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EAN : 9782754829212
216 pages
Futuropolis (06/10/2021)
4.17/5   805 notes
Résumé :
Debout à la surface de la planète

Sur les parois de la grotte de Pech Merle, il y a des milliers d'années,
des sapiens ont laissé à leurs descendants des souvenirs admirables.
À huit cent kilomètres de là, sous le sol de Bure, en ce moment,
d'autres sapiens - et d'une certaine manière les mêmes sapiens - envisagent
d'enterrer des déchets nucléaires dont certains resteront dangereux
pendant des milliers d'années.
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Critiques, Analyses et Avis (118) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 805 notes
J'ai fait l'acquisition de cet ouvrage pour la médiathèque dans laquelle je travaille, m'étant promis alors de le lire un jour, d'un pour ma culture personnelle, de deux parce que le sujet m'intéressait et de trois, et non pas des moindres, pour mieux le recommander à mes lecteurs par la suite. Maintenant que c'est chose faite, le constat est simple : comment ai-je pu passer à côté d'une telle histoire : celle d'un projet de l'enfouissement de déchets nucléaires dans le sol de Bure dans la Meuse et qui a fait beaucoup parler d'elle il y a quelques années ? Ce projet étant actuellement toujours d'actualité, Etienne Davodeau n'a pas pu passer à côté et surtout ne le voulait pas ! Il se devait d'aller voir sur place. Ayant entrepris un long périple à partir de 800 kilomètres qu'il effectua à pied à partir de la commune de Pech Merle où il tomba d'émerveillement devant une représentation d'u mammouth effectuée par un sapiens il y a plusieurs années de cela, il voulut comprendre comment l'homme, le sapiens que nous sommes a pu en arriver là, à savoir partir de choses simples de la vie mais pourtant existentielles pour la vie de nos ancêtres, telle que la chasse et l'immortalisation sur des grottes (bien que l'on ne connaisse pas ce qui a réellement poussé ces premiers sapins à immortaliser ce mammouth, puisqu'ils en consommaient très peur, voire pas du tout à ce qu'il considère à juste titre, comme nombre des personnes interviewés ici, comme un terrible acte de malveillance de la part de nos dirigeants, à savoir l'enfouissement sous sol de matériaux aussi dangereux pour l'homme mais aussi la faune et la flore que ces dites matières hautement radioactives et qui le resteront encore des milliers d'années. Nos descendants se poseront probablement la même question que nous envers ces dessins préhistoriques ! Pourquoi ? Sauf que nous, nous leur auront pourri la planète entre temps, contrairement à ces dessins qui sont non seulement d'une beauté absolue mais qui sont complètement inoffensifs !

Etienne Davodeau essaie de comprendre mais n'y parvient pas. Il ne peux que constater les faits et s'en indigner, tout comme son lecteur d'ailleurs ! Je regrette simplement de n'avoir pas eu tous les éléments en main dès le départ (et je m'en veux terriblement) pour aborder cette lecture richement documentée et extrêmement bien travaillée du point de vue graphique pour l'apprécier à sa juste valeur (ce qui explique probablement mon manque d'enthousiasme une fois la lecture de cet ouvrage terminée et la note que j'y ai attribué et qui n'est probablement pas à la hauteur de ce dernier) ! Disons au moins que dormirai un peu moins bête ce soir ou du moins beaucoup plus sensible à ce qui nous entoure ! Une lecture que je ne peux que vous recommander, ce que je n'hésiterai pas dans ma petite médiathèque !
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A l'arrivée de cette randonnée de 800 km se trouve un scandale écologique. Je n'ai pas été surprise par la découverte de Etienne Davodeau, marcheur militant, dessinateur et auteur de « le droit du sol », car j'avais déjà lu Cent mille ans - Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires de Gaspard d'Allens, Pierre Bonneau et Cécile Guillard. Mais sans détailler toute l'histoire des opposants à l'enfouissement des déchets nucléaires, Etienne Davodeau tente une approche beaucoup plus large en nous questionnant sur notre rapport au monde et l'avenir de notre planète.
Symboliquement, cette marche débute à Pech Merle dans le Lot, là où une grotte préhistorique révèle les peintures rupestres de nos ancêtres. Aujourd'hui, ce ne sont pas des dessins que l'on retrouve dans nos sous-sols, mais des déchets nucléaires. Ainsi va le monde qui, plutôt que des représentations artistiques préfère léguer aux générations futures des poubelles qui les empoisonneront pour les siècles à venir.
Cette randonnée est aussi l'occasion de méditer sur les beautés de la nature, et il ne s'en prive pas, l'ami Etienne, écolo et militant. Les randonneurs souriront à l'évocation de certaines anecdotes communes à tous les marcheurs, comme ce chien qui suit Etienne durant plusieurs heures (j'ai plusieurs fois vécu cette expérience !) ou bien toutes les remarques des gens croisés, plus vraies que nature. J'ai ainsi eu l'impression de marcher à ses côtés, ressentir la soif et la fatigue d'une longue marche, avoir trop chaud, tout cela en apprenant des choses passionnantes tout au long du chemin.
C'est bien documenté, même si l'apparition de quelques experts aux côtés du marcheur et leur exposé érudit peut parfois sembler plaqué au récit et un tantinet verbeux, on lit avec intérêt cette histoire militante.
Au fur et à mesure qu'on se rapproche de la Meuse, le danger se fait plus précis et la surveillance, le harcèlement dont sont victimes les habitants militants de Bure fait froid dans le dos.
Les tons sépia des dessins se prêtent bien au propos. Il y a beaucoup de douceur et de poésie lorsqu'il s'agit d'évoquer la nature, de belles rencontres aussi faites de générosité, ce qui rend le contraste saisissant avec le risque majeur qui se joue à Bure.
Une BD militante comme je les aime !
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Une fois de plus, je suis épatée par l'engagement de Davodeau. Il y a 25 000 ans, les hommes allaient sous terre dans la grotte de Pech Merle pour y peindre 70 animaux nous laissant des chefs-d'oeuvres rupestres. C'est le point de départ de notre scénariste qui va se rendre à 800 kilomètres de là à pieds sur le site de la Bure où dans les profondeurs de la terre on compte y mettre des déchets nucléaires dangereux pour des milliers d'années. le sujet de ce roman graphique me révolte autant que « Algues vertes ». Admiration pour le courage de Étienne Davodeau et de tous ceux qui gravitent autour de lui le long de son parcours. À faire connaître. Espérons que leurs luttes aboutissent afin que ces assassins cessent de détruire la planète. Fini il y a une semaine, impossible de mettre les mots qu'il faut.
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« A Bure, L'Etat, la justice, la police portent L'Andra à bout de bras. » (p. 192)
Rappel : l'Andra est l'Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs.

