AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Thierry Gillyboeuf (Traducteur)
EAN : 9782842057480
79 pages
Éditeur : 1001 Nuits (21/05/2003)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 85 notes)
Résumé :
"A quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. Je ne suis pas moi, qui le sera?" Inspiré par Ralph Waldo Emerson et son livre, Nature, Henry David Thoreau (1817 - 1906) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans une forêt, près du lac Walden. Installé dans une cabane de 1845 à 1847, il ne marche pas moins de quatre heure par jour... Pour l'auteur de la Désobéissance civile, farouchement ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  16 octobre 2016

Henry David Thoreau, l'auteur du grand Walden, déroule dans un petit opuscule l'éloge de la marche. Ce grand pionnier de l'écologie moderne, nous livre plus qu'un amour de la marche, un essai en forme d'éloge, où la marche est devenu l'indispensable instrument de sa liberté.
Qui ? mieux que Sylvain Tesson pouvait illustrer l'art de la marche, la libération de l'homme en mouvement, le disciple de Thoreau, prend corps après son accident. Sa reconstruction semble s'imprégner de ce balancement si particulier dans le silence des chemins de bois noirs.
Celui qui avait vécu dans les forêts de Sibérie, comme Thoreau dans sa cabane de Walden, s'est nourri de toute les vibrations de la nature, envahissant terreau de liberté en recréant au milieu des congères sa propre bibliothèque.
La marche c'est aussi la possibilité d'aller vers de nouvelles réalités, aller vers les autres, vers l'ailleurs. Par le non retour arrière, la fuite, l'individu peut libérer ses tensions, rechercher une reconstruction, une nouvelle énergie, la marche invite ainsi à vivre autrement. L'éloge de la fuite d'Henri Laborit, complète bien la pensée de Thoreau.
La fuite, devient solution et chemin, car "pour retrouver l'ensemble du cosmos, pour se situer dans la nature, l'homme doit s'approcher des fenêtres étroites que, dans sa prison sociale, l'idéologie dominante, ici ou là, veut bien entrouvrir pour lui faire prendre le frais. " H Laborit.
Sylvain tesson et Henri Laborit montent toute l'actualité de la pensée de Thoreau. Il m'apparaissait intéressant de montrer une continuité de sensibilité, d'un continent à l'autre d'un siècle éloigné au notre.
L'ouvrage est si court, qu'il pourrait être considéré comme un résumé. Il s'adosse au contraire à de multiples références philosophiques, naturalistes qui amplifient le propos.

Ainsi dans un second mouvement, Thoreau évoque la force exercée par la volonté d'aller vers l'ouest, comme une fascination de la lumière, celle qui est à la naissance de toute vie. " chaque crépuscule dont je suis le témoin m' inspire le désir d'aller vers un ouest assez lointain et plus beau que celui où le soleil descend". P28
La vie sauvage est aussi questionnée. Mis en avant, la marche est la rencontre de cette nature sauvage , ce sont les chemins noirs de Tesson .
"Comme ce qui est sauvage est proche de la beauté P39 "
La nature sauvage n'est pas mauvaise, c'est notre regard qui voit des nuisances entre les animaux nuisibles, et les mauvaises herbes. La nature, est à cette époque l'objet de nombreuses recherches comme l'interdépendance ou les l'interaction des espèces entre elles.

