AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Yoko Lacour (Traducteur)
EAN : 9782916940465
136 pages
Éditeur : Inculte éditions (01/01/2011)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Le monologue halluciné d’un shérif violent aux idées noires, doublée d’une plongée dans la folie de l’Amérique souillée des grandes prairies de « King County », à travers l’exploration violente et raciste de l’inconscient d’un homme épris de toute-puissance
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Laurence64
  14 janvier 2013
King county, c'est le trou de balle du West Texas.
"King County,
c'est 900 miles carrés
où résident 407 citoyens légaux
(seuls 52 sont pas blancs);
en comptant les clandos mexicains,
on peut en rajouter 100"
Le shérif, c'est A.C.Branches. Schizophrène. Qui monologue devant un puits. Lequel puits recèle deux cadavres de mexicains et le beau-fils, Dany, agonisant. Lequel l'a bien cherché d'être jeté ainsi.
Couvrant les plaintes de l'adolescent auquel il a appris la pêche, l'homme de loi-criminel est époux aimant, beau-père attentif (jusqu'alors), citoyen modèle aspirant à des soirées de beauf avec TV, bière et burritos. L'homme simple (faut-il se fier aux apparences?) se distingue par un sens de la justice fort singulier.
Dany n'aurait jamais crevé au fond d'un puits s'il ne s'était rasé le crâne, n'avait fricoté avec les néo-nazis, ne s'était mis à haïr juifs, noirs et homos; s'il ne s'était mis à aduler la croix gammée et son 9 mm. Branches, lui, abhorre les crânes rasés. Ca l'insupporte. Il a le sens du bon.
D'abord, il y a arme et arme. le colt, lui, symbolise l'Amérique, la vraie, l'estimable. Dans son canon se nichent ses valeurs. Et oui! Nous sommes dans l'Amérique profonde. le PKK de Dany, lui, n'est que la foutue "arme d'honneur des dirigeants politiques" autrement dit des nazis.
Branches n'est pas raciste. Il n'y a que les mexicains qu'il ne peut pas sentir (cf les cadavres qui pourrissent dans le puits). A raison. Il aime passionnément les chiens (même si…)
"Et c'est comme ça
que c'est rentré dans mon crâne.
Pour chaque chien mort,
un Mexicain mourra."
D'une logique glaciale, la folie raisonneuse de Branches se condense en 136 pages d'une perfection absolue. L'oxymore en roman. L'Amérique texane en vers libres. le langage cru en poème. La noirceur rehaussée par la muse délicate.
Il y a du McCarthy chez Mitch Cullin. Je ne pouvais trouver plus beau compliment.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
Brooklyn_by_the_sea
  15 août 2020
Un long poème erratique de 100 pages, dans la chaleur et la poussière du Texas.
On est dans la tête du sheriff Branches, qui vient de commettre un énième forfait qu'il justifie selon une logique qui lui est propre. Des bribes d'enfance traversent son esprit malade, se mêlent à des fragments du présent. Et c'est toujours la même histoire de violence, de bêtise et de haine, qui hante toujours l'Amérique white trash. Bien qu'écrit en 2000, ce texte semble dépeindre les Etats-Unis de Trump, mais j'ai également souvent pensé à Jim Thompson, l'humour en moins.
C'est très bien écrit, Mitch Cullin nous offre un texte ciselé comme un diamant, dont il est impossible de s'extraire, tant il nous emporte dans un remous de beauté, de cruauté, de moments suspendus par la grâce -et de crudité. Ca laisse un peu knock-out.
Mais je suis un peu frustrée par la brièveté de ce texte. Et comme dirait M_a_r_c : une lecture qui dure moins d'une heure, "ça fait un peu plus cher de l'heure qu'à l'accoutumée". Mais comme lui, je ne le regrette pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
mimo26
  11 juin 2019
Un flic très protecteur, un mari aimant, un beau-père attentionné, un ami des animaux, une icône municipale faisant de la prévention dans les écoles… et surtout un mec qui a sombré dans la folie.
Une novella d'une petite centaine de pages écrite en vers libres, une histoire de 30 minutes et un bouquin qui vous saute à la tronche dès les premières lignes, les premiers vers. Branches se raconte à un personnage que vous découvrirez bien assez tôt puisqu'il est la cause de la colère, de la haine froide du shériff dans un décor lunaire de l'Ouest du Texas. Branches exerce sa propre justice, juge, condamne et exécute la sentence car les justices de l'état et divine n'ont pas cours sur ses terres.
“Dieu n'a rien à voir
avec les express à deux voies
et les routes de campagne
sous ma juridiction.
Dieu n'a jamais mis les pieds au Texas,
que je sache…”
“Et si Dieu venait se précipiter
sur la ville,
je jetterais le bâtard en prison.
S'Il s' avisait de mettre un pied dans ma cour,
je lui trouerais le bide…”
Alors, bien sûr on peut faire de « King County Sheriff », un nouveau portrait d'une Amérique cauchemardesque à l'image de « le démon dans ma peau » de Jim Thompson mais c'est avant tout et peut-être seulement qu'un terrible périple de quelques heures dans la vie d'un monstre.
