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Philippe Garnier (Traducteur)
EAN : 9782070307234
448 pages
Éditeur : Gallimard (13/04/2006)
4.12/5   227 notes
Résumé :
Sughrue, détective privé, doit retrouver Trahearne, un écrivain parti écluser les bars en délaissant ex-épouse, femme et mère. Il finit par le dégoter dans un bistrot. S'étant découvert le même penchant pour l'alcool, les deux hommes repartent à la recherche de Betty Sue, la fille de la patronne, qui n'a pas réapparu depuis dix ans. Ils emmènent dans leur périple Fireball, un bouledogue amateur de bières. Ils mènent la belle vie, mais toujours point de Betty Sue, qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
4,12

sur 227 notes
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ODP31
  27 décembre 2019
A l'eau de rose, James Crumley a toujours préféré l'eau-de-feu.
A tel point qu'à sa mort en 2008, son bar préféré a donné son nom à un tabouret réservé pour l'éternité.
Marié six fois, ce grizzly littéraire était un pilier de l'école du Montana, proche de Richard Ford, Thomas Mc Guane ou Jim Harrison.
Dans le dernier baiser, il nous présente C.W Sughrue, véteran de guerre et détective privé… de dessert mais pas d'alcool, de femmes vénéneuses, de nuits d'insomnies et d'affaires aux intrigues biscornues.
Engagé pour retrouver un écrivain fugueur qui écume son amertume dans les bars de la côte ouest, Sughrue, familier de ce biotope, ne tarde pas à le rejoindre dans un saloon miteux dont la principale attraction est un bulldog alcoolique.
Mission accomplie. Pas tout à fait. La barmaid l'engage pour retrouver la trace de sa fille de Betty Sue, disparue il y a près de 10 ans.
Sughrue embarque l'écrivain et le chien dans une équipée aussi sauvage qu'alcoolisée à la recherche de la disparue. Ce qui ne devait être qu'un petit détour se transforme en cure d'intoxication à des personnages féminins très loin de la caricature habituelle de la femme fatale du roman noir.
Trèves de comptoir et dialogues éthyliques poétisent ce récit désespéré qui est considéré à juste titre comme un chef d'oeuvre du genre.
Un roman qui n'a rien de végan avec un auteur qui paie sa tournée de personnages revenus de tout sauf de la vie. Il ne ménage ni leur foie, ni leur coeur mais la tendresse qu'il porte à ses avatars cabossés suinte à chaque page.
Une flamme sommeille toujours dans les braises, prête à repartir si on lui souffle dessus… et qu'on lui verse pour l'aider un peu d'alcool à brûler, telle pourrait être la morale de cette histoire si James Crumley n'avait pas été allergique aux moralisateurs.
Petit conseil santé de James Crumley pour éviter la gueule de bois, ne jamais dessoûler. du coup, je m'en vais d'un pas chancelant comme un lendemain de fête, commander les autres cuvées de cet auteur.
A votre santé.
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Crossroads
  02 février 2014
Abraham Trahearne, écrivain de renom, a deux soucis dans sa chienne de vie: un goût prononcé pour la bibine qu'il partage généreusement avec son bouledogue alcoolique Fireball Roberts et une ex un peu trop collante. Lorsque ce dernier en panne d'inspiration décide qu'il est grand temps pour lui d'aller prendre l'air en allant écluser tous les troquets affichant ouvert à 500 bornes à la ronde, sa sculpturale répudiée, qui partage peu sa passion dévorante pour le coma éthylique, décide d'y mettre le holà en embauchant C.W.Sughrue et le missionnant de ramener fissa l'écrivain maudit à la maison !
Caustique, corrosif, acéré, l'humour de Crumley donne le ton avec une couverture qui affiche d'entrée Drug Free Zone puis Gun Free Zone alors qu'il n'est question que de cela si l'on excepte la pornographie, les secrets et rapports familiaux nauséabonds, les effluves de tord-boyaux qui émanent de ce bouquin grisant et autres joyeusetés du même acabit.
