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EAN : 9782842304898
114 pages
Éditeur : Hoëbeke (09/10/2013)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. La publicité ne restera pas insensible à cet événement : mieux, elle va incorporer le conflit dans son discours. Elle saura progressivement attendrir l'arrière, galvaniser la fibre patriotique, ou encore fustiger l'ennemi.
Mais si la pub choisit son camp et s'unit derrière le drapeau, la guerre deviendra son formidable prétexte pour vendre tout et n'importe quoi. Très vite, il ne sera plus surprenant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nameless
  12 décembre 2018
Tout est bon pour faire du pognon est la morale cynique généralement admise lorsque l'on constate les pratiques des publicitaires, et si vous en doutez, Didier Daeninckx vous en convaincra dans cette rétrospective, où il rappelle le formidable prétexte que fut la première guerre mondiale pour permettre à la publicité de se développer, en invoquant des motifs patriotiques et anti-boches, dans l'air du temps au cours de la première décennie du XXème siècle et les suivantes.

Pour lier entre elles toutes les reproductions qui illustrent cet ouvrage, Didier Daeninckx crée une jeune sténo-dactylo embauchée par l'agence Siècle Publicité pour trouver des slogans destinés à frapper les esprits, à transformer le spectacle du quotidien en puissance de vente, à hameçonner le curieux et en faire un acheteur.

La cible visée, expression consacrée toujours d'actualité des publicitaires, est le poilu et tous ceux qui attendent son retour. Question cibles, les poilus ont pourtant déjà fort à faire dans les tranchées mais ce n'est pas suffisant. On leur propose le merveilleux radiateur Tito Landi, brasero portatif qui leur assure la chaleur d'un foyer, des masques prêts à l'emploi pour protéger leur bouche et nez contre les gaz asphyxiants, ainsi que des tampons d'oreilles Mallock Armstrong contre le bruit du canon. S'ils ont un peu mal au crâne, on se demande bien pourquoi, l'Aspirine Usines du Rhône est garantie pure de tout mélange allemand, et pour se protéger des intempéries, les Burberry sont distribués dans toutes les villes situées derrière les lignes de combat. Le Jubol nettoie l'intestin « de même que le poilu chasse les Boches des boyaux », et l'apéritif Calista promet la victoire dès qu'on le boit ; le porte-plume Waterman, transformé en arme de paix, permet au soldat de communiquer.

Dans ce monde de marques connues se glissent tous les margoulins, ceux qui fabriquent des conserves à base de déchets, matières en décomposition, cartilages et tissus glandulaires. Pas un jour ne passe sans que les tribunaux ne détaillent ce que l'on trouve dans les plats préparés envoyés aux combattants, chaque jour, les journaux relaient des cas d'intoxications alimentaires.

A la fin de la guerre, la sténo-dactylo de l'agence Siècle publicité se demande si après avoir vendu la guerre, elle sera capable de vendre la paix. Sans doute. A peine l'armistice signé, éclot une génération de vendeurs de chaussures orthopédiques pour mutilations, raccourcissements et toutes déformations, qui promettent une vente à l'unité, assurent ainsi 50 % d'économies par rapport à une paire ; les officines proposant des souvenirs mortuaires se multiplient, comme celles qui ont inventé des voitures de promenades pour blessés. La liste est infinie...

Ce catalogue cruel et cynique dressé par Didier Daeninckx pourrait prêter à rire, si le sujet n'était pas aussi grave, si une génération de jeunes hommes n'avait pas été sacrifiée au nom de la Der des Ders qui ne faisait qu'annoncer la suivante.
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cdiponcet
  03 février 2014
Un livre extraordinaire pour aborder la première guerre mondiale d'un point de vue inhabituel : commercial ! La publicité a trouvé une belle opportunité pour se développer lors de ce conflit. A un moment donné, le lecteur est inévitablement amené à se demander jusqu'à quel niveau d'asservissement du consommateur, de morale, peut aller la volonté de vendre... Déjà il y a 100 ans...
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eternel
  07 février 2014

Il ne s'est pas beaucoup fatigué Didier Daeninckx pour le texte accompagnateur de cette très belle iconographie publicitaire de la première guerre. On aurait pu en attendre plus, venant de sa part.
Un bref regard sur la courte bibliographie me conforte dans l'idée d'un travail vite fait, genre copié-collé avec quelques fioritures.
Une lecture approfondie des livres référencés s'impose pour mieux cerner ce phénomène publicitaire.
Peut-être était-ce l'intention de l'auteur?
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
eterneleternel   07 février 2014
Quand je feuilletais un journal, une revue, je n'imaginais pas la diversité des efforts d'imagination qu'il fallait mettre en oeuvre pour concevoir, composer, et publier une annonce que l’œil ne ferait, le plus souvent, que survoler. Je pensais que tout cela se faisait naturellement, sans véritable méthode, avant de m'apercevoir que tout ici reposait sur la théorie de la suggestion : l'art de manier sa propre pensée afin qu'elle modèle les réactions d'innombrables cerveaux humains.
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Videos de Didier Daeninckx (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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