Y a intérêt, vu qu'un petit mec haut placé nous vante les mérites du nucléaire, des voitures électriques, etc. Alors qu'on disait déjà (et poliment, en plus) 'Non merci !' dans les années 70, que la question des déchets radioactifs n'est pas résolue, et qu'on a vu "quelques" accidents (Tchernobyl, Fukushima...), etc.
« Macron veut faire du nucléaire un objet politique, au service de sa future campagne présidentielle. » ☢ 💀

Cet album est engagé et enrichissant, mais...
• Comme c'est long & pénible de suivre les 800 kms de marche d'Etienne Davodeau, randonneur ! Surtout quand les mérites de cette pratique et les envolées lyriques des marcheurs vous passent au-dessus, car vous n'en retenez que le pire (faim, soif, fatigue, saleté, chaleur, intempéries...). Sinon il y a belle lurette que vous vous y seriez mise, pardi, et vous auriez une belle silhouette.
• Autre problème de taille avec cet album : déchiffrer un texte manuscrit pas très bien écrit, dense et fourni lorsque l'auteur donne la parole à des spécialistes. J'aurais préféré des encarts, car là, le dessin n'apporte rien au propos (le format BD nous rappelle juste que Davodeau continue sa marche, mais il est seul, en réalité). C'est vraiment dommage car les intervenants, d'horizons variés, sont passionnés et passionnants.

Sinon, l'idée de l'auteur est en effet intéressante : partir de Pech Merle, où nos ancêtres ont laissé de superbes dessins sur des parois de grottes, pour arriver à Bure, où l'on projette d'enfouir des déchets radioactifs, pour 'au moins 100 000 ans'. Hep, merci pour le cadeau, ô les gens nés au XXe siècle - s'il reste des humains pour le penser dans mille siècles ! En attendant, ça ne rigole pas contre ceux qui s'opposent au projet : contrôles, arrestations, écoutes téléphoniques, avec la « présence surdimensionnnée des forces de l'ordre ».
« Il ne faut pas perdre de vue que ce bazar n'a lieu que pour produire de l'électricité pendant quelques décennies. Tout ça pour ça. » Et on en revient à 'nos' futurs candidats 2022. 😡

Conclusion avec cet extrait (p. 193) : « Je (...) croise au large les bâtiments de l'Andra et d'Edf. Je n'irai pas interroger leurs chargés de communication. Leur donner la parole dans mes pages au nom d'un hypothétique souci d'équité ne ferait qu'entériner l'énorme déséquilibre des forces qui s'opposent ici. Ils ont l'argent, la justice et la police avec eux. Ça va bien. »
Argent, justice, politique...

Et il paraît que les Verts font régner la terreur dans ce pays, et imposent leurs idées - des ayatollahs, des talibans, j'en passe...

A compléter avec 'Cent Mille Ans - Bure Ou le Scandale Enfoui Des Déchets Nucléaires' (Gaspard d' Allens, Pierre Bonneau, Cécile Guillard).

