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ISBN : 2811232591
Éditeur : Milady (11/09/2019)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930, au sein d'une famille de sept enfants. Dans la maison règne une discipline de fer, et les enfants n'appellent pas leur père "papa", mais "général". Très tôt, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et dévore les recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance d'aller à l'école. À l'âge de seize ans, Forough épouse son amour de jeunesse, Parviz, sur décision du général qui tient à évi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  11 novembre 2018
C'est la triste mais passionnante histoire de la poétesse iranienne Forough Farrokhzad, grande figure du féminisme iranien, morte à 32 ans dans un accident de voiture. Née en 1935 à Téhéran, dans une famille plutôt aisée de sept enfants, alors qu'une bonne fille iranienne se doit d'être pieuse, modeste et soignée, elle est impulsive, raisonneuse et désordonnée. Elle se considère l'égal de ses frères, avec l'esprit et l'audace qu'il faut pour répondre aux leurs. Ce qui n'est ni dû goût de sa mère, ni de la société iranienne de l'époque. Quand au père, colonel du Shah, il se contente d'engendrer et de veiller superficiellement à une discipline de fer dans sa famille. Son destin basculera avec sa rencontre avec Parviz Shapour, son cousin et poète, connu en 1950.....une première rencontre avec l'amour et la poésie.....d'autres suivront.....pour le meilleur ou le pire....
Racontée à la première personne, jalonnée de sa poésie, Jasmin Darznik nous offre ici une superbe biographie romancée de Farrokhzad, grande poétesse iranienne méconnue du grand public, en occident. Un livre qu'on lit la gorge serrée, face a tant d'injustices faites à la femme dans l'Iran chiite et à son courage, qui défiera tout interdit. Calvaire chez le père, calvaire chez le mari, une vie de captive basée sur des règles absurdes d'une société, régit par une religion vécue et pratiquée d'une manière encore plus absurde. Au nom de Dieu, tout est désamour, frustrations, cruautés et violences, au point qu'on se demande où et quel Dieu se trouve dans cet enfer ?
Finalement, c'est par le biais de la littérature et surtout de la poésie qu'arrivera le salut, pour cette femme libre dans son corps, libre dans son esprit. Comme quoi encore une fois la preuve que la volonté ne connaît pas de limites, et que même en milieu hostile, quand on s'y accroche, on peut réaliser tout ses rêves, ou presque...
Un livre passionnant qui révèle aussi plusieurs pans tragiques de l'Histoire iranienne, des années 40 à 60 et qui débouchera directement sur la dictature des mollahs qui sévit aujourd'hui le pays; dont celui de la lutte du pétrole entre l'Iran et le couple Etats-Unis / Angleterre , qui se l'approprieront pour un temps, en faisant chuter Mossadegh, le premier ministre iranien de l'époque.....
Lu d'une traite, magnifiquement traduit de l'anglais, un roman splendide sur une femme devenue une icône dans son pays !
Un coup de coeur !
Un grand merci à NetGalley et aux Éditions Stéphane Marsan pour l'envoie et la découverte de ce superbe livre !
“Tout mon être n'est qu'un verset obscure
Qui te célébrera jusqu'à l'aube des éclosions
Et floraisons éternelles.
D'un soupir, dans cette mélopée, je te fais surgir;
A l'arbre, à l'eau, au feu
Je te greffe.”
( Une autre naissance )
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Fransoaz
  21 mars 2019
En ce joli mois de mars, se perpétue la journée internationale des droits de la femme et s'ouvre, sur la beauté, le printemps des poètes. L'oiseau captif fait partie des magnificences qu'il faut saisir avant de le laisser s'envoler vers son destin.
Pour dire la femme, pour dire la poésie, pour dire la liberté et pour crier la liberté de la femme poète et iranienne voici venir l'histoire de l'audacieuse, de l'opiniâtre Forough Farrokhzad.
Une maman conventionnelle, obsédée par le rangement et le regard de Dieu ; un père militaire et intransigeant, une haute stature éloignée de ses enfants et de leur éducation, mais un colonel qui parle de poésie persane avec ses amis.
C'est dans ce créneau que va s'insinuer Forough, celui de la création poétique, pour accrocher le regard paternel.
Forough Farrokhzad détonne dans cette société entravée par le carcan des traditions et la soumission féminine. Les rencontres parfois malveillantes, souvent condescendantes et humiliantes, rarement amicales vont la hisser sur le faîte de la notoriété au prix de renoncements inimaginables et douloureux.
Jasmin Darznik agite sa plume avec détermination pour rendre hommage au courage et à la persévérance de la jeune poète. Elle reconstitue avec fougue et inspiration cette chaîne de souffrances et de concessions, cette force d'indépendance farouche, cette créativité poétique nouvelle et audacieuse.
(…)Il est une rue là-bas
Où des garçons qui étaient de moi amoureux, encore
Avec les mêmes cheveux en bataille, leurs cous graciles
et leurs jambes grêles,
Pensent aux sourires innocents d'une fillette qu'une nuit
le vent a emportée avec lui.
