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ISBN : 2351781341
Éditeur : Gallmeister (02/02/2017)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 144 notes)
Résumé :
Sughrue, détective privé, doit retrouver Trahearne, un écrivain parti écluser les bars en délaissant ex-épouse, femme et mère. Il finit par le dégoter dans un bistrot. S'étant découvert le même penchant pour l'alcool, les deux hommes repartent à la recherche de Betty Sue, la fille de la patronne, qui n'a pas réapparu depuis dix ans. Ils emmènent dans leur périple Fireball, un bouledogue amateur de bières. Ils mènent la belle vie, mais toujours point de Betty Sue, qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
02 février 2014
Abraham Trahearne, écrivain de renom, a deux soucis dans sa chienne de vie: un goût prononcé pour la bibine qu'il partage généreusement avec son bouledogue alcoolique Fireball Roberts et une ex un peu trop collante. Lorsque ce dernier en panne d'inspiration décide qu'il est grand temps pour lui d'aller prendre l'air en allant écluser tous les troquets affichant ouvert à 500 bornes à la ronde, sa sculpturale répudiée, qui partage peu sa passion dévorante pour le coma éthylique, décide d'y mettre le holà en embauchant C.W.Sughrue et le missionnant de ramener fissa l'écrivain maudit à la maison !
Caustique, corrosif, acéré, l'humour de Crumley donne le ton avec une couverture qui affiche d'entrée Drug Free Zone puis Gun Free Zone alors qu'il n'est question que de cela si l'on excepte la pornographie, les secrets et rapports familiaux nauséabonds, les effluves de tord-boyaux qui émanent de ce bouquin grisant et autres joyeusetés du même acabit.
Première enquête de ce privé au nom à coucher dehors, ce qu'il fait régulièrement d'ailleurs puisqu'il est dans l'incapacité totale de retrouver son plumard dépassé les 5 gr, petit joueur va, et monstrueux enthousiasme en découvrant au fil de l'enquête tous ces portraits au vitriol. Lorsque quelqu'un tourne avidement les pages, le sourire du petit ravi de la crèche constamment vissé aux lèvres, c'est plutôt bon signe !
Crumley est pour l'égalité des sexes car il n'épargne ni les hommes qui sont tous rien que des salauds, ni les femmes qui font rien que manigancer histoire de palper toujours un peu plus.
Pourquoi lire Crumley ? Tout simplement parce que ce manuel de survie en milieu hostile est un hymne au polar poisseux baignant dans son jus d'ironie mordante.
Le Dernier Baiser, celui du serpent, restera comme l'une de mes plus mémorables gueules de bois! Santé...
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jeranjou
29 mai 2013
Un roman classé triple A : Alcool, Amour et Action (1)
Alcool comme « le Chien ivre », la première parution en français dont l'ouvrage original « The Last Good Kiss » datait de 1978. Né au Texas en 1939, James Crumley débarque en 1965 dans l'état du Montana au nord-ouest des Etats-Unis, précisément à Missoula la ville des écrivains, et s'est éteint récemment en 2008. S'inspirant manifestement de sa longue expérience des bars du Montana, ses personnages absorbent bières, whisky et autre vodka sans modération jusqu'à plus soif.
Amour comme « le Dernier Baiser » rebaptisé ainsi dans une nouvelle traduction française en 1986. Encore un titre « francisé » qui passe à la trappe comme pour « The killer inside me » de Jim Thompson ! Il est clair que les femmes de ce roman font chavirer le coeur des hommes, le lecteur y compris s'il est masculin évidemment. La question étant à qui est destiné ce dernier baiser ?
Action comme C.W. Sughrue, le héros du roman de James Crumley faisant partie d'une série de quatre ouvrages mettant en scène ce détective désabusé. Ancien chef de commando durant la guerre du Vietnam, pratiquant le footing le matin, Sughrue a gardé ses réflexes d'antan dans les situations d'extrème d'urgence.
Le roman AAA en poche, embarquons donc en compagnie de Sughrue pour un voyage dans l'ouest américain !