Première enquête de ce privé au nom à coucher dehors, ce qu'il fait régulièrement d'ailleurs puisqu'il est dans l'incapacité totale de retrouver son plumard dépassé les 5 gr, petit joueur va, et monstrueux enthousiasme en découvrant au fil de l'enquête tous ces portraits au vitriol. Lorsque quelqu'un tourne avidement les pages, le sourire du petit ravi de la crèche constamment vissé aux lèvres, c'est plutôt bon signe !
Crumley est pour l'égalité des sexes car il n'épargne ni les hommes qui sont tous rien que des salauds, ni les femmes qui font rien que manigancer histoire de palper toujours un peu plus.
Pourquoi lire Crumley ? Tout simplement parce que ce manuel de survie en milieu hostile est un hymne au polar poisseux baignant dans son jus d'ironie mordante.
Le Dernier Baiser, celui du serpent, restera comme l'une de mes plus mémorables gueules de bois! Santé...
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jeranjou
  29 mai 2013
Un roman classé triple A : Alcool, Amour et Action (1)
Alcool comme « le Chien ivre », la première parution en français dont l'ouvrage original « The Last Good Kiss » datait de 1978. Né au Texas en 1939, James Crumley débarque en 1965 dans l'état du Montana au nord-ouest des Etats-Unis, précisément à Missoula la ville des écrivains, et s'est éteint récemment en 2008. S'inspirant manifestement de sa longue expérience des bars du Montana, ses personnages absorbent bières, whisky et autre vodka sans modération jusqu'à plus soif.
Amour comme « le Dernier Baiser » rebaptisé ainsi dans une nouvelle traduction française en 1986. Encore un titre « francisé » qui passe à la trappe comme pour « The killer inside me » de Jim Thompson ! Il est clair que les femmes de ce roman font chavirer le coeur des hommes, le lecteur y compris s'il est masculin évidemment. La question étant à qui est destiné ce dernier baiser ?
Action comme C.W. Sughrue, le héros du roman de James Crumley faisant partie d'une série de quatre ouvrages mettant en scène ce détective désabusé. Ancien chef de commando durant la guerre du Vietnam, pratiquant le footing le matin, Sughrue a gardé ses réflexes d'antan dans les situations d'extrème d'urgence.
Le roman AAA en poche, embarquons donc en compagnie de Sughrue pour un voyage dans l'ouest américain !
Embauché par l'ex-femme de l'écrivain Abraham Trahearne, Sughrue va pister de bar en bar Trahearne jusqu'à celui de Rosie, la propriétaire d'un bistrot plutôt glauque. Une bagarre éclate alors et le pauvre Abraham Trahearne prend une balle perdue dans le postérieur le contraignant à une intervention à l'hôpital du coin.
Profitant que Trahearne soit immobilisé à l'hôpital pendant quelques jours, après de longues palabres avec Rosie, Sughrue accepte de rechercher la trace de Betty Sue Flowers, la fille de Rosie, disparue depuis dix ans.
Un trio improbable composé de trois ours mal léchés va partir à la recherche de Betty : le petit (ours) alcoolique, Fireball chien de Rosie, le moyen (ours) alcoolique, le détective Sughrue et le grand (ours) alcoolique, l'écrivain Trahearne !
Si vous cherchez l'anti-polar, « le dernier baiser » est le graal que vous attendez depuis longtemps. Crumley brise tous les codes du polar bien ficelé avec son récit partant dans toutes les directions. On ne sait même plus si l'enquêteur enquête vraiment, si l'écrivain écrit vraiment ou encore si le chien boit ou aboie! En prime, rajoutez des bonnes doses de beautés fatales et ramassez à la petite cuillère ces hommes ratatinés jusqu'à l'os…
Original et inconstant, ce roman s'avère être un road-movie littéraire bien loin des sentiers battus. Une fois passé les cinquante premières pages, on se laisse porter de ville en ville, de bicoque en bicoque, de conversation en conversation. Et puis, comme par magie, le puzzle se reconstitue sans que l'on n'y prenne garde et le dernier baiser devient un amour de roman.
