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EAN : 9782378340223
Éditeur : Stéphane Marsan (17/10/2018)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930, au sein d'une famille de sept enfants. Dans la maison règne une discipline de fer, et les enfants n'appellent pas leur père "papa", mais "général". Très tôt, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et dévore les recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance d'aller à l'école. À l'âge de seize ans, Forough épouse son amour de jeunesse, Parviz, sur décision du général qui tient à évi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  11 novembre 2018
C'est la triste mais passionnante histoire de la poétesse iranienne Forough Farrokhzad, grande figure du féminisme iranien, morte à 32 ans dans un accident de voiture. Née en 1935 à Téhéran, dans une famille plutôt aisée de sept enfants, alors qu'une bonne fille iranienne se doit d'être pieuse, modeste et soignée, elle est impulsive, raisonneuse et désordonnée. Elle se considère l'égal de ses frères, avec l'esprit et l'audace qu'il faut pour répondre aux leurs. Ce qui n'est ni dû goût de sa mère, ni de la société iranienne de l'époque. Quand au père, colonel du Shah, il se contente d'engendrer et de veiller superficiellement à une discipline de fer dans sa famille. Son destin basculera avec sa rencontre avec Parviz Shapour, son cousin et poète, connu en 1950.....une première rencontre avec l'amour et la poésie.....d'autres suivront.....pour le meilleur ou le pire....
Racontée à la première personne, jalonnée de sa poésie, Jasmin Darznik nous offre ici une superbe biographie romancée de Farrokhzad, grande poétesse iranienne méconnue du grand public, en occident. Un livre qu'on lit la gorge serrée, face a tant d'injustices faites à la femme dans l'Iran chiite et à son courage, qui défiera tout interdit. Calvaire chez le père, calvaire chez le mari, une vie de captive basée sur des règles absurdes d'une société, régit par une religion vécue et pratiquée d'une manière encore plus absurde. Au nom de Dieu, tout est désamour, frustrations, cruautés et violences, au point qu'on se demande où et quel Dieu se trouve dans cet enfer ?
Finalement, c'est par le biais de la littérature et surtout de la poésie qu'arrivera le salut, pour cette femme libre dans son corps, libre dans son esprit. Comme quoi encore une fois la preuve que la volonté ne connaît pas de limites, et que même en milieu hostile, quand on s'y accroche, on peut réaliser tout ses rêves, ou presque...
Un livre passionnant qui révèle aussi plusieurs pans tragiques de l'Histoire iranienne, des années 40 à 60 et qui débouchera directement sur la dictature des mollahs qui sévit aujourd'hui le pays; dont celui de la lutte du pétrole entre l'Iran et le couple Etats-Unis / Angleterre , qui se l'approprieront pour un temps, en faisant chuter Mossadegh, le premier ministre iranien de l'époque.....
Lu d'une traite, magnifiquement traduit de l'anglais, un roman splendide sur une femme devenue une icône dans son pays !
Un coup de coeur !
Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Stéphane Marsan pour l'envoie et la découverte de ce superbe livre !
“Tout mon être n'est qu'un verset obscure
Qui te célébrera jusqu'à l'aube des éclosions
Et floraisons éternelles.
D'un soupir, dans cette mélopée, je te fais surgir;
A l'arbre, à l'eau, au feu
Je te greffe.”
( Une autre naissance )
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Fransoaz
  21 mars 2019
En ce joli mois de mars, se perpétue la journée internationale des droits de la femme et s'ouvre, sur la beauté, le printemps des poètes. L'oiseau captif fait partie des magnificences qu'il faut saisir avant de le laisser s'envoler vers son destin.
Pour dire la femme, pour dire la poésie, pour dire la liberté et pour crier la liberté de la femme poète et iranienne voici venir l'histoire de l'audacieuse, de l'opiniâtre Forough Farrokhzad.
Une maman conventionnelle, obsédée par le rangement et le regard de Dieu ; un père militaire et intransigeant, une haute stature éloignée de ses enfants et de leur éducation, mais un colonel qui parle de poésie persane avec ses amis.
C'est dans ce créneau que va s'insinuer Forough, celui de la création poétique, pour accrocher le regard paternel.
Forough Farrokhzad détonne dans cette société entravée par le carcan des traditions et la soumission féminine. Les rencontres parfois malveillantes, souvent condescendantes et humiliantes, rarement amicales vont la hisser sur le faîte de la notoriété au prix de renoncements inimaginables et douloureux.
Jasmin Darznik agite sa plume avec détermination pour rendre hommage au courage et à la persévérance de la jeune poète. Elle reconstitue avec fougue et inspiration cette chaîne de souffrances et de concessions, cette force d'indépendance farouche, cette créativité poétique nouvelle et audacieuse.
(…)Il est une rue là-bas
Où des garçons qui étaient de moi amoureux, encore
Avec les mêmes cheveux en bataille, leurs cous graciles
et leurs jambes grêles,
Pensent aux sourires innocents d'une fillette qu'une nuit
le vent a emportée avec lui.
Il est une ruelle
Que mon coeur a volée aux quartiers de mon enfance. (…)
Une biographie romancée avec élégance, une écriture magnétique qui ravira même les réfractaires à la poésie.
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blandine5674
  27 décembre 2018
Encore un merci à Bookyccoky (cela devient une habitude pour mon grand bonheur !) Quel merveilleux roman ! Quel beau portrait de femme qui a réellement existée. Dès les premières pages, une terrible consultation dépendra de la future vie de femme de la poète (poétesse est ironique dans la bouche des hommes) iranienne Forough Farrokhzad. Déjà petite, son caractère rebelle n'est pas apprécié. Elle préfère jouer avec ses frères en pissant comme un garçon que d'être bien présentable, dévouée et prier, pour un futur mari. Une femme qui se veut libre dans sa tête et son corps, mais à Téhéran dans les années 50, pour la gente féminine, relève de l'utopie. On y trouve une belle histoire d'amitié dans ces amours tumultueux. Un élément m'a intrigué, (est-ce propre à ce pays ?) Alors qu'elle demeure chez ses parents, elle dit chez le colonel pour son père et dans le salon de ma mère.
Bernardo Bertolucci a exprimé son admiration pour sa poésie et le film qu'elle a réalisé. La presse iranienne écrivait que c'est son amant qui était derrière ses poèmes et son film, parce que ce n'est pas possible qu'une femme créée de l'art.
Une grande dame, hélas, disparue trop tôt à 32 ans et que je ne suis pas prête d'oublier. Je ne comprends pas que cette oeuvre passionnante n'a pas plus de lecteurs. J'espère que cette critique contribuera à la faire connaître un peu plus.