Il est une ruelle
Que mon coeur a volée aux quartiers de mon enfance. (…)
Une biographie romancée avec élégance, une écriture magnétique qui ravira même les réfractaires à la poésie.
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blandine5674
  27 décembre 2018
Encore un merci à Bookyccoky (cela devient une habitude pour mon grand bonheur !) Quel merveilleux roman ! Quel beau portrait de femme qui a réellement existée. Dès les premières pages, une terrible consultation dépendra de la future vie de femme de la poète (poétesse est ironique dans la bouche des hommes) iranienne Forough Farrokhzad. Déjà petite, son caractère rebelle n'est pas apprécié. Elle préfère jouer avec ses frères en pissant comme un garçon que d'être bien présentable, dévouée et prier, pour un futur mari. Une femme qui se veut libre dans sa tête et son corps, mais à Téhéran dans les années 50, pour la gente féminine, relève de l'utopie. On y trouve une belle histoire d'amitié dans ces amours tumultueux. Un élément m'a intrigué, (est-ce propre à ce pays ?) Alors qu'elle demeure chez ses parents, elle dit chez le colonel pour son père et dans le salon de ma mère.
Bernardo Bertolucci a exprimé son admiration pour sa poésie et le film qu'elle a réalisé. La presse iranienne écrivait que c'est son amant qui était derrière ses poèmes et son film, parce que ce n'est pas possible qu'une femme créée de l'art.
Une grande dame, hélas, disparue trop tôt à 32 ans et que je ne suis pas prête d'oublier. Je ne comprends pas que cette oeuvre passionnante n'a pas plus de lecteurs. J'espère que cette critique contribuera à la faire connaître un peu plus.

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coquinnette1974
  20 novembre 2018
L'oiseau captif de Jasmin Darznik est un magnifique ouvrage découvert grâce aux éditions Castelmore et net galley.
Forough Farrokhzad a grandi à Téhéran dans les années 1930, au sein d'une famille de sept enfants. Dans la maison règne une discipline de fer, et les enfants n'appellent pas leur père "papa", mais "général".
Très tôt, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et dévore les recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance d'aller à l'école.
À l'âge de seize ans, Forough épouse son amour de jeunesse, Parviz, sur décision du général qui tient à éviter un scandale. Mais alors que beaucoup de jeunes filles n'ont pas la chance d'épouser l'homme qu'elle aiment, Forough ne tarde pas à déchanter : l'homme qu'elle a épousé n'est pas exactement celui qu'elle imaginait...
L'oiseau captif est la biographie romancée de Forough Farrokhzad, une poétesse contemporaine iranienne. Je vous avoue que je l'ai découverte car je ne la connaissais pas du tout.
J'ai lu cet ouvrage comme un roman, et j'ai trouvé ma lecture captivante. J'ai appris de nombreuses choses sur l'Iran, sur la conditions des femmes dans les années 40 à 60.
Forough est une femme très touchante, et son salut va venir de l'écriture, notamment de poèmes.
L'oiseau captif est un très bon livre qui m'a pris énormément touché, je vous le conseille vivement et je lui donne un énorme cinq étoiles.
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Aelinel
  01 novembre 2018
De l'Histoire de l'Iran au XXème siècle, je ne connaissais que la Révolution islamique de 1979 grâce à la bande dessinée Persepolis de Marjane Satrapi. En effet, la proclamation d'une république islamique par Khomeini met fin à vingt-cinq ans de règne du Shah Mohammad Reza Pahlavi et exile ce dernier. Ce qui m'avait interpelé dans la BD de Marjane, c'était la condition des femmes qui s'était radicalement détériorée avec l'avènement du nouveau régime, le règne du Shah étant présenté comme plus permissif et en faveur de la libéralisation des femmes. En réalité, avec la lecture de ce roman, L'oiseau captif qui se déroule vingt-trente ans auparavant, les choses sont beaucoup plus complexes.