Un moment unique et savoureux, dans la même veine que « Huit millions de façons de mourir » de Laurence Block, « un dernier baiser » étant un cran au-dessus assurement. Bref, un roman complètement triple A plutôt réussi…
(1) A ne pas confondre avec le 5 A ou "AAAAA"… des andouillettes.
Rien à voir ! Dans ce cas, cela signifie que l'andouillette remplit le cahier des charges très sérieux de l'« Association Amicale des Amateurs d'Andouillette Authentique » créée à la fin des années 1960. Lors de dégustations à l'aveugle, les andouillettes jugées de qualité obtiennent le fameux 5A.
PS : note de 4,5 sachant que le début et la fin sont un peu en dessous du reste du roman. Certains passages sont en revanche lumineux. D'où mon 4/5.
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sandrine57
  28 mars 2017
Quand le poète et romancier Abraham Trahearne est en panne d'inspiration, il quitte son Montana natal et part en goguette chercher sa muse au fond d'un verre. Une situation intolérable pour son ex-femme qui lui colle un privé aux trousses. C.W. Sughrue, détective désabusé, partageant avec sa proie un goût excessif pour la bouteille, se lance donc à la poursuite du grand homme, de rades paumés en bordels miteux jusqu'en Californie où il le rattrape enfin, affalé sur le comptoir de Rosie, picolant comme de juste en compagnie de Fireball Roberts, un bouledogue grand amateur de bière. Les gars du crû accueille le privé avec méfiance et dans la confusion du moment Trahearne se retrouve avec une balle mal placée. Libre comme l'air durant le séjour de son ''protégé'' à l'hôpital, Sughrue se voit confier une autre mission : retrouver Betty Sue, la fille de Rosie, disparue depuis dix ans déjà. Après une enquête de routine auprès de ceux qui ont connu l'adolescente fugueuse, Sugrhue, flanqué d'un Trahearne bien décidé à panser ses plaies à la vodka et de Fireball alléché par une virée possiblement bien arrosée, prend la route vers le néant où s'est perdue la belle Betty Sue.
Pour la première enquête de son détective accro aux femmes et à l'alcool, James Crumley nous embarque dans un road trip aux relents de vodka et de sexe. Sans temps mort, cette quête éperdue ne s'embarrasse pas de délicatesse, ça picole, ça baise, ça canarde dans tous les coins. Autour des trois compères, le privé, le poète et le bouledogue, s'agitent des gangsters, des femmes fatales, des pornographes, des filles perdues, des mères inquiètes, des amoureux éconduits. Des collines du Montana jusqu'à la baie de San Francisco, mais en passant par les chemins de traverse, le trio cherche une femme mais aussi une rédemption, un sens à la vie, une réponse à des questions existentielles qui n'en trouveront jamais. C'est noir, terriblement américain, mais aussi vivant, rocambolesque, drôle, cynique, bourré de testostérones et de sentiments et c'est l'occasion de faire connaissance, entre deux cuites, avec C.W. Sugrhue, un privé comme on les aime, cabossé, désabusé, drogué, alcoolique, prêt à tout pour un regard de biche, grande gueule et grand coeur.
Un roman noir, magnifique hymne au roman noir.
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koalas
  01 avril 2019
Le privé Sughrue est chargé de ramener à la maison coûte que coûte Trahearne, un écrivain en panne d'inspiration qui s'est enfui du foyer conjugal. Ne v'la ti pas qu'ayant tout juste retrouvé le scribouillard bourré comme un coing dans un bar perdu en compagnie de Fireball, une outre à quatre pattes lapant à grandes gorgées son écuelle de bière, la tenancière du tripot lui demande de retrouver sa fille Betty sue (pas saoul) disparue depuis belle lurette....Accoudé au bar comme une sangsue, Sughrue accepte, ivre, une chope à la main et une poignée de dollars le challenge.