-----

♪♫ (...) Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homosapiens
Pour racheter du Néandertal
Je vous attends
Et les manufactures auront beau se recycler
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde
Surtout qu'à ce qu'on dit vous aimez faire durer.
Moi je vous dis Bravo ! et Vive la mort ! (...)
Je sais que dans votre alchimie
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi
Ah ah ! je vous attends...
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer. (...)
Moi je vous dis Bravo ! et Vive la mort... ♪♫
----
HF Thiéfaine, Alligators 427, in 'Autorisation de délirer', 1979
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=88yPQGBnjPw
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Quel plaisir de retrouver Davodeau dans cette BD militante, au dessin délicat et varié, et à l'énergie revigorante malgré le sujet difficile !
L'auteur décide de parcourir à pied les chemins qui vont relier le Lot, berceau de l'art préhistorique avec les grottes de Pech-Merle, et Bure, à 800 km de là, dans la Meuse, où se livre une lutte contre l'enfouissement des déchets nucléaires.
Ou comment relier ce qui s'est passé il y a plusieurs milliers d'années et ce qui pourrait se passer dans plusieurs milliers d'années (temps nécessaire à l'expiration de la radioactivité)
C'est le prétexte pour lui pour d'abord célébrer la nature et le plaisir de marcher et de faire des rencontres.
Et aussi une manière de militer en faveur de ces opposants qui luttent à Bure contre cet enfouissement, contre le nucléaire en général et pour une mise en valeur des terres agricoles.

C'est un plaisir de regarder ces dessins en noir et blanc qui détaillent précisément chaque personne rencontrée, chaque arbre remarquable, chaque paysage, …
Grâce à de simples dessins, Davodeau nous transporte à travers les régions de France avec poésie et passion, et c'est à mon avis un de ses meilleurs ouvrages !
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critiques presse (4)
LeSoir
18 janvier 2022
Les hommes du paléolithique nous ont laissé les chefs-d’œuvre de l’art rupestre en héritage. Ceux de l’anthropocène se préparent à léguer leurs déchets nucléaires à l’humanité. Etienne Davodeau dessine cette hérésie dans « Le droit du sol », un roman graphique vertigineux.
Lire la critique sur le site : LeSoir
RadioFranceInternationale
17 janvier 2022
Le dessinateur Étienne Davodeau livre avec « Le droit du sol », un récit de voyage. L'auteur a parcouru 800 kilomètres afin d'interroger notre rapport au monde et questionner ce que l'homme enfouit dans le sol. Le cheminement d'une réflexion sur notre devenir et celui de la planète.
Lire la critique sur le site : RadioFranceInternationale
LaCroix
29 novembre 2021
Journal d’une randonnée de 800 km à travers la France, le nouvel album d’Étienne Davodeau est une réflexion stimulante et engagée sur notre rapport au territoire et son sol.
Lire la critique sur le site : LaCroix
BoDoi
29 octobre 2021
Le Droit du sol assume une posture partisane, ne cherchant pas à entendre les défenseurs de la filière de retraitement des déchets nucléaires, ni les politiques ou les responsables de la pression policière et judiciaire vécue par les citoyens engagés contre le projet d’enfouissement. Cela frustrera les amateurs de documentaires équilibrés, mais ravira les lecteurs qui aiment la facette intime du travail d’Étienne Davodeau, qu’il explore ici avec une simplicité et une efficacité – dans le trait comme dans la mise en scène du discours – qui n’ont jamais paru aussi grandes.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
Nucléaire et démocratie, c’est comme deux aimants qui se repoussent (…). Sur ce sujet, il est tentant de convoquer Freud. L’enfouissement est ce que ça n’est pas assimilable à du refoulement ? Et depuis Sigmund, on ne sait avec certitude, le refoulé remonte toujours…
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Comment signaler aux sapiens qui vivront sur notre territoire dans les prochains siècles que nous leur avons laissé ce cadeau maléfique sous l’actuel bois lejuc ? Comment leur signifier qu’il faudrait surveiller ou, au moins, ne pas ouvrir ce colis piégé.
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Je prétends ici que si la planète terre veut bien nous donner des abricots et des rivières, en retour nous serions bien inspirés de lui faire des cadeaux un peu moins obscènes que ce qui se prépare à Bure.
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Vous savez, tous les pronucleaires sont pour CIGEO parce que c’est une solution qui paraît simple et dem le avoir réglé le pro même des déchets. En fait ça signale l’échec de l’énergie nucléaire. Et le pire c’est que tous les futurs clients du nucléaire vont se sentir autorisés à faire « comme la France » : balancer ça dans des trous plus ou moins bien faits. C’est irréversible le. Tant pis pour nos descendants, et ça c’est criminel.
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Le sol est la peau du monde.
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Videos de Étienne Davodeau (58) Voir plusAjouter une vidéo
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