Un choc, un chaos, un minimum de mots pour un maximum de maux… Époustouflant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
MarianneL
  01 juillet 2013
«King County Sheriff » est le monologue tranquille du sheriff Branches, couvrant les cris et supplications de son beau-fils qu'il vient de pousser dans un puits pour le tuer.
Visitant les écoles pour expliquer la loi, époux aimant sa femme et adorant ses chiens et ses armes à feu, justicier violeur aux pulsions meurtrières, il organisera plus tard les recherches pour retrouver ce beau-fils qu'il vient de supprimer, toujours au nom des valeurs, de cette identité de l'Amérique profonde.
Après avoir commis l'horreur, Branches, sheriff et meurtrier, rêve d'une soirée devant Vidéo Gag, avec quelques bières et trois ou quatre burritos préparés par sa femme.
Choc d'une litanie poétique et de son contenu d'une violence sanglante, ce monologue en vers libre d'un sheriff psychopathe rend palpable la folie du bonhomme, l'hallucination de l'Amérique redneck, à la manière d'un Jim Thompson ou d'un Fargo des Frères Coen.
« J'ai connu le garçon
qui faisait rire sa mère
aux éclats.
Il faisait des cabrioles
dans le salon.
J'ai connu le garçon
au sourire comme une truite arc-en-ciel.
Il m'appelait papa
parce que j'étais le seul père
qu'il ait jamais connu.
J'ai connu le garçon
qui faisait des bisous
à maman
et beau-papa.
Il portait un pyjama bleu Snoopy
et chouinait
quand il était fatigué.
J'ai connu ce garçon.
Je l'aimais,
je crois.
J'aurais jamais dû lui acheter
ce 9mm.
J'aurais dû lui acheter un chien
plutôt. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Charybde2
  18 mars 2013
L'anti-American Psycho : le tueur officiel du Texas rural, en vers libres !
Paru tout début 2011 chez Inculte, "King County Sheriff" ("Branches" en V.O.) avait été publié en 2000 par Mitch Cullin. La confession déjantée d'un shériff texan, devenu serial killer par souci de responsabilité, gagne une tonalité hallucinée à être exprimée en vers libres.
"Qu'est-ce que je vais dire à ma femme ?
Danny chiale sa race,
au moins il ne se débat plus
dans la boue comme une oie.
Petit crétin.
Bon c'est sûr,
je suis un sacré connard
de le traiter comme ça.
Pas comme ça
que c'était censé finir.
Mais je suis le shériff de King County
et mon boulot,
c'est faire respecter la loi,
et cette responsabilité
ne s'arrête pas à ma porte."
Ou encore :
"Il traverse une mauvaise passe, chérie.
Mais ça va aller.
Une fois qu'il aura trouvé une copine,
crois-moi,
il se calmera.
La mauvaise passe :
croix gammées griffonnées
à l'encre noire
dans des cahiers à spirale ;
revues douteuses
qui arrivent par le courrier -
Blood and Honour,
Mein Kampf America,
Motherland ;
un garçon muni d'un Ruger 9 mm
qui troue de ses balles
des débris de Placoplâtre
dans un champ
près de route 24."
Parfait contrepoint de l' "American Psycho" de Brett Easton Ellis, celui de Mitch Cullin, loin de la finance décérébrante et des marques de luxe aliénantes, nous invite à constater que le sens de l'ordre, de la famille et des valeurs de l'Amérique profonde est tout à fait à même de favoriser le développement de pathologies similaires... Avec un humour froid qui provoque le sourire tout au long de ces 135 pages versifiées...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MadameTapiocaMadameTapioca   18 juin 2020
J'ai connu le garçon qui faisait rire sa mère aux éclats.
Il faisait des cabrioles dans le salon.
J'ai connu le garçon au sourire comme une truite-arc-en-ciel.
Il m'appelait papa parce que j'étais le seul père qu'il ait jamais connu.
J'ai connu le garçon qui faisait des bisous
à maman et beau-papa.
Il portait un pyjama bleu Snoopy et chouinait quand il était fatigué.
J'ai connu ce garçon.
Je l'aimais, je crois.
J'aurais jamais dû lui acheter ce 9 mm.
J'aurais dû lui acheter un chien plutôt.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MadameTapiocaMadameTapioca   18 juin 2020
Parfois je m'étendais avec m'man dans leur grand lit,
à elle et son bonhomme.
Et souvent elle disait,
Quand tu te sentiras un homme mon fils, je veux que tu tues cet homme.
Je veux que t'aies un bon boulot.
que tu m'emmènes loin d'ici et que tu tues cet homme.
Commenter  J’apprécie          20
DocteurVeggieDocteurVeggie   13 octobre 2011
Les nègres.
Les youpies.
Les pédales.

Ça ne tue pas les chiens.
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Mitch Cullin (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mitch Cullin
Tideland (2005) Trailer
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1392 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre