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Jacques Tardi (Illustrateur)
EAN : 9782203399068
80 pages
Casterman (22/09/1997)
4.01/5   168 notes
Résumé :
Paris, janvier 1920. L'ancien combattant Eugène Varlot, reconverti en détective privé, est contacté pour une mission par l'ancien "héros" du 296e régiment d'Infanterie, le colonel Fantin de Larsaudière. L'enquête, présentée à l'origine comme un banal constat d'adultère, va finalement mener aux mutineries de 1917 et au trafic de stocks américains d'après-guerre, se révélant de ce fait pleine de dangers...
En adaptant fidèlement cette œuvre de Didier Daeninckx,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Pas inintéressante du tout, cette BD hardboiled historique à la française. Adaptation d'un roman éponyme de Daeninckx (1984), Tardi y excelle encore une fois dans son sens du placement, des personnages, des décors et de la cocasserie... Il dépeint de fort belle manière le Paris du début des années folles et des premières bagnoles, et exprime une fois encore son grand amour pour la boue des tranchées à travers quelques flashback, dont une planche que l'on retrouve d'ailleurs telle quelle dans ce qui reste pour moi son ouvrage majeur, "C'était la guerre des tranchées".
Le scénario, en revanche, s'il s'attaque à un sujet assez original, a tendance à se montrer parfois nébuleux, voire à devenir un embrouillaminis au moment de la fusillade de Roissy. Les explications de la fin peineront à en éclaircir toutes les zones d'ombre, et finalement on se demande quelle est l'utilité des allusions aux mutineries russes et à la liquidation des stocks américains. Il est vrai que la criminalité financière n'est d'ordinaire pas la plus aisée à comprendre pour le citoyen lambda, aussi il n'est pas exclu que l'intrigue soit hyper bien documentée, mais que pas mal de nuances m'aient échappé. C'est sans doute aussi toute la difficulté qui réside dans le fait d'adapter tout un roman en une BD de 76 pages, et il faudrait sans doute que je lise le roman pour en avoir le coeur net, ce que je ferai peut-être un jour.
Mention spéciale pour la fin, particulièrement ironique, vacharde et cruelle. Fans de happy end, passez votre chemin.
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Je suis sur le thème de la guerre celle de 14-18.

Il s'agit donc d'un enquête menée par Eugène Varlot, détective privé dans les années 20 à Paris.
Il a vécu la guerre de 14-18 et en est ressorti comme beaucoup traumatisé et d'ailleurs il existe une BD sur cette tranche (ée) de sa vie.
Nous sommes dans le milieu des militaires, des profiteurs et des estropiés de la guerre 14-18.
Si j'ai appréciée cette BD c'est davantage pour les formidables dessins de Jacques Tardi !

Dessins en noir et blanc très esthétiques !
Noir sur blanc et blanc sur noir.
Les scènes de nuit avec la neige sont de toute beauté.

Je me suis essayée à en reproduire certains pour m'amuser sur mon petit cahier de lecture.

Si j'ai eu un peu de mal avec l'intrigue, j'ai suivi avec curiosité la recherche de la vérité de Varlot.
J'ai été surprise par une fin ... détonante !!!
L'intrigue est assez complexe et je pense que le livre de Daeninckx me plairait.

Cette BD va m'amener à la lecture du roman sans nul doute.

Bonne lecture à vous de cette BD et/ou du roman !

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Le der des ders est un vrai polar en noir et blanc qui a une connotation historique très intéressante. L'action se situe en 1920 c'est à dire après la première guerre mondiale qui a marqué les esprits et qui a surtout sacrifié toute une génération de braves gens.

Le héros est un détective privé qui exerce une activité pour le moins décriée. Il fait du fond de commerce lié aux conséquences dramatiques qu'avait nécessairement impliqué cette guerre sur les couples. Cependant, il va être mêlé progressivement à une affaire qui le dépasse totalement. Il y aura bien entendu des fausses pistes pour brouiller la vérité. Bref, les trucs habituels du genre…

J'ai bien aimé jusqu'à la fin que j'ai trouvé trop abrupte. Il est vrai qu'on ne la voit pas se terminer ainsi. Cela m'a quelque peu gâché mon plaisir. Bien entendu, ce n'est pas à moi de dicter la conclusion d'un récit. Il faut cependant que l'auteur prépare son lectorat à comment il va conclure son histoire. Tout est dans la manière de réaliser la chose.

Sinon, rien à redire sur le travail remarquable de Tardi au niveau du dessin et des recherches historiques. Après, il y a des histoires sur lesquelles on se passionne et d'autres qui déçoivent un peu. Celle-ci demeure pas mal malgré une fin insatisfaisante.
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Faire d'un roman une BD, changer la prose en une union mêlant texte et images, en un mot adapter, tel est de nouveau le défi que Tardi s'est lancé. Après Malet, Véran, les illustrations de romans de Céline, c'est cette fois un récit de Didier Daeninckx qui intéresse le créateur d'Adèle Blanc-Sec, une héroïne que l'on n'a pas envie d'oublier. "Le der des ders" ne pouvait que séduire le dessinateur tant il est proche de son univers de prédilection : un polar se passant dans Paris et sa banlieue, au lendemain de la Grande guerre. C'est du sur-mesure.