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ninamarijo
  28 décembre 2019
Jasmin Darznik nous livre un récit passionnant, elle met en scène la vie de la poétesse iranienne Forough Farrokhzad.
L'histoire se passe sous le règne du Shah Mohammad Reza Pahlavi dans le Téhéran des années 1930-1960.
D'une écriture alerte, fine et raffinée Jasmin Darznik nous révèle la vie de Forough. Dès l'enfance Forough est une petite fille révoltée et turbulente et ressent toute l'injustice de sa condition féminine. Dans cette société peu permissive, sa liberté est réduite à la maison familiale et à l'enceinte du jardin. Elle rêve de découvrir le monde, de continuer ses études mais cet espace est réservé à ses frères !
Son père, militaire proche du Shah, est sévère et autoritaire, il est craint par toute la famille mais Forough va découvrir à ses côtés les grands poètes persans et rêver de les imiter. Très tôt elle écrit ses premiers poèmes.
Intrépide elle fait le mur et brave tous les interdits. Pour éviter un scandale son père la marie très tôt, à 16 ans. Son mariage sera un échec. Dès lors elle décide de prendre sa vie en main.
Jasmin Darznik nous livre un récit-fiction émouvant et très fort ; ce récit est le résultat de sa « rencontre-passion » avec l'oeuvre de Forough Farrokhzad, des vers terriblement libres et nouveaux, une poésie vraie, vibrante d'émotions.
Forough Farrokhzad paiera cher d'avoir oser écrire des vers sur le désir féminin en laissant libre court à une grande sensualité. Elle sera enfermée dans un hôpital psychiatrique sur ordre même de son père.
« …J'ai vu son oeil plein de secrets Dans ma poitrine, mon coeur frémit aux prières de son regard avide.
…Dans son oreille je racontai l'histoire d'aimer Je te veux, ô ma substance, je te veux, ô mon étreinte qui me ranime. Je te veux mon amour fou.
de désir sa prunelle alors s'est embrasée le rouge du vin a dansé dans la coupe Mon corps au creux de ses doux draps
Contre son corps ivre a tremblé. »

Toute sa vie sera jalonnée de difficultés, divorcée, elle sera aussi privée de son fils, elle connaitra le grand amour mais restera l'irrégulière et enfin elle enchainera les scandales dans une société archaïque. Et pourtant dans les années 60 elle devient, dans son pays, une figure du féminisme, femme courage et fidèle à ses convictions. Forough Farrokhzad est décédé en 1967
« Un poème pour toi » (A mon fils Kâmyâr, en attendant les jours à venir)

A la grève de la bonne réputation, j'ai fait naufrage en mon coeur gît une étoile orageuse.
L'endroit où s'enflamme ma colère est hélas l'espace obscur d'une prison.