Forough Farrokhzad est née dans une famille privilégiée dont le père est un militaire, proche du régime du Shah, à Téhéran. Très tôt, la petite fille apprend à ses dépens que ses droits dûs à sa condition féminine sont bien plus restreints que ceux de ses frères. Ces derniers peuvent sortir dans la rue comme ils le veulent ou continuer leurs études alors même que cela est refusé à Forough. Sa colère et le sentiment d'injustice qui l'habitent deviennent les principaux terreaux de son écriture et de sa plume si particulière. Forough que l'on souhaite faire taire, que l'on marie dès seize ans pour réprimer son caractère turbulent et éviter le déshonneur sur la famille, bouillonne intérieurement et rêve d'une vie qu'elle entend mener comme elle l'entend. Mais, les carcans de la société iranienne sont si étriqués que Forough paiera très cher ses désirs de liberté et d'indépendance…
L'auteure d'origine iranienne, Jasmin Darznik explique dans une note à la fin de l'ouvrage comment elle a connu cette fameuse poétesse qui avait tant fait scandale dans l'Iran des années 60 mais était aussi devenue une figure de proue du féminisme. En effet, la famille de Jasmin est partie aux Etats-Unis peu avant la Révolution de 1979 emportant avec elle seulement deux valises dans une desquelles se trouvait un petit recueil de poésies de Forough. Cette écriture si libre et si percutante a tant fasciné Jasmin depuis qu'elle est toute petite qu'elle a suivi les traces de la poétesse jusque dans ses études de littérature iranienne. Malheureusement, les sources peu nombreuses ont manqué à l'auteure dès le début de la rédaction de L'oiseau captif. En effet, la famille de la poétesse a fait disparaître tous les journaux de Forough après sa mort, désirant ne pas attirer l'attention sur elle lors des temps troublés qui ont suivi la Révolution islamique de 1979. Jasmin s'est donc basée sur l'oeuvre littéraire de la poétesse (Le captif paru en 1955, le Mur en 1956 et La rébellion en 1958), sur des ouvrages d'historiens (A Lonely woman de Michael C. Hillman publié en 1980 et Forough Farrokhzad : A literary biography de Farzaneh. M. Milani en 2016) mais s'est également documentée sur le contexte historique. Et en cela, L'oiseau captif est vraiment réussi car Jasmin Darznik est parvenue avec une facilité déconcertante à redonner une voix à Forough, à nous livrer ses pensées les plus intimes et à la faire revivre en quelque sorte.
Comme je le disais en introduction, la société sous le régime du Shah des années 50 et 60 n'a pas été aussi permissif que la bande dessinée Persépolis l'avait laissée entendre bien que les choses se soient effectivement empirées après 1979. En effet, les femmes étaient « éduquées » avant tout pour être de bonnes épouses et de bonnes mères. Il était donc « inutile » que la jeune fille poursuive des études, sa seule virginité avant le mariage devait être un indicateur de sa bonne réputation. S'ensuit dans le roman, une scène absolument hallucinante de Forough emmenée de force par sa mère dans un quartier malfamé de Téhéran. En effet, surprise en train de boire un verre dans un bar à Téhéran avec son cousin, sa réputation a été compromise. Afin de préserver l'honneur de la famille, Forough a dû alors prouver qu'elle n'avait pas perdu sa virginité grâce à l'obtention d'un certificat. Et une fois mariée, il eut été vain de se croire « sauvée »! Se promener seule dans les rues sans mari était un gage de moeurs légères, quant à voyager seule… Il était de plus quasiment impossible d'exercer un travail, alors se faire publier, n'en parlons même pas! Et pourtant, Forough s'est battue non sans mal contre ces carcans qui entravaient sa liberté et son indépendance, ce qui lui a valu autant l'admiration que l'opprobre.
Dans L'oiseau captif, Jasmin Darznik nous livre un portrait fort et émouvant de cette poétesse iranienne, Forough Farrokhzad. Je ne la connaissais absolument pas et je me rends compte qu'elle aurait très bien pu faire partie de ces femmes d'exception présentes dans les deux tomes de la bande dessinée, Culottées de Pénélope Bagieu. Bref, je ne peux donc que vous conseiller ce roman.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   10 novembre 2018
-Dieu est partout, me dit un jour ma mère alors que je n’étais encore qu’une fillette.
Plissant des yeux , elle me cloua du regard et ajouta:
-Il est partout, il voit tout ce que tu fais.
Bien qu’elle ne fût pas voilée, sa vie serait toujours un tapis de prière devant l’autel de la peur.
( Iran années 40)
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BookycookyBookycooky   10 novembre 2018
J’accroche deux boucles de cerises rouges à mes oreilles
Je colle des pétales de dahlias sur mes ongles
Il existe une rue
Où des garçons des cheveux en bataille
Le cou mince et les jambes maigres
Étaient amoureux de moi
Et pensent encore au sourire innocents d’une feuille
Qu’une nuit le vent a emportée

(Forugh Farrokhza)
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blandine5674blandine5674   26 décembre 2018
- Pensez aux écrivains que vous admirez le plus. Qu’est-ce qui vous a apporté du réconfort dans leurs mots ? Donné du courage ? Seuls les auteurs qui ont pris le risque d’être honnêtes ont le pouvoir de nous toucher.
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rkhettaouirkhettaoui   25 juin 2019
J’imiterais à la perfection le sourire séduisant d’Ava Gardner, et le regard froid et assuré de Vivien Leigh. J’irais là où j’en aurais envie, et j’écrirais ce qui me plairait. Je reconnais que mon plan pour réaliser tout cela était peu original, mais au sein de ce monde limité, mes méthodes n’appartenaient qu’à moi : je choisirais mon propre mari, et ainsi, j’échapperais enfin à la maison du Colonel.
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ladyogaladyoga   06 juillet 2019
L'amour est une autre contrée. Non, j'irai plus loin : la différence entre deux pays étrangers n'est jamais aussi grande que celle qui existe entre être amoureux et ne pas l'être. Non seulement le monde autour de soi semble transformé quand on est épris de quelqu'un - lumineux alors qu'il était morne, vivant et varié alors qu'il n'était que routine- mais les gens ne sont plus les mêmes, à commencer par soi, encore qu'il s'agit peut être juste d'un retour à son moi originel.
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