Pour autant, la communauté des thèmes n'élimine pas les pièges semés sur le chemin qui mène à une bonne adaptation. Il faut savoir jeter et garder, ne pas être trop vague ni trop bavard. Dès le début, Tardi trouve la bonne voie, la voix de son héros désormais. Eugène Varlot, détective de son état. Ainsi, les cartouches récitatifs se muent d'emblée en bulles. Varlot nous raconte ce qu'il voit : un troupeau de moutons se dirigeant vers les abattoirs de la Villette, à moins que ce ne soit une colonne de poilus allant au front ? le ton est donné. Vétéran hanté par des visions de cauchemar, Eugène va être amené à enquêter pour le compte d'un colonel héros de la nation, médaillé de partout. Et ce qui a commencé comme une affaire banale, où se mêlent moeurs et gros sous, va se poursuivre par les égarements d'un état-major aveuglé par son sens du devoir – qu'il impose aux troupes – et par la lâcheté de ces mêmes officiers à l'épreuve du feu. Voilà le roman typique d'une école du roman policier français, qui fond engagement politique et dénonciation historique.

Outre le contexte du récit, il est également impossible de faire abstraction de son décor : le Paris des années 20. Arpenté par Eugène et Irène, son assistante, ce Paris-là est toujours mis en valeur par Tardi, qui se plaît à le dessiner avec un beau noir et blanc faisant luire les briques et les pavés. Il en apprécie les lieux symboliques : le café du croissant, où Varot rencontre un journaliste de l'Humanité qui a les traits de Daeninckx ; les paysages urbains aujourd'hui disparus (bien qu'il nous propose, plus que de raison, des vues tout-en-perspective, un peu typées cartes postales anciennes). Certes, cela ne nuit pas au récit. Quant à savoir ce que cela lui apporte véritablement (serait-ce parce que les personnages et l'intrigue n'ont pu atteindre ce but ?)… Car en fin de compte, Tardi nous livre ici une très honnête contribution au livre noir de la connerie humaine.
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Je ne connais pas le dessin de Tardi au-delà des couvertures de ses BD les plus célèbres. Il m'a semblé que cet exemplaire disponible à la bibliothèque de mon quartier, dédicacé par l'auteur s'il vous plaît, me permettrait de combler un peu cette lacune. L'histoire se passe à la fin de la première guerre mondiale, période que Tardi aime beaucoup et où il est connu pour exceller. Pourtant, je n'ai pas été convaincue par ce dessin tout en rondeur, par ces aplats de noir qui donnent un dessin que je trouve à la fois imprécis (surtout pour les personnages, certains aspects du paysage urbain sont au contraire bien mis en valeur par cette technique) et très plat.
A côté de cela, le scénario est un peu trop fouillis (sans parler de la fin qui ressemble à un cheveu sur la soupe) et j'ai fini par m'y perdre et par me demander quel était le sujet véritable de ce livre. Je suis consciente qu'il s'agit d'une adaptation d'un texte de Daeninckx, et donc qu'il est possible que le passage au format BD ne rende pas justice à l'intrigue.
Voilà donc une découverte que je suis contente d'avoir faite puisqu'elle comble partiellement une vieille lacune, mais je ne suis pas certaine de retenter l'expérience avec ce dessinateur dans un avenir proche.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Je tombai une nouvelle fois sur un chiotte à la turque aménagé sommairement dans un coin inutilisable de la cuisine. Il se trouvait à moins de 10 mètres du premier que j'avais confondu, lors de ma première visite avec la sortie! Chacun le sien : la lutte des classes jusque dans la position assise.
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Je tombai une nouvelle fois sur un chiotte à la turque aménagé sommairement dans un coin inutilisable de la cuisine. Il se trouvait à moins de 10 mètres du premier que j'avais confondu, lors de ma première visite avec la sortie! Chacun le sien : la lutte des classes jusque dans la position assise.
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Fantin me croyait mort...Je l'ai vu penché sur Sorinet. Il lui a retiré son pantalon, ensuite il a enlevé le sien. Il a jeté son futal dans ma direction et enfilé celui du soldat qu'il venait de tuer. Le grimpant du colonel était rempli de merde !!
L'exemplaire Fantin, le magnifique colonel Fantin de Larsaudière, héros de l'Armée française, avait chié debout dans son froc !...Comme un môme !!!

(page 77)
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A travers toi, Poilu de bronze, je salue tous les morts magnifiques de ces temps héroïques où chacun, du simple soldat au Maréchal de France, donnait ce qu'il avait de plus cher à la Patrie : sa vie. Car la guerre, elle, ne ment pas !
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Même si son nom gravé dans la pierre ne signifie pas grand-chose. Simplement le repos d'une mère. Un numéro sur un registre des pensions, payant la peur au tarif de la mendicité
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