J'ai posé mon front douloureux
Contre une porte sombre J'y frotte mes doigts,
Osseux et froids.

Elle n'est guère aisée, La lutte contre la perfidie
Ma ville et la tienne, mon doux enfant,
Sont depuis longtemps le nid de Satan.
Un jour viendra où tes yeux se brouilleront A l'écoute de ce chant douloureux.
Tu me chercheras dans mes mots Et tu te diras : ma mère fut ainsi."
+ Lire la suite
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Tezelsup
  06 octobre 2019
C'est le portrait sensible d'une femme en avance sur son temps, la poète iranienne, Forough Farrokhzad (1935 - 1967). Forough est libre dans une société iranienne qui ne permet pas aux femmes de l'être. Elle paiera cher le prix de cette liberté. C'est beau, c'est triste. le texte de Jasmin Darznik est parsemé de magnifiques poèmes de Forough. Une lecture inoubliable.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   10 novembre 2018
-Dieu est partout, me dit un jour ma mère alors que je n’étais encore qu’une fillette.
Plissant des yeux , elle me cloua du regard et ajouta:
-Il est partout, il voit tout ce que tu fais.
Bien qu’elle ne fût pas voilée, sa vie serait toujours un tapis de prière devant l’autel de la peur.
( Iran années 40)
Commenter  J’apprécie          431
ninamarijoninamarijo   02 décembre 2019
Je suis née en Iran, pays s'étirant sur 4800 kilomètres et juché sur un plateau rocailleux bordé de tous côtés par de hautes montagnes. Au nord, des forêts de pins, de bouleaux et de trembles longent la mer Caspienne; au sud, s'élèvent des mosquées aux dômes de turquoise, se déploient des villages sculptés dans la pierre couleur de miel ainsi que les vestiges des jardins et palais de Pasargades, Susa et Persépolis. De vastes déserts de sel et de sable s'étendent d'est en ouest. Chaque jour de l'année, les quatre saisons se déclinent à l'intérieur des frontières iraniennes. Ici, sous une surface en perpétuel changement où fleurs sauvages, sable, roc et neige se côtoient, les veines noires du pétrole plongent au coeur de la terre.
+ Lire la suite
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BookycookyBookycooky   10 novembre 2018
J’accroche deux boucles de cerises rouges à mes oreilles
Je colle des pétales de dahlias sur mes ongles
Il existe une rue
Où des garçons des cheveux en bataille
Le cou mince et les jambes maigres
Étaient amoureux de moi
Et pensent encore au sourire innocents d’une feuille
Qu’une nuit le vent a emportée

(Forugh Farrokhza)
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verobleueverobleue   30 décembre 2019
On apprenait à une fille iranienne à se tenir tranquille et à être docile, or dès ma plus tendre enfance, j'étais entêtée, bruyante et effrontée. Une bonne fille iranienne devait être pieuse, modeste et soignée ; j'étais impulsive, raisonneuse, et désordonnée. Je me considérais l'égale de mes frères, avec l'esprit et l'audace qu'il fallait pour répondre aux leurs. Enfants, quand ma sœur et moi jouions dans le jardin, ma mère nous criait toujours dessus parce que nous laissions et abîmions nos vêtements. Comme Pouran était d'un tempérament plus doux et prompte aux larmes, elle essuyait moins de reproches : mais un coup d'oeil de ma mère à un de mes coudes écorchés, un de mes genoux égratignés ou ma robe salie, et elle s'emportait, m'empoignait et m'assénait une fessée ou une gifle.
+ Lire la suite
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verobleueverobleue   01 janvier 2020
Quel que soit le sujet, on en revenait toujours au pétrole : la façon dont il était extrait du sol, qui était autorisé à l'exporter, quelles seraient les conséquences si le pays obtenait finalement la souveraineté sur ses puits de pétrole et les profits afférents. Subterfuges, accusations et cupidité faisaient rage, se déchaînant sans relâche jusqu'à ce qu'un jour, à Abadan, la terre répondit elle-même par le feu.
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