Embauché par l'ex-femme de l'écrivain Abraham Trahearne, Sughrue va pister de bar en bar Trahearne jusqu'à celui de Rosie, la propriétaire d'un bistrot plutôt glauque. Une bagarre éclate alors et le pauvre Abraham Trahearne prend une balle perdue dans le postérieur le contraignant à une intervention à l'hôpital du coin.
Profitant que Trahearne soit immobilisé à l'hôpital pendant quelques jours, après de longues palabres avec Rosie, Sughrue accepte de rechercher la trace de Betty Sue Flowers, la fille de Rosie, disparue depuis dix ans.
Un trio improbable composé de trois ours mal léchés va partir à la recherche de Betty : le petit (ours) alcoolique, Fireball chien de Rosie, le moyen (ours) alcoolique, le détective Sughrue et le grand (ours) alcoolique, l'écrivain Trahearne !
Si vous cherchez l'anti-polar, « le dernier baiser » est le graal que vous attendez depuis longtemps. Crumley brise tous les codes du polar bien ficelé avec son récit partant dans toutes les directions. On ne sait même plus si l'enquêteur enquête vraiment, si l'écrivain écrit vraiment ou encore si le chien boit ou aboie! En prime, rajoutez des bonnes doses de beautés fatales et ramassez à la petite cuillère ces hommes ratatinés jusqu'à l'os…
Original et inconstant, ce roman s'avère être un road-movie littéraire bien loin des sentiers battus. Une fois passé les cinquante premières pages, on se laisse porter de ville en ville, de bicoque en bicoque, de conversation en conversation. Et puis, comme par magie, le puzzle se reconstitue sans que l'on n'y prenne garde et le dernier baiser devient un amour de roman.
Un moment unique et savoureux, dans la même veine que « Huit millions de façons de mourir » de Laurence Block, « un dernier baiser » étant un cran au-dessus assurement. Bref, un roman complètement triple A plutôt réussi…
(1) A ne pas confondre avec le 5 A ou "AAAAA"… des andouillettes.
Rien à voir ! Dans ce cas, cela signifie que l'andouillette remplit le cahier des charges très sérieux de l'« Association Amicale des Amateurs d'Andouillette Authentique » créée à la fin des années 1960. Lors de dégustations à l'aveugle, les andouillettes jugées de qualité obtiennent le fameux 5A.
PS : note de 4,5 sachant que le début et la fin sont un peu en dessous du reste du roman. Certains passages sont en revanche lumineux. D'où mon 4/5.
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sandrine57
28 mars 2017
Quand le poète et romancier Abraham Trahearne est en panne d'inspiration, il quitte son Montana natal et part en goguette chercher sa muse au fond d'un verre. Une situation intolérable pour son ex-femme qui lui colle un privé aux trousses. C.W. Sughrue, détective désabusé, partageant avec sa proie un goût excessif pour la bouteille, se lance donc à la poursuite du grand homme, de rades paumés en bordels miteux jusqu'en Californie où il le rattrape enfin, affalé sur le comptoir de Rosie, picolant comme de juste en compagnie de Fireball Roberts, un bouledogue grand amateur de bière. Les gars du crû accueille le privé avec méfiance et dans la confusion du moment Trahearne se retrouve avec une balle mal placée. Libre comme l'air durant le séjour de son ''protégé'' à l'hôpital, Sughrue se voit confier une autre mission : retrouver Betty Sue, la fille de Rosie, disparue depuis dix ans déjà. Après une enquête de routine auprès de ceux qui ont connu l'adolescente fugueuse, Sugrhue, flanqué d'un Trahearne bien décidé à panser ses plaies à la vodka et de Fireball alléché par une virée possiblement bien arrosée, prend la route vers le néant où s'est perdue la belle Betty Sue.
