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Thierry Gillyboeuf (Traducteur)
EAN : 9782842057480
79 pages
1001 Nuits (21/05/2003)
3.81/5   118 notes
Résumé :
"A quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. Je ne suis pas moi, qui le sera?" Inspiré par Ralph Waldo Emerson et son livre, Nature, Henry David Thoreau (1817 - 1906) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans une forêt, près du lac Walden. Installé dans une cabane de 1845 à 1847, il ne marche pas moins de quatre heure par jour... Pour l'auteur de la Désobéissance civile, farouchement ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Fleitour
  16 octobre 2016

Henry David Thoreau, l'auteur du grand Walden, déroule dans un petit opuscule l'éloge de la marche. Ce grand pionnier de l'écologie moderne, nous livre plus qu'un amour de la marche, un essai en forme d'éloge, où la marche est devenu l'indispensable instrument de sa liberté.
Qui ? mieux que Sylvain Tesson pouvait illustrer l'art de la marche, la libération de l'homme en mouvement, le disciple de Thoreau, prend corps après son accident. Sa reconstruction semble s'imprégner de ce balancement si particulier dans le silence des chemins de bois noirs.
Celui qui avait vécu dans les forêts de Sibérie, comme Thoreau dans sa cabane de Walden, s'est nourri de toute les vibrations de la nature, envahissant terreau de liberté en recréant au milieu des congères sa propre bibliothèque.
La marche c'est aussi la possibilité d'aller vers de nouvelles réalités, aller vers les autres, vers l'ailleurs. Par le non retour arrière, la fuite, l'individu peut libérer ses tensions, rechercher une reconstruction, une nouvelle énergie, la marche invite ainsi à vivre autrement. L'éloge de la fuite d'Henri Laborit, complète bien la pensée de Thoreau.
La fuite, devient solution et chemin, car "pour retrouver l'ensemble du cosmos, pour se situer dans la nature, l'homme doit s'approcher des fenêtres étroites que, dans sa prison sociale, l'idéologie dominante, ici ou là, veut bien entrouvrir pour lui faire prendre le frais. " H Laborit.
Sylvain tesson et Henri Laborit montent toute l'actualité de la pensée de Thoreau. Il m'apparaissait intéressant de montrer une continuité de sensibilité, d'un continent à l'autre d'un siècle éloigné au notre.
L'ouvrage est si court, qu'il pourrait être considéré comme un résumé. Il s'adosse au contraire à de multiples références philosophiques, naturalistes qui amplifient le propos.

Ainsi dans un second mouvement, Thoreau évoque la force exercée par la volonté d'aller vers l'ouest, comme une fascination de la lumière, celle qui est à la naissance de toute vie. " chaque crépuscule dont je suis le témoin m' inspire le désir d'aller vers un ouest assez lointain et plus beau que celui où le soleil descend". P28
La vie sauvage est aussi questionnée. Mis en avant, la marche est la rencontre de cette nature sauvage , ce sont les chemins noirs de Tesson .
"Comme ce qui est sauvage est proche de la beauté P39 "
La nature sauvage n'est pas mauvaise, c'est notre regard qui voit des nuisances entre les animaux nuisibles, et les mauvaises herbes. La nature, est à cette époque l'objet de nombreuses recherches comme l'interdépendance ou les l'interaction des espèces entre elles.