En compagnie de la tripotée d'arsouilles, il s'en va donc essayer de retrouver la fifille d'amour qu'a depuis dix piges sûrement bien changée....
Voilà, un rodéo dans les bars des quatre coins de l'ouest américain à ne pas louper
les verres sont sifflés à la vitesse d'une locomotive à vapeur,
le bouledogue boit sans soif fait son rôt devant la caravane avinée qui passe et repasse. A son bord le privé et le l'écrivain engloutissent les kilomètres et les hectolitres
dans un méli-mélo de mères, de femmes, d'épouses, d'ex éplorées qui ne pensent qu'à se faire consoler
et d'une tripotée de péquenauds qui cherchent des noises...
Cette drôle de virée aux allures de lendemain de cuite carabinée est inoubliable.
Le dernier baiser, pas du genre baveux, quoique avec Fireball !
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critiques presse (1)
LesEchos   01 février 2017
Le périple est tout sauf linéaire, à l'image de l'intrigue aussi complexe que dans un Chandler.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   29 mai 2013
« En période d'écriture, je rêve de ce que j'écris toutes les nuits. Si je travaille trop longtemps, je plane littéralement parce que ça marche, alors je dépasse mes 4, 5 heures de travail quotidiennes.

Ça peut aller jusqu'à 7 ou 8 heures. Mais après, je suis tellement excité que je ne peux plus dormir pendant 2 ou 3 jours. La sensation de ce trip dans l'écriture est géniale, j'adore ça.

Mais après c'est terrible, très dur. Comme pour un camé en pleine descente. »

James Crumley
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jeranjoujeranjou   03 juillet 2013
J’ai traversé la route pour aller me laver la figure dans le torrent, histoire de rincer tous ces kilomètres dans l’eau glacée. Fireball m’a jeté un sale œil, mais il en a finalement lapé une petite gorgée. Il s’est immédiatement ébroué, secouant la tête, comme horrifié par le gout. Je l’ai ramené sur la route et lui ai donné une bière. On en avait bien mérité une, tous les deux.


Je tiens à préciser que FireBall est un chien !
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ODP31ODP31   28 décembre 2019
Personne n'est éternel, personne ne reste jeune suffisamment longtemps. Mon passé me semblait n'être qu'un pesant excès de bagages, mon avenir une série de longs adieux, mon présent une flasque vide, la dernière bonne rasade déjà amère au fond de ma bouche. Elle aimait toujours Trahearne, elle entretenait toujours sa fidélité secrète comme si ce fût un bonzaï japonais aussi parfait et délicat qu'une tasse en porcelaine, perdu dans un coin sombre et broussailleux d'un jardin naguère magnifiquement tenu mais désormais envahi d'herbes folles.
(p.205)
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jeranjoujeranjou   13 juillet 2013
Un beau jour, il y a deux ans, il m’a téléphoné de Sun Valley pour m’annoncer qu’il me quittait. Je n’étais pas surprise. Il m’avait déjà fait le coup plusieurs fois, mais ce coup-ci, il a vraiment demandé le divorce, et laissez-moi vous dire que ça lui a couté très cher.

Je l’ai dépouillé, comme il le dit si bien, tel le grizzli dépèce le saumon. Je lui ai laissé la tête et les arêtes.
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ODP31ODP31   27 décembre 2019
Un jour, il y a deux ans, il m'a appelée de Sun Valley pour m'annoncer qu'il demandait le divorce. Cela ne m'a pas surprise. Il avait déjà fait ce genre de chose. Cette fois-là, pourtant, il est allé au bout, et laissez-moi vous dire qu'il l'a payé très cher. Comme il l'a dit lui-même, je l'ai dépouillé comme un grizzly qui dépiaute un saumon, pour ne laisser de lui que deux yeux de poisson mort et une longue arête.
(page 203)
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