Pour la première enquête de son détective accro aux femmes et à l'alcool, James Crumley nous embarque dans un road trip aux relents de vodka et de sexe. Sans temps mort, cette quête éperdue ne s'embarrasse pas de délicatesse, ça picole, ça baise, ça canarde dans tous les coins. Autour des trois compères, le privé, le poète et le bouledogue, s'agitent des gangsters, des femmes fatales, des pornographes, des filles perdues, des mères inquiètes, des amoureux éconduits. Des collines du Montana jusqu'à la baie de San Francisco, mais en passant par les chemins de traverse, le trio cherche une femme mais aussi une rédemption, un sens à la vie, une réponse à des questions existentielles qui n'en trouveront jamais. C'est noir, terriblement américain, mais aussi vivant, rocambolesque, drôle, cynique, bourré de testostérones et de sentiments et c'est l'occasion de faire connaissance, entre deux cuites, avec C.W. Sugrhue, un privé comme on les aime, cabossé, désabusé, drogué, alcoolique, prêt à tout pour un regard de biche, grande gueule et grand coeur.
Un roman noir, magnifique hymne au roman noir.
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CorinneCo
16 mars 2014
Embarqué dans un road movie teinté de western, Chauncey Wayne Sughrue traine dans son adn des morceaux de James Crumley. Désabusé, grand coeur, se voulant et se montrant plus pequenot qu'il n'a l'air, grand buveur devant l'Eternel, et à l'occasion amateur de drogues, ex du Vietnam et amateur de femmes (souvent celles qui ne faut pas). le privé dans la grande tradition du roman noir. le dernier baiser s'ouvre sur une séquence cinématographique, un bar, trou perdu, des alcoolos, un fugitif, un chien assis à un comptoir buvant de la bière et Sughrue le narrateur qui entre comme un cow boy fatigué entrerait dans un saloon ; la poussière, la saleté, le soleil, la fatigue, Rosie femme usée derrière son comptoir. Une ouverture en scope. Sughrue cavale après Trahearne, écrivain, fugueur, immature, plaintif, arrogant, soiffard comme personne, en panne d'inspiration, obsédé sexuel et d'un âge certain. D'emblée la scène de récupération du « colis » est réjouissante. C'est la Californie, la non dissolution de deux mondes en un. L'Amérique rurale et brute de décoffrage et un peu bas du plafond et la génération flower power et dérivés. San Francisco non lointaine, « Sodome et Gomorrhe ». Sughrue par l'intermédiaire de J. Crumley a un solide sens de l'humour, aussi solide que son estomac ou son foie quand on lit tout ce qu'il s'ingurgite tout au long de l'histoire. Trahearne lui c'est quasiment en « intraveineuse ». Une histoire à rebondissements, des filles perdues qui se transforment en femmes fatales, des femmes fatales qui se transforment en fille de rien. Des kilomètres et des kilomètres parcourus sur les routes dans l'imensité des plaines de l'Ouest et des montagnes sauvages. Des caids, des mères possessives et éplorées, des illusions évaporées dans l'alcool, les drogues, la malchance et les mauvaises rencontres. Une histoire de trahison, de mensonge, de manipulation. Des descriptions lyriques et poétiques de situations et de paysages. Sughrue semble incapable de dire non et quand il le dit en fait il dit oui. Un coeur faible ? Peut être… Un coeur qui croit encore un peu à l'amour, à l'âme, à l'amitié, à la loyauté et à la solitude des hivers du Montana. Ce n'est pas une apologie de l'alcool ni un livre sur deux alcooliques partis à l'aventure (pourtant Dieu sait ce qu'ils s'ingurgitent !) Trahearne est un paumé retors et égocentrique, en mal de soi et des autres, couvé par une mère et une ex-femme pas ce qu'il y a des plus saines. Sughrue a une estime de soi au rabais, cynique et néanmoins Don Quichotte. Où sont ses moulins à vent ?
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JIMEDE
19 février 2017
380 pages de biture ininterrompue, mais quel régal !
Avec le dernier baiser de James Crumley, on s'approche, voire on touche à la quintessence de la littérature américaine côté noir, celle où tous les codes du genre sont réunis.