Enfin la fin de son voyage littéraire, évoque l'ignorance utile, car les croyances opaques ou les connaissances opaques sont bien plus dangereuses pour l'homme en marche, les fausses routes comme les idées fausses ne peuvent nous faire avancer !
Pour ceux qui lisent en marchant, c'est le livre idéal qui tient dans une poche !
Pour tous ceux qui aiment marcher, puis lire, cette invitation de partir sans se retourner, sans vouloir revenir à son point de départ est un défi.
Rassurez vous Thoreau parle par image comme dans la bible où la femme de Loth fut cristallisée pour avoir regardé en arrière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
meyeleb
  03 avril 2012
D'une modernité incontestable, de la marche développe une vision du monde où l'homme évolue dans la recherche pacifique d'une harmonie avec la nature. Déjà conscient des dérives que peut susciter la dépendance matérialiste, Thoreau revendique une marche à contre-courant. Une marche qui, loin d'être la somme des pas posés sur un chemin tout tracé, faisant de nous des promeneurs conditionnés, propose à l'homme d'arpenter l'aventure humaine (la quête de soi) au sein de la Nature, à laquelle il s'accorderait humblement. Thoreau, penseur de la décroissance en somme ? Une lecture en tout cas rafraîchissante par sa poésie, enrichissante par ses références et enthousiasmante par l'évidence de son raisonnement.
Commenter  J’apprécie          310
vincentf
  22 novembre 2014
Marcher, c'est penser. Penser, c'est se laisser faire par la Nature (la majuscule, chez Thoreau, est plus que nécessaire). le philosophe marche au hasard, guidé par la forêt hors des routes trop droites, là où les autres ne passent pas, toujours vers l'Ouest ou vers la cime des arbres. Il s'agit de tenter de vivre l'instant, rien que l'instant, le présent d'un oiseau qui chante ou d'une montagne au loin. N'y a-t-il pas de liberté plus grande que celle-ci? N'y a-t-il pas de contestation de l'ordre établi (j'avais écrit "étable", divine erreur!), de désobéissance civile plus radicale que celle qui consiste à cesser de se cogner la tête contre le travail, à cesser de courir à sa perte ou à son profit pour marcher vers soi-même et vers la sensation pure d'être vivant? Thoreau nous montre le chemin où s'égarer pour mieux se trouver.
Commenter  J’apprécie          130
charlottelit
  14 avril 2012
Je rejoins Meyeleb avec plaisir ! lecture enrichissante, humanisante (si le terme existe) joyeuse, qui nous transporte vers l'avenir de notre moi intérieur avec jubilation ! tout petit livre de 74 pages mais grand par son enthousiasme
Commenter  J’apprécie          140
Fx1
  17 août 2014
Un ouvrage trés court mais trés important . Thoreau est l'un des rares à avoir mis en avant l'importance d'un réel rapport avec la nature , au delà de tout bucolisme. Ici le ton est sérieux , à des années lumiéres du ton enfantin de tf1 . Thoreau met en avant la marche comme le moyen le plus apte à réconcilier l'homme et la nature . Loin de toute béatitude , il élabore une pensée précise et expliquée , sur la fusion nécessaire selon lui entre l'homme qui souhaite retrouver son humanité et la nature , sauvage et dans le méme temps si ouverte si l'on prend le temps de l'écouter . Un ouvrage court mais puissant , qui s'impose de par le sérieux de son discours sur un sujet bien trop galvaudé ailleurs .
Commenter  J’apprécie          90

Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   18 octobre 2016
Ceux qui ont voyagé dans les steppes du Tartare, disent :
« Revenir aux terres cultivées, à la complexité et l'agitation de la civilisation nous oppressait et nous suffoquait, l'air semblait nous manquer, et nous nous sentions à tout moment sur le point de mourir d'asphyxie. ››

Quand je veux me recréer, je cherche le bois le plus sombre, le plus
épais et le plus interminable, et, pour les citadins, le plus lugubre marécage. J'entre dans un marais comme en un lieu sacré - un sanctum sanctorum- Il y a la force, la moelle de la Nature.
p42
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
LabandedesayacksLabandedesayacks   23 août 2014
ce que nous appelons savoir, est souvent notre ignorance positive, et l’ignorance notre savoir négatif.
Au fil des longues années d’industrie patiente et de lecture de journaux, un homme accumule une multitude de faits, les dépose dans sa mémoire, et puis quand au printemps de sa vie, il vagabonde dans les grands champs de la pensée et va, pourrait-on dire, comme un cheval à la pâture, il laisse son harnais derrière lui dans l’écurie.
…l’ignorance d’un homme n’est pas seulement utile, elle est belle aussi…
A quel homme faut il mieux avoir à faire, à celui qui ne sait rien sur un sujet et, ce qui est extrénement rare, sait qu’il ne sait rien, ou bien à celui qui sait vraiment quelque chose dans ce domaine, mais croit tout savoir ?