Enfin la fin de son voyage littéraire, évoque l'ignorance utile, car les croyances opaques ou les connaissances opaques sont bien plus dangereuses pour l'homme en marche, les fausses routes comme les idées fausses ne peuvent nous faire avancer !
Pour ceux qui lisent en marchant, c'est le livre idéal qui tient dans une poche !
Pour tous ceux qui aiment marcher, puis lire, cette invitation de partir sans se retourner, sans vouloir revenir à son point de départ est un défi.
Rassurez vous Thoreau parle par image comme dans la bible où la femme de Loth fut cristallisée pour avoir regardé en arrière.
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meyeleb
  03 avril 2012
D'une modernité incontestable, de la marche développe une vision du monde où l'homme évolue dans la recherche pacifique d'une harmonie avec la nature. Déjà conscient des dérives que peut susciter la dépendance matérialiste, Thoreau revendique une marche à contre-courant. Une marche qui, loin d'être la somme des pas posés sur un chemin tout tracé, faisant de nous des promeneurs conditionnés, propose à l'homme d'arpenter l'aventure humaine (la quête de soi) au sein de la Nature, à laquelle il s'accorderait humblement. Thoreau, penseur de la décroissance en somme ? Une lecture en tout cas rafraîchissante par sa poésie, enrichissante par ses références et enthousiasmante par l'évidence de son raisonnement.
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Stelphique
  29 août 2021
Ce que j'ai ressenti:
« Comme ce qui est sauvage est proche de la beauté! »
Je sais que j'entretiens ma santé physique et mentale en marchant. C'est donc naturellement que je suis allée vers ce livre: cette lecture précisément, et cet auteur. Il me fallait enfin faire sa découverte, sur le chemin des grands marcheurs, les grands esprits se rencontrent, inévitablement…Alors de la marche ou de l'esprit, ce livre ou cette pratique apporte un réconfort et une dynamique qui ne me fera plus jamais changer et abandonner la marche…
Mais s'il est vrai que ce livre est une énergie qui avance presque d'elle-même, on sent aussi le besoin d'un retranchement pour poser un regard plus avisé sur le monde qui nous entoure. C'est un effort de réflexion presque méditative pour comprendre que la nature est un lieu à préserver pour notre santé physique et/ou mentale, mais aussi pour que l'on reste connecté à notre essence-même du Vivant…
Entre poésie, magnétisme et espoir, Henry David Thoreau nous offre une balade intelligente et revigorante, au coeur du Vert, et ce souffle de liberté fait un bien fou, à lire! J'ai été agréablement surprise par cet esprit de vagabondage et la profondeur des réflexions, tellement que je compte découvrir toute sa biographie…Bref, un petit livre indispensable pour les amoureux de la nature et de la liberté!
« Je crois en la forêt, en la prairie et en la nuit où pousse le maïs. »
Lien : https://fairystelphique.word..
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Laurent81
  29 mai 2022
Lorsque j'ai découvert ce petit bouquin à la bibliothèque alternative autogérée de mon quartier, je me suis dit que le célèbre auteur de Walden ou la vie dans les bois et de la désobéissance civile avait peut-être quelque chose à m'apprendre sur mon loisir préféré et que de plus, cela pourrait convenir pour valider une lecture sur le challenge Riquiqui. Mais j'ai besoin de parcours bien balisés avant de partir, de suivre des sentiers de randonnée, je ne parle pas des applications telles que Strava ou Visorando, cette dernière sonne dès qu'on s'éloigne du sentier pour nous rappeler à l'ordre et nous ramener sur le droit chemin !! Je pense que Thoreau n'aurait pas du tout apprécié ce genre de gadget. En effet, il prône une marche où on se laisse aller à une forme de magnétisme subtil qui nous indique la bonne direction. Pour lui, c'est donc l'instinct qui décide. Jamais sur les routes qui sont faites pour les chevaux et les hommes d'affaire (oui, on est au XIX° siècle), il s'aventure dans les forêts de la Nouvelle Angleterre alors que le “troupeau” des hommes cherche le confort d'un nid douillet, de belles pelouses ou des champs cultivés, les hommes préfèrent vivre en ville ou dans les villages. Pour lui, c'est notre côté servile, on se conforme à une loi à laquelle obéir et nos besoins matériels sont une illusion et “l'ennui n'est que l'autre nom de la vie domestique”. Bref, il propose à l'homme de se reconnecter à la nature dont il est partie intégrante, de considérer la vie sauvage sous son angle philosophique et esthétique.
Allez, je vais virer mes applis de géolocalisation et c'est peut-être en se perdant que l'on risque de se trouver. Et lorsque j'aurai besoin de découvrir de nouveaux horizons, il me suffira de grimper à un arbre.
Challenge Riquiqui 2022.
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vincentf
  22 novembre 2014
Marcher, c'est penser. Penser, c'est se laisser faire par la Nature (la majuscule, chez Thoreau, est plus que nécessaire). le philosophe marche au hasard, guidé par la forêt hors des routes trop droites, là où les autres ne passent pas, toujours vers l'Ouest ou vers la cime des arbres. Il s'agit de tenter de vivre l'instant, rien que l'instant, le présent d'un oiseau qui chante ou d'une montagne au loin. N'y a-t-il pas de liberté plus grande que celle-ci? N'y a-t-il pas de contestation de l'ordre établi (j'avais écrit "étable", divine erreur!), de désobéissance civile plus radicale que celle qui consiste à cesser de se cogner la tête contre le travail, à cesser de courir à sa perte ou à son profit pour marcher vers soi-même et vers la sensation pure d'être vivant? Thoreau nous montre le chemin où s'égarer pour mieux se trouver.
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   18 octobre 2016
Ceux qui ont voyagé dans les steppes du Tartare, disent :
« Revenir aux terres cultivées, à la complexité et l'agitation de la civilisation nous oppressait et nous suffoquait, l'air semblait nous manquer, et nous nous sentions à tout moment sur le point de mourir d'asphyxie. ››

