour ce qui concerne l'avenir"
Et pourquoi "désespoir" qui a une connotation très particulière dans la langue française,et véhicule une telle charge de tristesse et pas "inespoir"?
"Parce que ce serait laisser entendre que l'on peut s'installer d'emblée dans cet état serein,que l'on peut faire l'économie de la déception, de la désillusion, de la souffrance... et je n'en crois rien. L'espoir est toujours premier: il faut donc le perdre ( c'est ce qu'indique le mot de désespoir) et c'est toujours douloureux. le désespoir est un travail, comme le deuil chez Freud, et au fond c'est le même. Que tout le monde préfère le mot "inespoir", je le comprends bien : ce serait tellement mieux si l'on pouvait se passer du travail ,de la souffrance, de la désillusion! L"inespoir" serait comme une sagesse toute faite: ce serait un deuil sans travail. Mais cela, ce n'est pas possible et c'est encore un deuil à faire.. C'est pourquoi j'ai gardé ce mot de désespoir. Il indique au moins la difficulté du chemin. J'observe d'ailleurs que le mot de deuil, chez Freud, manifeste la même ambiguïté, la même hésitation, qui est celle de la vie, la même tension , le même cheminement : que la joie ne redevient possible que de l'autre côté de la souffrance, comme le bonheur ne l'est, me semble -t-il, que de l'autre côté de la désillusion. Nous ne ferons pas l'économie du deuil, nous ne ferons pas l'économie du désespoir."
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lecteur84
  02 novembre 2017
Surprenant ouvrage qui ne peut pas laisser indéfférent... une succession de trois entretiens ou l'auteur nous parle de la philosophie et du rapport qu'elle a avec la vie, de la sagesse qui s'y trouve liée ainsi que de l'amour du desespoir, bref de ce qui fait que nous vivons avec nos joies et nos difficultés. Il y a ce sentiment tout au long de l'ouvrage que la philosophie peut vraiment apporter un surplus de bien être à nos vies, elle se fait "santé de l'âme" jusqu'à déboucher sur la sagesse ultime, celle qui parvient à s'en dispenser totalement, car la philosophie "n'est rien d'autre que d'essayer de penser sa vie, et de vivre sa pensée" le sage y serait donc arrivé et n'aurait plus qu'un seul souhait, goûter le calme de l'existence.
Puis il y a ce débat sur les livres qui pour l'auteur ne sont pas grand chose et ne vallent que s'ils permettent d'aider à vivre, tous les romans ou presque sont donc rayés de la carte..; On se demanderait presque s'il est utile de poursuivre le sien... mais son talent ne tarde pas à nous convaincre qu'il y a dans ces page une clé, un message quelque chose qui va effectivement nous aider.
La clarté des propos facilite la lecture, la limpidité de la pensée éclaire, vers la fin une série d'apophtgmes sur la sagesse vous réveille définitivement et vous apporte ce que vous pressentiez depuis le début, un commencement de réponse...Même les questions s'enrichissent d'une réflexion profonde, comme celle de J Brouste lorsqu'elle évoque cette possible perte d'identité en amour, ou celle de C Juliet se demandant si l'excès de lucidité ne viendrait pas parfois asphyxier la vie! Un livre pour tous les amoureux de la pensée.
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jecogite
  24 août 2015
Wouaw, Wouaw
Et ben. Ce livre m'a apporté ce que peu de livres apportent. L'envie de me lever le matin avec le sourire.
J'ai connu le même effet avec le livre du voyage qui est un peu plus orienté adolescents.
L'amour, la solitude est pour ceux qui sont las de vivre.
Le titre donne une "impression" de "dépression" ?
Et bien détrompez-vous. Ce livre n'enfonce pas l'esprit, au contraire. Il donne envie de vivre.
Fabuleux quand on se demande pourquoi on est sur terre.
Très fortement inspiré du bouddhisme, il s'agit pourtant de philosophie mais plus encore, de psychologie.
Fabuleusement clair, et fabuleusement… fabuleux.
Ce livre m'a rendu, ni de la force, ni de l'espoir mais simplement l'envie de vivre légèrement et m'a permis de me rendre compte qu'il y a très très peu de raisons dans une journée, qui vaillent la peine d'être malheureux pour ceux qui n'ont pas de réels problèmes comme la santé. Je n'en vois pas d'autres personnellement.
Comment l'expression "vivre le moment présent" prend un sens alors qu'elle est prononcée à tout va sans que les parleurs aient la moindre idée de sa signification ou encore du "comment accéder à ca".
Comme s'il suffisait de le dire…
Non, il faut montrer comment accéder à quelque chose d'aussi abstrait que cela.
Ce livre nous fait prendre concrètement conscience de cela.
PS : Ce livre a été conseillé par de nombreux psychologues.
Certes, la psychologie est critiquable en bien des points, comme toute science, mais ce n'est qu'un outil dont se servent beaucoup de médecins pour abuser des patients à travers leur mal-être. Ce sont eux qui sont à blâmer et non l'outil.