Ma soif de savoir est intermittente, mais mon envie de baigner ma tête dans des atmosphéres inconnues à mes pieds est pérenne et constante.

Le plus haut point que nous puissions atteindre n’est pas le savoir, mais la sympathie avec l’Intelligence. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
charlottelitcharlottelit   14 avril 2012
La modernité de ce texte en fait un indispensable
bréviaire de l'éveil à soi
comme voie de connaissance.
que permet une relation éclairée avec l'inépuisable
Nature.
A quoi bon emprunter sans cesse le même vieux
sentier ?
Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu.
Si je ne suis pas moi, qui le sera ?
La marche est une lecture du lieu
qui prélude à la compréhension inépuisable de Soi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
lanardlanard   12 novembre 2011
On dit qu'il incombe aux Américains " de travailler la terre vierge", et que "l'Agriculture, ici, prend déjà des proportions inconnues partout ailleurs". Je pense que le fermier supplante l'indien parce qu'il rachète la prairie, et se rend ainsi plus fort et, dans une certaine mesure, plus naturel. (...)
Les armes avec lesquelles nous avons emporté nos plus importantes victoires, qui devront être transmises comme héritage de père en fils, ne sont pas l'épée et la lance, mais le chemin à travers la brousse frayé par le tailleur de tourbe, la bêche, la houe à tourbière, rouillée par le sang de maintes prairies, et noircies par la poussière de nombre de champs dont la conquête fut si âpre. Les vents soufflaient sur les champs de maïs de l'Indien dans la prairie, et lui indiquaient la voie qu'il n'eut pas la capacité de suivre. Il n'avait pas de meilleur outil avec lequel s'implanter dans le pays qu'une coquille de palourde. Mais le fermier est armé d'une charrue et d'une bêche.
pp. 44-45
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
psycheinhellpsycheinhell   04 décembre 2011
Je rêve d'un peuple qui commencerait par brûler les clôtures et laisser croître les forêts !
Commenter  J’apprécie          420

Videos de Henry David Thoreau (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry David Thoreau
La Fête du Livre de Bron propose chaque année une journée de réflexion sur des enjeux majeurs de la littérature contemporaine. le vendredi 8 mars 2019, nous proposions un focus sur les liens entre littérature, nature sauvage, grands espaces, sciences humaines et environnement. Lors de cette 33ème édition, nous avions la chance d'accueillir Oliver Gallmeister, éditeur spécialisé dans la littérature des grands espaces, pour un grand entretien exceptionnel, animé par Thierry Guichard, à revivre ici en intégralité.
De Henry David Thoreau à Jim Harrison ou Rick Bass, la littérature américaine est depuis un siècle et demi étroitement liée à la nature sauvage et aux grands espaces. Regard sur cette tradition du « nature writing » en compagnie d'Oliver Gallmeister, fondateur des éditions du même nom, l'un des passeurs d'une littérature américaine contemporaine ancrée dans son environnement avec un catalogue comptant notamment des auteurs comme Pete Fromm, Jean Hegland ou David Vann.
En partenariat avec l'Université Lyon 2, la Médiathèque Départementale du Rhône et Médiat Rhône-Alpes.
©Garage Productions.
Un grand merci à Stéphane Cayrol, Julien Prudent et David Mamousse.
+ Lire la suite
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature américaine en anglais>Essais (33)
autres livres classés : marcheVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Philo pour tous

Jostein Gaarder fut au hit-parade des écrits philosophiques rendus accessibles au plus grand nombre avec un livre paru en 1995. Lequel?

Les Mystères de la patience
Le Monde de Sophie
Maya
Vita brevis

10 questions
325 lecteurs ont répondu
Thèmes : spiritualité , philosophieCréer un quiz sur ce livre