Un privé, un vrai, C.W. Sughrue, carburant au wkiskey, à la vodka, à la bière et aux coups de coeur, jamais bien loin de ses coups de griffes ou de flingue. Un écrivain maudit, Trahaerne, éponge alcoolisée façon avatar bukowskien, déjanté, en perpétuelle errance à la recherche de sa vie. Des femmes, des belles femmes, des pépées mais pas que, des fortes et des fragiles, des paumées et des retrouvées. Quelques flics - assez nuls - de temps en temps, mais pas trop. Mais aussi des voyous, des truands, des drogués, des pornocrates... du sexe, bien sûr, cru ou délicat. Et de l'alcool, encore de l'alcool, toujours plus d'alcool...
Le décor posé, place à l'intrigue, superbe road movie dans le grand Ouest à bord de belles américaines fatiquées, embarquant Sughrue, Trahaerne et un bulledog se saoulant à la bière à la recherche de la belle Betty Sue Flowers, disparue depuis dix ans.
Et c'est là que l'on touche à l'excellence de Crumley. Sans être inutilement compliquée, son histoire est en perpétuel rebondissement, sans temps mort, sans artifice, sans faux suspense à deux balles en fin de chapitre. Ses personnages, Sughrue en tête, sont tour à tour attachants puis minables à la page suivante, humains pourrait-on dire, donc finalement attachants.
La langue - remarquablement traduite - claque dans l'action et les dialogues comme un shot de whiskey, pour se faire plus tendre quand Crumley creuse ses personnages, Sughrue en tête (appelé à devenir récurrent) ou quand il décrit son Montana.
Et puis un dernier mot : c'est drôle et souvent très fin. Et réussir tout cela dans un même livre, c'est fort. Bravo Mr Crumley !
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Les critiques presse (1)
LesEchos01 février 2017
Le périple est tout sauf linéaire, à l'image de l'intrigue aussi complexe que dans un Chandler.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations & extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou29 mai 2013
« En période d'écriture, je rêve de ce que j'écris toutes les nuits. Si je travaille trop longtemps, je plane littéralement parce que ça marche, alors je dépasse mes 4, 5 heures de travail quotidiennes.

Ça peut aller jusqu'à 7 ou 8 heures. Mais après, je suis tellement excité que je ne peux plus dormir pendant 2 ou 3 jours. La sensation de ce trip dans l'écriture est géniale, j'adore ça.

Mais après c'est terrible, très dur. Comme pour un camé en pleine descente. »

James Crumley
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jeranjoujeranjou03 juillet 2013
J’ai traversé la route pour aller me laver la figure dans le torrent, histoire de rincer tous ces kilomètres dans l’eau glacée. Fireball m’a jeté un sale œil, mais il en a finalement lapé une petite gorgée. Il s’est immédiatement ébroué, secouant la tête, comme horrifié par le gout. Je l’ai ramené sur la route et lui ai donné une bière. On en avait bien mérité une, tous les deux.


Je tiens à préciser que FireBall est un chien !
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jeranjoujeranjou13 juillet 2013
Un beau jour, il y a deux ans, il m’a téléphoné de Sun Valley pour m’annoncer qu’il me quittait. Je n’étais pas surprise. Il m’avait déjà fait le coup plusieurs fois, mais ce coup-ci, il a vraiment demandé le divorce, et laissez-moi vous dire que ça lui a couté très cher.

Je l’ai dépouillé, comme il le dit si bien, tel le grizzli dépèce le saumon. Je lui ai laissé la tête et les arêtes.
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jeranjoujeranjou13 juin 2013
- Vous avez fait connaissance avec la vieille bique et la dame dragon, et vous avez visité le Palais des rêves perdus, alors qu’est-ce que vous avez besoin de savoir de plus ?


Traduction : Trahearne interpelle Sughrue sur la petite visite qu'il vient effectuer chez la voisine. En effet, Trahearne habite pas très loin de chez sa mère (la vieille bique) qui loge gracieusement son ex-femme (la dame dragon) dans une vaste demeure assez froide (palais des rêves perdus)
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jeranjoujeranjou21 novembre 2013
- Elle me disait toujours : « Ils font que me reluquer, Albert, ils me voient pas comme je suis » .
- Je croyais que c’était Marylin Monroe qui avait dit ça.
- Hein, oh, peut-être bien. Je suis sûr que c’est un trait psychologique que beaucoup d’actrices ont en commun.
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