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Olloix
  01 novembre 2016
Clareté dans les propos. Sincérité et simplicité dans la façon d'aborder la vie. Vivacitė dans le déroulement des raisonnement. Humilité et rėfėrences à des auteurs que l'on prend envie de lire...j'ai retrouvé A. Comte-Sponville avec toujours autant de plaisir.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   28 mars 2013
Il ne faut pas rêver les couples, mais il ne faut pas rêver la passion non plus; la vivre, oui, quand elle est là, mais ne pas lui demander de durer, ne pas lui demander de suffire, ne pas lui demander de remplir ou guider une existence! Ce n'est qu'un leurre de l'ego. La vraie question est de savoir s'il faut cesser d'aimer quand on cesse d'être amoureux (auquel cas on ne peut guère qu'aller de passion en passion, avec de longs déserts d'ennui entre deux), ou bien s'il faut aimer autrement, et mieux.
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GeraldineBGeraldineB   28 mars 2013
Un de mes amis, il avait une quarantaine d'années, me dit un jour: " A chaque fois que je suis amoureux, c'est toujours comme la première fois!" J'en étais peiné pour lui: cela voulait dire qu'il n'avait rien appris. Moi, au contraire, ce fut différent à chaque fois: je croyais de moins en moins à la passion et de plus en plus à l'amour. Cela ne m'empêcha pas de retomber amoureux, bien sûr, mais au moins cela m'empêcha de me faire la dessus trop d'illusions. Un ami m'a demandé récemment quel type de femme j'aimais... Je lui ai répondu:"Celle qui ne se font pas d'illusions sur les hommes, et qui les aiment pourtant." Ces femmes existent, tu en fais partie, et c'est le plus beau cadeau que vous puissiez nous faire: un peu d'amour vrai, de désir vrai, de plaisir vrai...
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Lorraine47Lorraine47   20 mai 2018
Rilke a trouvé les mots qu'il fallait, pour dire cet amour dont nous avons besoin, et dont nous ne sommes que si rarement capables: "Deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s'inclinant l'une devant l'autre"...
Cette beauté sonne vrai. L'amour n'est pas le contraire de la solitude: c'est la solitude partagée, habitée, illuminée ---- et assombrie parfois --- par la solitude de l'autre. L'amour est solitude, toujours, non que toute solitude soit aimante, tant s'en faut, mais parce que tout amour est solitaire. Personne ne peut aimer à notre place, ni en nous, ni comme nous. Ce désert, autour de soi ou de l'objet aimé, c'est l'amour même.
(P35)
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OttoDidaktOttoDidakt   26 octobre 2017
J'ai bien dû constater, à la longue, que des romans j'en lisais de moins en moins, et avec de moins en moins de plaisir, de moins en moins de foi... La philosophie s'était glissée par là, et pas seulement la philisophie : la vie aussi, la vie surtout, la vie toute simple, toute vraie, et tellement difficile ! A coté de quoi les romans m'ont paru mensongers, presque tous, ou ennuyeux et dérisoires. A quoi bon inventer des histoires ? A quoi bon toutes ces phrases, toutes plus inutiles les unes que les autres ? Quand on est très jeune, les romans sont utiles : il faut bien rêver la vie, avant de la vivre. Mais après ? La vie est un roman suffisant, non ? Il y a bien longtemps, même, que je ne relis plus Proust ou Flaubert. Les poètes, oui. Les journeaux intimes, les mémoires, les correspondances, oui aussi, parfois. Mais les romans, non. Je parcours tout juste ceux que je reçois : il est bien rare que j'aille au-delà de quelques pages. Le plus souvent j'ai l'impression que ces romans ne se justifient que par l'envie très forte qu'avait l'auteur de publier un livre... Grand bien lui fasse, mais que m'importe ? S'il a quelque chose d'important à dire, que ne le dit-il pas tout de suite ? Pourquoi tous ces détours, tous ces déguisements ? Très vite, je renonce. La vie est trop brève, la campagne trop belle, le travail trop prenant, les enfants trop présents... J'ai toujours autre chose à faire. Un roman, ce n'est jamais qu'un divertissement, dirait Pascal, et j'en connais de tellement plus agréables !
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ClaireGClaireG   31 juillet 2015
La vie est décevante, toujours, et on n'échappe à la déception qu'en échappant à l'espérance. Toute espérance est déçue, toujours. Souvent, c'est parce qu'elle n'est pas satisfaite, et chacun en connaît le goût, qui est de frustration. Mais il arrive aussi qu'une espérance soit déçue parce qu'elle a été satisfaite et qu'il faut bien constater que sa satisfaction échoue à nous donner le bonheur que nous en attendions. . Nous n'avons de bonheur que dans ces moments de grâce où nous n'espérons rien, nous n'avons de bonheur qu'à proportion du désespoir que nous sommes capables de supporter. Le bonheur reste le but et cela veut dire que nous ne l'atteindrons qu'à la condition d'y renoncer.
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Videos de André Comte-Sponville (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de André Comte-Sponville
Extrait de "Petit traité des grandes vertus" d'André Comte Sponville lu par Philippe Sollier. Editions Audiolib. Parution le 21 août 2019.
Pour en savoir plus : https://www.audiolib.fr/livre-audio/petit-traite-des-grandes-vertus-9782367629360
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