Quand je veux me recréer, je cherche le bois le plus sombre, le plus
épais et le plus interminable, et, pour les citadins, le plus lugubre marécage. J'entre dans un marais comme en un lieu sacré - un sanctum sanctorum- Il y a la force, la moelle de la Nature.
p42
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LabandedesayacksLabandedesayacks   23 août 2014
ce que nous appelons savoir, est souvent notre ignorance positive, et l’ignorance notre savoir négatif.
Au fil des longues années d’industrie patiente et de lecture de journaux, un homme accumule une multitude de faits, les dépose dans sa mémoire, et puis quand au printemps de sa vie, il vagabonde dans les grands champs de la pensée et va, pourrait-on dire, comme un cheval à la pâture, il laisse son harnais derrière lui dans l’écurie.
…l’ignorance d’un homme n’est pas seulement utile, elle est belle aussi…
A quel homme faut il mieux avoir à faire, à celui qui ne sait rien sur un sujet et, ce qui est extrénement rare, sait qu’il ne sait rien, ou bien à celui qui sait vraiment quelque chose dans ce domaine, mais croit tout savoir ?

Ma soif de savoir est intermittente, mais mon envie de baigner ma tête dans des atmosphéres inconnues à mes pieds est pérenne et constante.

Le plus haut point que nous puissions atteindre n’est pas le savoir, mais la sympathie avec l’Intelligence. »
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charlottelitcharlottelit   14 avril 2012
La modernité de ce texte en fait un indispensable
bréviaire de l'éveil à soi
comme voie de connaissance.
que permet une relation éclairée avec l'inépuisable
Nature.
A quoi bon emprunter sans cesse le même vieux
sentier ?
Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu.
Si je ne suis pas moi, qui le sera ?
La marche est une lecture du lieu
qui prélude à la compréhension inépuisable de Soi.
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lanardlanard   12 novembre 2011
On dit qu'il incombe aux Américains " de travailler la terre vierge", et que "l'Agriculture, ici, prend déjà des proportions inconnues partout ailleurs". Je pense que le fermier supplante l'indien parce qu'il rachète la prairie, et se rend ainsi plus fort et, dans une certaine mesure, plus naturel. (...)
Les armes avec lesquelles nous avons emporté nos plus importantes victoires, qui devront être transmises comme héritage de père en fils, ne sont pas l'épée et la lance, mais le chemin à travers la brousse frayé par le tailleur de tourbe, la bêche, la houe à tourbière, rouillée par le sang de maintes prairies, et noircies par la poussière de nombre de champs dont la conquête fut si âpre. Les vents soufflaient sur les champs de maïs de l'Indien dans la prairie, et lui indiquaient la voie qu'il n'eut pas la capacité de suivre. Il n'avait pas de meilleur outil avec lequel s'implanter dans le pays qu'une coquille de palourde. Mais le fermier est armé d'une charrue et d'une bêche.
pp. 44-45
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psycheinhellpsycheinhell   04 décembre 2011
Je rêve d'un peuple qui commencerait par brûler les clôtures et laisser croître les forêts !
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Videos de Henry David Thoreau (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry David Thoreau
Voici le chef-d'oeuvre de la littérature écologique américaine dans une magnifique version illustrée par Troubs. La rencontre d'un dessinateur amoureux de la nature avec Henry David Thoreau, qui relate ses deux années dans les bois, au bord de l'étang de Walden. Troubs se saisit de l'ouvrage fondateur du "nature writing", et nous en offre une vision lumineuse et poétique grâce à plus d'une centaine d'illustrations. A découvrir le 16 novembre en librairie.
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature américaine en anglais>Essais (33)
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